‹ Le nouveau monde industriel (volume 2)Chapitre 76 sur 120 · CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME

De la ckunfication des Séries.

RiBif ii*est plus aisé que de repartir en proportion du capital, e*est une opération purement arithmétique , bien connue de tout le monde ; mais la rétribution du travail et du talent, Fart de contenter chacun sur ces deux points est tellement ignoré , que tous les civilisés se plaignent d^injustice et passe-droits vexatoires sur Tune et Tautre dette ; il serait impossible de satisfaire ces deux prétentions, s'il fallait donnner à chaque individu le produit direci de son travail dans une trentaine de séries et une centaine de groupes dont il est coopérateur; on serait obligé de vendre séparément chaque récolte,

IllINJfTIlBL, MNl

partager !• montant d'an carreau do ohonx à plu- •ieura gronpes qui l'ottl aoii^ en exercice parcel* linre, l^ groupe en labovrage, tal antre en planta* tion ou semis; oeloi-ci en arrosage, celui-là eu soin de grain : ce serait une complication indéchiffnable ; il fant une méthode expëditire , qui abrège comme l'algèbre en comparaison de rarithmétique»

Pour expliquer ce mécanisme de répartition aimvîatire, il faut enseigner d*abord à classer les séries selon leur degré d'importance et de droits k un dividende plus ou moins fort» Chaque série éta^t associée et son pas fermière do sa phalan^^ , eUu perçoit un dividende , non sur le produit de sou travail spécial, mais sur celm de toutes les séries ; et sa rétribution est en raison du rang qu'elle occupe dans le tableau des fonctions, divise en trois clasaes, mée$$êilé, uHiUé et ugrémenU

Par exemple : telle série qui produit les graminées ne perçoit ni demi, ni tiers, ni quart du produit de ses grains recueillis ; ils entrent dans la masse du revenu à vendre ou à consoinraer ; et si la série qui les a produits est reconnue de haute importance en industrie , elle est rétribuée d'un lot de 1^ ordre dans la classe où elle figure. La série qui produit les grains est évidemment de la 1'* classe dita nécesBÙé; mais dans cette classe, on peut distinguer environ cinq ordres do séries ; et il est probable que oelle qui produit les grains, froment, seigle, orge, avoine, maïs , etc. > sera tout au plus

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de s* ordre en ëchelie de nécessite ; car le IrtYail de labour et celoi de manutention du grain ne sont pas répugnans , et doivent être classés après les répugnons qui sont au 1" des cinq ordres de né* tîéssité.

Le trayait des Petites Hordes est le 1*' de tons ; ▼ient ensuite celui de boucherie où elles inlenriennent pour la partie fétide ou triperie. Les fonctions des nourrices , des pouponistes et des infirmisles étant répugilantes , doivent être classées avant celles du labour ; il en est de inéme des fonctions chirurgicales et médicales, ainsi que da traTail des corvéistes : ces emplois comprennent plasieurs se* ries qui figurent en 1*' ordre dans la classe de né* cessité.

Répétons que ce n'est pas sur la yalenr da produit qu'on règle les rangs, c*est sur Tinfluence d*un travail en mécanique d'attraction et d'harmonie : voici à cet égard , un problème sur lequel se tromperont tous les civilisés. Laquelle des deux séries de FLORtcoLEs OU FRucTicoLts doît-ètrc placée avant Tautre? Chacun répondra que ce n^est pas un sujet de doute , que les fruits sont infiniment plus précieux que les fleurs ; donc la grande série qui cultive les vergers , les espaliers , doit non-seulement être classée avant celle qui cultive les fleurs , mais celle des fructicoles doit être placée en catégorie d'utilité , et celle de floricoles en catégorie d'agrément qui est moins rétribuée. Ainsi opineront les ci*

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vilUés ; n'ayant pas besoin d*aUraction indastrielle, ni d'harmonie, Hs n'en estiment pas les ressorts.

C'est juger au plus mal , et tomber dans double contre-sens ; la série des vergers , des fructicoles , quoique infiniment productive , reste dans la caté* gorie d'agrément ; tandis que la série des floricoles qui produit a peine autant qu'elle coûte , passe en catégorie d'utilité : expliquons les motifs de ce classement , déduits des influences de l'attraction.

