CHAPITRE DIXHUITIÈME
EdncoHon préparatoire , âge brui ou prime enfance.
Rappelons ici le grand problème que doit résou-> dre Téducation sociétaire, c*est d*employer les caractères de Néron , Tibère , Louis XI , aussi utilement que ceux de Titus , Marc-Aurèle, Henri IV.
Pour atteindre ce but, il faut^ dès le berceau , développer franchement le naturel que Téducation familiale tend à étouffer et travestir même chez reniant au berceau.
Le régime civilisé ne donne à cet âge que des 80ÎO8 purement matériels ; il n*en est pas ainsi de Téducation sociétaire qui , dès Tâge de six mois , opère très-activement sur les facultés intellectuelles, comme sur les matérielles , faussées chez nous dès le plus bas âge.
La phalange d'essai opérant sur des enfans déjà viciés par l'éducation civilisée, ne pourra que difficilement essayer les dispositions d'harmonie sur les
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âges de 0 à 20 ans ; nitiis od pourra opérer avec succè.s sur ]es nges de 2 à 0 y et encore mieux sur Vhçe brut, 0 à 2 ans.
(Nota* Je renvoie plus loin divers principes qu*il faudrait poser ici sur l'unité de l'éducation : cette didactique ennuierait le lecteur.)
Observons d*abord que Tentretien des âges ex* trèiues , petits enfiins jusqu'à trois ans, et patriarches ou infirmes , étant considéré en association comme œuvre de charité obligée pour le corps sociétaire , la phalange donne gratuitement tous les soins à Tenfant jusqu*à trois ans ; c'est le canton entier qui supporte les frais des séristères de nourrissons , poupons et lutins. (Je n*y ajoute pas les bambins, âge 8 à 4 1/2, qui gagnent déjà leur entretien.) Quant aux séries de bonnes et bonnins, elles sont rétribuées comme toutes les autres , par un dividende sur le produit général.
La boussole à suivre dans les détails de l'éducation sociétaire est la même que dans tout le mécanisme ; il s*agit toujours de former les séries , soit do fonctionnaires , soit de fonctions; il faudra dono former la série des bonnes , la série des salles et la série des enfans , toutes trois distinguées en genres et espèces.
La brute enfance comprend les catégories de nourrissons ou tdiaUès, et poupons ou sevrés»
Toutes deux sont subdivisées , sans distinction de sexe , en série trinaire ; savoir :
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ILea pacifiques ou bénins , Les rélifs ou malins , Les désolans ou diablotins^
Pour loger ces deux collections de nianrnofs , il faut deux sëristères, chacun de trois salles au moins, avec des pièces accessoires , comme dortoirs sépares des salles bruyantes , pièces affectées aux fonctions des bonnes et nourrices, et des médecins qui visitent chaque jour les enfans , sans distinction de riches ni de pauvres.
Observons à ce sujet que la médecine barmo* nienne spécule , comme toute autre fonction , à contre-sens de nos calculs d'ëgoïsme civilisé (i).
(1) Médecine harmonique. En civilisaiiou le médeciu gagne en proportion du nombre de malades qu^il a traités, il lui convient donc que les maladies soient nombreuses et longues , principalement dans la classe riche.
Le contraire a lieu en harmonie , les médecins y sont rétribués par un dividende sur le produit général de la phalange. Ce dividende est conditionnel pour le taux , il s^accroit del,3. S, 4, 5,0 dix-millièmes , ou décroit d^aiMant , en raison de la santé collective et comparative de la phalange entière. Moins elle aura eu de malades et morts dans le cours de Tannée , plus le dividende alloué aux médecins sera fort. On estime leurs services par les résultats, et comparativement aux statistiques sanitaires des phalanges voisines Jouissant de pareils climats.
