DBMONSTRATIONS PAMItlÉllS DK tA GATARACT
J^i abrégé sar la partie aride ^ sur Tanalyse de la canse, dite SIMPLISME ; on sera mieux conTaincu par quelques tableaux des effets : je vais les observer dans diverses branches de nos connaissances, en choisissant les ridicnles à portée de tout le monde.
DiH4m0mi mtUérùl. On nous vante la richesse des nations, le lustre des sciences, et pourtant les grandes capitales, Paris et Londres, n^ont pas même de livres éléroenlaires pow Tétude de la nature. Il faudrait un ouvrage contenant cent mille planches enluminées, comme celle du cerveau, par Vicq d*Azyr, et représentant tous les animaux, végétaux et minéraux, dans les diverses phases de leur carrière; plus, les explications annexées aux lOOf^GOO planches. L^onvrage eontiendrait au moins mille volumes in-4.o: il en faudrait S ouSexempl. dans chacune des 560,000 phalanges du globe; ee sera nn des premiers travaux de rharmooie, travail bien impossible en civilisation; elle ne pourrait pas, avec toutes ses per^tibiliiés, subvenir au quart des fîrais qu^exige un tel ouvrage. Ces frais seront une bagatelle pour l'harmonie sociétaire, qui aura sur la seule branche des cohnUatioHêat' trajf^ntea, un bénéfice de quatre mille milliards, somme ineoncevable; mais on a vu, que dans les estimations , je cave tocyours à demi , on tiers , ou quart en dessous de la réalité.
Dénûment iniêUêduel, On voit de bons écrivains se tourmenter toute leur vie A chereher nn -sujet, sans le tronvnr; être réduits à des commentaires , des travaux de compilation, etc. On badinait les défauts Auger, Aignan et autres , sur ce que leur génie ne s*élevail pas plus haut que la notice : forcés de se rabattre sur les carrières épuisées , et voulant y paraître neufs, ils tombent dans les paradoxes lea plus dio-
P06TFACB. 996
qvMDê : dernièremeat un Journal de Paris vantait un auteur dont je n*ai pas lu Touvrage, mais sur une citation d'une demi-page que donnait ce journal, je recueillis douze monstruosités très-applaudiesdes Parisiens, dont la première était oelle-ci.
Il y a en effhi unité danê la civiliêation deê divêrt était de l'Europe, Unité yraiment plaisante 1 Chacun de ses états diffère en langage , en codes , en monnaies et mesures , en coutumes et en tout. Dans la seule France , on compte seise langues différentes : Tantipathie européenne pour Vunité est telle, que les Allemands qui occupent le centre , et qui sont lépulés gens de bons sens, ne veulent pas adopter récriture romaine^ généralement répandue dans TOuest et rAmértque ; et pourtant, ils se disent continuateurs de Pempire romain. Ainsi, Tunité sur le seul point où elle ait fait fH»r hasard quelque progrès, est repoussée par la nation qu'on croirait la pins sensée ; qu'esta» donc des autres qui ne reulent pas Biénie adopter certaines unités justes comme celle du méridien de nie de Fer?
Je ne cite là qu^une des douze absurdités recueillies dans une page de citations , combien en trouyerais-je dans Ton* vragequeje n'ai pas lu; cette page étut pourtant des meilleures , car un journal apologétique choisit ce qu'il y a de mieux.
Il est plaisant de yoir l'avidité des Parisiens pour ces discussions parasites qui ne roulent que-sur des fisusselés ou des riens fastueusement présentés comme thèses transcendantes, quand il ne faut qu'une légère dose de sens commun pour y répondre ; jugeons-en par quelques assertions foisant suite à celle-ci.
La civilisation est un fait général , complexe , dif/ieile à décrire. Non , rien n'est moins difficile , on vient d'en Toir une description très-exacte aux neuf cbap. XLI à XLIX. Supposez celle matière étendue dans 1,3,3 volumes , ce qui serait très-focile, vous aurez une description précise de cette
306 POSITACB.
cmlintion que je n*ai pu , hnte d^espaoe, définir ici qu^en sommaire des tiiiets k traiter,
La civiiiuilwH éêt-eUê un iriMi, eH-^lh un mal, eêt^aUe «»»vtraeliê, ê'éUnd-^iU au g^nrê humain ? QueaCioos oiseuses, ▼rai sujet de facéties et non de discussions.