Les vergers en harmonie sont des séjours délicieux, leur soin est le plus récréatif de tous les travaux. Les rencontres de cohortes vicinales , et les amours dont je n'ai pas parlé , tfy joignent à mille autres amorces. Tout verger est parsemé d'autels de fleurs, entouré de cordons d'arbustes : le travail n'y exige guères de tentes mobiles , parce que les arbres en tiennent lieu. En ajoutant le charme spécial de cette culture , les rivalités éraulatives , la réunion des sexes, le repas fort gai servi au castel à la fin de la séance , on pensera que sur 1000 personnes , il doit s*en trouver 990 en attraction pour le soin des vergers , au moins dans quelque branche : ce sera une série infinitésimale on d'attraction générale, comme celle du poulailler, (Traité de l'Association domestique-agricole).

La secte des fructicoles , abstraction faite de son produit , est donc la dernière en titres au bénéfice, parce qu'elle est la plus forte en dose d'attraction. D'autres sectes recourront aux expcdiens pour se

NODVBAV VOMOB

renforcer d'attraction ; celle-ci ne cherchera qu'à dinûiiaer rintensttë d*appàt , et ralentir Teoiprèsiement général à s'y enrôler^

Quant à la secte des floricoles , elle est fort flial appréciée en civilisation. Si son produit a du charme , son travail n'en a goères ; il exige beaucoup d'assiduité , de connaissances , de soins déli* cats pour un plaisir de courte durée ; mais il est précieux pour façonner les enfans et les fommes aux exigences de la culture , aux études et aux raffinemens agronQmiq[aes ; et c*est pour en faire une école d'agriculture y que la nature donne ce goût des fleurs aux femmes et aux enfans. D'ailleurs le travail des vergers n'est pas en tout sens à portée des enfans, tandis que celui de fleurettes et mémo de grandes fleurs convient en tout point au bas âge: à ces titres, la série des floricoles sera placée en 2' catégorie , au rang d utilité.

On peut juger par ce parallèle des fruits et des fleurs ) que les harmoniens, en appréciation de travail, se règlent sur des bases fort difiërentes de celles admises chez les civilisés; et que la quantité ou valeur réelle da produit, qui serait parmi nous boussole exclnsive d'estimation des travaux , ne le sera point dans l'état sociétaire.

Il placera au dernier rang, Tindastrie fructioole qui est la plus précûeuse peut-être , car deux sexes d'harmoniens, les femmes et les enfans, vivront de fruits, soit cru», soit en compote, soit en marmelade,

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bien plaa que de graminées. Nous en avons Tindice dans le bas prix actael des sucres cultivés par des indigènes, comme en Indouslan. Le fruit allié an sucre est nourriture essentielle des barmoniens: le pain, substance commune, est un mets de civilisé, de goujat, quand il est pris pour base comme ches le peuple, et fabriqué en farines communes.

0*autre part , des fonctions qui nous semblent de pure superfluité, comme l'opéra, seront en harmonie au 2* ordre de nécessité , immédiatement après les répugnantes, u Cependant, diront les civilisés, on • peut se passer d'opéra et non de boulangers ni de M meuniers, n L'objection est juste quant à Tordre civilisé, qui n'est pas susceptible d'attraction industrielle ; mais on a vu, aux chapitres de l'éducation, que Topera est un des plus puissans ressorts pour former Tenfaiit à la de&térité, à Tunité en fonctions industrielles : sous ce rapport Topera est de l'^ nécessité, et rétribué comme tel.

£n définitive, le classement des séries est réglé selon les convenances générales, et non selon les produits. Posons plus régulièrement le principe : on estime leur priorité de rang, en raison composée des bases suivantes.

1* En raison directe de leur concours aux liens d'unité, au jeu de la mécanique sociale ;

2» En raison mixte des obstacles répugnans;

3^ En raison inverse de la dose d'attraction et

lOS NOUrBàV «OHDB

d'eBgteuBffê qae peat fotrrnir ehaque iiidiwlM« l* Tiin direct : ls conceoRs a t'oKirt. Le but ett de soutenir le iien eocîéUire doni on obtient tant de ncheflse et de bonheur ; la série la ph/is précieuie est doue ceife qui , prodttoiwe ou improductm^ eoa« court le plus efiicaoement à serrer le lien «oçiéuire* Telle est la sérto des Petites Hordes, sens laquelle tout le mécanisme de fusion des 3 classes et horroo* nie intentionnelle , serait impraticable. Cotte série est donc la le* en titre direct , en concours direct aux liens d'unité; eNe est de même la l'* en titre mixte.