L'intérêt des médecins harmoniens est le même que celui des assureurs sur la vie ; ils sont intéressés à prévenir et non à traiter le mal ; aussi veillent-ils activement à ce que
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Dans une grande phalange , les fonctions des bonnes et sous-bonnes on adjointes, n'occupent guère que le vingtième ou vingt-quatrième du nombre immense de femmes que la civilisation absorbe k ce service; et pourtant l'enfant le plus pauvre y est beaucoup mieux soigné que ne peut Têtre en civilisation lenfant d'un monarque ; expliquons ce mécanisme.
La série des bonnes et sous -bon nés comprend A peu près un quart des femmes actives , et ne les occupe que le sixième du temps qu'on donne aa soin des enfans civilisés , ce qui réduit le service au vingt-quatrième du temps actuel : examinons.
On emploie chaque jour, pour les six salles des deux séristères de nourrissons et poupons ,
rien ne compromette la santé d'aucune classe , que la phalange ait de beaux vieillards , des enfans bien robustes , et que la mortalité s*y réduise au minimum.
Les dentistes spéculent de même sur les râteliers, moins ils opèrent plu» ils gagnent ; aussi surveilIent-ils assidûment les dents des enfaus comme des pères.
Bref, riotérêt de ces fonction aa ires est que chacun ait bon appétit , bon estomac, bon râtelier ; s*i1s étaient comme les nôtres, dans le cas de spéculer sur les maladies individuelles, il y aurait dans leur indastrie duplicité d'action , contrariété do rinlérét individuel avec le collectiF, comme dans le mécanisme civilisé qui est une guerre universelle des individus contre les masses , et nos sciences politiques osent parler d^unité d'action \
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18 bonnes en six séances, relayées de denx en deux heures.
6 officières, pour inspection et direction.
Total : 24 bonnes de garde chaque jour, avec pareil nombre de sous-bonnes , qui la plupart sont de petites filles de 7 à 9 ans. On en trouve de très - lélées à cet âge pour le service des pe* tits enfans. Le total du poste qui soigne les marmots est donc d'environ quarante-huit femmes ou petites filles.
£t comme on ne fonctionne à ce service qu*un jour sur trois, la série des bonnes et sous-bonnes doit être de cent quarante-quatre , fournissant chaque jour un tiers. Ajoutons six officières supérieures; total : cent cinquante femmes pour la série des bonnes et sous-bonnes. Cest le quart de ce qu*en emploie la civilisation ; car un bourg de dix-huit cents personnes contient neuf cents femmes, dont six cents entremises au soin des enfans.
Les bonnes, réduites au quart en harmonie, ne font que le sixième du service des femmes actuelles, car on n'est de garde au séristère qu'un jour sur trois 9 et pendant cette journée on ne fait que huit heures de faction sur vingt- quatre; les bonnes civilisées en font seize heures, et souvent plus a la ville.
Le soin des enfans est donc réduit an vingt-quatrième du temps et des bras qu'il emploie en civilisation ;
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1^ de réduction sur le nomlnre,
1/3 n sur les jours de service,
]/â » sur les heures de faction.
Ces trois nombres multipliés donnent Ifli»
On peut répliquer que le calcul est exagéré, en ee que les femmes de yillage ne donnent pas seize heures par jour aux enfans; elles vont aux champs, il est vrai ; mais souvent elles donnent à Tenfant une partie de la nuit : mère et Glle le veillent s'il est indisposé, et ses cris troublent encore le sommeil du père. C'est perte réelle pour un paysan qui a besoin de repos. Au surplus, pour compenser au juste, réduisons Tensemble des trois économies à un douiième au lieu d*un vingt-quatrième ; mon usage étiHat de réduire toujours à moitié de Festimation régulière.
Je passe au parallèle des deux méthodes.
Une bonne n'est pas tenue de stationner vingtquatre heures au séristère, comme un soldat de garde, ou comme les bonnes de la classe riche : il suffit qu'elle arrive aux heures de faction.
Ce service deviendrait fastidieux s'il avait lieu tous les jours : une bonne peut, pendant les deux jours de vacance , ne pas se mêler du soin des enfans; il ne varie pas malgré les chângemens de bonnes, car leur série est divisée en groupes cabalistiques, exerçsnt chacun sur tel système, à la pratique duquel on n'admet que les adeptes passionnées pour la dite méthode.
