CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME
De la classification des Séries,
Rien ii*est plus aisé que de répartir en proportion du capital, c'est une opération purement arithmétique , bien connue de tout le monde ; mais la rétribution du travail et du talent, Tart de contenter chacun sur ces deux points est tellement ignoré , que tous les civilisés se plaignent d'injustice et passe-droits vexatoîres sur Tune et Tautre dette ; il serait impossible de satisfaire ces deux prétentions , s*il fallait donnner à chaque individu le produit direct de son travail dans une trentaine de séries et une centaine de. groupes dont il est coopérateur; on serait obligé de vendre séparément chaque récolte.
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pïïtUkget le montant d^nn can*eaa de chotiit h plo« ntmtê groupes qui Font ioignë en exercice parcel* laire, tel grcHipe en laboora^j^e^ tel aiitre en planta* tioft on semis ^ celui-ci en arrosage, celui-là en soin de grain : ce serait une complication indëchi^ ihMe ; il fant une méthode expëditire , qoi abrège comme Talgèbre en comparaison de rarithmétîqiie*
Pour expliquer ce mécanisme de répartition abré** TÎatiTe, il faut enseigner d*abord à classa les sérîet salon lerar degré d'importance et de droits à un dividende plus ou moins fort« Chaque sérié étant associée et non pas fermière do sa phalange , elle perçoit uo dividende , non sur le produit de aoa traTaîl spécial, maiâ sur celai de toutes les séries ; et sa rétribution est en raison du rang qu'elle occupe datts le tableau des fonctions, divisé en trois clasiesi, nèeêsêùéf ^Mité et agrémenté
Par exemple ; telle série qui produit les granulées ne perçoit ni demi, ni tiers, ni quart du proêmi de ses grains recueillis i ils entrent dans la. messe d« revenu à vendre ou à consommer; et^i fai série qui les a produits est reconnue de haute iaaportance en industrie , elle est rétribuée d'un lot de 1^ ordre dans la classe ou elle figure. La série qsâ produit les grains est évidemment de la 1^* «lasse dite nécesnté; mais dans cette classe, on peut ^stingaer environ cinq ordres de séries ; et il t%i probaMe que celle qui produit les grains, fromenl, seigle , orge, avoine^ maïs , etc. , sera tout au plus
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de â* ordre en ëebolle de nécessite; earle travail de labour et celui de manutention du grain ne sont pas répugnans , et doivent être classés après les r^ugnans qui sont au 1*" des cinq ordres de né* cessité.
Le travail des Petites Hordes est le l**' de tous; vient ensuite celui de boucberie où elles interviennent pour la partie fétide ou triperie. Les fonctions des nourrices , des pouponistes et des infiroiistes étant répugnantes ^ doivent être classées avant celles du labour ; il en est de même des fonctions cbirurgicales et médicales, ainsi que du travail des corvéistes : ces emplois comprennent plusieurs se* ries qui figurent en 1" ordre dans la classe de nécessité.
Répétons que ce n*est pas sur la valeur du produit qu'on règle les rangs, c'est sur Tinfluence d*un travail en mécanique d'attraction et d'harmonie : voici à cet égard , un problème sur lequel se tromperont tous les civilisés. Laquelle des deux séries de rtoRiGOLEs ou fructigoles doit-être placée avant l'autre? Gbacun répomlra que ce n'est pas un sujet de doute , que les fruits sont infiniment plus précieux que les fleurs ; donc la grande série qui cultive les vergers , les espaliers , doit non-seulefnent être classée avant celle qui cultive les fleurs , mais celle des fructicoles doit être placée en catégorie d'utilité , et celle de floricoles en catégorie d'agrément qui est moins rétribuée. Ainsi opineront les ci*
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Yiiisés ; n*ayant pas besoÎQ d*attraction indostrielle, ni d'harmonie, ils n'en estiment pas les ressorts.
C'est juger au plus mal , et tomber dans double contre-sens ; la série des vergers , des fructicoles , quoique infiniment productive , reste dans la catégorie d'agrément ; tandis que la série des floricoles qui produit à peine autant qu elle coûte , passe en catégorie d*utilité : expliquons les motifs de ce classement , déduits des influences de l'attraction.
