CHAPITRE CINQUANTIÈME
Construction partielle de ^''période, Garantisme»
Obligé de franchir les détails , je transporterai le lecteur à Tépoque où les fermes fiecales, fermes d^ asile, anraient pris consistance, et commenceraient A opérer grandement sous là direction 4u ministre de
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rintermëdiaire ; à l'époque où elles approcheraient de leur bat qui est de rendre le peuple heureux , fier d'être admis A la ferme , aussi fier de oe.tte nouvelle condition , qu'il est confus aujourd'hui de son sort philosophique , de sa chaumière sans |iain, de ses légions d*enfans à qui il est obli^ de donner le fouet quand ils demandent du pain.
Qu'en coûterait-il à la ferme d'asile pour opérer cette métamorphose? presque rien : quelques ané* liora tiens faciles , comme les salies d'éducation des petits enfanSf sect. III , les tentes , ou dais mobiles fournis aux groupes de jardiniers, les avances en Uniformes de travail bien remboursées sur le produit. Ces bagatelles, jointes à l'avantage de nourriture saine et copieuse, et de vie insoudante, su&* raient pour amener toute la clause gèuée à détester ses petits ménages moraux , demander l'admission à la ferme en lui vendant leurs lambeaux de champs.
Dès leur début , ces fermes extirperaient l'indigence dans les campagnes ; aucun mendiant n'obr tiendrait d'aumènes ; chacun lui répondr,ait « ailes à 1» la ferme d'asile où tout indigent trouve bonne n nourriture et travail varfé à opttim. » Quant aux infirmes , la ferme s'en chargerait moyennant quelques centimes additionnels fournis par le canton d'environ â àSOOOhabîtans.
Il ne resterait aucun risque de djsetle; la fenne auraiides approvisionnemens en silos, en greniem : auouA gouvernement ne redouterait les laminés, la
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restaarâtion des dini^tiires et des forêts seràit anv* rëe, en ce que la consommation de bois serait très^ diminaëe et le vol de bois en même proporttén ; quelques poêles remplaceraient les fenx de 50 et delOO pauvres familles prodigues du bois qu'elles volent dans les oommnnaux. Le vol étant rooeupa-* tion des paysans pauvres, des petits ménages si chers â la morale.
On aurait dans tout canton une grande affluenoe de volailles et bestiaux , de bons légumes et bons fruits, par le jardin de la ferme d'asile : pour l'agré* ment de ses ouvriers , elle s*adonnerait an soin des Jardins et étaMes , de préférence aux travaux de grande culture. Enfin on verrait naître en petk la plupart des biens que j'ai décrits dans l'abrégé de l'association.
Le plos remarquable des avantages serait la chute du commerce. Toutes les fwraes d'asile se oeaceiv feraient, par entremise da ministre et des préletSi pour se passer des négociant, faire leurs acheta « et ventes directement les unes cliei les antres : elles auraient abondance de denrées en vente t car elles tiendraient entrepôt pour les petits coIt tivateurs ou propriétaires, qui n'ayant ni bons greniers ni bonnes caves , ni valets nombreux , déposeraient volontiers a la ferme , sauf modique rétribution pour les frais de manutention et vente* D*ailleurs le propriétaire en versant à l'entrepèt » recevrait des avances a nn prix modique, et serait
SM Nomnuii «okob
dUipeQSë par li de» iFenles pptoaUtrées qoi avi- Uêtent le» denrée».