^ Titre mixte; Obstacibs RapoGVAiis. Tel est le travail des mineurs , des infirmistes et des bonnes. L'obstacle purement industriel est souvent un anjet d'amusement , divers athlètes s'en font un jeu ; nais on ne peut pas se faire un jeu d'unis répugnance qui fatig'ue les sens , comme serait le curago ë'nn ëgoût, la descente dans une mine : on peut snrmonter cette répugnance par point d'honneoTy par esprit religieux, comme le font les Petites Hordes et les infirmistes ; elle n'est pas moins lésion sensuelle, tandis que la fatigue simple et sans dégoût , comme celle d'un ouvrier qui monte sur des noyers et cerisiers , peut devenir amosetAe, plai* sir réel. De là vient que Tordre sociétaire n'estime et n'admet en priorité de rang que les fatignes répugnantes .

%^ Titre inverse; Desi D*ÀTTiiiLGTiov. Plus un tra-

niMTnttiH» WI

Taîl exeite d'aiiractkm , moint il a de ralevr pém^ nùùre; dèa-lors Vopéra et le soin des Ycrgera deTraient être deux séries de d« classe ou agf^meilti car il n'esl rien de plus attrayant dans les cani'* fugneê, <|ue le soin des arbres a frsît ; et dans les TÎUes 9 que le trijiot de oomédie , les intrigues de coulisse : tous les gens riches aiment à s'y faufiler « màme à titre d'actionnaires, au risque d'y perdi'o de bonnes sommes.

La série des rergers est renroyée au 8' rang , à Tagrément , parce qu'elle n'a de mérite qu'en Hire imeenéf en forte dose d'attraction ; elle ne coneourt par plus à l'unité que les autres fonctions agricoles* Quant à la série de l'opéra, elle concourt a l'unité par des serTÎoes eiclnslft, par sa propriété de for^ mer reniant à tontes les harmonies matérielles* Cette série est donc précieuse â double titre ^ s» Ureoi et «n iiiesrta; die doit prtnd#e place mû 1*' rang dans la catégorie de itéœssitéi

C'est en combinant bien les trois règles cs-dessus^ qu'on parrient à olasser exaetènsent les rangs de chaque série en prétentions au dividende pécuniaire alloué au travaik Du reste quelques erreurs sur ce point ne seraient pas na pré)udiee notable pour la phalange d'essai ; elle compensera m déibut de méthode par la force des aeeordè iaientionnels ( 8* ntftîce ) , par le noble ofgueil de changer la Itee da menée ) cl Toir accourir les sages de teufec les régions ponr admirer le germe de rnirité unîrer«>

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•eUe. Observons que cette «fflaenee de carienx rendra a la phalange d'essai ane somme de 40 à ISO millions, à n*estimer le prix d'admission que cent francs par jour, subsistance aux frais de chacun.

Je dois redire que les erreurs sur le classement des séries ne préjudicieront pointa l'accord collectif, car ces débats subalternes seront absorbés dans la passion générale D'oniTtisHt , chap. XXXII, qui n'est pas connue des civilisés, et qui naitra chex les haiw moniens , dès les premiers jours. Nos philosophes , qui croient connaître toutes les passions , sont comparables à des enfans de dix ans , qui , enchantés de leurs globules de marbre , pensent qu*à l'âge de ▼ingt ans ils n'auront point de plaisirs plus sédui* sans. Juger des passions d'harmonie par les passions civilisées , c'est imiter un paysan qui n'étant jamais sorti de son nid , croit que le clocher de son village est le plus beau clocher du monde , et que son curé est le plus savant homme de la terre; quand ce paysan aura vu le monde , parcouru les capitales , il trouvera bien i décompter en fait de clochers et de savans.

