ARTICLE TROISIÈME
ciBoii viaiDx SI L'iHBiisTaii eiviustff.
En toute science le règne du faux précède le règne du vrai : avant la chimie expériaentole on
49 PKkfkCE.
a ni les nldibinilaB oècnper la seène , aTUt raatronomie exacte, on a ra dominer l'asCrologie Jadi* cîaire; arant la naissance de l'ëcononiie sociétaire, nous aroDS va dominer pendant an siècle l'écononm antb*sociétaire on théorie damorceilement, eneourageant les petits prodaoteors qui sont de petits Tandales en indostrie«
Partout le sophisme s'empare des sciences neuves avant que la raison p'ait su lear tracer la marche à suivre : aussi à peine les idées d'association commencent-elles à poindre , que déjà les esprits sont é^rés sur ce sujet par les obscurans en méthode sociétatre , les Owénistes , qui se sont emparés de l'opinion.
Que de sciences, et des plus révérées, sont encore dans cet Age de ténèbres qui précède le règne du vrait Par exemple, la morale : eomment la eonci* lier avec elle-même ? D'une part elle nous prêche le mépris des richesses et l'amour de l'auguste vérité; d'autre part elle excite Famour du commerce qni ne tend qu'à amasser des richesses par la pratique de toutes les astuces. On trouve même inconséquence, même contradiction dans toutes les sciences dites philosophiques.
Au dernier siècle, Condillao disait de leurs auteurs: u L'art d'abuser des mots sans les enten- ■n dre est pour eux l'art de raisonner ; de supposi- » tion en supposition fausse, ils se sont égarés » parmi une multitude d'erreurs , et ces erreurs
a étant deveniies de» pr^ugéi , ils les ont prises 9 pour des principes. Quand les choses en sont > Tenues à ce point , ipiond les erreurs se sont ainsi B accumulées , il n*y a qa*un moyen de remettre a Tordre dans la fAOolté de penser , c^est d'oublier 1 tout ce que nous avons appris , et de refaire , dit » Bacon, l'entendement humain. »
Cétoit alors le siècle de ia modestie ; on n'avait pas honte de confesser que telle et telle science étaient encore au berceau , et surtout la politique sociale ; ses coryphées la dénonçaient arec amertome et dédain , écoutons-les parler.
MoHTisQoïKu : a Los sociétés policées sont atteintes d*ane maladie de langueur , d'un vice intérieur , d'un venin secret et caché ( le morcellement )•
J*'J. HoDssEJiu : « €e ne sont pas là des hommes, il y a quelque bouleversement dont nous ne savons pas pénétrer la cause. »
VsiTAiii:
« Mostrec Hiomme k mes yeux : honteux de u'fgnorer , • nuM mo« être , «bus mol , je cherche à pënétrer ; ■ Hait qaelie épaisse nnit voile eucor )a palore I »
BàiniLiaT : « Ces bibliothèques , prétendus trésors de connaissances sublimes, ne sont qu'un dépdt humiliant de contradictions et d'erreurs : »
SiAti. « Les «cimices incertaines ont détruit beaucoup d'illusions sans établir aucune vérité ; on est retombé dans l'incertitude par le raisonnement, dans renCanee par la TieiUesse. »
48 FRÉtAOB.
Aujourd'hui la scène change , tout ce labyrinthe de systèmes philosophiques est transforme en torrens de lumières , en marche rapide et 7ol sublime vers la région des perfectibilités. C'est surtout en politique industrielle que notre siècle étale cet . orgueil ; fier de quelques progrès en matériel , il ne s'aperçoit pas qu'il est en rétrogradation politique , et que sa mnrche rapide est celle de Fécreyisse qui chemine, mais â reculons.
L'industrialisme est la plus récente de nos chimères scientifiques ; c^est la manie de produire confusément , sans aucune méthode en rétribution proportionnelle , sans aucune garantie pour le producteur ou salarié de participer à l'accroissement de richesse; aussi royons-nous que les régions industrialistes sont autant et peut-être plus jonchées de mendians que les contrées indifférentes sur ce genre de progrès.
Il importe de dissiper dès la préface les illasîons d'industrialisme ou abus de l'indusfrie, parce qu'elles sont le régime le plus opposé à la politique sociétaire , qui a pour base.
L'attraction industrielle, la répartition proportionnelle ,
L'économie de ressorts, l'équilibre de population, et autres règles 'dont s'éloigne en tous sens le système industrialiste, production désordonnée, sans garantie de justice distributire.
Jugeons ici les systèmes par les résultats : c'est
l'Aogieterre qui est k point.de imre, le ntodèle ^trûpoêé aax nations, l'objet de kor jalousie ; poi^r apprécier le bonfaear de son peupk , je vais m'ëtayer de témoigaa^s irrécasabks.
AMemhlèe des tnaùrei arHsans de Birmingham^ 21 mars 18^7. Elk déclare « qae l'industrie et la » frugalité de l'ouvrier ne peuTént pas le mettre à B l'abri de la misère , que la masse des salariés 9 employés a l'agriculture est nue , qu'eUe meurt » ré^ement de faim dans un p«')ys où il existe sura*a bondance de TÎvres. » Aveu d'autant moins sus-^ pect 9 qu'il part de la elasse des maîtres d'ateliers intéressés à rédimer le salaire des ouvriers , et déguiser kur misère.
Voici un second témoin également intéressé k dissimuler le côté faible de sa nation ; o'estun économiste , un industrialiste , qui va dénoneer sa pro^ pve science.
Londres^ cbambredes communes, 28 février 1820. M. Huàkissonj minière du commerce y dit: « Nos » fabriques de soierie emploient des milliers d'en* » Osi^ qu'on tient à l'attache depuis trois heures » du matin jusqu'à dix heures du soir : combien leur » doKUet^oB par semaine? un scbclling et demi, » treQte->sept sous de France , environ cmf seuê e$ * diins par jour, pour être i l'attache dix-neuf ;> heures , surveillés par des eontre-mattres munis « d'un fouet , dont ils frappent tout enfant qui s*ar^ n rète un Instant, » '
50 »ftttACB.