Bès^Iors tons les ami» du commerce , le» lëgiona de marchands se trouToraient dénué»» comme des files d'araigndes qui périssent dans leur toile, faute de moucherons , quand une fermeture exacte en Interdit l'entrée. Cette chute de marchands serait effet de libre concurrence , car on ne les empêche^ «ait pas de trafiquer ; mais personne n'aurait confiance en eux , parce que les fermes d'asile et leurs agences prorinciales dont je ne peuss paê déerire id Porganiêation f présenteraient des garanties suffisantes de vérité. Les vertueux amans du oommerce n'anraient d'autres ressources que de sonner la retraite , en déplorant le bon Mm/» du montant » le beau jour de Tanarchie philosophique ou liberté mer* oanlile sans ooncurrenoe \ (car la Uoen«e.raeroanlile n'a avoune eoncurreooe , il n*exis|e de lutte qu*en foufbet ie. Ce sont tonjauM le» pins fourbes ipûréus^ sisaettt le mieux)*
Le retraite des marchands amànerail la Cormation de rentrepôttrinaire ou triple agence opérant Mme ]# (direction du ministre» La conoorrenee eet pleine» ment établie à S cempétiieurs : chacun des 3 entre* pèts aurait ses agences dans les diverses villes et dans les grands marchés, d'où elles correepondraîent avec les ferme» fiscales, dont chacune serait libre de consigner soit à tel de» S entrepots , a<Ht a chacnn .des è selon ion choix.
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Les capitaux diaponiUles se trouTeraîent tons entre les roains des ferines fiscales , car on n*e» aurait plus le placement chei les accapareurs, banquiers et marchands qui n'existeraient plus. Les capitalistes n'auraient d'emploi qu'en terres , fabriques , entreprises judicieuses. Les 3 entrepôts n'auraient besoin d'autre capital que de la petite somme nécessaire aux frais de manutention*
Toutes les fabriques, ou du moins la très-migéure partie , abandonneraient les villes pour se disse* miner dans les fermes fiscales où l'ouvrier ponvanl varier ses travaux , alterner entre les jardins, les étables, les fabriques, etc., jouirait d^une existence aussi douce qu'elle est pénible dans les greniers des villes, où il fait du malin au soir pendant 365 jours, le même ouvrage, au grand préjudice de sa aanté.
Je ne parle pas de sa nourriture et du bien-4tre du peuple dans les fermes d'asile ; on a va dons le cours de cet abrégé , combien les grands établisse* mens sont favorables à la bonne tenue du peuple , pourvu qu*on ne les organise pas à la manière philosophique, sous la direction de préienduê éecnomeê dont personne ne peut inspecter les comptes ni les tours de bâton. La comptabilité des fermes fiscales serai! viûble à tout porteur d'un certain nombre d'actions , à tout représentant des porteurs.
Redisons que la classe pauvre se Mterait de .se défaire de ses lambeaux de terres, pour acheter des coupons d actions à la ferme, s'y enrôler, y mener
«ne' vie joyeuse , et «banâoimer son ménage moral et aana pain. 11 ne resterait d'exploitations séparées qne celles des propriétaires ou fermiers aisés , qui paieraient cher les domestiques mieux disposés pour la ferme que pour eux. Elle joindrait à ces parcelles de terrain , beaucoup de domaines acquis des empnmteurs obérés. Elle posterait bien vite le tiers du territoire et des établissemens industriels , dont le produit estimé six milliards en France, donnerait un revenu de 2 milliards , élevé à S ; un au fisc , et deux aux actionnaires et coopéra teurs.
Observons que la ferme serait lucrative en raison du charme qu'elle procurerait aux classes inférieures. A Tinstar des phalanges d*harmonie, on donnerait au peuple une fête réelle aux jours de festivités repas plus délicats , danses , jeux , etc. : an Keu des tortures et pénitences auxquelles on Tassujétit dans nos dépôts do mendicité : un pauvre y coûte 25 sous par jour à TÉtat, (Yoyex les comptes détaillés sur le dépôt de mendicité de Clermont en Auvergne, établi sous le règne de Bonaparte) ; il en rendrait au contraire 25 dans les fermes d'asile : on le stimulerait par les chances d'avancement en grade , esprit de propriété inhérent aux coupons d'action, insouciance de l'éducation dont sechm^raitla ferme; elle se rapprocherait durégimesërinire et de l'attraction industrielle , dès que les enfans seraient assez nombreux ponr former les tribus et les chœurs , au moins trois tribus au Heu de cinq.
INDUSTftfBL.