Il en sera de même des passions futures , et sur* tout du LiBfttALisai , dont on profane aujourd'hui le nom sans avoir aucune idée de la chose (Voyez Chapitre XXXV ). Parmi ces passions à naître , la principale sera VunUèùme ou philantropie réelle , fondée sur la plénitude , la réplétion de bonheor, le besoin de répandre autour de soi le charme dont on

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esl pénétre. Noos voyons une ombre de cette pa«sion dans les événemens qui remplissent de joie une population entière. Lorsque Troie , après dix ans de siège , est enfin délivrée des assaillans , les Troyens sortent en foule ^pandunturporkBfjuvai ire ; Tivresse est telle que les rangs se confondent , on se félicite réciproquement, on se redit les détails du siège. Ici étaient Achille et les Thessaliens; ici étaient les Dolopes. Ceêi Traiment Tinstant de la fraternité rèrée par les moralistes , c'est une ombre de la pas* slon unitéisrae, fusion des classes, réplétion de bonheur , qui régnera sans cesse chex les harmoniens , et qui ap|ilanira tous les obstacles relatifs aux accords de répartition. D'ailleurs on Ta se convaincre que , pour établir Tharmonie dans les partages , il suffit, comme je Tai annoncé, de Famour des ri* chesset,

CHAPITBE TRENTE-QUATRIÈME.

De raccord direct en répartition, ou é^ilibre par la

cupidité.

Eimii nous arrivons à Tobjet principal, à l'effirayant problème d'établir une justice éclatante, une pleine harmonie dans le partage des bénéfices et une rétribution satisfaisante pour chacun selon ses trois facultés industrielles, travail , capital ei talent. Ce

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prodige lient à élever 1» oufûdité du modb simple AU mddé compoaé*

Voici le triomphe de la eapâdité tant diffunrfepar les moralistes; Dieu ne noua aurait pas donné oette passion , 8*il n*en eût pas préTu un emploi utile en équilibre général. Déjà j*ai prouvé que la gonman* dise également proscrite par les philosophes devient voie de sagesse et d*aceor^s industriels dans les Séries passionnées. On va voir que la cupidité j produit le même effet, qu'elle y devient voie dejostioe distribotive , et qu'en créant nos passions, Diem fit biem terni cê qu^^ fit.

L*homme civilisé ne trouvant son bénéfice que dans la rapine et la rapacité, il doit s'abandonner à ces vices, tant qu*on ne sait lui créer d'auti^ stimulans de joiâoeque l'honneur d*ètre philosophe, d'obéir à Sënèque et Diogène : ce ne sont pas là des contre-poids à la cupidité ; il est connu que le monde n'estime que la fortune aefuise |Mr fu ei nefas, qu'on n a que raillerie et duperie à recueillir en pratiquant Téquité, dès-lors le civilisé s*en garde comme d'un piège ; il faut donc, pour Tj rallier , un régime où l'individu trouve son bénéfice personnel dans la justice distributive ; il ne la pratiquera qu'à cette condition*. Les haiimotiiens seront justes en répartition, parce que Téquité leur vaudra bénéfice, houneur et plaif ir, puis elle procurera mêmes avantage à la masse, qui aujourd'hui est froissée en tout sens par les préteutions indivi-

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duellét; natre oupieditë taidonGwimple égoïste étrangère aax intërèls de nos voinn»; elle deriendra cex»os4i quand elle servira leur intérêt et le nôtre à la fois : examinons.

Siidiaeun des harmoniens étatt^ comme les ci?i- KaëSy adonné à une setile profession, sHl n*était que mai^iif qae charpentier, que jardinier, ohaenn avriTeralt a la séance de répartition ayeo le projet de faire prévaloir son métier, faire adjuger le lot prin* dpal aux maçons, s*il est maçon, aox charpentiers) s*il e*t charpentier, etc. ; ainsi opinerait toutoitilisë; mais en harmonie où chacun, homme, fémmè ou enfant, est associé d'une quarantaine de Séries, exerçant sur l'industrie, les arts, les sciences, per« sonne n'a intérêt i faire prévaloir immodérément Tune d*entr*elles ; chacun, pour son bénéfice per* sonnel, est obligé de spéculer en sens inverse des cÎTtlisés, voter sur ^tous les points pour l'équité t décrivons d'abord ce mécanisme en action, j'en expliquerai ensuite la théorie*

Je distingue en générales et spéciales, les impuU sions qui entraînent tout harmonien à l'équité.