Vcttlà i*esolairage rétabli par le fait : il est évident que Texcès de concarrence industrielle conduit le peuple civilisé au iDème degré de pauvreté et d'as* servisseraent que les populaces de Chine et dlndostan , les plus anciennement célèbres par des prodiges agricoles et manufacturiers.
A eôto de F Angleterre plaçons Tlrlande qui , par double excès en culture outrée et en subdiTÎsion des propriétés , est parvenue au même dénûment où l'Angleterre arrive par double excès en manufactures et grandes propriétés. Ce contraste , dans un même empire , démontre bien le cercle vicieux de Tindustrie civilisée.
Les journaux de Dublin 1826 disent: « Il règne I» ici une épidémie parmi le peuple: les malades N qu*on amène à rhôpital guérissent dès qu'on leur » donne à manger. >» Leur maladie est donc lk paih : il ne faut pas être sorcier pour le deviner, puis» qu'ils sont guéris dès qu'ils trouvent a manger. No craignez pas que cette épidémie atteigne les grands : on ne verra ni le lord gouverneur, ni rarchevéque de Dublin tomber malades de faim , ce sera plutôt d'indigestion.
Et dans les lieux. où le peuple civilisé ne meurt pas de (aim pres$antej il meurt de faim lente par les privations , de faim $péculaiioe qui l'oblige à se nourrir de choses malsaines , de faim imminente en s'excédant de travail y en se livrant par besoin à des fonctions pernicieuses, à des fatigues outrées d'uû
PttFACI. SI
iMtfient les fièTnes , les infirmités : c esl toujours aller à la mort par la famine.
Et quand il ne souffre pas de la faim, do quoi snbsistè-t-il? Pour en juger, il faut Yoir de près comment se nourrit le paysan français , même dans les provin(»s dont on vante la fertilité. Huit millions de Français ne mangent pas de pain , n'ont que des châtaignes on autres pauvretés : vingt-cinq millions de Français n'ont pas de vin , et pourtant on est obligé , par surabondance , do jeter aux égoùts des récoltfBs entières.
Voilà le vol sublime de Tindustrie vers la perfectibilité ; et cependant chaque année voit éclore une domaine de philosopbtes nouvelles sur la richesse des nations : que dé richesses dans les livres , que de misère dans les chaumières !
A ces illussions, opposons les réalités : est-ce un
vol sublime que la situation de Londres, qui, tout
en participant au secours annuel de deux cents
raillions accordé aux indigens, contient encore
1 17,000 pauvres connus, i la chargedes paroiisses,
115,000 pauvres délaissés, nieridians, filous,
vagabonds, parmi lesquels on remarque :
I,000recëlenr8 dont l'un éit riche à vingt miUions >
1,000 Juifs distribuant de la fausse monnaie ,
excitant les valets à voler leurs maîtres , les
fils à voler leurs pères.
Total... M2,000 pauvres dans la ville qui est le
grand foyer de l'industrie, La France marche à cette
miflère : Ptris a 8&,Q0O paur^es commis , et peuU être autant d'ioconnus. Les ourriers firanods sont si fliîséf ablea, qne dans les provinces de hante industrie cojûiaie la Picardie , entre Amiens, Cattabray et Smt-Q^i^^Bktin y les paysans sdiu leurs kuttes ée terre , n*dnt point de lil ; ils se fiirmenC une oeu« ehètte avee des feuilles saches qui, pendant l'hirër, se changent en fumier pleins de vers ; de sorte qu'au rëreil , les pères et les eufans s^arracheut les ▼ers attachés a leur chair. La nourriture, dans œs huttes, est de même élégance que le mobilier. Tel est rheureia sort de là bdle France. On oiteràit uoo douzaine de ses provinces où la misère est au ittèane degré, Bretagne, Limousin, haute Auvergne^ Cévenues, Alpes, Jura, Saittt*Étienne,etnième dana la belle Touraine, dite jardin de la France.
A cela les industrialistes répondent qù*il faudrait répandre les Innuères, Tinstruction ; eh! que sert-elle à des misérables qui n*ont pas de quoi subsister? elle les poussera a la rëvoHe.
Cette dégradation de rhumoaité engendre Fathéisme ; il s'accroît en Tfiison des progrès de Vindustrie cÎTilisée ; elle semble une dëiiîsion de la nature contre l'humanité : l'athéisme est le résultat nécessaire d'une civilisation trop longtemps prolongée, et donnant un vaste essor à l'industrie avant de connaître la méthode de répartition proportionnelle et garantie de minimum an peuple ; en d'autres ter-
mes, connaître le code naturel oa divin 9ur les relations industrielles.
Dien fait des codes sociaux pour les insectes même; aurait-il pu manquer à en faire un pour le genre hainain, bien plus digne de sa sollicitude que les abeilles , guêpes , fourmis ! Aurait-il donc créé les passions et les ëlémensde Tindustrie, sans savoir i quel ordre il les destinait ? Il serait dans ce cas pins imprudent que nos ouvriers mêmes; car un architecte qui rassemble des matériaux de conatmction , ne manque pas de faire préalablement le plan de l'édifice auquel il veut les employer.
Dieu à dû prévoir Timpéritie de nos législateurs , desSolon, des Justinien, des Montesquieu, des Tar* get« Si ces hommes se croient capables de faire des codes sociaux, Dieu a plus forte raison sait en faire ; ils n^ont pour appui de leurs lois que la contrainte , les sbires et les gibets ; Dieu aurait pour appui des siennes Tattraction dont il est seul distributeur. Cent autres indices faisaient pressentir l'existence da code divin , il fallait donc en mettre au concours la recherche , et déterminer d*abord la méthode h suivre dans cette investigation.
Le code divin, pour être méthodique , doit stataer avant tout sur Findustrie qui est fonction primordiale, Fadministration ne naît quà la suite : il fîdiait donc chercher les lois de Dieu sur Findus* trie, Fordre qu*il a assigné aux travaux agricoles et domestiques.
5i MkAVACI.
Lés publicistes au contraire ne se sont occupes pendant 8000 ans que du gouvernement , que des abus admînîstf atife H religieux ; ils ont commencé depuis un siècle seulement à traiter de Tindustrie , sans songer à en corriger les désordres. Soit inadvertance , soit erreur systématique , il est certain qu'ils en ont prôné les deux vices radicaux, fnorcelhment industriel et fraude commerciale fardée du nom de libre concurrence.
