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g^ant, plus de crime ^ plus de doute. Les steppes^ les sables, les déserts se couvrent de riants jardins, de palais magnifiques. La terre est conquise par l'industrie ; l'homme reconnaissant, s'incline devant son Créateur, qui lui réserve des jouissances inconnues dans d'autres vies qu'ail doit parcourir à l'infini.
Mais c'est de la théorie, dira-t-on; c'est le rêve brillant d'une âme poétique. Aussi Fourier ne veut pas qu'on le croie sur parole, il demande un essai; il cherche un riche, un homme assez puissant pour construire le premier phalanstère. Il assure richesse et gloire pour le fondateur d'un canton d'épreuve, d'une colonie agricole industrielle, où il n'y aura ni pauvre, ni salarié ; où les malades et les vieillards trouveront asile et secours ; où tous les travaux seront exécutés par groupes et séries de groupes; chaque individu associé travaillera pour lui-même et selon son goût, en variant ises occupations plusieurs fois par jour ; les enfans seront élevés aux frais de l'établissement; les femmes ne seront pas
forcées de yendre leur hoDoeur pour assurer leur malheureuse existence; libres dans leur choix, elles suivront leur destinée, selon le vœu de leur cœur. La prospérité et la Traie liberté développeront tous les plus oobles senlimens. On y sera heureux et oa y travaillera pour le bonheur de tous.
Fourier, comme nous l'avons dit, cherchait un homme assez puissant pour créer ce magfiifique établissement , dont la fondation devait être imitée dans toutes les contrées, dans tous les pays. 11 attendit en vain; personne ne répondit à son appel.^Il pensa alors que le Traité d'association était un ouvrage trop étendu , et qu'il fallait l'abréger en tout ce qui n'aurait pas un rap« port direct avec la fondation du phalanstère; il voulait faciliter aux riches et aux puissans l'étude de la théorie. Voilà pourquoi il publia, en 1820, le Nouveau Monde indus^ irielj ouvrage qui offre un ensemble parfait, des détails précieux , des indications indispensables pour la réalisation.
Ici, nous devons mentionner , à la honte de notre époque , comment les savans , la
presse , les littérateurs , se conduisirent aYee cet homme. Au lieu d'examiner ses travaux^ d'admirer son gënie, de l'aider à accomplir sa tâche immense; d'abord ils le raillent, puis le condamnent comme un utopiste, un rêfeur ; enfin , craignant d'attirer l'attention sur lui, ils se liguent pour ne pas parler de ses œuvres, pour ne pas même prononcer son nom.
Aussi, Fourier, au lieu de donner le complément de ses vastes conceptions, luttant contre la misère et le dédain , dans ses publications postérieures tendait plutôt à réfuter ses détracteurs , à confondre ses plagiaires , à dévoiler les misères et les injustices de notre siècle, que d'accomplir sa tâche. La fausse industrie, la critique des sectes de Saint-Simon et Owen, porte le cachet d'un homme torturé par le siècle qui n'a pas compris son bienfaiteur.
L'hiver de 1836 à 1837 eut sur sa santé une influence mortelle ; épuisé par ses tra* Vaux et $es luttes, il succomba , l'homme qui a posé les bases d'une association universelle, qui organisait les travaux, le mou vement par
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groupes et séries de groupes, ennemi du morcellenaenl et de l'isolement , qui offrait à Vhumanité des palais magnifiques, des trésors immenses, est mort seul, sans témoin , dans un chélif logement de la rue St . -Pierre-Montmartre .
Telle est la yie de cet homme. Tel est le sort du génie dans le milieu social ou nous TÎYons. Il faut mourir pour que justice tous soit rendue.
Jean CzYifSKi.