CHAPITRE TRENTE-SIXIÈME
Deê accordé iran$cendan$^ ou roUiemèns de$ aeiiu ouït-
jM^Atet nahifMeê,
Es traitant de Taocord indirect de répartition ( accord par générosité ) , j*ai annoncé des moyens très^pnîssans et très-inconnns qui y coopéreront; je •vais en donner un aperçu fort insuffisant. (Voir de plus amples détails sect. II.)
Le créateur tient tellement à établir l'harmonie des passions, qu*il nous a ménngédes moyens d'ae- * cords surabondans , afin que les concerts sociaux soient poussés au degré d'enthousiasme réhément.
De tous les accords inconnus en civilisation , la branche la plus riche est celle àeêmUiemenê^ i^rt de eoncilier les obsses les plus antipathiques , ie\\e% que:
riches et pauvres en relations d*amitié; jeunesse et vieillesse en relations d'amour.
On obtient tous ces ralliemens dans Tordre sociétaire, par la seule Influence du nombre et des Séries passionnées appliquées à des masses de 16 à 1600 personnes.
Le régime civilisé produit par exception quelques ralliemens ; par exemple en amour , on voit les
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grands »'hnm«iiser «Teo une réunion de petites bourgeoises. Il s'agit de créer , dans toutes les relations, ce rapprochement de classes extrêmes et divergentes, les amener à une pleine intimité, malgré les antipathies, les disparates de fortune et de rang.
J'ai observé que le moyen est très-lacile , puisqu'il ne lient qu à opérer sur des massestrès-nombreuses, pourvu qu'elles soient organisées en Séries passionnées» Dans oe cas les passions les plus inoonciliables aujourd'hui, s'élèvent au plein accord. J'en vais donner la preuve, tirée de quatre antîpa* thies ralliées ; une en amitié, une en ambition, une eu amour, une en paternité.
AuiTiÉ. C'est un sujet que j'ai traité aux articles de la DommicM pattùmnée. Ty ^^ prouvé que le service personnel qui est , dans Tétat actuel , une source de haines , peut devenir un germe d*amitié , même entre les personnages et les âges les plus disparates.
ÂMoum. Ce groupe de même que les % autres, est scyet à quadruple antipathie , si je les distingue en simple directe, composée directe , simple inverse, composée inverse ; il sufiira de cet appareil méthodique pour épouvanter le lecteur ; je vais me borner à décrire une dos quatre sortes de ralliement, sans déterminer auquel des genres elle appartient.
Valère est ftgo de 80 ans, Urgèle de 80. Si elle Valère , elle trouvera chez lui aniipaihie natu-
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relie en nmour. Voyons comment les liens de eirconstaiipe vaincront cette répugnance , en y opposant 4 liens affectueux : â liens amîcaox A, et 2 liens fédéraux F.
A* 1° Yalère est sectaire de 40 groupes , dans plusieurs desquels il se trouve en relation très-intime avec Urgèle. Dès i âge de 5 ans , il s*est enrôlé aa groupe des hyacinthes bleues , il y excelle , et il doit son talent à Urgèle , présidente du groupe ; elle a été son institutrice passionnée, elle lui a enseigné tous les raffineniens de Tart.
A. â'^ Valère a des prétentions en gravure , il est Tante dans ce genre d'industrie; c'est encore à Urgèle qu'il doit ce trophée. Doyenne de ce groupe, elle a pris plaisir à instruire cet enfant en qui elle a reconnu , dès le bas âge , d^heureuses dipositions. F. S^ Valère a du goût pour une science fort inconnue en civilisation , ralgèhre cTamoury ou calcul des sympathies accidentelles en amour : c'est l'art d'assortir passionnément une masse d'hommes et une niasse de femmes qui ne se sont jamais vus ; faire en sorte que chacun des cent hommes discerne d'emblée celle des cent femmes pour qui il éprouvera amour composé ^ convenance parfaite des sens et de l'arae , sympathie de circonstance en rapports de caractère et en fantaisies accidentelles. Cette science exige une longue pratique jointe k la théo* rie. Urgèle qui est la plus experte des sympathistcs du pays , instruit Valère j c'est sur elle qu'il fonde
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soa «•poîr de soceès dans ce genre de «oienee , voie de oélébrilë et de fortune en régime sociétaire.