La science est donc en fausse route ; au lieu de s'occuper à combattre les vices des deux branches dites agriculture et commerce, elle ne s'exerce que sur les deux branches dites gouvernement et sacerdoce, auxquelles on ne peut pas toucher sans causer des commotions et souvent des redoublemens d abus ; tandis qu'en corrigeant , par le système sociétaire , les vices du régime agricole et commercial, on opérerait en plein accord avec Taulorité, qui trouverait bien son compte dans le qnadruplement de produit et dans la cessation de toutes les querelles de parti : elles seront regardées en pitié, dès qu'on aura passé au bonheur sociétaire.
Après cet exposé des vices généraux de l'industrie et de la science , il reste à parler des vices de détail et des erreurs de système. C'est un sujet qui exigerait un volume; j'en vais donner seulement l'aperçu.
Nos êoononkies confus de voir la ténacito et mèam le pro^s de l*indîgeiice , commencent à ioapçoaner que lemr science est en faasse route; un débat t'est engagé dernièrement sur ce sujet entre MM. Say et Sîsmondi : le second revenant de visiter les prodiges d*outre-mer, a déclaré que FAn* l^terre et l'Irlande , avec leur industrie colossale , ne aaai que de vastes amas de pauvres ; que l'indus* trialiame n'est jusqu'à présent que la région des chimères. M. J.B. Say a répliqué pour Tlionneur de la science ; mais à parler net , l'économie politique a été désorientée par la crise pléthorique de 1836; elle cherche à se justifier. Déjà l'on voit des chefs d'école tels que feu Dugald Stewart, dire que la science est bornée au rôle passif, que sa tache est limitée à l'analyse du mal existant*
Cest agir comme un médecin qui dirait au malade : « Mon ministère consiste à faire Tanalyse « de votre fièvre, et non pas à vous en indiquer les « moyens cnratifs. » Un tel médecin nous semblerait ridicule; c'est pourtant le rôle que veulent prendre aujourd'hui quelques économistes qui , s'aperoevant que leur science n'a su qu'empirer le mal 9 et embarrassés d'en trouver Tantidote , nous disent comme le renard au bouc :
• TidM de l*ea Urer et fait tons to$ «fibrU. •
Si l'on admet ce rôle passif, cet égoîsme par lequel ila croient excuser Timpéritie de la science , ils seront encore très en peine de t^nîr parole , de
56 PAtfAOE.
donner l'analyse da mal ; parce qu'ils ne vcnleni pas en avoner Tétendae , confesser qtie tout est TÎcieux dans le système industriel, qu*il n*est en tous sens qu'un monde à rebours: jugeons-en par un demi-aveu échappé récemment k M. de Siê^ mondi : il a reconnu que la consommation s'opère en mode inverse , qu'elle se fonde sur les fantaisies des oisifs , et non sur le bien-être du producteur ; c'est déjà un premier pas vers la sincérité analytique : mais le mécanisme inverse est -il borné a la consommation ? n*est-il pas évident.
Que la circuîaitone8tinv€rse,\o^réé^ïkt des intermédiaires nommés marchands, négoeiansqvki^ devenant propriétaires du produit, rançonnent le produclenr et le consommateur, et sèment les désordres dans le système industriel parleurs menées d'accaparement, agiotage , fourberie , extorsion, banqueroute , etc. ;
Que la concurrence est inverse, tendant à la réduction dos salaires , et conduisant le peuple à Tindigciice par les progrès de l'industrie : plus elle s'accroit , plus l'ouvrier est obligé d*accepter à vil prix un travail trop disputé ; et d*autre part plus le nombre des marchands s'accroit , plus ils sont entraînés ala fourberie par la difficulté des bénéfices.
Voilà déjà trois ressorts dirigés en mode inverse , dans le mécanisme industriel ; j'en compterai facilement trente, (voyez 6«. section) : pourquoi n'en avouer qu*un, celui delà consommation inverse?
L'industrie présente une subversion bien plus sait*
laate, e*e«i ki catUrÊrié^ de$ deujs iniérétê collectif et mâmduel. Tout industrieux e«t en guerre ave6 la masse, et malveillant envers elle par intérêt personnel. Un médecin Joofaaîte à ses concitoyens de bonnes fièvres, et un prôcurenr, de bons procès duns chaque famille. Un architecte a besoin d'un lion incendie, qui réduise en cendres le quart de la ville, et un vitrier désire une bonne grêle qui casse toutes les vitres. Un tailleur, un cordonnier ne souhaitent au public que des étoffes de ftinii teint et des ohaussares de mauvais cuir, afin qu'on en «se le triple , pour le bien du commerce : c'est leur refrain. Un tribunal croit opportun que la France continue à comnettre chaque année 120,000 crimes et délits à procès , œ nombre étant nécessaire pour aUraenter les cours crimindles. C'est ainsi qu*en industrie cîvîlbée tout mdiridu est en guerre intentionnelle avec la masse ; effet nécessaire de Tin^ dostrie anti-sociétaire on monde à rebours. On verra disparaître ce ridicule dans le régime socié* ^re, où chaque individu ne peut trouver son avan» ^S^ qae dans celui de la masse entière.
De tons les indices qui devaient faire suspecter l'industrie actuelle, il n^en est pas de plus frappant <pie celui de l'échelle simple en répartition. J*en-' tends par simple , une échelle qui ne croît que d'un cèté et nom de l'autre : en voici un exemple adapté aai cinq classes.
K8 PHtPACK.
pauvre, |;ènëe, moyenne, «iaée , rlcke« A 0 1 2 4 8
G 2 4 8 16 sa
La ligne A représente Forigine déa sociëtëa où la diffërenoe dés fortunes était peu saillante , où la classe pauvre, figurée par gètVy n-existaiipas.