Je n*abordeniî pas ici les dptaiU relatifs à la gé* rantie de vérité qui régnerait dans les fernfes d'asile, et d*où résulterait renvahissemeni du ocim^ merce en gros et en détail. Ce tyran des rois et des peuples n*est qu'un colosse aux pieds d'argile , qui tombera sans coup férir quand on saura l'attaquer par voie indirecte. Si l'on heurte le serpent de front» Ton sera atteint de sa morsure ^ il faut le saisir ptc la queue^ lui ôter son point d'appui : c'est ce qu'ont ignore le ministère autrichien , et tous ceux qui comme lui ont essayé la répression des menées mercantiles ; tous ont commis double faute , iais$er au commerce son point d'appui, et n'en donner aucun au gouvernement. Quand un siècle opère si gauchement, faut-il s'étonner qu'il on vienne a dire avec Bonaparte, an ne connaît rien au commerce! dites ^ plutôt que vous ne connaissez rien à la politique sociale.
Au moins devait-on apercevoir dans ce colosse nommé commerce qui menace de tout envahir, les propriétés odieuses.'de fourberie et d'obscurantisme i Si nos moralistes cherchaient sincèrement la vérité, ils auraient bien vu qu'elle n'est pas dans le eom- Qierce, vraie patrie de l'obscurantisme; car tout jeune homme qui laisse entrevoir du go&t pour les. sciences et les arts, est réprouvé dans les comptoirs des négocians et n'y obtiendra pas d'avancement. Le bon sens ne conseillait-il pas de suspecter ce vampire d'obscurantisme et de fourberie, qui peu à peu
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8*einparede toatesles richesses; n*étai(-i1 pas éTÎdent qu*À défaut de oonnaitre un procédé pour rivaliser l^oomnieroe, on aurait déjà essujé moins de lésions •DOS un monopole ^nérel et préserratif? Gomment rodrainistration et la philosophie qui ont reconnu les dangers de la fonrberie dans diverses professions , telles que médecine et pharmacie, jugenteUes bon de la favoriser dans te commerce , et d*f encourager une pullula tion dragons élevée au vingtuple du nécessaire? D^où vient tant d*împérltie ehev les modernes , sinon de leur obstination i se confier aux sciences politiques et morales dont la tactique est d'encenser tous les vices dominans, pour se dispenser d'en chercher le remède?
On a vu, dans ces 2 chap., la marche que suivrait rinduslrie dans le cas de progrès réel et antérieur à la découverte des Séries passionnées : J'aurais pu distinguer dans cette marche bien des degrés dont le plus bas forme la 4* phase de civilisation, et le plus élevé est la 2« phase de garantisrae, 0* période sociale et initiative de bonheur dont nous allons parler.
Tirons de ce chapitre une conclusion sur le savoirftrire de nos écrivains politiques : ils veulent, disentils, pondérer {e$ pouvoirs, équilibrer le mécanisme social, et ils confient la direction du mouvement industriel à une caste mercantile qui , par le libre exercice de la fourberie, envahit toutes les richesses, uaaitriae tous les ressorts de la circulation, et para*
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Ifie les goavernemens mêmes. Nos économistes n'opposent à ces cosaques iudustriels , aucun contre-poids, aucune corporation opérant par la vérité. Dès -lors le mensonge doit triompher sans obstacle ; aussi Tarbre de fausseté grandit-il à vue d*œil ; la banque , Tagiotage et le commerce accumulent de plus en plus les trésors , tandis que la pauvre agriculture végète sans moyens de fortune. Voilà l'œuvre de ces philosophes modernes dont les écrits ne retentissent que de balance, contre-poids, garantie, équilibre, et amour de Pauguéte vérités N*est-ce pas le cas de dire, avec Beaumarchais, que les gens d'esprit sont bêtes : ou bien que les badauds sont bêtes d0 se confier aus beaux esprits, et que les gouvernemens sont aveugles de ne pas voir qu'ils manquent d'un point d'appui pour résister au commerce !