‹ Le nouveau monde industrielChapitre 10 sur 53 · CHAPITRE VINGT-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-HUITIÈME

Du germe de discorde génércde ou lien de famille en mode iimple,

£r traitant des germes d'accords sociétaires, qui occuperont toute la 4« section, il est nécessaire de définir celui de discorde générale , germe bien inconnu, c*est le lien de famille tant prôné par les: luoralistes. Le monde civilisé est si fortement pré« vena en faveur du lien de famille , que pour le d^buser, il faut placer les preuves avant la théorie, et renvoyer les principes à la fin du cbap. Examinons les vices les plus sailiana de l'industrie fami-

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liàle, soeiété la piw petite possible, et par suite ^ la plus opposée aux vues de Dieu, à réconoraie, aux ItenSé

1« VinstabiUté : rien n'est stable dans notre industrie : la mort accidentelle du chef de famille peut d'un jour a l'autre désorganiser toutes ses entreprises ; tes partages d'hoirie , les disparate de caractère du père au fils , l'inégalité de connaissan* ces , yingt autres causes bouleverseront tout l'ou* vrage du père. Ses plantations seront abandonnées, morcelées, dégradées; ses ateliers tomberont en désordre , sa bibliothèque ira au bouquiniste et ses tableaux au fripier : le contraire à lieu dans une corporation civile ou religieuse ; tout y est maintenu et perfectionné, l'inconstance ou la mort d'un individu ne troublent en rien les dispotitions industrielles. '

â<> La contrariété en progéniture : un homme industrieux voudrait au moins un fils pour le remplacer et suivre ses travaux ; le sort ne lui donne que des filles en mariage , et il n'a de garçons que des illégitimes, proscrits par la loi, son nom s'éteindra* Il trouverait en industrie des continuateurs passionnés , mais dans des classes disparates par la fortune et les conditions. D'autrefois ses enfans refusent de le seconder, ou bien ils en sont incapables. Souvent , c'est la surabondance d'enfans, la dépense d'éducation qui paralyse les entreprises du père; son travail ingrat ne peut suffire à les élever et les

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établir. Et pour X)rix de tant de ùitigaes, il en voit plusieurs désirer sa mort par impatience de jouir de rhëritage.

S*" Disgrâces conjugahs et domestiques : c'est un iftjet si étendu qu'il oonyient de le franchir. (Voyei le Traité de rAssociation domestique - agricole). Lliomiue industrieux sera rebuté par Tinconduite d'ane, épouse ou de quelques enfans, parles grlyer lages des coopérateurs , les calomnies et les procès des envieux ; par la perte d'un enfant sur qui repo» saient toutes ses espérances* L'on Toit des pères et mères civilisés tomber dans le délire à la perte d'on enfant préféré ; ils n'ont aucun contre- poids à opposer à cette disgrâce ni à tant d'autres. C'est done on trébachet que eet état de famille ^ c'est la boite de Pandore ; comment présumer que Dieu ait ▼oula fonder l'industrie sur un état si critique pour ceux qui la dirigent, et plus encore pour les subaU ternes qui l'exécutent.

4"* Piège industriel. La politique et la morale ne ncbant pas créer l'attraction industrielle , ont recours à la ruse ; elles vantent les charmes du mariage sans fortuite , et disposent tout le système *ocial de manière à forcer le pauvre au mariage , «fin que la surcharge d'en fan s le force à travailler pour nourrir de petits affamés. Aussi tous les pères àe la classe pauvre, les 7;8 des pères s'écrient-ils : <l«os quelle galère je me suis fourré ! Ce piège est le but secret des moralistes dans leurs éloges du

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dovx maria^ ; ils y p<mssent le peuple afin d'avoir abondance de conscrits, et d'oayriers faméliques travaillant à vil prix pour enrichir quelques chefs.

B^ Répugnance cumukifwe de Vinduitrie, La rëpa« gnance est déyà bien forte chez Tenfant ; il ne travaillerait pas sans la crainte dos châtimens : mais ce désordre 8*acoroit par Favénement en puberté; l'amour vient ajouter au dégoût pour Tindustrie, le goût pour la dépense et pour les fr^quentatioas bentraires aux vues du père et^ Tharmonie de la famille. Ce nouveau ressort qui intervient à l'âge de 15 ans , devrait améliorer le mécanisme industriel , car lorsqu'on ajoute une |)ièce à une mécanique, c'est pour en perfectionner le jeu. L'amoor^ chez les harmoniens renforcera l'attraction industrielle par double voie , par le charme nouveau que trouvera l'adolescent dans les réunions des deuz sexes, aux ateliers, étables, etc. , et par l'initiation à la plus gracieuse des sciences , rAifàiooit , dont on ne peut pas donner connaissance aux impubères. Celle science très-séduisante excitera chez les adultes une frénésie studieuse, qui ne s'amprtira qu'au boat d'une vingtaine d'années, lorsqu'ils connaîtront l'ensemble des règnes et des cent mille emblèmes de passions représentées dans lés produits des différens règnes. Au lieu de ces deux stimulans à l'industrie et à l'étude , les amours civilisés n'engendrent qae les 2 vices opposés , et deviennent le tourment des

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pères obKg^s de swveilte flan» cesse /fournir à des frais de parure , de dot , et souvent à des dettes ei autres écarts de la jeunesse. Il est donc certain que lelat conjugal est pour les pères uu sentier de ponces, sauf rares exceptions dans les ménages riches • et que Tamour ne nait chez les adultes, que pour leJ (%»raTer.