A mesure que la fortune publi<tue s^accroit , comme on le voit aux lignes B , G « D , B, il faudrait que la classe pauvre y participât selon la proportion indiquée dans chacune de ces lignes, c'est-àdire, que dans un degré de richesse E, le rioke ayant 128 fr. à dépenser par jour, le pauvre aurait au moins 8 fr. : dans ce cas Téchelle serait oompo9ée , croissant proportionnément pour les dnq classes, et sans égalité*
Mais en civilisation réchelle ne croissant que d'un côlé, la classe pauvre en reste toujours a séro , de sorte que si la richesse est parvenue an 5«* degré E, la classe riche obtient son lot de 128 , et la pauvre, zéro seulement : car elle a toujours moins que le nécessaire ; de sorte que Téchelle civilisée suit la ligne transversale 0 , 2, 8, 32, 128 ; et la multitude ou classe pauvre , loin de participer à laccroissement de richesse , n*en recueille qu'un aurcroit de privations ; car elle voit une plus grande variété de biens dont elle ne peut pas jouir ; elle n^est pas
»ftftFACK« 59
même assurée d'obtenir le travail répognant qui fiiît son supplice , et qui ne lui offre d'autre avan-^ tage que de ne pas mourir de faim.
Sous ce rapport , les peuples fainéans , comme l'Espagnol, sont plus heureux que les laborieux , car l'Espagnol est assure de trouver du travail quand il lui plaira d*en accepter. Le Français , TAnglais , le Chinois ne jouissent pas de cet avantage*
Je n*en conclus pas que le régime social de l'Es* pagne soit louable , tant s'en faut ; je veux seulement arriver au but qu'indique le titre de cet article , démontrer que tout est cerclé vicieux dans l'industrie morcelée ou civilisée ; elle crée , par ses progrès , lès élémens du bonheur, mais non pas le bonheur ; il ne pourra naître que du régime d'attraction industrielle et répartition proportionnelle , selon la ligne E. Cette répartition est impossible , tant que l'itidustrie est répugnante , il faut que le peuple reste dans l'extrême dén&ment pour con* sentir à Texercer. D'ailleurs , la civilisation produi* sant a peine le quart de ce que produira l'association , et peuplant outre mesure, il serait impossible d'assurer à ses fourmilières de populace un lot de minimum , ou honnête nécessaire.
On a si bien reconnu ce cercle vicieUx de Tindostrie , que de toutes parts on commence à la suspecter, et s'étonner que la pauvreté naisse en ctm- KuOiùn de Pabandance même. Je viens de décrire cinq vices , dont chacun isolément suffirait a produire
60 T&Éricc.
ce désordre; qu'est-ce dono lorsque les 8 ▼ices agissent toas à la ibis , et copcarremmeat avec ime cinquantaine d'autres non encore cités? (Voyez 6.* section).
Après avoir eongtatë la nécessité d'un sort mal* heureux pour le peuple civilisé, remarquons que le progrès de l'industrie nVjouCe que peu ou point au bonheur des riches. Aujourd'hui la bourgeoisie de Paris a déplus beaux meubles, de plus beaux colifichets que n'en avaient les grands du 17^ siècle qu'est-ce que cela ajoute au bonheur? Nos dames , avec leurs si;hal]s>cacheron*es , sont-elles plus heu* reoses que n'étaient les Sévî^né ^ les Ninon? Von voit à présent les petits bourgeois de Paris servis en porcelaine dorée; sontiis plus heureax'que les mi*' nistres de Louis XIV, les Golbert , les Louvois , qui avaient delà vaisselle de foîeûce?
Il y a sans contredit jouissance réelle dans les periectionnetoens commodes et salutaires , comme la soupente des voilures ; mais on est blasé au bout d'une semaine sur les raffinemens de luxe visuel comme la porcelaine ; ils ne servent qu'à irriter la convoitise du paavre , qui s'imagine que la classe riche trouve un grand bonheur dans la possession de ces hochets. Ils ne seront utiles que dans Tordre sociétaire, oà ifs auront la double propriété de stimuler l'attraction industrielle , et de multiplier les accords de passions qui sont une jouissance bien réelle 9 et qui s'étendront au pauvre comme au
riche, malgré rextréme inégalité des favtaaes. Alors
le pl&s pauvre des hommes aura betfaeoQp plus de
joaissances que n*en a anjourd'hai le plus opulent
monarque, parce que Tordre nommé Séries passion*
nées,créé les concerta sociam ou plaisirs derAme,qai
aujoordlitti sont ^peu près inconnus des grands , et
il éièyeles rafBnemens sensuels à une perfection dont
le monde civilisé ne peut se former aucune idée*
L'industrie civilisée ne peut donc , je le répète ,
que créer les éléraens do bonheur, mais non pas le
bonheur. Il sera au contraire démontré que Texoès,
d'industrie conduit la civilisation à de très*grands
malheurs, si on ne sait pas découvrir les moyens de
progrès réel en échelle sociale. J ai dit que notre
politique n'avance qn'è la manière de Técrevisse ,
tout en se vantant de progrès rapides. Ce sera «n
sujet assez digne de curiosité que Tanalyse de cette
v^trogradation à laquelle concourent les deux partis
opposés.
LlStBAVX ST ISBtSTBIAUSTKS^ ObscdSATIS et ABSOLCTISTES.
La différence entre eux est que le parti obscurant ne nie pas qu'il tend à ressusciter le 10* siècle , tandis que le parti libéral se flatte de conduire à la perfectiun. C'est faux : il tend, par double voie^ à faire rétrograder le char , on verra dans les chsp. spéciaux , que la science n'a pas sn élever l^élat civilisé au seul progrès dont il était^susorp- (tUe, c'était rascennan en quaHèmê phase.
69 PtlFACtt
Chaouao des pàriodea d(Hâa)e8, dite civiKsee, barbare , patrUrohale, sauvage ou autre , se subdivise en quatre phases analogues aux quatre âges de la vie; ee sont i^TenEance, %"" Tadolescence, 3"* la vi* pilîtë^ 4® la caducité. La i^ pbase, dite caducité est par ibis un progrès utile ; on en peut juger por TEgypte, qui, en adoptant la tactique militaire, Tart nautique et les sciences fiies, entre en barbarie caduque ou barbarie de 4" phase , conduisant peu à peu à lai*** phase de civilisation. C'est donc un progrès réel , de même qu'une nuit avancée est un acheminement vers le jour.