1^ ImptUêiôns générales appliquées aux 3 facultés, capital, travail et talent. Alcippe est un des riches actionnaires; telle somme dont il tirait en civilisation S à 4 O/o ( revenus deê domaines ), lui rendra dans la phalange 12 à 15 O/q, selon les aperçus d'inventaire, si l'on parvient à s'accorder en ropar* tftton. Il lui importe donc d'opiner pour la jastice

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dittributiye, et de repousser toute mesure qui léserait une des trois £ftCttUés. Si a titre de fort capitaliste il veut faire allouer moîlie du produit nus capUaus^ par exemple : capital 6/12, travail 4/12, talent 2/1 S, les 2 classes nombreuses qui n*ont à peroeroir que sur les deux autres facultés, iraoad et talent^ seront mécontentes ; Tattraction se relantira, le produit et les accords diminueront, et dès la 3* année le lien sociétaire se dissoudra. Alcippe voit que pjur son intérêt même il faut fixer la répartition comme il suit : Capitol 4/12, travail 5/12, Ulent9/12. Calculée sur ce pied, elle donnera encore à Alcippe un revenu quadruple de celui qu*il avait en civilisation, elle garantira en outre le contentement des deux classes peu fortunées et le maintien du lien sociétaire. Alcippe incline d'autant mieux pour cette justice, qu'il a lui-même bon nombre de lots a percevoir, dans diverses séries, sur le capital et le talent; car les plaisirs, tels que chasse, pêche, musique, art dramatique, soin des fleurs, des volières, sont payés comme le travail des champs et des vignes. En outre il a formé beaucoup de liaisons amicales fivec la classe des non capitalistes, il la protège, il veut que justice lui soit rendu.

Dans ce cas, la cupidité qui l'aurait poussé II voter un lot de moitié pour le capital, se trouve contre -balancée par deux impulsions honorables ; ce sont; Taffection qu'il a conçue pour les divers sociétaires des séries qu'il fréquente, et où il a de

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plas des lots de travail et talent à percevoir, pats la coDVÎction de trouver son intérêt dans Tintérêt oollectlf, dans le contentement de la phalange entière, dans le progrès de Tattraotion indastrielle sonroe de richesses à venir.

Ainsi Timpolsion véhémente, eelle de cupidité qui aujourd'hui pousserait aux prétentions outrées, rencontre ici deux contre-poids qui la maintiennent dans la juate mesure, dans la voie d'équilibre et do justice satisfaisante pour les 3 facultés et les divers individus. Ge bel accord de passions est calqué sur la propriété ibndamentaledes séries mathématiques, égàUêè de la somme des extrêmes^ au datêble du terme moyen. (Dans la série 2, 4, 6, deux fois 4 équivalent à S et 6).

Analysons même contre^poids, même équilibre, dans les impulsions de la classe pauvre.

Jeaônot n*a point de capitaux, point d'actions, opînera-4-il à favoriser la faculté de travail aux dépens du capital ou du talent? faire adjuger en proportion de

travail 7/ld, capital S/ld, talent 2/12?

Ici, Timpulsion dominante est pour favoriser le travail, au pr^udice des deux autres facultés, capîial et talent. Tel serait Favis de tout civilisé pauvre; le paysan dit : c^eat moi qui produis Umt; il croit de Iioane prise tout ce qu'il vole au seigneur, qui de aoo c6té se croit en droit de tout ravir au paysan. Tel est. l'équilibre des passions dans l'état ciiilisé,

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une lutte de pillage et d*astQce, nommée perfectibilité.

En harmonie , le pauvre Joannot pensera bien différemment. Sa plus forte impulsion est de faroriser le travail, puisqu'il n*a rien à prétendre surlea dividendes alloués au capital; mais deux autres impulsions viennent conlre-balancer cet essor brut de la cupidité : Jeannot a des lots à prétendre sur le talent; il brille dans certaines parcelles de divers travaux, illui convient que le talent conserve SOS droits. D^autre part il connaît Timportance des capitalistes dans une phalange, les avantages que le pauvre tire de toutes leurs dépenses ; la partict* pation aux spectacles gratuits j aux voitures et chevaux, aux repas de corps, aux dessertes de ta* blés riches , aux adoptions industrielles pour ses enfans ; lors même qu'il ne saurait pas apprécier le firuitde toutes ces chances de bénéfice, il l'apprendrait dans la compagnie des 40 groupes qu'il fréquente : les corporations ne so trompent pas sur leurs intérêts.