Passons de ces indices à l'analyse régulière du mal. J'observe que l'état conjugal, base de notre système social , est la plus petite combinaison possible; on ne saurait en imaginer de moindre que C8«e d'un couple conjugal 5 si pourtant Dieu, comme ûous avons lieu de le présumer, veut former 1^ plus grandes combinaisons sociétaires, et établir Jia plus grande Uberté possible,^ il en résulte que le germe du mal , rétat le plus opposé aux vues de Dieu, se trouve dans k plus petite et la moins libre des réunioBs ; c'est 1^ régime conjugal exelftsif d'où naît le lien de famille simpie, limité a une seule brancba, lien homogène avec la civilisation, parce qa elle est la plus discordante des sociétés.

te germe du mal doit nécessairement résider dans Tune des 12 passions; ce ne peut être que dans celle qui établit les dispositions les pl^s opposées aux vues dû Dieu ; il est évident par le méeani«»e de l'univers , que Dieu veut hberié et cqm^ ^>mmm de l'ensembh , selon des lois d^ justice géométrique ; et nous adc^tons un ordre femilial ou toat n'est qu'arbitraire , fausseté , injustice, désu-

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nion, oppression , contrariété des intérêts collectifs et individu^ de chaque ménage.

Autre TÎce radical dans le groupe de famille : il n'est point libre et les 8 autres le sont; Ton peut à Tolonté changer d'amis, de maîtresse, d'associés en intérêt; mais on ne peut rien changer au lien du sang , il est perpétuel, opposé au libre choix. C'est un vice qu'on n'a pas songé a remarquer, et qui est si grave que le régime d'harmonie loi opposera beaucoup de contre-poids absorbans-, entre autres les adoptions industrielles et participations d'hoirie.

Ces indices vont nous servir à expliquer le règne du mal : de tout temps il a dominé, son empire s'est même accru de nos jours, par le triomphe de l'es*prit mercantile qui a rendu les civilisés plus vils et plus faux qu'ils ne l'avaient été dès l'origine. Sur ce, les sophistes mettent en problème si Thomiue est vicieux de sa nature, et la plupart opinent affirmativement : c'est raisonner comme les fatalistes raahométans qui décident que la peste est un mal inévitable , parce qu'ils ne veulent pas prendre la peine d'établir des quarantaines sanitaires. Nos philosophes donnent dans le même travers : pour se dispenser de trouver le remède du mal , ils le déclarent destin inévitable , et pourtant ils publient des milliers de systèmes curatifs qui doivent perfectibiliser la civilisation par l'amour du commerce, et autres visions qu'ils donnent pour torrens de lumières et oracles de Tauguste vérité. Le moyen

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le plus s^ d'embroQtHcr une question oa une affaire , est d'y entremettre les beaux esprits. Jamais les chenilles n*ont tant pullulé dans certains cantons de la France , que depuis qu'elle a créé trois cents académies d'agriculture.

Les lois du mouvement universel démontreront que le mal ou oretre faux , intervient pour un huitième dans le mécanisme d& l'univers, que son règne embrasse le huitième des temps, des lieux et des choses ; et comme tout est lié dans le système de la nature , il faut bien que le mal se lie à l'enlemble du système par quelque point où il ait sa Facine;; ce point en affaires sociales , ne peut être qae le groupe de £amtlle , assemblage le plus restreint et le plus contraint. Pourrait«on voir la lource du mal dans Tun des S autres groupes ? non, car ils tendent tous trois à la liberté^ et aux vastes eoiBbinaisons, ai» liens très-ëtendus et variable^à volonté. La morale même nous vante l'extension de ces liens, car elle veut que notre amitié s'étende philantropiquement a tous leskumains transformés en une grande famille de frères, que notre ambition nous ligue avec les amis du commerce, par tout le globe; Famour do son coté , ne connaît pas de bornes , dès qu'on le laisse aller à sa pente naturelle ; un homme Ubre et opulent aura bientôt comme le sage^lomon^ un millier de femmes, et une femme libre voudrait pareil assortiment d'hommes : cette pluralité d'amours est si naturelle que jamais

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<m ne voit un sultan , même dans la cadueitë , se réduire a une seule femme ; tons conserTent leur sérail. L'amour tend donc comme les autres groupes , aux plus yastes combinaisons.