F* 4^ Valère désire d'être admis à une armée indastrielie de 9* degré, (environ 300,000 âmes dont 100,000 femmes , ) qui va faire campagne sur le Rliin, y construire, dans le courant de la belle saison , des ponts , des encaissemens , et y donner eliaque soir des fêtes magnifiques. Pour s'y faire admettre , il faudrait que Valère eAt fait 8 campagnes , il n'en compte que 2 ; il est inadmissible a une armée de 9« degré hors les cas d'exception.
Urgèle occupe le poste de Haute Matrone , ou Hyper-fée de l'armée du Rhin, exerçant le ministère des sympathies accidentelles pour les 800,000 hom« mes et femmes. Elle déclare que Valère lui sera utile dans telle branche de travail ; c'est cas d'exception pour lui , il sera admis à cette belle armée quoiqu'il manque de titres ; il part , comme attaché aux bureaux de l'Hyper- fée.
Voilà entre Valère et Urgèle quatre liens de ralliement, tendant à absorber la répugnance naturelle : deux liens amicaux A pour les services passés , deux liens fédéraux F pour les services futurs : le résultat sera d'exciter chez Valère , non pas une passion d'amour direct pour Urgèle , mais un penchant de gratitude, affinité indirecte, lien neutre qui tiendra lieu d'amour, et conduira au même but. Urgèle obtiendra Valère par pure affection. î^s 80 ans ne seront point un obstacle pour Valère
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habitue avec Urgèle dès le ba8-a({e; la jeunesse est intrépide en amoor, loraqu*elle a des stimulans suffisans; et Yalère le premier déolare à Urgèle qu'il s^estiraera heureux , s'il peut se reoonnailre de tout ee qu'il lui doit. Il ne deviendra pas pour elle un amant habituel , mais elle aura quelque part a sa courtoisie ; ce sera pour Urgèle une conquête dégagée d'intérêt , de motif sordide , et bien différente de celles que peut faire aujourd'hui une femme de 80 ans , qui n'obtient un jeune homme qu'à force d'argent , et ne peut se procurer aucun amogr cmlosft , lien satisfaisant pour l'âme et les sens»
( Noia. Observons que dans ce ralliement je spécule sur une belle vieillesse comme celle d'harmonie , où l'on verra des femmes courtisées ainsi que Ninon après 80 ans, et des vieillards aussi verts que le valaisan scexcskattik qui eut des enfans à la suite d'un mariage contracté à 100 ans). On voit des philosophes anticiper sur ces harmonies futures ; le moraliste Dclille Dessales, auteur de la mn-disani philosophie de la nature, s'est marié à 77 ans avec une jouvencelle de 17 ans« La différence d'âge nétait que de 60 ans, voilà nos vrais sages , exempts de passions , oracles de raison , régénérateurs de la perfectibilité perfectibilisante.
On a pu remarquer dans ce lien amoureux d'Urgèle et Valère , quatre moyens de ralliement , qui ont nbsorbé l'antipathie naturelle et l'ont transformée en sympathie très-aotive. Le ralliement serait
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d^à suffisant, quand il serait borne à deux absorbans au lieu de quatre ; c'en serait assez pour créer le cbarme composé , chap. XXXI.
La génération actuelle ne sera pas suffisamment pourvue en ressorts d'harmonie , pour opposer ainsi quaire absorbons à chacune des antipathies naturelles ; mais on pourra approcher plus ou moins du but , mettre en jeu deux absorbans ; cela sera déjà très-brillant dans un début; c*en sera assez pour faire entrevoir les prodiges de l'harmonie future « et ébaucher dès cette génération un système de ralliemens réguliers, contre*ba1ancés, opérant /'aW/^r iion des rivalités et antipathies coUeciives de chaque classe, par les accords que fonnent ses individus dissé^ minés dans divers groupes ou ils ont leurs antipathique» pour coopérateurs passionnés et directs, comme Valère Qt Drgèle, ou indirects^, comme Géronle.