Ces deux impulsions disposent Jeannot à ménager le talent et le capital, et se réduire de 7/12 à 5/ 12 sur le lot du travail ; réduction qui, tout ba* lancé, tourne à son avantage ; car il ne peut être henreux qu en soutenant la phalange et Tattraction, -qui péricliteraient du moment où le capital et le talent seraient mal rétribués. Ici la cupidité brute, la passion dominante qui ches nous absorberait tout,

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se (rouve pondérée par deux contre-poids, deax impukions favorables au talent et au capital, facultés sur lesquelles Jeannot a le moins de prétentions. C'est comme chez Alcippe, Tinfluence de deux forces extrêmes balançant la double influence de la force raofenne. Les harmoniens des trois classes nchcy moyenne ou pauvre, sont constamment entraînés à ces vues de justice, par impulsion de deux intérêts collectifs luUaut contre la capacité déraisonnée, qui cbet les civilisés ne rencontre au* cun contre-poids , aucune chance de bénéfice fondée sur le soutien de Tintérét général, sur la justice dîstributive.

Jlnsisterai dans 3 chap. suivans, sur ce penchant de tout harmonien pauvre à soutenir la classe riche et le lot de capital : je donnerai, sur cette impulsion , des preuves irrécusables. En attendant , observons que le pauvre, en harmonie , a de nombreuses] chances de fortune; il n*est point découragé comme nos salariés qui n*entrevoient aucun moyen de s*élever au rôle de niaitre ; il a l'espoir de voir ses en fans parvenir à des hautes dignités, par la science, le talent, la beauté, les alliances monarcales ; il a une petite fortune croissante du &*uitde ses économies que la caisse d'épargne reçoit écu par écu } il ne fait pas de dépense, parce qu'il est bien nourri et bien vêtu aux frais de la phalange qui lui fournit tous les habits de travail y et trois uniformes de parade pour les trois saisons ] il ne

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•onge pas oomine nos oumers à fniqaenter la guinguette et le cabaret, parce qu'il trouve à se» cinq repas excellente chère, vins à option, joyease compagnie; dès-lors il économise, et place en ooupons d'actions tout le bénéfice qui lui reste après le paiement de son compte de frais ; il est petit propriétaire, il a l'esprit de propriété, le droit de TOte en divers conseils, et de suffrage en toutes ëlectiens ; il ne peut donc pas ressentir d'aversion pour les riches qu*il fréquente, dont il a sans cesse à se louer, et dont il espère devenir Tégai. Sans cet espoir d'avéneraent à la fortune , la vie devient un fardeau pour Thomme.

2*^ Impulsion spéciale : Analysons maintenafnt Téquilibre de cnpidité dans les détails. Philinte est membre de 86 séries qu'il distingue en trois catégories, A, B, G : dans les 12 séries de Téchelle A, il est ancien sectaire , expérimenté, tenant l'un des premiers rangs en importance et en droits au bénéfice. Dans les 12 séries G , il est nouveau s^taire, peu exerce, ne pouvant espérer qtie de faibles lots ; et dans les 12 de Téchelle B, il est en moyen terme d'ancienneté , de talent et de prétentions. Ge sont trois classes d'intérêts opposés , stimulant Philinte en triple direction et le forçant, par cupidité et par amour-propre, à opter pour la stricte justice.

En effet : s'il y a fausse estimation du mérite réel de chaque série, Philinte sera lésé , d'abord sur les dividendes à recueillir dans les 12 séries ou il ex-

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celle , et où U a droit aux pins fortes parts ; en outra , il sera piqué da Toir leur travail et le sien mal appréciés. A la vérité , cette injustice pourra favoriser les 12 séries C; mais comme il n'y est que Bobalterne, rétribué de faibles lots , il no serait pas compensé des réductions à éprouver sur les 13 séries A où il obtient les lots supérieurs ; d'autre part il ne vent pas qu'on ravale les séries G, où son penchant Ta enrôlé récemment ; il estime et protège leur industrie, il les soutient par amitié cabalistique et par amour-propre. Quant aux 12 séries B où il est sectaire de moyen rang , obtenant des lots moyens, il convient à ses intérêts qu'elles aient ce qui leur est dû , sans empiéter sur les catégories A et G.

