Luttes sans cause, gavots et dévorans
11. Joag des préj ugés secoué par la classe haute. 1 S. Anoblissement du service domestique royal.
X Inertie nobiliaire.
On ne comprendra point , sans commentaire, en quel sens chacun de ces caractères tient au genre dit récurrent subversif; j*en vais donner^sur trois seu* lement, une légère idée.
l^ Bacchanales jloyeiMes. D où vient ce penchant du peuple a causer du dégât , se livrer au désordre dans ses divertisseracus? Les enfans surtout sont sujets à cette manie de ravage, quand ils se mettent en gaité. L'Age adolescent dans la classe opulente, se livre aux mêmes folies : on ne verra guère un repas de Provençaux ou^de Languedociens se terminer sans qu'on brise les vaisselles (si c'est en local libre, chez un traiteur). Cet effet de passion est un essor d'amitié qui conduit à Topposé du bot, car le premier but des passions est le lqxi; or ce dégât inutile ne produit que Tappauvrissement ; c*est un
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effort de passion comprimëe qui fait éraption violente, et va à son but, à Tenthousiasme, par les voies da mal, faute de pouvoir assouvir sa fougue caba* listique sur une industrie attrayante , qu'on trouverait à chaque pas dans le mécanisme des Séries passîoafiées.
2^ Escèê périodiques dmpeupk , tels que les orgies du dimanche et du carnaval, où il consume le fruit de ses travaux : il est donc bien malheureux les autres jours ! Voit- on la classe opulente se livrer à ces excès? Non, parce qu'elle a chaque jour Fabon- 'dance dont le peuple cherche une ombre dans ses folies ruineuses du dimanche et du lundi.
S<^ Réoréaiionêy fètea et vacances . On est donc bien ennuyé aux jours et heures de travail, si l'on a be* soin de ne rien faire pour être heureux! Les harmo* niens ne sauront pas ce que c'est que récréation ; et pourtant ils travailleront beaucoup plus que nous , mais par attraction. Les' séances de travail seront pour eux ce qu'est laffluence dé fêtes pour les sybarites parisiens , qui ne sont en peine que du choix dt% spectacles , des festins , des bals , des maitresses, etc.
^ Ce sont là trois effets vicieux où la fougue amicale , manie d'insouciance et de joie collective , marche à son but par des voies improductives ou nuisibles. Il eût fallu classer tous les jeux des passions qui tiennent à cet ordre ; plus le tableau en serait nombreux, plus on sentirait la nécessité d'in-
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venter un ordre do choses propre à mmener la pu- •ion dans les voies d'otilité , liû donner un plein développement , un essor fougueux dans Texercice de rindustrie productive. Cet effet n'a lien que dans les Séries passionnées.
D*apr^ Texanien de cet ordre de oaraetères nommés récurrens ou répercutés, on peut apprécier fimpéritie des moralistes qui veulent réprimer les passions. Qu'en arrive-t-il? entrjivées sur un point, elles font éruption sur un autre ; elles vont à leur but par les voies désastreuses , au Heu d*y aller par les voies bienfaisantes. C'est pour le corps social double dommage, perte du produit qu'aurait donné la passion appliquée à Tindustrie^ et perte des frais de répression et de châtiment qu'il faut opposer à la passion égarée dans les voies du mal. Si la belle France ne commettait pas chaque année lJkO,ÛOO crimes à procès, elle aurait le double bénéfice d'employer utilement les tribunaux, les gendarmes qui poursuivent les criminels, et d'utiliser de même des hommes que la compression a poussés au crime.
Les moralistes répondent : il faut aimer la vertu et l'industrie. On peut leur dire : sachei les rendre aimables : elles ne peuvent plaire à l'homme que par entremise des séries passionnées ; saobesdonc oi^aniser cet ordre, maintenant qu'on vous évite la peine de rinventer. Mais tant que durera le régime d'industrie morcelée et répugnante, c'est en vain qu'on (^posera aux passions les oracles de Diogène et
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Mirabeau; elle marohenl à lear bot per foi ei nefas. Dtea a placé' dans nos âmes là uijruillons de mou- Tement , qui nous pousseront au but, en dcpît des leçons de Mirabeau et Diogène. Il serait bientôt ieraps que la philosophie 8*occnpât à étudier les ressorts du mouTement, leurs propriétés, leur tendance, leur vœu, au lieu de perdre sottement des siècles à la tentative chimérique de réprimer les passions.
Mais pour découvrir l'art de les développer en harmonie, il eût fallu se résoudre a des travaux d*a* nalyse et de synthèse que la philosophie recommande et ne veut pas pratiquer. Elle badine les prédicateurs en leur appliquant cette devise : JF'ailes ce qi^ je vous êiê, et non pa$ ce que je fine ; devise bien plus appU« cable aux philosophes, car on n'a jamais pu obtenir d'eux aucune observance de leurs principes , ni en théorie où ils s'optniàtrent à repousser toute analyse et synthèse des passions et de leurs caractères , ni en pratique où ils nous prêchent l'amour de la modération et de la médiocrité. Eh ! s*ils avaient quelque penchant pour la modération et la médiocrité, ils n'auraient pas amoncelé cette immense quantité de systèmes, cet océan de controverse qui est si fort as-dessus du médiocre par TinOnité des volumes, et si fort au-dessous du médiocre par Vinfinité des contradictions.
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