11 reste à décrire deux ralliemens , en ambition et en paternité: je vais les appliquer à des antipathies plus fortes encore que celle d'amour entre âges de âO et 80 ans.
Traitons d'abord de l'ambition et de ses caractères haineux. Il existe en civilisation seize classes , non compris l'esclaFage; (voyez le Traité de TAssoclation domestique-agricole. ) On voit régner parmi toutes ces classes, des haines corporatives ; l'ordre civilisé, avec ses verbiages de douce fraternité du commerce et de la morale , n'engendre qu'un labyrinthe de discordes qu'on peut distinguer
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en échelle asoenâante de bains , et échelle descendante de mépris.
Observons cette échelle dans les cinq classes nom* mées la cour, la noblesse, lu bourgeoisie, le peopieet la populace ; les cinq castes se haïssent, et chacone des cinq est subdivisée en trois sous-castes, comme haute, moyenne et basse noblesse; hante, moyenne et basse bourgeoisie , etc. : la haute méprise la mo* yenne qui à son tour méprise la basse ; puis la basse hait la moyenne qui réciproquement hait la haute.
Examinons plas en détail ce ricochet de haines en échelle ascendante, et de mépris en éeheUe descendante. La noblesse de cour méprise la noblesse non présentée; la noblesse d*épée méprise celle de robe; les seigneurs à clocher méprisent les gentillAtres ; ceux-ci méprisent les par» venus anoblis , qui méprisent les castes bourgeoises. On retrouve dans la bourgeoisie pareille éf^eUe de mépris; les banquiers et financiers méprisés des nobles, s'en consolent en méprisant les gros marchands et gros propriétaires ; ceux-ci tout fiers de leur rang d'éïigU>lê8f méprisent le petit marchand et le petit propriétaire qui ne sont qu'électeurs , mab qui à ce titre méprisent les savans et autres castes moins pécunieuses; ensuite la basse bourgeoisie méprise les S castes de peuple dont Me se pique d'éviter les manières ; enfin parmi le peuple et la populace , combien de subdivisions haineuses, telles que les compagnons du dewnr et du gavoi!
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Telle est la doace fraternité du commerce et de la morale ; tel est le suYoir-faîre de nos sciences pbilantropiqttes ; ricochet de mépris des supérieurs aux inférieurs, et ricochet de haines, des inférieurs aux supérieurs.
Lorsqu'on voit en civilisation, quelques lueurs de rallieroent entre castes , comme à Naples où la noblesse protège les lazarons, en Espagne où le clergé riche protège les niendians , cette alliance de castes extrêmes n'est qu'une source de vices , l'état civilisé ne créant que des rallîemens subversifs et mallaisans , soit en amour , où les rnpprochemens entre les grands et les femmes du peuple , ne sont que des germes de désordre , par la naissance d'enfans bâtards, ou par des mariages disparates qui brouillent les familles ; soit en ambition, où la classe opulente ne se rapproche du peuple que pour machiner des intrigues funestes au repos public, des affaires de parti , des ligues d'oppression.
U s'agit de rallier, pour le bien , toutes oes castes hétérogènes , surtout en débats d'ambition ; posons sur ce sujet un principe fort neuf, c'est que les hommes civilisés, même les plus insatiables de pou^ Toir , de conquêtes et de richesses , n*ont pas le quart de l'ambition nécessaire en harmonie.
Après la chute de Bonaparte , on cita de lui , comme acte de démence , une médaille qu'il avait fait frapper à Moscou , et qui portait en exergue : au ciel et Napoléon $ur la ierrç : il voulait donc