Sous tous les rapports, il se trouve entraîné à vouloir l'exacte justice eu répartition ; elle est Tunique moyen de satisfaire à la fois son intérêt, son amourpropre , et ses affection:^. Ajoutons une preuve de détail.

S'il parvenait à faire favoririer les 12 séries A où il perçoit de forts dividendes , il serait dupe; l'injustice, dans rétat sociétaire bien organisé , tourne an détriment de son auteur; je le démontre.

Les 12 séries A sont de 8 ordres ; environ 4 de néceêdté y 4 à'ulUité , 4 agrément; (ch. 33) or si Philinte réussissait à faire dominer la faveur , il ne pourrait pas l'étendre aux trois ordres do nécessité, utilité, agrément, mais seulement à Tun des trois ; dès-lors obtenant du gain sur 4 de ces 12 séries A ,

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il perdrait d^aataot tur les 4 db Tordre o{ipo8ë , et ne gagnerait riea sur lei 4 moyennes. Il ii*aarait AUOUA bënéfioe réel sur rensemble des m ; il ne recueillerait de cette infnstîce que le dëshonnenr, la défiance générale et le perte de tons les snOrages pour dirers emplois luoratiCs qoi sont trèa*noin* brenx. La défaveur de Topînion est trèsrpréjndi» oial^e À un harnionîen ; elle est indifférente à un eiTÎlisé, car les places lucratives ne sont pas ëlecti?es , et quand elles le seraient, ce ne serait pas rhonnéte homme qui les obtiendrait en civilisation, oà la masse électorale est tonjoura le jouet des intrigues.

Le besoin de justice distributive existera donc dans les détails comme dans Vensemble de la répartition. Le régime des séries passionnées est un méca» nîsme qui sue h justice , «t qui tranuforme en soif de justice le prétendu vice nommé smfde l'or. Nos passions deviennent toutes bonnes, si on les développe dans Tordre sériaire auquel Dieu les destine ; mais ce développement doit être conforme aux règles d*engronage : (établies cbap. Y et VL et notice 7'), si on observe bien ces règles , il arrivera que chaque individu sera attiré dans une masse de séries bien échelonnées en tous sens , en nécessité , utilité et agrément ; quHI y figurera en échelle de rôles, expérimenté dans un tiers, novice dans un â« tiers, et mixte dans un S^ tiers ; une fois engrené de cette manière , il ne ressentira que des impulsions

mmrsniBL. ttt

dejiutice , tant tar renseoibloqae sarlesdétmb de répartition aux d facultés , capital, traTail ei talent.

C'est pour atteindre ce but que la sollicitude des &ndateurs devra se porter sur les moyens d'engre* nage des passions : mes instructions à cet égard se* rout suffisantes si on les suit exactement, si on con« sent à ne point lésiner sur les frais des semailles d'attraction, sur les moyens de variété fréq[uente en funotions , et d'enrôlement à un grand nombre de séries. 11 iaut que chacun soit entraîné a les par*» ootynr suocassivement, à quitter une série pour ea** trer dans une autre, en restant sociétaire éméritei et adjoint auxiliaire aux séries quittées.

La méthode pour répartir aux groupes d'une ad* rie et aux membres d'im groupe est la même que pour répartir aux classes et aux ordres de série ; le mouTcment étant, selon l'idée de ScheHing mtmr dis hêi-m^mê enkmiien$f mnoiogia unàtete^eUê.

Le lot de Ulent berné À ^lâ et peut-être 3/13^ esA encore très-oopieox, parée qu'il y a dans chaque liranche d'industrie, une masse da sectaires novicea et dépourvus de titres aux lots de talent : leur nombre est «u moins d'un liera en chaque fimctioni souvent moitié, ce qui assure» une forte part à Tau** tre moitié ae«de rétribuée en talent. Les lots de tra^* ▼eil se présentent pas celle chance, car tout sectaire d'un groupe y travaillant du plus au moins, a droit a une p^t quelconque ; c'est pourquoi le travail mérite au moins 5/12 du bénéfice ; et il est

im NOCVIAir HONDB

douteux si on ne relèvera pas plus haut, selon le rapport Travail ^ fi. Capitale fi Taknflfi.