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Uoe bonne peut, pour voyage ou autre cause, se laîre suppléer par une collègue. Le service de nuit ne la (iitigue point, car il y a dans les cabinets du sërislère, des lits pour les bonnes qui veulent y passer une portion de nuit , comprise entre deux factions, comme de minuit à quatre heures.
Une bonne, en civilisation, est grondée , querellée par ceux qui la paient pour cet esclavage per* pëtuel ; en harmonie , elle est complimentée sans cesse par les mères qui viennent au séristère allaiter ou voir TenCant, admirer la bonne tenue des nattes et berceaux.
La série des bonnes et sous-bonnes reçoit nonseulement on fort dividende, mais de grands honneurs ; elles sont considérées comme mères communes, et tiennent un rang distingué dans les festivités. Leur fonction procure beaucoup d'avancement, car elle exige beaucoup d'officières au moins un tiers sur le tout. Il faut la réunion de toutes ces amorces et facilites d'exercice , pour qu*on parvienne à former une série bien passionnée et bien intriguée, sur un travail si peu attrayant par loiinéme.
Ces bonnes sont très-précieuses pour les mères harmoniennes qui ne peuvent pas, comme les nôtres, vaquer au soin de leurs enfans. Une mère, dans Tétat sociétaire, fréquente une quarantaine de groupes industriels, dont elle épouse chaudement les intrigues ; elle est déjà fort ennuyée que la corvée
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des cottcfaes Tait distraite, pendant un mois, de tontes ces réunions cabalistiques ; en conséquence, dès le jour des relerailles ; elle sera fort empressée de rcToir tous ces gfroopes; elle ne sera pas inquiète de Tenfant, assurée qu*il est soigné au mieux dans le sértstère de nourrissons, où veillent nuit et jour des bonnes expertes , disposées par la nature pour ce serTice.
J*ai dit que les nourrissons et poupons sont distribués en six salles distinctes pour les paci* fiques , les rétifs et les diablotins ; afin que les buHeurs ou diablotins ne puissent incommoder nt les pacifiques, ni même les rétifs déjà traitablea.
Parmi ces six corrées, les bonnes ayant roption, choisissent le poste où Vattraction les appelle , et sont stimulées par rivalité avec des phalan- ' ges voisines , qui peuvent différer en méthocfe. Elles ont aussi entr'ellés dés systèmes différons, qu*on applique a divers grou|)es d*enfans ; c*est un svget d*intrigue pour les pères et mères, dont chacun se passionne pour la méthode de tel groupe de bonnes. Obligées de soutenir leur renommée, elles éprouvent les en fans dans une salle préparatoire avant de les classer et les admettre aux salles des nattes.
La civilisation, toi^ours simplisle^ ou simple dans ses méthodes, ne connait que le berceau pour asile du nourrisson ; Tharnionic , qui opère partout en
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ordre composé, donne à 1 en(ant deax situations ; elle te fait alterner du berceau à la nalte élastique. Les nattes sont placées à hauteur d*appui, leurs supports forment des cavités où chaque enfant peut se caser sans gêner ses roisins. Des filets de corde ou de soie , placés de distance en dbtance, contiennent TenCiint sans le priver de se mouvoir, ni de voir autour de lai, et d'approcher l'enfant voisin, dont îl est séparé par un "filet.
