‹ Le nouveau monde industriel (volume 2)Chapitre 93 sur 120 · CHAPITRE QUAKANT.H-TROiSIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUAKANT.H-TROiSIÈME

Çarûctères eu commerce y EN GENRES.

Quelle est In cause de cette vénération des modernes pour le commerce qui est détesté en secret par toutes les autres classes du corps social? DV>ù vient ce stupide engouement pour les marchanda que Jésus-C^ist battait de verges? La cause en est qu'ils ont gagné beaucoup d'argent, et qu'une puissance insulaire exerce sur le monde industriel une tyrannie de monopole mercsntile.

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Gn extoraîont , cette tiratinie, ne proyiendraientelles pas de quelque erreur oommîse par la politique moderne? Cette science rampante n'a pas osé faire l'analyse du corameroe, de ses caraetères qu'il faut distinguer en genres et espèces; de sorte que le monde social ne sait pas oe qu'est le corameroe. Quelques flagorneurs de Tagiotage dépeignent les marchands comme une légion de deminlîeax; ofancnn reconnaît au contraire qu'ils sont une légion de fourbes ; mais à tort ou raison ils ont euTahi Fin^ fluence ; tous les pliilosophes sont pour eux., le ministère même et la cour fléchissent devant les vautours mercantiles , tout suit Timpulsion donnée par la science dite écanomiêtne, et par suite le corps social tout entier se soumet aux rapines mercantiles , de même que i oiseau fasciné par le serpent , va se rendre dans la gueule du reptile qui Ta charmé.

Une politique honorable aurait dû mettre au concours les moyens de résistance , et s'enquérir des bévues qui donnent le soeptre du monde industrii^ à une classe improductive , mensongère et malfaisante.

On est si neuf sur l'analyse du commerce , que chacun le confond avec les manufactures qu'il s'oo. cape a entraver et rançonner. Les principaux négo- GÎâns, nommés marchanda de matières premières, ne sont occupés qu'à machiner la spoliation des manuiaoturiers et des consommateurs , s'informer des raretés qui surviennent sur chaque denrée, pour

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l'MieAfMuror^ l'enohëriry la rardAer» et psr stiito ftfea- «urer le fabricant at le oHojea.

La seience date lécononriraoe Mtppote un profond l^énie à oea aocaparonrs et agioteara qmî ne aont qne dea barbonittonB , dea jonettrs «▼enturenx , dea maliiilevra tolérëa* On eft a ro, en IdM^ nne preuTe d^a plua frappantes, lorëqu'cn pleine paix, aprèa dix «na de calme y il aorvint tout â eoitp nnv atagnation -et un engorgement d'antant plua inprérns, qae toos les journaux tnompkaient des nouvelles cfaanoea -ouvertes au eommeree par réauinoipation des deux ÀAbériquea. Quelle était laoanse de cette crise qni fut si mal jugée ? elle provnnait du jeu compliqué de deux caradères commerciaux , Le nfinthmenipléikêrique, k tonir9-tomp d^MNWtMnavl.

Le refonhnwtU est un eflbt périodique de l'a vengle cupidité des marchands qiâ , loraqu'an débouolié leur est oirrert^ y enroient d*abord quatre fois plus de denrées que n'en oomporie la consommation. Les % Amériques renferment i peine 40 millions d'iiftbitans ; en déduisant les sauvages, les nègres et la populace espagnole du pays chaud qui est presque nue, il ne reste paa vingt millions d'individus è véttr ; si on y porte des éloffea pour cent millions , il y aura engorgement et refoulement. C'est oequVmt fait en 1 815 nos marchands de culottes eCceux d'Angleterre; ils ont eneombré TAmérique de leurs drogues ^ i tel point qu'dle en avait pour une eoti* sommation de 9 à 4 ans : il en est résulté knévenle,

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f tagnatîon , ayiUstement.deB étoffes , et banqaeroato des Tendeurs c efiet nécessaire de celte pléthore toujours causée par Jes imprudences du commerce , qui se fail illusion sur les doses de consommation possible. Gomment une cohue de vendeurs jaloux , aveu^és par Tavidité, pourrait-elle juger des bornes à établir en exportation?