Si la civilisation savait passer de sa 3* phase, qui est l'état actuel, à sa 4* phase qui n'est pas encore née ; ce serait un changement très-favorable , car on se rapprocherait de la période suivante, celle des garanties sociales, qui est l'échelon supérieur et contigu a la civilisation. Les garanties sont le bien que révent tous les philosophes , sans savoir y atteindre en aucun sens : pour s'élever aux garanties, il faut sortir de la civilisation, et monter à l'échelon suivant ; nos sciences , loin d'avoir su nous élever ainsi de période en période, n'ont pas même pu nous faire avancer dans la carrière civilbée , nous élever au moins de la i' à la 4' phase, dont j'explîqnerai le mécanisme en 7* section.
Remarquons a ce sujet qu*après tant d*études sur la civilisation , l'on n'a pas encore songé a en faire l'analyse régulière, la décomposition en quatre pha-
fesy en Msignant à chaoune sm carAOtères spëdaux qui constiiaeni ta phase, tel que anarchie mercan* tlle dans la S* ; et en classant les caractères gens» ranx qui régnent dans le cours des quatre philses , comme ligne de gros Tolears pour faire pendre les petits ; puis les caractères d'engrenage qui sont empruntes d'autres périodes; tel est lecodemili* taire, qui est un emprunt sur la période inférieure, dite barbarie ; tandis que lo régime des-monnaies « seule relation où règne la garantie de Venté, est un emprunt sur la période supérieure, celle des garanties solidaires, qui n'est pas encore i^ée.
En considérant que nos seimices ont oublié Tana^ lyse de ta civilisation, première étude qu'iiidiquait Tordre méthodique, peut-on s*étonner qu'elles aient négligé beaucoup d'autres études , formant deil scienoesneures et vastes, comme les suivantes, que je place en regard des classes de savans à qui elles sont attribuées. ]
MoBALiSTi8...«. L'analyse de lacivilisation«
V PoLiTiQuu Lathéoriedes garanties solldairea.
EcoaoHisras.... — — des approximations sociétaires.
HiTAraTsicisss — -^ de l'attraction passionnée. Natusalistes... de l'analogie universelle.
Lorsque chaque classe de savans manque ainsi sa tâche primordiale, il n'est pas surprenant qu'élèe on* de moindres détails, comme l'analyse ducerclQ
64 pntFAfii. .
vicieux de Vmdwirie^ qui, dftiis 9on système, pèche éYidemment eoalre les quatre bases de sage poli* tique ; sATOir :
AUreetiùn indushieUt applicable aux trois classes retires, les enbns, les sauvages* les riches oisifs*
Répartikon prapartionneHe satisfaisant ehacun eo raison de ces trois facultés, capital, travail et talent,
ÉqtÊÎkbre de population maintenue au-dessous du nombrequi amènerait la gène des classes inférieures.
Économie de reaeori»^ ou réduction la plus grande des imiMOductffs , ecmimerçatis et autres , dont le nombre est aujourd'hui si énorme , qu'il comprend les deux tiers des civilisés.
Les indtistrlalistes esquivent ces problèmes , et cent autres qu'on pourrait proposer à ceux qui se flattent de perfectionner le système sooial par un progrès de la culture morcelée et de Tanarohie mer* cantile pu oonourrenoe de fourberie. Les écrivains ne savent qu'encenser les vices dominans pour se dispenser d'en chercher le remède : sur les questions fondamentales, comme Téquilibre de population, Von voit la science passer outre, eh disant qu^on n'y peut rien comprendre. C'est ainsi que Stewart débrouille cette énigme de l'exubérance de populaccy énigme reprise après lui -par Wallace et Malthus, qui n'y ont pas compris davantage.
Les questions de politique sociale seront toutes insoioUes , tant qu'on voudra spéculer sur le ré* gime civilisé qui est un labyrinthe intelleetuel , un
pftirACE. 65
oerdeTtcîeax en tout sens; mais qae ne s'exerçaiton à îoveDter ane nouvelle soctëté? C'était là ane belle carrière pour tant d'écrirains qui se battent les flancs à chercher un sujet neuf.
Et lorsque par hasard ils mettent la main sur qaelque idée neuve, comme celle d'a$sociùtwn in^ duitrielle, ils se h&ftent de l'obscurcir et l'embrouiller, en y accolant leurs vieux sophismes jusqu'aux plus ridicules , comme . la communatUé des biens , la douce fraternité dès vrais philantropes , tous unis d'épi-
lAnn de ces fadeurs morales que met en jeu la
secte Owen, il ieiut en régime sociétaire, autant de
discorda que d'accords : c'est même par les discords
qu'on doit débuter; et, pour former une phalange
de séries passionnées (un canton sociétaire de 1800
personnes), il faut faire éclater au moins cinquante
mille dîscords,aTanttf organiser les accords* On peut
juger par là eomlnen notre siècle était loin des routes
de Fassociation, en apportant à cette étude tous les'
faux jogemens de la morale sur les passions et les
▼oies d'harmonie sociale.
L'industrialisme étant, je l'ai dit , la plus récente de nos illusions scientifiques et la plus accréditée ; j'ai dû la réfuter avant d'entrer en matière , en désabuser les partisans , leur montrer le cercle vicieux
69 PRtPACS.
de tes efforts mal dirigés , de ceitç iadHoIrîe of^ênl fans bat ni méthode.
Mais pourquoi tant d*impëri(ie chez des hommes si savans, si habiles écrivains; pourquoi leur bean talent n*a-t-il abouti qu* à nous jeter de Charybde en Scylla? Cestqu*Us tnarchent aanê boussole dans y» labyrinthe*
Rappelons a ce sujet leur principe sur l'analogiei (ScHBLLiciG cité précédcmn^ent). SUl existe uaUé et analogie dans le système de la nature , nous devons avoir en politique deux boussoles comme en matériel. Les navigateurs ont pour se diriger , l'aiguille aimantée et les astres; il faut quetg y olit\qu6 sociale ait de même ses deux guides , sa boussole et sa oon* tre-boussole. Il u*y aurait plus d*unité de systènae ni d'analogie , si Dieu n avait pas pourvu le monde social comme le monde matériel de deux guides pour diriger sa marche. Avant de désigner ces deux boussoles sociales , il faut faire entrevoir leur absence et les efibrls de Tesprit humain pour les découvrir , soit en industrie , soit en administration.