Les vergers en harmonie sont des séjours délicieux, leur soiii est le plus récréatif de tous les travaux. Les rencontres de cohortes vicinales , et les amours dont je n'ai pas parlé , s'y joignent à mille autres amorces. Tout verger est parsemé d*aute1s de fleurs, entouré de cordons d'arbustes : le travail n'y exige guères de tentes mobiles , parce que les arbres en tiennent lieu. En ajoutant le charme spécial de cette culture , les rivalités émulatives , la réunion des sexes, le repas fort gai servi au castel à la fin de la séance , on pensera que sur 1000 personnes , il doit s'en trouver 990 en attraction pour le soin des vergers , au moins dans quelque branche : ce sera une série infinitésimale ou d'attraction générale, comme celle du poulailler, (Traité de l'Association domestique-agricole).
La secte des fructicoles , abstraction faite de son produit , est donc la dernière en titres au bénéfice, parce qu'elle est la plus forte en dose d'attraction* D'autres sectes recourront aux expédions pour se
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renforcer d*attraction ; cdie-oi ne cherchera qii*a diminner rinieiisité d*appàt » et ralentir Tem^^ste* ment général a s'y enrôler.
Quant à la secte des floricoles » elle est fort mal appréciée en civilisation « Si son produit a du charme , son travail n*en a guères ; il exige beau* ooup d'assiduité ; de connaissances , de soins délicats pour un plaisir de courte durée ; mais il est précieux pour façonner les enfans et les femmes aux exigences de la culture , aux études et aux raffînemens agronomiques ; et c'est pour en faire une école d'agriculture, qoe la nature donne ce go4i des fleurs aux femmes et aux enfans. D'ailleurs le traYail des vergers n'est pas en tout sens a portée des enfans, tandis que celui de fleurettes et même de grandes fleurs convient en tout point au bas Âge : à ces titres, la série des floricoles sera placée en 2* catégorie , au rang d'utilité.
On peut juger par ce parallèle des fruits et des fleurs , que les harmoniens, en appréciation de travail, se règlent sur des bases fort différentes de celles admises chez les civilisés; et que U quantité ou ya* leui' réelle du produit, qui serait parmi nous boussole exclusive d'estimation des trayaux , ne le sera point dans l'état sociétaire.
U placera au dernier rang , l'industrie fructicole qui est la plus précieuse peut-être , car deux sexes d'harmoniens, les femmes et les enfans, vivront de fruits, soit crus, soit en compote, soit en marmelade ,
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bien plas qne de graminées. Nous en avons Tindice dans le bas prix actuel des sucres cultiyés par des indigènes, comme en Indoustan., Le fruit allié au sucre est nourriture essentielle des barmoniens: le pain , substance commune , est un mets de dnlisé, de goujat, quand il est pris pour base comme cbez le peuple, et £Eibriqué en farines communes.
! D'autre part , des fonctions qui nous semblent de pure saperfluité, comme l'opéra, seront en harmonie au 2* ordre de nécessité , immédiatement après les répugnantes, u Cependant, diront les civilisés, on « peut se passer d'opéra et non de boulangers ni de « meuniers. » L'objection est juste quant à Tordre civilisé, qui n'est pas susceptible d'attraction indus* trielle; mfais on a vu, aur chapitres de l'éducation, que l'opéra est un des plus puissans ressorts pour former Tenfant à la dextérité, à l'unité en fonctions industrielles : sous ce rapport l'opéra est de 1'® nécessité, et rétribué comme tel.
En définitive^ le classement des séries est réglé selon les convenances générales, et non selon les produits. Posons plus régulièrement le principe : on estime leur priorité de rang, en raison composée des bases suivantes.
' 1® En raison directe de leur concours aux liens d'unité, au jeu de la mécanique sociale ;
d« En raison mixte des obstacles répugnans;
3^ En raison inverse de la dose d'attraction et
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d'engren«g« qoe peut fournir chsqae iBdastrtOw 1® Titre direct: lb coivcoutis i L'oinrt. Le but est de soutenir le lien sociétaire dont on obtient tant de ridiesse et de bonbeur ; la série la plus précieuse est donc celle qui , productive ou improductive^ ooa* court le plus efficacement a serrer le lien sociétaire* Telle est la série des Petites Hordes, sans laqu^le tout le mécanisme de fusion des S classes et harmo* nie intentionnelle , serait impraticable. Cette série est donc la 1'* en titre direct, en concours direct aux liens d'unité; elle* est de raôme la l^^ en titre mixte.