Il suffisait déjà de cette maladresse pour causer les banqueroutes et le bouleversement des marchés et des fabriques; lorsqu'un autre caractère est interyeno au mémo instant pour aggraver le mal. Des acca« pareurs de New-Yurck, Philadelphie, Baltimore, Gharleaton, etc., avaient prétendu s'emparer de tous les cotons, d'accord avec leurs affidés de Liverpod, Londres, Amsterdam, le Havre et Paris; mais TÉ* gypte et autres marchés ayant fourni une récolte copieuse , raccaparement a échoué , la hausse n'a été qu'un feu de paille , les vautours d'Amérique ont été engorgés ainsi que leurs coopérateurs dXnrope ; la mévente causée par la crise de refoulemens pléthoriques , a dû arrêter les fabriques , et faire sauter les accapareurs de coton qui , ayant coflopté sur la hausse, ne pouvaient pas même vendre à la baisse. La machination avortée en Amérique à causé par cantre-coup mêmes banque* rouies en Europe.

Au résumé : cette crise sur laquelle on a fait tant de bel esprit était l'effet des deux caractères coîn-

cidens,

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BtfimiBmmt piàihorifm et comir^-mnp d'a^orimma.

Lef jourtiaax et oaT?affes qai en parlaient, tombaknt tous dans la même evrear ; ils rapportaîcsit a une teale cause , (qaelqttefots très •mal défiiiie , } le désordre qni provenait de deuK causes opérant oomr innément. Aucune des deux n'était avouée aveefinn^ chi9e par les écrivains ; ils ne s'étudiaient qQ*à imiooenter les deux classes qui avaient causé le mal par deux menées contradictoires , Tune en obstruant leé Riardiés <f un superflu gigantesque « l'autre en dépouillant ces marcbés d'un approvistonnement né-^ cessaire: c'était d'un côté profusion fo]le, et de Vautre soustraction vexaloire ; excès en tous genres et confusion en mécanisme , voilà le oommeroe, Fîdole des sots.

Souvent on trouve S et 4 caraetères influant oom* bîfiémeiit dans une machination mercantile: comment parvenir à la cure du mal , quand nos éoono* mistes loin de vouloir analyser celte complication de ressorts, s'étudient a les d^uiser, les fard^ de #ag6ssei

. Je viens de définir deux camelères du pommerce anardiique nommé libre toneummce^ en m'étayant d'événemens rédens^ car il faut, en pareille anidysci démontrer par application à des faits connus.

Combien d'autres caractères malfaisana pour* ratt-on énumérer dans une stricte analyse du système commercial actuel ! J'en ai une liste de 72^ dont 36 énoncés au Traité de l'Assoc. domes.-agrioole.

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Chacun ée ces cAI*iictèi^6 emploiernit , tilérae en définition nacoifiùte, ad foft chap., total 79 chap.i pour donner des eiemples rariés et iités de faits notoires, eoïkime celui qui Tient d'être cité.

En outre , certains caractères tels que raj^iotage , la banqueroute 9 pourraient employer chacun une disaine de chap., si on en définissait les espèces et Tftriétés.

Et poui*tant le commerce n*est qa*une branche du mécanisme cirilisé: deux volumes tels que celui-ci ne suffiraient pas à l'analyse des caractères du commerce , même en négligeant les détails de pratique, tels que les fourberies de chaque métier, dont Bacon Toolait qu'on dressât des tableaux circonstanciés ; on aurait bien a faire aujourd'hui de composer cer tableau ; il formerait un ouvrage plus énorme que TEncyclopédie , tant le perfectionnement du commerce a raffiné et multiplié les fourberies. Je ne firoposo ici que le tableau des caractères , que Tanalysedes ressorts principaux. J'essaie d'en citer seulement une douzaine des plus sailtans , pour signaler la perfidie de la science qui garde le silence, et sanctionne un régime d'où naissent de telles infamies.

Agiotage. Salaire décroissant.

Accaparement* Disettes factices.

Banqueroute. Lésion sanitaire.

Usure. Estimation arbitraire.

Parasitisme. Fausseté légalisée.

Insolidarité. Monnaie individuelle.

