CHAPITRE QUARANTE-SEPTIÈME
Caraetèreê de rétrogradation greffée.
Un parti effrayé des abus de la fausse liberté, croît prudent de revenir aux us et coutumes du 10* siècle, a la féodalité nobtliaire , aux superstitions obscu* rantesy etc. ; mais re(rouvera-t*il un peuple et une bourgeoisie tels qu'an 10*> siècle? Non assurément, et ce ne sera ni en nne génération ni en deux qa*il changera les mœurs actuelles. Il vent donc greffer les usages du 10* siècle sur ceux du 19*, greffer la 1" phase de civilisation sur la 8* qui conservera bien ses mœurs et propriétés , car certains ressorts tont-puissans tels que le commerce et la finance ne céderont pas et entraîneront tel parti qui croira les maîtriser.
D autre part les champions de vol sublime, les Kbéraux, sont encore une classe de rétrogradatears, fooillant dans les oripeaux d*Athènes et de Rome pour remettre en scènes de vieilles charlatanertes, de faux droits de Thomme ( Avant-propos ) et greffer sur le 19* siècle des illusions qui ramènent la civilisation de 8* en 2* phase , en mixte des deux phases.
Ainsi chacun des deux partis rétrograde k sa manière, l'un pour le bien des ténèbres, l'antre pour le bien des lumières. Quel sera le plus sage des deux? Celui qui s'emparera du rôle que ses rivaux ne savent pas prendre , avancer et non pm rétro-
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gmddr. Or pour avancer , il faiU au inuins s élever en 4^ phase de civilisation, ( chap. 49 )• Si la caste nobiliaire adoptait ce parti très-avantageux pour die, daas quel discrédit tomberaient les libéraux, qnand ib seraient convaincus de cette marche rétro? grade qu'ils déuoooent.
On convertirait à la fois les deux partis , on les réconcilierait, en organisant cette 4" phase de civilisalîon qui sans être heureuse présente déjà des oôiés avantageux, comme d'extirper et prévenir la mendicité, assurer constamment du travail au peuple , fournir un fonds suffisant pour lu prompte extinction des dettes publiques , restaurer les forêts et les routes, eto^
Cas perspectives doivent être flatteuses pour des bomnies qui ne veulent pas entendre à Tidée de smrtir de la civilisation. Cependant elles ne sont encore qu'un abîme social en comparaison des biens qn on obtiendrait en s*élevant un peu plus haut , à lambign de garantisme. Cette 4« phase civilisée confondrait les â partis , dont l'un ne pourrait plus titrer de sagesse la sotte poUtique de rétrogradation, quand on verrait le bien naître d*un progrès réel; Tantre ne pourrait plus vanter son vol sublime, quand il serait évident que ses méthodes ramèneraient la civilisation au mixte de 3« et 3* phase, au lien de la pousser en 4* phase d'où elle s'élèverait asses facilement au garantisme.
Quant à la 3* phase où nous sommes , elle est une
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impasse oa cul-de-sac social , d*où Tesprit humain ne sait plus sortir ; il s*y escrime en systèmes qui n'aboutissent qu'à empirer tous les fléaux; c'est l*emblème de Sisyphe gravissant avec son rocher, et retombant sans jamais atteindre le but. Nooa sommes au contraire, sur divers points, dans une rétrogradation évidente causée par la chimère de gouvernement représentatif qui introduit une foule de caractères vicieux ; par exemple : 1^ Faire pmffer à une nation le prix de la corruption de êe» repréaentans. Abus inévitable dans un grand empire oà legouver* nement dispose d'un budget énorme qu'il n'avait pas dans la petite république d'Athènes. Ce régime engendre tant d'abus qu'on a vu des chefs mêmes du libéralisme déclarer que le gouvernement représentatif n'est pas convenable pour les Français. (Benj. Constant).
£n Iq^réprouvant je suis loin de me déclarer partisan de labsolutisme ; il ne peut convenir qu'à ceux qui l'exercent ; je veux seulement dire que les bienfaits qu'on espère follement du système représentatif, ne peuvent naître que du progrès réel ou passage en 4« phase de civilisation, en ambigu de garantisme, et aux phases de garantisme. Ce progrès réel aurait la belle propriété de satisfaire toutes les classes qui aujourd'hui, alarmées du faux progrès, effrayées du système d'où on a vu éclore les Mnrat et les Babœuf, 8 engageront dans les mesures les plus folles, plutôt que de se concilier avec le libéralisme^ de là
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naissent divers caractères des plas désastreux à accoler an précédent.