Telle sera la marche du lien de famille , quand os saura et qu'on pourra Télever du mode simple au mode composé , du mode forcé au mode libre , et procurer à çhaoun une famille aussi nombreuse que celle du sopbi de Perse JF^ih-ÀlûSckoh ; dans rage futur, après S ou 4 siècles d'harmonie, chaque Ttellard quoique borné à peu près à deux ou trois Mifans directs, aura en collatéraux et adoptifs plus de trois cents en&ns , y compris ses petits-fils et kdurs rameaux. Alors les humains jouiront de tous les charmes de la paternité qu'ils cherchent en vain dans l'état actuel; notamment le charme d'unité d^intérêts, conciliant la cupidité arec les sentiment bonorables , et amenant l'héritier à désirer, pour son propre bénéfice , la longérité du donateur. (Voyez la 10® notice).

Les cirilisés qui ne raisonnent que d'équilibre et contrepoids , auraient dà s'apercevoir que leur système familial est essentiellement dénué d'équilibre, car l'affection est toujours triple des ascendans aux descendans , et à peine tierce des descendans aux ascendans. C'est une vérité dont se plaignent amèrement tons les pères. Gomment cette disproportioit est-elle restée indiflKrente à nos équilibristes qui veulent tout bakncer et pondérer; comment satis*

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fieront^ils les pères en leur prooorant un retour d V mour filial , égal à la dose d^amoum paternel ? La sdotîon du problème est que Tamour filial doit pn>- ▼eoir de S branches.

1® Des consangutos ou fils et petits^fils directs sur qoi repose aujourd'hui tout le domaine du père en

âo Des adoptifs industriels ou héritiers, des dirers Houts du père , continuateurs de son industrie dans ime trentaine de groupes et sérjes où ils ont été ses disciples.

. 8* Des sympatlwpies de double échelle ; ceux en identité de caractère , et ceur en contrastode caraiv tère. Nos rèyeurs de sympathies, ignorent cette dualité obligée.

Ces classes â« et S« qui obtiennent en harmonie une adoption et u:n legs^ n'existent pas en ciTilisation , où Ton n'a point de continuateurs passionnés, et où l'on ne déoouTre point ses sympathiques d'un et d'autre genre , ( identité et contraste) , les caractères étant tous trarestis parl'éducation morale qui les ^uffe , ou par la grossièreté populaire : d'ailleurs les families sont si égoïstes , si jalouses qu'elles •ne souffriraient peint de partage dans l'attachement tdu père. Forcé de s*en tenir à ses. enfans , il ne rencentre souvent en eux que ses antipathiques de -caractère, que les ennemis , les destructeurs de son ouvrage.. On. peut démontrer, par calcul régulier sur TécheUe des caractères , que lorsqu'un homme

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a 8 enfiani ei S pt^tUB^^etiiHQ* ^ to\9t\ «ix ^escet^toi» direoto^ il y a deux cfirrs à parier contre cfi, que •sur les 6 il ne troaTera ni.ati sympatMqu» de caractère ni un sympathique d'industrie wi oontinuateuir passionné , surtout lorsque cette industrie est bornée à un seul genre , coaunis il arrive en eiyiHsati^^ Quelle triste perspective pour les pères 4siviHsë( , q«el trébuchet que cet amour paternel!

En conséquence de tons ces vices iiriiérena au groupe de famille ,. le régime sociétaire lut enlève toute influence en affaires d'intérêt et de Téparti^ tton où il n'introduirait que l'injustice et la rapine. Ce groupe doit être absorbé pour cbvenir apte aux accords géi^raux ; on doit noyer Tégoïsme fendiial à force de ramifications et d'extension données aux ^ branches décrites plus haut. J'expliquerai cette Hwifaode à la notice des raliiemotis.

Quelques lecteurs, par un ecrupol^ déraicm^ nable, repousseront cette doctrine qui place le germe du mal dans le lien conjugal , s'il est l'arbre du mal , oe n'est pas à cause des vices qu'il engeodre ) (Voyez le Traité de T Association domestiqueagrieole) ; mais parce qu'étant le lien le motus nombr«ix possible, il est par cette raison, le plin anti^économique^, le plus contranre aux vues d'un Dieu suprême économe : k JOà titre , il ne peut pas adofiter pour pivot de système , l'excès de eompHcatton et de morceUèment , les 800 cabanes de faanlles hostiles entr'elles , au lieu d'un édifice de

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relations combinées. Lorsqu'on Toit des sdetieei^ ijoi se disent économiques , pi^ëfiérer obstinémetit cette réunion la plus victeuse qu^on puisse ima{;i^ ner , n'est-ce pas le cas de dire ayec Beaumarchais, « que kg gens é'eèprii sonthêtes! »

Mais répliquent-ils, on n'en connaît point d'sMre : il fallait donc en chercher : qucerite etinvenietis; et il faat examiner la théorie da seul homme qui ait cherché et trouvé.

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