‹ Le nouveau monde industriel (volume 2)Chapitre 30 sur 120 · FRAIS DE FONDATION EN PLEINE ECHELLE · texte numérisé non relu

FRAIS DE FONDATION EN PLEINE ECHELLE

Ih ne t^élèreront qu^au quari en éckette réduite.

Loyer d'un an pour terres et édifices.. . 600,000

Construction de logeniens et étables. . . 8,000,000

Bestiaux , végétaux^ mobilier rural... 1,200,000

Frais d*engageniens et avances 1,200,000

Equipement, linge, vaisselle 1,000,000

Manufactures, ateliers, matières prem. 1 ,500,000

Subsistance de six mois 800,000

Semailles d*attraction 800,000

Frais de bureau, régence, négociati... 600,000

Ouvriers coopérateurs non sociétaires. 400,000

Transplantation avec massif de terre.. 400,000

Conserve de fruits et légumes 800,000

Bibliotbèque publique 800,000

Musique et opéra 800,000

Palissade et grillage 200,000

Dépenses imprévues 400,000

Il suffira du quart, 4,000,000, en échelle réduite^ et Ton pourra commencer avec deux millions , car dès qu*on aura mis la main à l'œuvre , on trouvera des actionnaires plus qu'on n*en voudra.

Toutefois il convient d'avertir que si l'on fonde en petite échelle , on y perdra

La revente des actions dont les deux tiers réservés

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et valant 10 raillions, pourraient être vendus 40 millions , dans le cas où Ton ferait un coup d'éclat, une fondation brillante qui étalerait subitement lea hautes harmonies de passions.

Et le bénéfice des curieux payaus, qu*il faut estimer 50 millions pour les deux premières année» où la phalange de grande échelle serait la seule , et pour la troisième année où elle serait en supériorité de mécanisme.

En estimant les curieux payans au moyen terme de cent francs par jour , six cents personnes admuea chaque jour, fourniraient une recelte de 44 miU lions en deux ans , et Ton en aurait encore beaucoup dans le cours de la troisième année ; mais une phalange d*échelle réduite où les accords seront peu brillans, ne causera pas en Europe Téblouissement d'où résulterait cette afflucnce de voyageurs opulens , amenés par la curiosité.

Une phalange d'échelle réduite n*en attirera guères que le quart , et à quart de prix.

On répond qu'il n*est pas aisé de trouver 15 millions de souscriptions; oui, parce que les esprits civilisés ne sont défians que sur les affaires sûres et exemptes de risque. Mais s'il s*agît de quelque folie, on trouve des capitaux par 100 millions. N'a-t-on pas proposé récemment aux Français la folle entre* prise d'amener des vaisseaux à Paris ? vaine gloriole, qui coûterait SOO millions , selon le devis , et peut^ être le double en réalité , car , dans ces sortes de

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troTaax , le deTÎs est toujours bien radouci , et les obstacles ne sont pas portes en compte.

Ici il ne s'agira que de 4 millions , dont deux seulement pour le début ; or, combien de capitalistes peuTent a eux seuls faire la fondation ! Un pair de France a placé récemment 8 millions dans la faillite Paravey. Si on trouTe tant d'hommes arenturenx pour les affaires dangereuses , n'en trourerat-on pas un pour une affaire exempte de danger*

La phalange d'essai étant obligée de construire , derrait acheter et non pas louer son terrain ; mais , poor ménager le capital actionnaire, elle devra louer le terrain , et s'il se peut les édifices , avec Iscttlté de les acheter sous deux ans , pour un prix conrenn* Dès qu'elle sera installée , elle trouTcra pins qu'elle ne voudra des capitaux pour consommer l'achat.

Quoique tout terrain de bonne qualité soit conveaable pour l'essai, il faudra rechercher un pays coupé , varié en expositions et meublé de monticules, comme le pays de Yaud , la Savoie, le Gharollais, les belles vallées du Brisgau et des Pyrénées, celles de Bruxelles à Halle ; un pays propre a comporter des cultures variées, et pourvu d'un beau courant d'eau.

Il but fonder près d'une grande capitale ; peu importera qu'on en soit éloigné de 10 lieues, pourvu que les curieux puissent arriver de cette ville à la phalange sans coucher en chemin .Si l'on s'éloignait

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trop des grandes Tilles , la phalange « au printemps, aurait de la peine à engager les familles riches qui deyront y entrer à cette époque.

Relativement aux édifices, on devra peu spéculer sur les bàtimens faits ; un édifice distribué pour les relations civilisées ne le sera pas pour celles d'attraction industrielle. On aura beau remanier les bàtimens actuels , ils seront toujours gênans pour les relations des Séries passionnées. Les monantères civilisés qu'on pourrait acheter ont tous le défaut d*étre à corps simple, ( une seule file do chambres), leurs étables ne sauraient convenir pour la distri* bution en séries.

On peut tirer parti d'un de ces vastes châteaux qui abondent aux environs de Paris , et même do plusieurs, pour loger les curieux payans et résidaat plus d'un jour ; une jolie maison , éloignée du pha* lanstère d*un quart ou d*une demi-lieue , sera également très-utile pour castel ou entrepôt rural ; mais il faut éviter de s'entourer d*un village; car, lors même qu'on engagerait ce village entier , il faudrait encore en abattre les maisons, ce qui serait très -dispendieux , et ne donnerait qu'un terrain fort ingrat.

Si le phalanstère était voisin de quelque village ou de familles non Sociétaires , elles entraveraient le mécanisme par leurs importuuités , on les aurait continuellement sur les bras : il faut donc un terrain dégagé d'habi tans, dût-on abattre et extirper une portion de forêt.

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Da reste , %ï le canton contient quelques famiUef épanet , on peut les considérer comme enrôlées et réserver leur place dans le phalanstère : elles seront bien empressées de s*incorporer à la phalange d es* sai , et lÎTrer leurs lambeaux de terre en échange d*aclions ; les femmes surtout , lorsqu'elles auront ▼u le ménage sociétaire, seront si harassées du ménage civilisé, qu elles y sécheront d*ennui. Quant aux enfans , il faudra bien se garder de les intro* duire dans la phalange , car après avoir vu un jour les choeurs et groupes d'enfans en mécanisme d*at« traction , ils tomberaient malades de chagrin quand il landrait les quitter.

J*ai porté au devis les frais de palissade, comme indispensables ; on sera déjà encombré par Tadmis* sîon journalière des curieuii payans , il faudra dono se garantir des curieux importuns , et employer la palissade partout où il n'y aura pas de barrière natu< relie, rivière ou muraille grillée. Je dis grillée, parce que Tordre sociétaire n'admet pas les murs monastiques masquant la vue et transformant en prison la voie publique. 11 faut tout le mauvais go^t des civilisés pour s'habituer a ces hideuses perspectives.

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