CHAPITRE ONZIÈME
Distribution des cultures en trois ordres.
Pour introduire dans les travaux champêtres Tin*
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trîgue , le charme , la Tariëtë , vœax des trois pas- •ions mëcanisaotes , on distribue les cultures sodé* taires en trois ordres entrelacés et adaptés aux diverses localités, l^ L'ordre simple ou massif; S* Tordre aoibig;u ou vague; S« Vordre composé ou engrené.
l^ L'ordre simple au mass^ est celui qui exclut les entrelacemens ; il règne en plein dans nos pays de grande culture où tout est champ d'un c6té , tout est bois de l'autre , et ainsi des prés et des vignes ; quoiqu'il y ait , dans chaque massif, beaucoup de portions qui pourraient convenir à d'autres cultures^ surtout dans les forêts , où il faut ménager des dairières pour la circulation de Voir , le jeu den rayons solaires et la maturation du bois de tige.
1* L'ordre ambigu ou vague ei mixte est celui des jardins confus dits angïai»j dont l'idée est due aux Chinois. Cette méthode , qui rassemble comme par hasard toutes sortes de cultures , n'est employée chez nous qu'en petit , et jamais dans l'ensemble d'un canton. L'état sociétaire en tirera grand parti pour l'embellissement général et le charme industriel. Les massifs actuels de prés , de bois , de champs , perdront leur triste aspect par emploi de l'ordre ambigu,
3* L'ordre engrené ou composé est le contraire du système civilisé, des clôtures et barricades* En harmonie, où l'on ne peut pas essuyer le moindre vol , la méthode engrenée est pleinement praticable , et
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produit le plas farUlant e£fot. Chaque série agneole ft*effcnrce de jeter des rameaax aur divera points , die engage dea lignes aTanoëea et des carreaux détachés dans tous les postes des séries dont le centre d'opérations se trouTe éloigné du sien ; et par auite de oe mélange ( subordonné aux convenanoes de terrain) , le canton se trouve parsemé de groupes , la scène y est animée , et le coop-d'oMl Tarie et pittoresque.
Ces trois ordres peurent être comparés à ceux de Tarchitecture grecque* On n'a rien su trourer de neuf après les trois colonnes grecques , à peine quelques légères Tariantes ; il en sera de même de tontes les méthodes agricoles qu'on pourra indiquer, elles ne seront que modifications des trois ordrea ci-dessus*
L'ordre massif est le seul pratiqué dans les cultures grossières des civilisés ; ils réunissent d'un côté toutes les céréales ; d'autre part chacun d'eux fait dans son jardin', abus de la méthode engrenée, il accumule vingt espèces où il en faudrait à peine trois ou quatre.
Une phalange exploitant son canton en système combiné , commence par déterminer deux ou trois emplois convenables à chaque portion. L'on peut toujours foire avec succès des mélanges, hors le cas de vignoble très-précieux qui encore peut comporter fimits et l^umes , en accessoires de la culture pivotale. Ces alliages ont pour but d'amener
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divers groupes , leur ménager des rencontres qui ]es intéressent anx trayaux engrenés avec le leur, et laisser le moins que possible un groupe isolé dans ses fonctions,
A cet effet , chaque branche de culture cherche à pousser des divisions parmi les antres : le par* terre et le potager qui chez nous sont confinée autour de Thabitation , jettent des rameaux dans tout le canton. Leur centre est bien au voisinage du phalanstère^ mais ils poussent dans la campagne de fortes lignes , des masses détachées qui diminuent par degrés , s*engagent dans les champs et prairies dont le sol peut leur convenir ; et de même les vergers, quoique moins rapprochés du phalanstère ont i sa proximité quelques postes de ralliement , quelques lignes ou blocs d*arbustes et espaliers, engagés dans le potager et le parterre.
Cet engrenage agréable sous le rapport du coup* d*œil , tient encore plus à l'utile , à l'amalgame des passions et des intrigues. On doit s'attacher surtout à ménager des mariages de groupes , des rencontres de ceux d'hommes arec ceux de femmes , par suite de l'engrenage des cultures ; l'idée de mariage des groupes est plaisante et prèle à l'équivoque, mais ce sont des rencontres indnstrienses , fort décentes, et aussi utiles que nos réunions de salon et de café sont stériles ; par exemple :
Si la Série des cerisistes est en nombreuse réunion à son grand verger, à un quart de lieue dn pha-
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hiMtère , il oonTÎent que , dans la sëanèe de quatr* à six heures du soir, elle voie se réunir avec elle et à son Toisînage ;
I* Une cohorte de la phalange voisine et des doux sexes , venue pour aider aux consistes ;
2* Un groupe de dames fleuristes du canton, venant cultiver une ligne de cent toises de Mauves et Dalias qui forment perspective pour la route voisine , et hordore en ëquerre pour un champ de Ugames contigu au verger ;
S* Un groupe de la Série des légumistes , venu pour cultiver les légumes de ce champ ;
•4* Un groupe de la série des mille fleurs , venu pour la culture d*un autel de secte (i) placé entre le champ de légumes et le verger de cerisiers ;
5* Un groupe de jouvencelles fraisistes, arrivant à la fin de la séance , et sortant de cultiver une clairière garnie de fraisiers dans la forêt voisine.