On peut déjà entrevoir que nos passions sont les rouages d'une mécanique où règne la justesse ma* thématique. Je n*ai point eu recours aux systèmes pour surmonter la difficulté en répartition , je me suis borné à appliquer au jeu des passsions , les règles élémentaires de mécaniqne et d'arithmétique , la balance et la aérte , ce qui est la même chose ; car la balance est comme la série, un ao* cord de deux forces extrêmes faisant contre-poids à la double force moyenne. Si chacune des balances doit porter un quintal , il faut que le fléau puisse porter deux quintaux.

Les détracteurs prétendent que ma théorie re* pose sur des idées extraordinaires , bitarres , abstruses ; qu'y a-t-il de plus ordinaire , que les théo* rèraes élémentaires de mathématiques? le calcol de la mécanique des passions sera étayé en tout sens de ce genre de preuves ; la nouvelle science de fattraction passionnée est dans tous ses détails ooor* donnée aux mathématiques ; les passions, lorsqu'on les distribue par séries ^ sont les mathématiques en action : par exemple : les .propriétés des 4 courbes élémentaires, nommées seotions coniques, sonttrès^ exactement les types des propriétés des -4 groupes distingués en mode majeur et minenr ; ■AJiuR. Amitié, cercle y Hiiiiva. Amour, Mpee^ Ambition, AyperWe. Paternité, parabole.

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En Qonsëqaence, ma théorie loin de tomber dafis Tesprit 'systématique , est au contraire la première et la seule qui ait ëtité oe vice, et rallié Tétude des passions à des principes puisés dans la natnre. Elle oaTre enfin la voie de ces équilibres si yainement rêvés par la philosophie, car on a tu ci-dessus dans le mécanisme de répartition, la propriété

D'absorber la cupidité individuelle dans les intèrêtê cattedifs de chaque série et de la phalange entière , et d'absorber ks prétentions collectives de chaque série, par les intérêts individuels de chaque sectaire dans une foule éTautres séries.

On peut réduire ce brillant effet de justice à deux impulsions , dont Tune milite en raison directe du nombre des séries que fréquente Tindividu, et Tau* tre en raison inverse de la durée des séances de chaque série.

1 « En raison directe du nombre de séries fréquentées. Plus ce nombre est grand, plus l'individu se trouve intéressé à ne point les sacrifier toutes a une seule, mais a soutenir les droits de 40 compagnies qu'il chérit, contre les prétentions de chacune d*entr'elles.

2* En raison inversede la durée des travaux. Plus les séances sont courtes et rares , plus l'individu a de fSacilité à s'enrôler dans un grand nombre de séries , dont les influences ne pourraient plus se contre-balancer , si Tuned'entr'elles, par de longs et fréquens rassemblemens , absorbait le temps et la

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sollicitade de se» sectaire», et lespa»6ioaiiaitexdasivement.

Dans ces équilibres de mécanisme des séries, observons que la boussole est UNE , c'est toujours la déférence rigoureuse au vœu des trois passions reotrices , développées de manière à se satîsDaire l'une par l'autre ; la Papittonne, par la plus grande variété possible en fonctions attrayantes ; la Cmba-liste , par le classement trinaire des intrigues de séries , leur contraste méthodique , et l'échelle Inen nuancée des espèces et variétés ; la CompotUe , par le double charme , les miracles redoublés d'où nait le bonheur composé. (Voyez le Chapitre d'une journée de bonheur , 10* notioe. )

Je n'ai décrit dans ce chap. U que l'équilibre direct, il sera un peu incomplet la 1'* année ; le dé» faut d'expérience et les lacunes d'attraction causeront quelques irrégularités ; mais la force des ao-> cords intentionnels y suppléera amplement , et l'on arrivera , au bout de deux ans, à des données expérimentales et certaines, sur tous les détails relatif à l'accord en répartition. Les moyens qu'on vient de lire sur l'accord direct , ont besoin de deux appuis qu'en va trouver dans les deux chap. suivans , où je traite de l'équilibre indirect et des ralliemena d'antipathies.

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