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Sur ces douie , quelquea-uns peuvent paraiire peu intelligibles jusqu*à TexpUcation ; mais il en est au moins six qui seront très*bien compris et dont chacun pourra dire : comment se fait-il que la science dite ftGOHoaisttB qui traite du commerce , u^ait pas donne des cluifiitres d'analyse sur ces caractères, et sur tant d'autres ?

' Ici , comme au chap. 4â , remarquons les carae* tères engrenés qui naissent l'un de Vautre ; tels sont La dUtracHon de capitaux^ Vahondance dépreêswe^ On voit les capitaux affiner ches la classe improductive ; les banquiers et marchands se plaignent fréquemment de ne savoir que faire de leurs fonds; ils en ont a â 0/0 quand le cultivateur ne peut pas en avoir à 6 0/0, il est réduit a traiter avec des gens d'affaires , qfii , prêtant à S 0/0 nominalement , perçoivent réellement 16 et 17 0/0 par les charges accessoires et indirectes. Tout l'argent est concentré dans le commerce « vampire qui pompe le sang du corps industriel , et réduit la classe productive à se livrer à Tusurier. Par suite les années d'aboBdance deviennent un fléau pour Tagriculture. Une disette commence a obérer le laboureur , comme on l'a vu en 1816 ; l'abondance de 1817 vient consommer sa ruine, en le forçant a vei^re les grains subitement et au-dessous de la valeur réelle « pour satisfaire ses créanciers. Ainsi )e mécanisme qui distrait tous les capitaux pour les concentrer dans le commerce , réduit par contre-coup Tagriculture à gémir de l'a-

iiondancto de denrëeM dont elle n'a ni Tente ni eoki*' Bommation , parce que la consommation étant in* ▼erse, la classe qui produit me participe pas à oette consommation. Aussi tes propriétaires et cultivateurs sont^ils réduits & désirer les fléaux, grêles et gelées; on a TU en 1828 l'épouvante dans tous les pays ▼ignobles, en juin oà ils craignaient une bonne récolte, et une abondance dépressive.

Ne suffirait^il pas de ces monstruosités politiques, pour prouver que le système actuel du commerce est un voitDK a bvboobs comme tout le mécanisme citilîsé? Mais tant qu'on ne voudra pas analyser lel catnctères , comment parviendra-t-on à se diriger dans ce labyrinthe ? Nous avons à profusion 4es faiâeurs de systèmes commerciaux , dont le talent est (féticenser tous les vices de Thydre mercantile ; on sera foi*t étonné , quand on verra la franche analyse du système commercial mensonger, d'avoir été si longtemps dupes d'un désordre que l'instinct nous dénonce en secret, car le commerce est haï de toutes les antres classes.

il suffirait de l'extrême fausseté où il est porvenu, pour dessiller les yeux ; la fourberie, l'altération de toutes les matières est à tel point, qu'on doit désirer le monopole général comhie patsiavATir contre le commerce. Une régie serait bien moins fausse, elle donnerait au moins des denrées naturelles à qui y mettrait le prix , tandis qu'il est impossible aujourd'hui d'obtenir du ootnmekrcè rien de naturel ; uti

su HOVVftâV «MO»

iM trdvTeraît pas dans Pam ua paia de siMsre qnî ne fut DiââDgé de bettersiYe , pet une Uice de lait pur, {Ms un Terre d*ea«-de-Tie pure , ohes tons les crémiers et cafetiers de Paris. Le déaodre^ la Texatitm sont au comble, et le commerce ne pouTaitpas tarder longtempa i subir une panîliou éclatanle, qu'auraient amenée la pénurie fiscale et la Tindide publique. Bientôt Tanarehie de-fouberie aurait été remplacée par le bompou ritsuiyATtv ; cVai un pballer auquel tendait secrètement Bonaparte , et auquel on eut été fiircé d'en Tenir à déùiut d'ioTention dn Trai correctif. Du reste tous les peuples btigvés des extorsions commerciales, auraient applaudi aTec transport au châtiment des sangsues qu on appelle marchands, dont la chute aurait ooastitoé l'entrée en 4* phase de cÎTÎlisation, en féodalité industrielle*

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