‹ Le nouveau monde industriel (volume 2)Chapitre 24 sur 120 · CHAPITRE HCITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HCITIÈME

Deê sofies et doses â^MracHon*

Pour complément des notions élémentaires, analysons les degrés de Tattraction industrielle et les emplois à en faire. Ces degrés sont au nombre de trois :

L'attraction directe ou convergente ,

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L'iodlrecte ou mixte ,

L'inverse ou direi^ente et Cnussëe ,

1° Laltraction est di&sctb quand elle naît de l'objet même sur lequel s'exerce une industrie. Archimède, en étudiant la géométrie; Linnée, la botanique; Lavoisier, la chimie, ne traraillent point par appât du gain, mais par un ardent amour de la science. Un prince qui cultive des œillets, des orangers, une princesse qui élève des serins, des laisans, ne travaillent pas par cupidité, car ce loin leur coûtera plus qu*il ne leur produira ; ils sont donc passionnés pour Tobjet même, pour la fonction même.

Dans ce cas , l'attraction est directe ou convergente avec le travail; cette sorte d'attraction régnera dans les sept huitièmes des fonctions sociétaires, lorsque les Séries passionnées seront méthodiquement formées.

La plupart des espèces animales et végétales domestiques peuvent exciter l'attraction directe en régime sociétaire : elle pourra s'appliquer au pourceau même, quand les Séries industrielles seront bien intriguées.

2* L'attraction n'est qu*iiiDiaBCTB quand elle naît d'un véhicule étranger à l'industrie, d'une amorce iulBsante pour en faire surmonter passionnément les dégoûts, sans appât de gain. Telle est la situation d'an naturaliste qui entretient des reptiles; dëgoûtans, des plantes vénéneuses ; il n'aime pas

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ces êtres immondes auxquels il donne des soins, mais le zèle pour la science lui fait surmonter le dégoût avec passion, même sans bénéfice.

Cette attraction indirecte s'adaptera aux fonctions sociétaires dépourvues d'attrait spécial ; elles formeront un huitième dans la masse des travaux d'une phalange.

Z*" L'attraction bivbrcihti ou faussée, est celle qui discorde avec Findustrie et Tintention ; c'est la situation où l'ouvrier n'est mu que par besoin, vénalité, considérations morales, sans gaité, sans goût à son travail, sans enthousiasme indirect.

Ce genre d'attraction, inadmissible dans les Séries passionnées , est pourtant le seul que sachent créer la politique et la morale : c'est celui qui règne dans les sept huitièmes des travaux des civilisés. Ils haïssent leur industrie , elle est pour eux une alternative de famine ou d'ennui , un supplice où ils vont à pas lents , d'un air pensif et abattu.

Toute attraction divergente est une répugnance réelle , un état où l'homme s'impose à regret un supplice. L'ordre sociétaire est incompatible avec ce troisième genre ; et jusques dans les occupations les plus répugnantes , comme le curage des égoûts , il doit atteindre au moins a l'attraction indirecte , mettre en jeu des ressorts exempts de vénalité , des impulsions nobles comme esprit de corps , esprit religieux , amitié , philantropie , etc.

Il faudra donc parvenir à bannir tout-à-fait d'une

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phalange sociétaire rattraction dÎTorgenle , (rayait de pù-aUêry fondé sur la crainte du besoin.

Plaçons ici le parallèle des sortes et doses d'attraction industrielle dans les deux régimes.

L*ordre ciTilisé présente :

1/9 d'attraction indirecte ,

7/9 d'attraction divergente , répugnance passive ,

1/9 de répugnance active , ou refus d*indu8trie de la part des riches oisifs , des filous , des mendians, etc., etc.

L'analyse da régime sociétaire présentera :

Ifl d*altraction indirecte ;

7/9 d*attraction directe ;

1/9 de chômage , obligé par maladie , infirmité , vieillesse ou basse enCsnce , mais non par goût.

L'attraction directe s'étendra donc à l'immense majorité des travaux , et Findirecte au surplus : celle-ci y sera encore très-forte , et égale aux plus véhémentes que nous connaissicms.

L'appât du gain qui , chez le salarié , n'excite qu'une attraction divergente , un pis-aller d'optîun entre la fnmine et Tennui, sera souvent un ressort noble dans l'association ; par exemple : s'agît-îl d'une invention urgente et négligée , comme le moyen préservatif de la fumée , Tordre socictaire saura allier les â amorces de cupidité et de gloire. Je suppose qu'il offre un prix de dix francs pour la découverte du procédé anti-fumeux. Celui qui résoudra le problème recevra solennellement, de la

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pari du globe, une somme de ci$m miiliimê de francs, à répartir sur chacune des 500,000 phalanijes que pourra former la population actuelle. L'iUYentenr recevra aussi un diplôme de magnat du globe , jouissant par toute la terre des honneurs attaches à ce rang. (Quel est Taveuglement de ces savans ennemis de la théorie sociétaire qui va les élever à une si haute fortune !;

