DO SIMPLISME ou qausb db la cataeactk
Ce reproche de cataracte intellectuelle, adressé à un siècle savant sur divers points , pourrait sembler indécent si je ne rétayais de preuves très-palpables. Je serai bref sur ce siyet peu flatteur ; il va débrouiller une vieille querelle qui s^élève entre chaque siècle et ses inventeurs. Tout siècle se hAte de dire que las inventeurs ont perdu la raison, parce qu^ils ne sont pas d'accord avec le pr^ugé d'impos&ibililé ; mais d'or-
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dinaire, cVst le siècle entier qui , eomme |«u temps de Colomb^ manque de raison.
La cause de ces bévues générales , de ces fiinz jngemeas delà multitude, nait d^un yice que j*ai nommé simplisme ou manie d^envisager en mode simple tout le système de la nature. Ce travers suffit à fausser les pins beaux génies ; c'est le péché originel de Tesprit humain.
Par exemple, nos philosophes prétendent étudier Thomme, Funivers et Dieu, et ils font de Dieu une âme sans corps; de l*homme , un corps sans Ame ; et de Tunivers , un raissean sans pilote, sans moteur, sans cbeF. Ainsi, Tbomme, TanÎTers et Dieu seraient trois corps simples. Aujourd'hui les philosophes, par crainte de Tautoriié, ont modifié ces doctrines; ils les désavouent au besoin, mais on sait quelles ont été leurs <»pinions dans les temps où régnait sur ce point une pleine liberté , à Tépoque du matérialisme et des dictionnaires d^athées; on n'admettait pas même un Dieu simpU, esprit sans corps; encore moins un Dieu de nature composée, ayant Ame et corps. (Son corps est le feu).
Même simplisme dans les détails : ceux qui admettent TAme, ne lui attribuent qu'une destinée simple en ce monde, ils la condamnent à végéter sans retour dans Tétat subversif, chaos civilisé et barbare. En étude dcTunivers, ils admettent l'analogie nominalement , et ne l'admettent pas réellement, car ils contestent que le monde social ait , comme le monde sidéral , deux destinées figurées par les planètes et comètes. (Harmonie et subversion). Ils .nient aussi pas lb paît , que l'analogie s'étende aux substances dont notre globe est meublé, et quelles soient miroir des passions parce qu'ils ne savent pas expliquer ce miroir dans chaque animal , végétal et minéral.
Leur intelligence est donc tout-à-Eait faussée par la manie des jugemens simples qui ne savent pas assembler une conséquence avec un principe, et qui prônent tel ressort, commerce ou autre, sans tenir compte de ses résultats vicieux , comme iausseté universelle , etc. , etc.
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C*6tt ftiir ee trayers d« jngemeos simples que repoeent les 4 sciences philosophiques ; elles tomberaieDt du moment oà en les* soumettrait au jugement composé, exigeant le soeaa de Texpérience, conformément à Favis de Jésus-Christ et de Desenrtes ; elle frapperait de nullité toute science , morale , économisme, donnant des résultats contraires & ses promesses.
On remplirait cent pages si Ton voulait donner un tableau de nos jugemens et méthodes sihplistbs , comme dVtablir des garanties pour la classe riche, sans en établir pour la classe pauvre qui n^a pas même celle de travail et subsistance ; des garanties pour le sexe masculin, et non pour le féminin; accueillir des théories d'industrie qui repoussent toute étude sur Tattraclion industrielle; des perspectives de bonheur applicable aux civilisés et non aux barbares et sauvages ; des «ystèmes de moeurs qui veulent faire aimer la vertu simple, aans Télayer du bénéfice et du plaisir, associer Tindustrie aans associa les passions , établir le libéralisme et n'admettre pour base d'éligibilité que le marc d*argent; chercher des lomièresy et n'estimer les écrits que selon le st3rle.
G*est par cette habitude de faux jugemens, que Tesprit humain s'est engouffré dans tous les ridicules , et dans un abime intelleotuel qui est la bupliciti a^Acrion. Il serait trop long de la définir ; j*en signale seulement les eMs principaux, tels que contrariété de l'intérêt collectif avec rindiridnel, haine réciproque des trois classes qui composent le corps social ; dissidence entre les gouvememens et les peuples; dissidence entre les sexes , dont l'un ne cherche qu'à opprimer le fiiible, et l'autre qu'à tromper l'oppresseur; dissidence de l'homme avec lui-même , par opposition de la raison an von des passions ; dissidence de la science avec elle-même , par recherche de la vérité, et apologie du trafic on mensonge; éludes pour le bonheur du peuple , et apologie de la civilisation qui ne donne pas même du pain au peuple. On n'en finirait pas du ubleau de ces duplicités d'action ; c'est à tel
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point que dans une fismille réunie ou trouvera au moins douze duplicités , comme discord de la belle-mère avec la belle-fille, et discords de goûts en toutes choses, en éduca«lion, comestibles , degré de chaleur des appartemens , occupations, délassemens, animaux, etc.
La création a bien dépeint ce destin d.es sociétés actuelles ; elle a soumis par analogie tout le mobilier du globe à la duplicité de système, et .d*abord le matériel de lliomme qui tombe en duplicité par la double couleur des races blanekë, noire et mixte ; par sa discordance avec les eaux de mer dont il ne peut pas s^abrenver, et avec les eaux douces qu^il ne peut parcourir foute d*ampbibéité : ( elle ne tient qn*à Fooyerture de la cloison du cœur : c*est nne des focultés dont jouira la race régénérée après douze générations passées en harmonie).
Il sera curieux de recherchei* la source de ces jngemens simples qui nous abusent sur le fonssemeni évident du mécanisme des passions et des sociétés, sur le mords a asBOtras que le peuple entrevoit eonfosément, selon Tadage, un mai ns 9apaêêttnê wn autre ^ Âbyeeue abffeeum invocai. La philosophie, au contraire, loin de s*apercevoir que Thomme est lait pour un sort composé, bonheur on malheur composé, et jamais simple , persiste à nous vanter la simple nature qui est Tantipode de notre destinée.
J>n ai dit assez pour convaincre que le reproche de cataracte intellectuelle n*est pas nne fooétie critique; Tinfirmité est bien régulière dans ses causes , ses développemens et ses résultats; car la civilisation et la philosophie seraient confondues dès le moment où on voudrait passer des jngemens simples aux composés, consulter rexpérience, mettre en parallèle, théories et résultats de nos sciences, dont l'une prêche la vérité et rend les nations de plus en plus fourbes , l'autre promet aux nations des richesses , et ne foit qn*angmenter le nombre de leurs indigens. Il y a certainement croûte de ténèbres sur les esprits d'un siècle qui ne s^aperçoit pis de
dM fOSfVACS.
Mlle subTerâon sociale ; et rbonnenr de déd^ager renleadement humain de ce crélinisme icientifîque, de lai lever la calaraote du simplishr, est une des palmes à faire briller anx yenz d*un fondaieor.