En INDUSTRIE. Je choisis pour indice les voQation% naturelles et l'art de les faire éclore. C'est un art profondément inconnu ; on en va juger par un fait récent.
Un jeune charretier de 23 ans conduisait des métaux à l'usine de MM. Manby* et Vilson , à Charenton. L'aspect de cet atelier , qu'on dit effrayant, le charma et développa sa vocation , son aUracHo»
inAuifkBê 'méeoBoae juiqua-là da 869 paiveiii et dé lui-méne; il s'eagagea dates oe genre de travail, et il 7 fil an progrès si rapide , qu'au bout d'un an il fwt remplacer un ourrier très-prrfcîenx qu'on payait 22 francs par jour*
Dans ce petit éYënemeni, que de griefs contre nos métbodes industrlellea , nos théories d'éducation , de perfectionnement et étude de Thomme! Pourquoi ne tavent*elles pas discerner et faire éclore dès le bai âge les vocations industrielles de chaque enfiint, I appliquer aux divers emplois où la nature i appelle? Voilà ce qui est impossible à la civilisation ; elle veut (aire de Métastase , on portier ; de J*-J. Rousseau et de Franklin , deux ouvriers obs' curs. Ce n!eat que par des coups de hasard infini-' laeDt rares, qu'an voit quelques industrieux sauvés de celte absorption , et placés souvent ti^s tard au' poste que Tinstinct leur assignait : ce charretier ne trouva le sien qu'à 28 ans , et ce fut par effet du hasard*
11 est donc évident qu'il nous manque une boos- <ole, une clé pour décliiffrcr ce grimoire des attractions çt vocations industrielles ou scientifiques : on ne peut les faire éclore que par emploi des Séries psssioDnées, qui sont la boussole principale en toute branche de mécanique sociale et surtout en éducation.
Le problème qui va être résoin sur ce sujet est de taire éclore non pas une mais tinfi rocntions , chez'
68 pfeÉricv.
tout enfant âge dé trm$ ûm; dès Fàge do' 4 ati» tf devra figurer déjà très-adroitement dans une vingtaine de Série» industrielles , et y gagner plus que ses frais de nourriture et entretien ; y exeroer alternativement toutes ses facultés matérielles et intellectuel les f donner à toutes un essor complet.
Au lieu de Tingt vocations écloses et un plein exercice à Tàge de 4 ans , on ne trouva souvent , chez le civilisé, aucune vocation édose à vingt ans. S'il est plébéien, ses parons rappliquent forcément à un travail hors d'insHnet, où il végétera , car tout individu devient un pauvre sujet quand il n*est pas au rôle que la nature lui assigne. S*il est de la classe aisée , il n'aura peut-être pas un état » dO ans ; sur cent jeunes gens qu'on envoie aux universités , aux écoles de droit et de médecine , il en est a peine vingt qui réussissent.
Uéclosion des vocations , Tart de les développer dès le bas âge , est recueil de nos sciences , il dénote que nous n*avons point de boussole en direction des instincts , môme en exercice de Tagrieulture ; elle est présentée aux enfans villageois , de manière à n'exciter que leur répugnance. Nos sciences, en éducation industrielle comme en tout , sont visiblement hors des voies de la nature ou attraction ; et il est clair qu'il faut recourir à une science neuve, pour obtenir une boussole de direction industrielle : c*est la Série passionnée. Quand elle est régulièrement formée selon les règles que
j*eiqNMerai en première MDfion , rhomtte, depuis le beroeao JBMfa'k l'âge décrijpit , est tongours en* tnifië aux foaclions oà il peut serrir â la fois Vin^ Uni pobKc et le sien, et donner la plas sage direc* lion â ses iacaltés corporelles et iatellctctaellea.
U est une seconde boussole sociale à déterminer, caria natnre n'en donne pas une seule , mais deux en tons genres : elle nens doit donc la oOiutr»* boossole en mécaaiqoe sociale* Je vais d'abord en signaler Tabsence :
Es 4BxurisTaATio!i. L'instinct nous a fait découvrir le germe des garauttes natVMrelles (garantie de Téritéet d'économie)» et Ton n'a su l'appliquer qu'au sjitème des monnaies, seule rdalîon où régnent la Térité et Téconomie. Or qu'est-ce que le systèsM des monnaies ? C'est une régie iscale à deux contrepoids formés par le change et l'orfihrrerie : l^utr ooncarrence maintient le gouyemement dans les Toies d'économie et de vérité ; c'est donc le système qu'il aurait fallu appliquer à tout l'ensemble du mena-* QÎsme commercial et d'administratif, pour y introduire les garanties d'économie et de vérité.
Le régime des monnaies est un mpqopole , mais un monopole eomposé, à double contre-poids; en cela il difiEàre pleinement du monopole simple comme celui des tabacs y qui est l'arbitraire sans contrepoids*
Nous avons donc sous la main une des deux bous* soles sociales , c'est le monopole composé qup Tin-
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aliiiot a ùÀt découvrir à tons les gouTememens ; i\a n*ont pas sa l'appliquer au commerce , et s'en emparer pour le bien des peuples qui ont besoin d^une garantie dé vérité et d'économie dans le mécanisme de cir«^ulation.
Dupe des sophisraes de liberté, l'administratton s'est laissée frustrer de la plus belle portion de son domaine : elle abandonne le commerce aux particuliers , à la concurrence de fourberie , à l'anarchie mensongère et coraplicative.
Laquelle des deui méthodes est préférable , on de la garantie qui règne dans le monopole des monnaies, ou de la liberté anarchique du commerce qui augmente chaque jour le nombre de ses agens , l'ab sorption de capitai^x, les entraves de fourberie et la complication de mécanisme ? Pour en jtiger, il faudrait mettre pendant quelques temps la monnaie en régime commercial , en libre concurrenee. L*on aurait bient6t dans chaque empire vingt-mille fabricans de monnaie , qui en protestant de leur loyauté selon Tusage commercial , distribueraient à l'envî des monnaies de faux titre : toutes les transactions seraient entravées , l'industrie tomberait dans le chaos.