A cinq heures trois quarts , des fourgons sus-
(i) Sar cet autels champéires, on place au sommet d*un moaticnle de fleuri ou arbustes, les statues, les bustes des patrons de la secte , des individus qui ont excellé dans ses fravanx etTont enrichie de quelques méthodes utiles. Ce sont les deasi-dieuz mythologiques de la secte ou série industrielle. Un oorybante oufre la séance en brûlant Tenoens au-devant da demi-dieu. L'industrie étant aux yeux des Harmoniens la pins haute fonction, l'on a^soin d*y allier tous les mobiles d*enthoaaiaame; comme les honneurs mythologiques rendus aux hoounca ou femmei qui ont servi l*hamanité en perfectionnant rindastrie.
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pendus partis du phalanstère amènent le foûié pour tons ces groupes : il est senrl dans le caste! des cerisistcs , de oiuq heures trois quarts a six on quart , ensuite les groupes se dispersent après aroir formé des liens amicaux et négocié des réunions industrielles ou autres pour les jours suiyans.
Plus d*un civilisé va dire qu'il ne voudrait en- Toyer ni sa femme , ni sa fille a ces réunions ; c*est juger des effets de Fétat sociétaire, parles effets de civilisation , les pères seront les plus empressés de voir leurs femmes et filles dans les Séries industrielles , parce qu*ils sauront que rien de ce qui s*y passe ne peut rester inconnu. Or les femmes sont bien circonspectes en lieu où elles sont certaines que toutes leurs actions seront connues de père , de inari , de rivales ; c'est ce qui n'a pas lieu dans une maison civilisée , où le père , s*il veut surveiller femmes et filles , est trompé par tout ce qui Tentoure.
liCs mariages étant très-faciles en harmonie , même sans dot, les filles sont toujours placées de 16 à 30 ans. Jusque-là on peut leur laisser pleine liberté, parce qu'elles se surveillent entr'elles, ainsi qu'on le verra aux chapitres spéciaux; or, il n^est pas de garde plus sûre auprès d'une femme que l'œil de ses rivales.
Je renvoie au Traité de l'Association domestiqueagrioole , pour les détails relatifs à l'alliage des trois ordres agricoles. On y trouvera des remarques utiles
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à un fondateur, sur les mariages de groupes, les affiliations des sexes dans une Série industrielle , et les moyens d*en tirer parti pour atteindre au but ultérieur, à Taccord de répartition , sans lequel tout le mécanisme sociétaire s*écroulerait le lendemain du jour où éclaterait la discorde en part«nges des diridendes*
L'amalgame judicieux des trois ordres de cultare , est le moyen d*allier le bon et le beau* Ces ordres ne sont pas même connus des agronomes civilisés , qui n'en peuvent employer que les trois caricatures , savoir :
En ordre masnfy les amas de forêts ou de champs : leurs guérets sottement prônés par les poètes , nflrent Taspect le plus monotone ; tandis que les forêts sont un chaos de masses informes , et peu productives faute de culture qui, en civilisation , ne 8*étend pas aux forêts. Nous sommes encore sauvages sur ce point. C'est un caractère d*engrenage 60 période sauvage , oomme le code militaire est engrenage en période barbare.
En ordre amhiguy il ne peut s*appliquer parmi nous qu'a des lieux de plaisance , comme les jardins royaux , les Tivoli et guinguettes; encore n'embrasse-1 il qu'un petit espace ou il règne sans anialgameaTec les deux autres ordres, et qui pis est sans production , tans alliage du bon et du beau : il n*est dès- lors qu'une caricature de sa destination.
tjkordi^ engrené y on ne voit dans nos cultures
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qae Tengrenage iaverse , ou dîsséminaUoii tendant | à i*appauvri58ement et renlaidîssement. Tr<Mt cents j familles villageoises cultivent trois cents carreaux de choux sur divers points dont à peine trente sont convenables à cette culture; et dans leurs troia cents jardins, on trouvera tout au plus dix chétÎTes sortes de ce légume , tandis qu une phalange en se bornant à trente (AatUières disséminées en terrains favorables, y cultivera avec succès cent variétés de choux. Nous sommes donc , sur Temploi des ordres agricoles comme sur toute antre branche du système industriel, à Topposé des vues de la nature.