Il est dair qu^elle est iimitée au 6« du genre humain. Les pajsans russes et polonais travainant à coups de fouet, ne sont pas civilisés. Est-tiU un bien? oui pour quelques riches : eêt-êUê un mol f oui pour Timmense majorité qui ▼oit le bién-étre dont elle est privée. La civilisation n*est on bien sur chaque globe, qu^autant qu^dle y dure peu, et qn*on atteint vite au 0« échdon^ Garantisme xi, à Taide des sciences et arts qu*elle crée ; mais si elle se prolonge 25 siècles de trop 9 die devient un fléau terrible , par les misères croissantes du peuple ; par Tindustrialisme qui opère la baisse dn salaire, le retour à Fesclavage en ba^es mercantiles et agricoles ; par la destruction des forêts, pentes, sources et clima* tures. Qu^on ose, après cela, mettre en problème si elle est on bien ou un mal !
Tel est Tusage des philosophes, élever des controverses académiques sur de graves riens, et négliger toutes les études utiles; aussi n'a-tpH>n pas même déterminé TALPSABaT ratobbl, epcore pleinement inconnu. (Voyesnote (') d-confre). Nous avons pourtant des virtuoses en gbamhaibb gbnbbalb.
Cette omission est un des indices les plusplaisans delà cataracte inteHectnelle dont le monde savant est affligé. Que n*onbliera*t-il pas s*il oublie Talphabet en grammaire, et l*attraction €P étude de Thomme? Yeut-il donc en toute science prendre le roman par la queue, terminer par où il fondrait commencer?
Cette cataracte, cet instinct du foux qui domine dans le monde savant , me justifie assez dn reproche dUrrévérenoe
(t) En bartnonic Tune des premièret opérations, sera de ratseoiUer no congrès de grninmatrfens et Dataralfsles, pour composer une laagne
PWIPACB.
pKmr lai : doii-je Miciler nnayeu^^tiiree qu'il marche vers tin précipiee j et qu'il veut y entraîner àveo lui d'autres
nnitaire, dont le système sera réglé sur Tanalogie avec lee cris des aotmanz , et éiiU«s docamens oatareU. Ce treTail sers à peine fiai au bout d'an siècle ; et pour Tacherer, on aora une boustdte cêrtnine qu*il w^eêtpas encore temps défaire eonnattre* Boroons-noas fcl à dfsserter tar le cadre de Palphabet , base des ètodes ^1 doivent coneoorir è la fomatloD d*une langue génènle.
CABBE FIGUBATIF DES liETTAES.
Pour l'alphabei générai à 18 êigneê.
Forcéêë majeureê.
Consonnes mij.
ce
CGR
CCCG
Ambiffvi9 nurj.
v^vaixis maj.
PIV0TALE8.
PP
voTBLLXfl min.
AA ^«ï . AA '
Jmhiguèê min.
Goasonnes mia.
DD
VDD3D
ODD
F#rodM DÛnturte.
Dans ce tableau, je n'ai pat désigné les lettres, nais teulemeni le cadre des genres et espèces. Les grammairiens poufrent controTerur sur remplacement de ^elqaes lettres , d'après les dontea f ne je vale exprimer.
Pirotales, â^ a, o, â, sont les plot éclatans en long et en bref.
Yojelles n)«j*^> e> eu^ ou, 1 toute autre voyelle usitée, è al, » mip. ett i,ef u, ) rentre dans Tune de ces doua*.
CdOfODBes maj. jae, ze, A, rf. R milgra, ) ^*"' ' *'** ' ^' • •'« . ^, . min. «*.«.;,.l,^gr.s. "?•/'' ^«'•«' *«'•
Ambigu£( majeuret) a«b, hha, mioeurs ooi, Air
396 POSTFÂCB.
aveugles ? noaû il fondrait, dit-on , prendre des formes démiques ; eb ! sr j^avais le bel esprit des académiciens, je ne saurais fournir comme eux qu*un tribut de belles paroles et non
Cbacuiie des 4 ambiguës comprend tout les sons qu'on peut former «n son genre j «insi an comprend les nasales , an, en, in^ im, ma. 11 en est de même des sons oiie, 0ue, ie, ée, U9, aie, eic» , variéti* de oob, et des sons tels queohe, hoh^n, c[ui sont variél^ des ambigadsiuA et ACB.