La salle est ohaa£fôe au degré convenidi>le pour tenir Tenlant en vêtement léger, et éviter rembarras de langes et de fourrures*. Les berceaux sont mus par mécanique : on peut agiter en vibration vingt berceaux à la fois. Un seul eniaot Cent ce service, qui occuperait chez nous vingt femmes*
fies nourrices forment une série distiucte et doivent être classées par tem{»érament, afin qu'on puisse les assortir aux enfans, surtout dans les cas de changement de lait. Le nourrissage indirect est fiirt usité en harmonie, parce qu*îl est très-lucratif et peu fatigant, et parce que les harmoniens plus judteîéux qpie J.-J. Rousseau, penseront que lorsque la mère est d'une complexion ^délicate, il est trèaprudent de donner à Tenfant une nourrice robuste ; c'est le greffer, le renforcer, la nature veut ces croisemcns; si on accole un entant faible à une mère faible, c'est les exténuer tous deux pour Thonneur d'une rêverie morale. Au reste on s'appliquera
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beaucoup a perfectionner le régime d'allaitement artificiel, et remployer concurrerament arec le naturei, ou isolement. Dans Tétat sociétaire, une mère, qnelque opulente qu'elle soit, ne peut jamais songer a élever son enfant cliez elle isolément ; il n'y recevrait pas le quart des soins qu'il trouve au séristèredes pouparts ou nourrissons ; et avec toutes les dépenses imaginables, on ne pourrait pas y réunir une corporation de Bonneê panionnéeêf intelli^ gentes, se relayant sans cesse, en trois caraclères assortis à ceux des enfans. Une princesse, malgré tous ses frais, n'aurait pas des salles si habilement soignées, des nattes élastiques, avec voisinage d'en fans qui se servent réciproquement de distraction, et sont assortis en caractères. C'est principalement dans cette éducation de prime enfance qu'on reconnaîtra combien le plus riche potentat civilisé est audessous des moyens que Tharmonie prodigue aux plus pauvres pères et enfans.
l^in de là tout est disposé en civilisation, de manière que le nourrisson fait le tourment d'une maison organisée pour le tourmenter lui-même. L'enfant, sans le savoir, désire les dispositions qu'il trouverait dans un scristère d'harmonie ; à défaut de quoi il désole par ses cris, parens, valets et toisins, tout en nuisant à sa propre santé.
Ceci nous conduit à parler des germes d'éducation iatellecluello que les potentats mêmes ne pourraient dans aucun cas faire donner à leurs enfinns
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de 1 ei s ans. lU font , pour y paryenir , une de* pense énorme, gaas autre fruit que de travestir le caractère de leur enfant, iaasser ses facultés et nuire k sa santé.
Pour expliquer cette duperie, je m appuie d'un principe qui ne sera pas contesté, c'est que « les deux « âges extrêmes, âges de transition, doivent être pré- « serrés de passions vives et ramenés au calme, parce « que leurs organes, leurs sens n ont plus ou n'ont « pas encore la force de se prêter aui émotions « violentes qui leur seraient nuisibles et souvent « mortelles ; inaf^is ils peuvent comporter les émo* • tiens douces ; elles sont donc bonnes à employer « dans réducalion des enfnns de 0 à !l ans. »
Indiquons cet emploi par quelque exemple de culture des sens appliqué à la masse des enfans.
A rage de 6 mois où nous ne songeons pas à donner aux marmots le moindre enseignement, on prendra de nombreuses précautions pour former et raffiner leurs sens, les fiiçonner a la dextérité, prévenir Tcmploi exclusif d*une main et d*un bras qui condamne Taulre bras à une maladresse perpétuelle; habituer dès le berceau Tenfant à la justesse d'oreille en faisant chanter des trios et quatuors dans les salles de- nourrissons, et promenant les poupons d'un an au bruit d une petite fanfare à toutes parties. On aura de même des méthodes pour joindre le raffinement auditif au raffinement musical , donner aux enfans la finesse d*ouîe des rhino-
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oéros et des cosaqaes, exercer de même les autres
Il est, sur chacun des 5 sens, quantité de perfectioimcraens auxquels on façimnera Tenfant harmo* nien. Les bonnes auront sur la culture du matériel divers systèmes en rivalité. De là vient que Tenfant sociétaire sera, à S ans, plus intelligent, plus npte À 1 industrie, que ne le sont à 10 ans beaucoup d*enfans civilisés qui n*ont a cet âge que de Tantipatliie pour Tinduslrie et les arts.