S. L'effarouchement des cours devenues dérai^ sonnables par la frayeur que leur inspire le faux' libéralisme.
d. Le pis -aller de ces mêmes cours qui cherclient on appui chez les ennemis de leur indépendance*
4. Le supplice des dupes, des Espagnols, Portugais , Napolitains et Piëmontais , envoyés à récfaa£iud.
5. La discorde entre les diverses classes de ci-* toyens par suite des brigues électorales.
6. L^accroissement de dépenses fiscales causées par cette lutte des gouvernemens contre les peuples*
On compterait quantité de ces caractères mal faisans , d'origine toute récente, bien soutenus depuis plusieurs années, et produits par le faux libéralisme^ Je le nomme faux, parce qu'il est une rétrogradation politique tendant à rdigarchie sous un masque de popularité, et produisant toujours des effets contraires aux promesses. Par exemple, en 1728, la France à force de bel esprit parlementaire a obtenu une économie de S00,000 fr. , faisant un centime par contribuable ; dans la même année elle dépense deux cent millions d'extraordinaire, savoir:
80 millions d'emprunt fiscal,
SA millions de créance abandonnée à l'Espagne,
20 millions environ prêtes sur ses bons illusoires.
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Piut des bagatelles comme le million envoyé chaque mois à la cour d'Espagne pour son entretieo ; c*est enriron 200 raillious de perte, sans autre compensation que le tiers d*an million obtenu à force de verbiages oratoires et par des voies mesquines , comme de liarder, rogner quelques écus sur les fonctionnaires , tandis qu'il y aurait cinquante millions à recouvrer sur les seuls cautionnemens des courtiers. La classe nommée courtiers de fonds publics ou agens de change, redoit à elle seule â4 millions pour différence dn prix fiscal de ses cautionnemens avec le prix réel de vente des charges. Le libéralisme n'aperçoit rien de cela dans ses étemels débats sur les affaires fiscales ; on lui citerait quantité d'autres iésicms du fisc s'élevant jusqu'à cent et deux cent millions qu'il pourrait percevoir annu^lemeni sans nouvel imp^« Si ce parti est si aveugle sur la finance , objet dont il s'occupe constamment , il Test bien plus sur les antres vices politiques auxquels il ne donne aucune attention ; et comme il ajoute i ces torts, celni de conduire le char social en sens rétrograde , greffisr la S* phase sur des caractères de 2*, c'est une chimère dont on n'a aucun bien à espérer (1).
(1) Les libéraux croient se jasiifier en disant : « Ne voyez- « vous pas que sans le système représealalif et les eflForts de « Toppositioa, ron tomberait sous le plus pesant despo- • tisme ?» Je le sais : mais il n*est pas moins certain que
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On serait depuis longtemps reyenu de cette illusion, si on eût procédé a Tanalyse des caractères de civilisation et donné un article spécial à ceux de
leur tactique de heurter de front les rétrogradateurs, ne sert qu*à les exaspérer, les pousser de plus en plus à Tobscuran^ tisme. Dès-lors le parti même qui veut la libert<^, travaille indirectement contre elle : c^est opérer comme Tours qui, d*un coup de pavé, casse la tète à son ami pour le dégager d'une mouche. Il est certain que ce régime, dit libéral, n*opère aucun bien positif, et que Tesprit libéral est stérile sur tous les grands problèmes d^amélioralion sociale, comme Taffranchissemenl des nègres et Tabolilion conseniio de la traite. Il nVnfante que des discours, et jamais une idée neuve.
Ne dissertez pas tant sur le progrès social, mais sachez TePfectuer; sachez inventer des moyens fiiciles ; le bel esprit court les rues, il surabonde; c'est de ^énie inventif qu'on a besoin et non de faconde oratoire. Si vous aviez quelques vues franchement libérales , vous auriez pris des mesures pour exciter aux inventions vraiment libérales , et leur assurer accès à leur apparition; mais comme Ta dit Tun de vous (M. de Pradt) : La chorie fait perdra la iétB à ae$ amant; ils eroieot areir tout fiiît, quand ils ont péroré sur la Charte , vraie pomme de disc^urde, édifice chancelant qui ne pourra Jamais se soutenir. Inventez un ordre de choses qui plaise à toutes les castes, et qui les rallie toutes aux voies de progrès •réel. Quant aux cbârtes, la fortune leur a décidément tourné le dos ; elles conduisent à Véchafaud tous les partis qui eu veoleot établir. (Voyez rfispagne, le Portugal, le Piémont et Naples). C'est partout qu*on voit édiouer le parti libéral , même dans la politique do détail . S'il obtient , après de longues clameurs, un changement de ministère c^est pour être mystifié sous d'autres formes. 11 semble que la fortune ,
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rétrogradation greffée. Je ne les mentionne iei qa'an nombre de 6, pour ne pas approfondir ce sojet délicat, sar lequel il convient de glisser. Observons seulement que sur ce point, les deux partis peuvent aller de pair en sagacité politique tous deux logés au 4* signe du zodiaque, à l'enseigne de Técrevisse : l'un des deux devrait se piquer d*honneur, se dé* cider à aller en avant, pour couvrir l'autre de confusion.