Les huit ronciEs en majeur et mineur comprendront les sqbs blaarres, gloussemens et autres que forment les sauvages, les Arabes, etc«
Les dipbtboDgues ou voyelles combinées , n^ont pas place dans l'aipbabet. Cbacooe des fa voyelles peut fermer 2a dfphtonguee avec les ii aulres, et beaucoup encore par amalgame avec les ambiguës*
Nous n^avons pas de aigne indiquant le son blessé, ire consonne; je Tai figuré par une lettre redoublée , zae, sse*
Les cousonnes et voyelles doivent être dualiséet , assemblées par paires Identiques, en son fort et fiilble comme b, p.
Jedéiigne par 11, le 1 mouillé des mots paille, tretUe.
Çuieu eiguieu ne sont pas les sons de Montesquieu ei Pérignwix q«i emploient la voyelle u ; ceuv-cl emploient eu bref, comme leur guevJe.
Ye est loye des russes, dans rinterjecticHi aie, le mot rayon.
Je n*al pas admis en paire de consonnes les Icb et dg des Italiens ; ce •ont des consonnes redoublées , et non pas des sons purs. D^anlres pourront opiner différemment; c'est li-dessus que s^établlra la controverse. Je déclare moi-même que je ne soutiens pas cet «tphabel, nais seulement le cadre auquel je l'applique , et anquel devra se confonDer tout grammairien qui voudra modifier mon aperçu d*alphabet. Les sous de la parole sont une série mesurée de 3e degré, et distribuée en deux grammes et 4 sous -gammes , comme les 3a choeurs de phalange , et comme les 9% planètes sur leur pivot on soleil. Je dis 3a planètes, parce quMl en re»te 4 « découvrir, (Traité de rAssociation domestiqueagricole) , et que la lune Phofibé , astre mort , n^est plus k compter, son remplaçant vbstA étant déjà entré en plan, pour venir avec Mercure, Gérés, Junon et Pallas, se conjuguer sur notre globe, dès qu'il sera parvenu à l'harmonie. Los 4 pUnètes inconnues sont , deux sateiUtea d^Herschel, et les deux ambiguës de Saturne et Herschel.
Outre Talphabet 'des lettres, il faudra créer celui de la ponetoation qui doit contenir même nombre de signes ; fil^eit façonna à tel pdint
de bonnei déoouTertet. Obligé de blâmer toutes les elassesde eavJins, même les géomèlres sar leur tolérance pour les 4 sdences trompeuses, je serais réduit à torturer chacune de
que les Français n'ont que lept slgnei ponctuans , savoir, ; : . I ? ). L« crochet n*esit plus en usage ; c'était le 8«, quant aux accens é èè ê, ils font signes des voyelles diffilrentes, et non de ponctuation. Il en est de même de Tapostrophe qui exigerait un signe spécial et non une virgule exhaussée. Notre langue est si pauvre en ce genre , qu*on est obligé d'employer ou le point on les deux points; ce qui cause une confusion.
J'avais commencé un travail sur la gamme de ponctuation , je Tavais poussé à aS signes , appuyés dVzemples dénotant le ridicule et Tambiguilé de nos signes actuels : j^ai perdu ce travail avant quMI fût achevé et je ne Ta! pas recommencé depuis. CM>servons à ce sujet que le premier de nos signes, le plus bas nommé uirguU , doit éire différencié au moins en quadruple forme, pourfaire apprécier les différentes portées de la virgule, ses acceptions qui variant i Tinfini, sont exprimées confusément par un seul signe : c*est le comble du désordre. Il en est de même des autres signes , ils cumulent 3 ou 4 *^os : la ponctuation civilisée est un tral chaos , comme Torthographe , qui varie dans chacune des imprimeries de Paris. L^Àcadémie avec son principe obscnrant de ne permettre aucune correction des vices les pins saiUans, a révolté les espriu 4 tel point quMl en est résulté une rébellion générale, une anarchie universelle en grammaire»
'L'antipathie académique pour toute nouveauté utile, est au point de Biainlenir tous les usages ennemis des arts, comme Femploi de huit clés en musique, méthode si conipltcative qu^elle rebute les 9(10 des élèves.