£lle serait colossale même dans les plus petites branches ; car si une bagatelte , ode ou symphonie est récompensée à deux sous par vote de la majorité des 500,000 phalanges du globe , lautenr en reçoit la notification par le congrès d*unité sphërique. Muni de cette pièce, il fournit sur Constantinople (siège naturel du congrès) , une traite de la somme de 50,000 francs. Il peut gagner plusieurs fois , dans le cours d'une année , cette somme et de plus fortes. Une bonne pièce dramatique ob« tient-elle 1 franc? C'est pour l'auteur 500,000 francs comptant ; plus , un produit de vente des exemplaires, au moins dix par phalange , soit cinq millions d'exemplaires , sans possibilité de fraude ni contrefaçon. Si on accorde k Fauteur quatre aous de profit par exemplaire , c'est encore 1,000,000. Total , quinze cent mille francs de bénéfice pour une bonne pièce , tragédie ou comédie , avec garantie que l'examen, l'admission et la représentation ne pourront pas être différées d'un instant, et qu*an* cune intrigue ne pourra prévaloir dans le jugement

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à porter. ( Voyes le Traité de rAsaociatioa dômes* tique • agrîeole*)

Je ne crains fias d'assurer que bientôt les corps sarans déclareront eux-mèoies qu'ils étaient en dénence lorsqu'ils repoussaient la théorie sociétaire, plus désirable pour eux que pour aucune antre classe de civilisés.

La deuxième attraction , l'indirect , qu'on n'emploiera qne rarement en régime sociétaire, peut fournir encore de puissans moyens; en voici un exemple*

En 1810 , une mine de houille fut inondée à Liëge , et quatre-vingt ouvriers y étaient enfermés sans subsistance. Pour les délivrer à temps, il fallait lidre en très-peu de jours , une percée considérable : tons leurs camarades s'y entremirent avec ardeor ; les plus forts sollicitaient la préférence par point d'honneur, et l'on fit en quatre jours un tra- ▼afl auquel des salariés auraient employé vingt jours. Aussi les relations disaient-elles : Ce qu'on a faii en quaire jours est incroyable; et ce n'était pas par vénalité , car les ouvriers se croyaient insultés quand on leur parlait d*afgent pour les encourager à forcer de travail et sauver leurs camarades enfouis.

11 est donc évident qu'un ouvrage répugnant par lui-même, comme celui d'une percée de mineurs , peut devenir attrayant indirectement , s'il est soutenu d'impulsions nobles* Telle est la faculté dont

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jouisient lot Séries patsioniiées : elles créent une quantité de ces attractions indirectes, qui sont au moins égale» en force aux directes : on en jugera i l'article fbtitis hosbis.

J'ajoute sur l'attraction indirecte un second exemple. A l'assaut de Mahon, les soldats français escaladèrent des rochers si escarpés , que le maréchal de Richelieu ne concevant pas comment ils avaient pu réussir, voulut le lendemain , par forme de parade , faire une répétition de cet assaut. Les soldats ne purent pas gravir de sang*froid ces rochers qu'ils avaient escaladés la veille sous le feu de l'ennemi. Cependant ce n'était pas l'espoir du pîl» lage qui les avait stimulés , car il n y a rien à piller dans une citadelle : c'était l'esprit de corps , la fou* gue aveugle qu'une masse passionnée communique à chacun de ses membres. Dans ce cas , les coopérateurs font des prodiges incroyables pour ceux mêmes qui les ont opérés. (£ffet de la dou«ième passion, Composite ou exaltante.)

Ou en a vu tant d'exemples, que cette belle propriété de l'attraction indirecte aurait dû fixer enfin l'attention. Notre siècle, engoué d'industrialisme, aurait dû mettre au concours la recherche des moyens d'appliquer à l'industrie l'une ou l'autre des deux attractions, directe et indirecte, qui enfantent des prodiges. Les animaux industrieux , castors , abeilles, ont reçu de la nature le don d'attraction dincie pour leur indiutrie ; cette nature n'aurait-^dle

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poÎDien réserve qaelqae moyen de communiquer à Hiomme la Cacttltë d'attraction industrielle dont josûaent les animaux?

Ici une redite est nécessaire : la philosophie noos enseigne qu'il ne faut pas croire la nature bornée Mjr nuHfene connue. Cette nature peut donc avoir qoelques moyens inconnus de nous , pour introdoire l'attraction dans Texercice de l'industrie, mais oà chercher ces moyens? C'est encore la philosophie qoi nous l'apprend , car elle ordonne « d^ex- « plorer en entier le domaine de la science , croire « ip'il n*y a rien de fait tant qu'il reste quelque « chose à (aire. » Or, tout est à faire en recherchas sur Tattraction, sur son analyse et ses emplois; on n'a pas encore commencé ni proposé ce travail , on n'a pas même fait la distinction préalable des trois sortes d'attraction que je viens de définir ; c'est un sujet dont la philosophie s'obstine à empêcher rétude : et cependant comment résoudre le problème d'introduire Uattractiou directe et indirecte dans Texercice de l'industrie , si on ne veut pas consentir à étudier Tattraction par analyse et synthèse? Quœriie etinvenietis»

Appendice à la première section.

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