L*éducation civilisée ne fait éclore chex Tenfant au berceau que des manies anli-sociales : chacun 8*exerce â lui fausser les sens, en attendant 1 a^ où on lui faussera l'esprit. Si c'est en France, les parons et valets lui chantent à Tenvi des airs faux et sans mesure : partout on lui 6te Tusage des doigts de pied et on l'habitue à se fausser un bras. • On croit en civilisation que les doigts de pied sont inutiles : les harmoniens s'en serviront comme des doigts de main : par exemple une orgue harmonienne aura des claviers pour les doigts de pied j et Torganiste enfourché sur une selle, travaillera des doigts de pied presqu'autant que de ceux de de main. Il fera du talon le service des pédales que uous faisons du pied.
Le rôle de bonne exigera donc de nombreux ta* lens, et ne se bornera pas comme en France à chanter faux et faire peur du loup. Les bonnes s'exerceront surtout à préfcnir les cris des enfans ;
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le calme lear est nëcessftire, et ce sera sur Fart de le maintenir que s'exerceront les prétentions caba* lîsliques et ëmulatÎTes.
Le vacarme des petits enfans si désola ns ai^jour» d'hui, se réduira à peu de chose ; ils seront très-ra* doucis dans les sérislères, et il en est une raison bien ciuinue, c'est que les caractères querelleurs s'humanisent avec leurs semblables : ne voyons-nous pas chaque jour, les férailleurs et pourfendeurs devenir fort doux , et renoncer à Thumeur massacrante quand ils se trouvent en compagnie de leurs égaux? 11 enserade même des marmots élevés dans un séristère d'harmonie et distribués en plusieurs salles de caractère. J'estime que ceux de ^' genre, les diablotins ou démoniaques, seront déjà moins méchans, moins hurleurs, que ne sont aujourd'hui les bénins. D où naitra ce radoucissement? Aura-t-on selon le vœu de la morale, changé les passions des petits enfansl non, sans doute ; on les aura développées sans excès, en leur procurant les délasseniens de réunion sympathique , la distribution en séries trinaires, en groupes de citractères bénin, mixte et malin, dans les S âges de prime enfance, comprenant nourrissons et poupons.
Quelle distraction donnera-t-on à ces diaboliques rejetons. Ce sera chose à inventer par les bonnes : stimulées par les rivalités de méthode, elles auront, eu moins d'un mois, deviné ce qui peut calmer les enfans, et mettre fin à leur infernal charivari. Je
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me borne à établir en principe, la nécessité de les réunir en corps, et les distribuer par séries «l*âge et de caractère, de même que les bonnes par séries de caractères et de systèmes. La série est toujours la boussole de toute sagesse en harmonie sociétaire; c*est le fanal que Dieu nous présente dans le rayon de lumière. S écarter duréfpme sériaire, c'est s'engager à plaisir dans les ténèbres.
Le point où il est le plus a craindre d'échouer, c'est dans la tenue des petits enfans, parce qu'ils ne peuvent expliquer ni leurs besoins ni leurs instincts ; ilfauttout deviner: quel en est le moyen? celui qu'indique l'allraotion pour les pères mêmes ; former en tout sens des séries, en fonctions, en salles, en tempéramens, en caractères , en âges, en méthodes et en tout.
Vu la nécessité d'éducation unitaire et fusion des classes parmi les enfans, j'ai recommandé et je réitère Ta vis de choisir pour la phalange d'essai, des familles polies, surtout dans la classe inférieure, puisqu'U faudra dans les travaux mélanger cette classe avec les riches, et leur faire trouver dans cet amalgame un charme qui dépendra beaucoup de la politesse des subalternes ; c'est pourquoi le peuple des environs de Paris, Blois et Tours, sera très-convenable pour l'essai, sauf encore à faire un bon choix.
il reste à vérifier la régularité dt^n dispositions indiquées, leur conformité aux vœux des S passions
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mécanisantes qui doivent tout diriger, et dont le jea combine est g«ige d*ëqui1ibre et dliarmoiiie. (Chap. V et VI.)