Cette confusion ne tient qu*4 la vicieuse coutume de noter sur onte ligues au lieu de douse, dont deux seraient intermédiaires et espacéea , entre les basses et les dessus. On n'aurait alors qu'une clé, en plaçant celle de SOL m ire ligne où elle sera beaucoup mieux qu'en ae , car aujourd'hui les modulations sont bien plus élevées qu'autrefois, surtout depuis l'usage des pianos & six octaves. Voici un exemple de cette annotation où les deux portées de basse et dessus sont les mêmes pour fciil et la note.
I, a, 3, 4t 5... 6, 7... 8, 9, 10, II, 12,
400 M01VAGB.
phrases, tfi je TMilait user de anénageaiaw ontrés ; fm. ai i^anlé beanooup , en n^îgeaat qnandié de parallèles iptt j*anrais pa donner sur des philosophes esistans «fui, en écrite
Clé de Fâ en S** , clé de SOL en 8e ligne. Les parties mixtes , ÀLt*0, etc. notées ou sur S, 4* 5. • «G* 7 ; ou sur 6, 7. . * 8, 9, lo.
Ici la méthode arrive \ Tunlté, parce qu'on emploie la gamme donuinale, selon le voeu de la nature, le mVtoooe que nos sarani si ennemis des gammes et séries , niaient pas envoyé au Soleil un halsaîtr, pour lui signifier qu'il ait i devenir philsophe, et qu^il cesse d« nous déployer dans ses rayons une gamme élémentaire de 7 couleurs, les gammes étant réprouvées par les vrais philosophes.
Llnstinct du faux éclate dans toutes les hahKades civilisées comme dans la numération disâihale» ( J6 ne dis pas DiciifALB parce qn^oa aUadie k ce mot un sens puissandel.) La division disalnale est contraire k la nature et i Téconomle » puisque doute est le nombre qai, en basa* catégorie, contient la plus grande somme de diviseurs communs dans la moindre somme d^unités. Leur Instinct pour le faux s^étend aux minuties de nul intérêt; ils ont choisi pour cété d'honneur la droite, quoique le viscère d^honnear, le cœur soit à gauche, et que la planète présente la gauche au solei|«
Le génie civilité loiyours malencontreux en tous genres d*ètnde, mcrae en mathématiques où une élourderie Tempéche de rnoudre audeU du 4*^ degré , devient hésitant et pusillanime lorsqu'un coup de hasard Feotraf 00 dans la bonne rouie , dans Tatlaque du préjugé : en voici un exemple récent.
janvier 18^9. L'un des journaux de Paris, la Quotidienne, a osé soutenir une thèse des plus vraies , ( quelle a pu lire dans mon traité de i8ts ) , c'est que toute ConcurrenGe illimitée en commerce^ n'est autre chmse qu'un piège. C*éuit choisir un thème brillant qui suffirait ù confondre notre mécanisme commercial et industriel, notre MOVSS A KiBoVRS : le journal qui abordait un ai beau sujet, a semblé dottterdt sa force, et craindre le reproche d^hérésie philosophique; il a gâté sa thèse en y Insérant des diatribes contre les machines fort innocentes des travers de nos sciences économiques ; il a fait comme lèn Creoffroy, qui émit un jour Une opinion fort juste , savoir : que le commerce est VmH de %fendre six francs ce qui en coûte trois, ( Ait de tQus les aoeap»reurs qui sont les seuls admirés, et titrés à'haMe gur^ , bonme tête ;
« POSTFACl. 401
invoquent \e$ lainières , les découveries , el qui , «o actions sont des obscurans éhontés ] j^aime à présumer quMl se trou* ▼era parmi eux quelque ju^ équitable ; j Vn ai d^à renoontré un seul dans Paris. Celte faible exception confirme la règle, et J^invite les savana, pour leur iniéréi^ à revenir de cette manie d*obscnrantisme, dénoncée récemment par Tun d'entre eux, en ces mots : L'homme dq génie esi toujours méconnu q/uand il devance son siècle dans quelque genre que ce soit; mais les autres hommes de génie n^ouvraient pas à tons les savans et littérateurs les chances de fortune colossale , et les carrières de gloire que leur ouvre ma découverte : avis à eux de faire , pour leur propre intérêt , une exception è la coutume de zoïlisme qui, dans cette conjoncture, serait pour eux Texcès de duperie.