De la il est évident que la garantie industrielle réside dans le aonoroLB coarost ou régie fiscale à double contre-poids , et que le régime de concurrence mensongère est l'absence de toute garantie. Cest donc le monopole composé qui est la deuxième
bouMole fiooialfl! ; son application au commoroe ooiu aurait ouvert nne issue de cÎTÎliaatipn et nous aurait éleTës â la période des garanties solidaires , qui est Tëchelon inlermëdiaire entre Tétat civilisé et réiat sociétaire.
Ainsi nos philosophes dans leurs rêves de garantie locialef vont chercher hien loin le trésor qu'ils ont sous la main , et dont ils voient le germe dans la pins remarquable de nos relations , celle des monnaies, exercée par monopole à double contre-poids.
Ils ont sur les contre-poids sociaux des idées confuses ; ils raisonnent sans cesse de balance , contrepoids ) garanties , équilibre ; mais héritiers des travers de la philosophie ancienne , ils veulent introduire dans Tadministration ce contre -poids qu il faudrait placer dans Tindustrie.
Cette fausse marche ne peut amener que des désordres ; les gouverne mens qu*on veut enchaîner psr des constitutions » résisteraient toujours avec plein succès. La réforme ne doit porter que sur Tindustrie. Dès quelle sera organisée en mécanisme de garantie ou d'association , tout gouverneinent trouvera son intérêt a réprimer les abus qu'il Pi^tége en civilisation.
Cest donc sur l'industrie seule que les réformateurs auraient d& porter leurs vues ; et pour se ériger dans cette carrière, il aurait fallu faire usage (ie l'aoe des deux boussoles.:
Ou dtt monopoh à dwhh conêre-poidêf qui existe
1^ MirAGEi
d^ en germe , et qui , par son extension , ««irait conduit à la période des garanties soeiales.
On ^es Sêneû paê$ionnée3 : dont rinyention plus difficile aurait conduit à l'association , destin altérieur de l'humanité. (Les garanties ne sont qu'une transition, un état mixte entre la destinée nialfaenfeuse dît0 civilisatton et la destinée heureuse on état sociétaire).
L'inTcntion du monopole composé était mieux adaptée à lesprit de notre siècle, qui se bat les flancs pour lutter contre un monopole simple exercé par rAnglelerre sur le commerce maritime. Cette tyrannie industrielle serait tombée comme toutes les autres devant le monopole composé , et l'Angleterre même y aurait trouvé du bénéfice. Cette invention eût illustré la science <fite économie ou écoiiomisme , qui préfère lâcher pied , et prétend que sa tâche se borne à l'analyse de Tordre existant : que n*a-t-elle tenu au moins cet engagement, en donnant Fanalyse du commerce qui nous aurait révélé d'étranges turpitudes f (Voyez ohap. 4S et 44). On en aurait conclu a la réforme de cecioaquede vices, de te mécanisme inepte qui , par le ooncoum de soixante caractères malfaisans, tels que les cinq déjà chés , consommation inverse , circulation inverse , concurrence inverse, etc. , fait de Tindustrie on trëbuchet pour lès peuples , et augmente à la fois leur misère et leur dépravation. L'on prétend que les houkftieft ne sont pas plus faux qu'île n'étaient jadis ;
eepenbiUoii pouvait, il y ^ «n demi-siècle, se procurer a peu de frak des étoffes de bon teint et des eo- HieitibleB naturels ; aujourd'hui raltëratton, la fouriMrie dooBÎiieiit partout. Le cultivateur est devenu sossi fraudeur qverétaitjadis le marchand. Laitages, huiles , vins , eaux<de>vte , sacre, café, farines, tout est falsifié impudemment. La multitude pauvre ne peut plus se procurer de comestibles naturels ; on ne lui vend que des poisons lents , tant Tesprit de commercea fait de progrès jusque dans les moindres viilages.
Lorsijue le parti obseurant s'autorise de ce rési^tpour motiver ses vues de rétrogradiation , il peut se croire bien fondé , surtout depuis la crise pléthorique d^ 1826. Toolefois c'est une ressource méprisable et dangereuse que Tobscurantisme dans les cdijoDctures présentes ; il était un rôle briUant dont les adversaires du libéralisme n'ont pas su s'emparer ; ils auraient dû faire ce que les libéraux ne savent pas faire, aooHoer en écheih toeiak, opérer un progrès réel par la réforme du systènito commercial , opération très-facile qui , en France , donnerait un revenu de deux cents millions au fisc , et (Tua milliard à la nation ; puis un avantage plus précieux encore, la garantie de vérité et d^économie dans le mécanisme de circulation que l'anarchie actuelle complique au degré aeatidaleax : depuis un demi-siècle , le commerce à élevé nu quadruple le nombre de ses agens , pour ue ravail qui n'a que
rREVACK.
pea ou point varié; la fourberie 8*ett aocme même rapport ainsi que l'absorption de capitaux.
Si les obscurans avaient su inventer cette opération , appliquer au oommerce le système monétaire^ le monopole composé ou régie fiscale à double contre poids, ils auraient enlevé aux libéraux la faveur de l'opinion , et auraient pu leur dire : it C'est nous « qui conduisons l'état social au perfectionnement i M vous né saviez que le faire rétrograder en voua « prosternant aux pieds du veau d'or, en proati- « tuant votre faconde a encenser un régime d*a* M narchie et de fourberie meixuuitile ^ au lieu de « vous évertuer à cheircber le mode commeroial « véridique, »
Terminons en remanjuant que les sophistes qui prétendent fonder Tassociation ou qui écrivent sur ce sujet , n'ont aucune connaissance des deux bouasoles, pas même de la deuxième dite monopole à double bontre^poids , qui est au milieu de nous comme un diamant inaperçu et foulé aux pieds.
D*autre part ces praticiens et théoriciens tombent tous dans le vice d'irréligion scholastique, Terreur d'attendre de la raison humaine dite législation, des connaissances qu'il faut demander à la raison divine , par étude de l'attraction ou Un nainreVe*
Au lieu d'incliner a cette étude , on voit les réu> nions soi-disant sociétaires s'engager dans la coqtroverse politique et religieuse. Quelques uns en
PitrACK. 75
viennent presqu^à faire scission avec Dieu ; tels «ont iea Owënistes qui lui retranchent le culte public. Il snfiraU de cette pitoyable innoration pour prononcer, même avant de connaître leurs dog^mes et méthodes , qu'ils n*ont aucune connaisance en assorâtion.