La Cabaliste, dans les salles où Ton ëlève les nourrissons et poupons, a pour aliment les niétho* des rivales que pratiquent les bonnes, dans la phalange et dans les voisines. Ces méthodes sont im sujet de débat et d'esprit de parti chez les parens ; ils ont o]>tion de confier leur enfant à telle classe de bonnes, sauf adhésion de celles-ci; elles ne reçoivent pas un enfant capable^de compromettre leur renommée. Si pour vice de tempérament ou excès de malignité, il n'était admis par aucun groupe de lionnes, on le placerait h la salle d'ambigu , loignée comme d'antres.
Quanta l'enfant en si bas âge, il n*est point encore susceptible d'esprit cabalistique, étant privé de la parole et ne connaissant en intrigue d'autre ressort que les pleurs par lesquels il sait réduire ses parens à l'obéissance.
La Composite est développée chez les bonnes par double charme; 1** Texercice parcellaire borné à telle fonction préférée^ sans surcharge d'autres emplois, comme chez les- bonnes civilisées qui font le travail en entier. Les bonnes et sous -bonnes barmoniennes se subdivisent l'ouvrage, chacune, aux heores de faction, n'exerce que sur la partie dont elle s'est chargée ; il 7 ^ toujours an séri^ère 16 bonnes, sous-bonnes et oflBcières, c'est plus qu'il
IfOOrtAO MOIIOS
n'en faat pour se repartir les fondions selon les goûts. S* Le tribut de loaanges qu'elles reçoivent des pareils qui ont pris parti pour leur méthode, puis des Toisins de canton ou des voyageurs passionnés pour cette méthode.
Chez les enfans, la Composite nait du double charme que leur procure le régime des nattes élastiques divisées par cases oonttgnës ; ils y gagneot, pour le corps, liberté et souplesse des mouvemens, pour Tesprit , contact avec leurs semblables qu'ils aiment à voir et approcher, contact qui serait dau< gereux et causerait des maladresses sans la sépara • tion des cases par un filet de soie ou de lin.
La Papillonne est satisfaite chez les bonnes par l'intermittence d'exercice borné à un jour sur 3, et à 8 heures en 4 séances dans l'intervalle desquelles on vaque a autre chose, sans tomber dans l'esclavage des mères et bonnes civilisées qui n^ont aucun répit.
Elle est satisfaite chez Tenfant par allemat du beroeau à la natte, par variété dans les plaisirs de tous les sens, alimens, concerts, spectacles, gimblettes, promenades en char^ etc.
Voilà pour Téducation du 1*' âge, des règles fixes et non pas des systèmes que chacun peut varier selon son caprice : je suivrai la même base dans rédttcation des autres âges d*enfance, et dans toutes les relations des pères ; toujours le développement oombtné des 8 pasûons mécanisantes qui doivent
diriger les 9 autres, et par suite diriger Tenseinble du mécanisme sociétaire distribué en Séries passionnées, hors desqnelles il est impossible de faire juner corabinément les d passions rectrices.
Pour compléter les preuves , il faudrait vérifier sur chacune des dispositions, si elle favorise le jeu des Z passions mécanisantes ; tout ce qui peut les entraver est faux et doit être supprimé , remplacé par un procédé qui atteigne au but.
Les règles données sur l'éducation de la prime enfance, ne sont que l'application des principes éta* Mis aux cbap* Y et YI ; et comme elles s'étendront a tous les âges , à toutes les relations , Ton voit que le Créateur a pourvu à tout par des méthodes fort simples dont Fobservance garantit de tout écart. Cessons donc de prêter l'oreille aux alarmistes qui nous effraient do Timpénétrabilité des mystères : rÉvangile leur disait : cherche* et vùui trouterem ; raais en éducation comme en tout y ils ont mieux aimé faire le commerce de systèmes arbitraires et répressifs, que de chercher le système de la nature, qui , une fois connu , donne congé à toutes ces méthodes civilisées tendant à réprimer et changer les passions, soit des enfans soit des pères.
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