S'ils avaient entrevu en quelque point ce mécanisme , ils sauraient que dans Tétat sociétaire , Tamoor de Dieu devient passion ardente ches tous les humains : jouissant k chaque instant de nouveau! plaisirs , et voguant sur un océan de délices , ils épronveront le besoin d'adresser À toute heure des hommages au créateur d'un si bel ovdre. Loip de se ralentir dans l'exercice du culte divin , ils s'en feront nn charme habituel. Les assemblées religieuses dans les temples ne suffiront pas a leur gratitude ; ils voudront encore dans les groupes de travail on de plaisir , voir au milieu d'eux quelque emMéme du bienCsitenr du monde, l'associer en qndque façon à leur bonheur , et entonner dans loate réunion un hymne à sa louange.
Les athées mêmes , en voyant le chef-d'œuvre de la sagesse divine , l'harmonie des passions et des caractères antipathiques, l'industrie devenue attrayante pour les Sybarites même ; les enfans , dès le plus bas âge , entraînés constamment au bien ; rexoellence des impulsions données par l'attraction ; les athées , dis-je , en voyant ces merveilles , feront trophée dp se rallier à l'esprit reltgieiH ; Ils seaont
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les plut ardetts à proclamer la gloire «le Dieu et l'opprobre des lois civilisées; elles parotlroni oe qu*elles 8oa4 réelleniont, une Gouvre de Tesprit infernal. Ces lois , qui n*ont sa qa*avilir la ▼ertu ^ en assurant au vioe tous les succès , ont fait nakre lea doutes sur la Providence dont on ne voyait aoctue empreinte dans les perfidies du régime civilisé, dans les honteux résultats d*une industrie qui fait le sup* plîce des êtres condamnés à l'exercer , et rabaisse rbomme policé bien au-dessous du sauvage et de l'animal.
Je regrette que la nécessité d*abréger m'oblige « sapprimer beaucoup de notions préliminaires : il aurait surtout convenu de donoer aux savass et artistes on exposé des immenses richesses et du lus* tre dont ils jouiront dans le nouvel ordre. Ik sont fort enclins à s*ombragcr des découvertes , ils craK gnent qu'une science neuve fie nuise à leur commeree de systèmes. Obligés de ramper pour obtenir quelque chétif émolument, ils tnaiteiit de visioA l'idée d'un ordre où les savans et artistes figureroBl aux rangs supérieurs , et gagneront aisément les trésors que Pétat civilisé ne donne qu'aux agioteurs et aux intrîgans.
Quelle est leur dnperie de se passionner pour on ordre de choses où, ils oocupent le dernier rang , car il n'est rien de plus asservi , bâillonné, humilié que les savans et artistes ! Us rantent l'auguste vérité comme la meilleure amie des humains ; elle n'est
FMiffAOl. 77
guère amie d6ê philosopha ; car , a'ils osent la fauw entendre, ils sont dépoaillés on perséoutës, comme les VHIemain , Laoretelle , Miohand , les Legendre, Tissot y Lefi&Tre-Ginean , etc.
Je m'ei^^e à leur démontrer qne , dans Tétat seciëtaire où ils jouiront d'nne pleine liberté , il lenr sera pins aisé de gagner des mUlùmt qu'aujourd'hui des mille francs , et que le moindre magister de ^il» lage y deviendra un homme préoieui , è plus forte raison les hommes capables de diriger en quelque branche Técolo normale d'une proTince. Il faut, dans rétat sociélaire , que le peuple soit éclairé , initié aux sciences et aux arts ; c'est un moyen de fortune générale; dès*Iors les obscurans actuels seront empressés de répandre Tins^clion.
Les tableaux de cette fortune prochaine des sa vans seraient frop éMouissans pour des hommes façonne» au mal-ètve ; ils soupçonnent toujours de Texagération , et croient que je mets , comme les financiers, des téroa de trop ; il n'-en est rien , tout sera bien arîthmétîqncment démontré : loin d*enfler les comptes 9 je suis dans lusage de réduire de moitié la somme , et Ton verra qu'une seule des nouvelles sciences, foMoiogie^ doit rendre aux auteurs un bénéfice de cmq à tis rnUUotu de francs par feuiUe éê l%page$ : elle contiendra au moins trois mille vo- Innés de la dimension de celui*ci, et paraîtra ieoille par feuille pour satisfaire l'impatience générale : ce ne sera qu'une brauche des profits énormes
78 lUrAGi. *
que rëlal aociéiaire as«ure aux taTaoB et arliatea.
lia ont boniia gr&oe après cela de s'accrocher â leur mesquin badge* de 400,000 francs dans Piirîs ! C*est imiter un misërable qui , appelé A necveillir un brillant héritage , habiter un hitel et renoneer n sa cabane« penserait q«*il va motirif de faim, quaiad il n'aura plus ses pots de terre et ses cuiUera de bois.
. On peut excuser les médecins de s'élahner du magnëiisme, parce qu'il réduirait dans ditera eaa leur domaine sans présenter de compensation ; il n'en est pas ainsi du calcul de l'atifaction , qai est un Pactole pour tous les savans et artistes.
En passant à oette théorie , je ne puis mieux fixer rattention du lecteur qu'en lui rappelant le bnt où elle doit nous conduire : elle donnera la richesse et de plus le bonhetir , qu'on n'obtiendrait pas de la seule rirhessc , et qui consiste dans le plein développement des passions. C'est un bien dont les pins npulens civilisés sont encore très-éloignés ; on va se convaincre que le plus heureux d'entre eux, tel qu'un monarque puissant , jeune , beau et robuste , no peut pas parvenir au degré de bonhetir dont jouira, dans l'état sociétaire, le plus pauvre des hommes de même âge et même santé* La se tennineront tontes les controverses philosophiques sur le vrai bonheur: on va reconnaître qu'il n'est. pas fait pour la civilisation , et que les Sj barites les plus vantés sont encore infiniment loin da bonheur.
MONDE INDUiSTRIEL
ou
llTHODI SOCliTAIRE RATIULLI.