^o j'itre miûcle; Obstacles RtroGtvms. Tel est le travail des mineurs , des infirmistes et des bonnes. L'obstacle purement industriel est sentent un sujet d'amusement , divers atblètes s'en font un jeu ; meié on ne peut pas se faire un jeu d'une répugnance qui fatigue les sens , comme serait le curage d'un égoût, la descente dans une mine : on peut sur* monter cette répugnance par point d'bonnear, par esprit religieux, comme le font les Petites Hordes et les infirmistes ; elle n'est pas moins lésion sensuelle, tandis qne la fatigue simple et sans dégoût , comme celle d'un ouvrier qui monte sur des noyers et cerisiers , peut devenir amnsette, plai* sir réel. De là vient que Tordre sociétaire n'estime et n'admet en priorité de rang que les fatigues répugnantes .
â<^ Titre inver$e; Dass B'AmiACTios. Ptas on tra-
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rail ezeita d'ftitn^tion , moin* il a do Ttlmir pém^ niaire; dèfl-lors l'opéra et I9 soto dos Yorgeri devraient être deux séries de 3* classe qu agrément, car il n'est nen de plus attrayant dans les campafliiesy i|ue le soin des arbres à fmit ; et dans les Tilles , que le tripot de oomëdie, les intrigues de «oalisse : tous les gens riches aiment à s'y faufiler , laéme a titre d'actionnaires, au risque d'y perdre de bonnes somnies*
La série des vergers est renvoyée au S"" cang , à Fagréoient , parce qu'elle n*a de mérite qu'en tUre iMwerse, en forte dose d'attraction; elle ne concourt pas plus à l'unité que les autres fonctions agricoles* Quant à la série de l'opéra 9 elle concourt à runiti» par des services exolusift, par sa propriété de fbr^ mer l'enfant à toutes les harmonies matérielles. Cette série est donc précieuse à double titre, m Urtct et 9n mwr9a; elle doit prendre place au !«" rang dans la catégorie de nécessité.
C'est en combinant bien les trois règles ci-desflus, qu'on parvient à (dasser ei^etei^eKt les rangs de chaque série en prétentions au dividende pécuniaire alloué au travail Du reste quelques erreurs sur ce point ne seraient pas un pr«(>udiee notable pour la phalange d'essai ; elle compensera ee défaut de néthote par la force des accords intentionnels (9* notice) , par le noble orgtAetl de changer la laoe éa. Monde , «l voir accourir les sages de teulea les régions peur admirer le gevrae é^ l'unifté univer-
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selle. Observons que cette afflaenee de cnrieiix rendra à la phalange d'essai une somme de 40 à ëO millions, à n*estimer le prix d'admission que cent francs par jour, subsistance aux frais de chacun.
Je dois redire que les erreurs sur le classement des séries ne préjudicieront point à Faccord collectif, car ces débats subalternes seront absorbés dans la passion générale d'unitAishb , chap. XXXII, qui n'est pas connue des civilisés, et qui naîtra chez les harmoniens , dès les premiers jours. Nos philosophes ^ qui croient connaître toutes les passions , sont comparables à des enfans de dix ans , qui , enchantés de leurs globules de marbre , pensent qu*à Tâge de vingt ans ils n'auront point de plaisirs plus séduisans. Juger des passions d^harmonie par les passions civilisées , c'est imiter un paysan qui n'étant jailaaîs sorti de son nid , croit que le clocher de son village est le plus beau clocher du monde , et que son curé est le plus savant homme de la terre; quand ce paysan aura vu le monde , parcoujru les capitales , il trouvera bien à décompter en fait de clochers et de savans.
Il en sera de même des passicms futures , et surtout du LiBitAusvB , dont on profane aujourd'hui le nom sans avoir aucune idée de la chose (Yoyes Chapitre XXXV ). Parmi ces passions à naître , la principale sera Vunttéiame ou philantropie réelle , fondée sur la plénitude , la réplétion de bonheur, le besoin de répandre autour de soi le charme dont on
poires), que les variétés vicinales 11, 12, 13, U, 15, consentent à lui céder le pas, pour se faire valoir chacune contre ses rivales en échelons conligus et sous-contigus^
Les groupes de sous-pivot Y et jç^ sont naturellement en accord de contraste, comme chefs des deux ailes liguées contre le centre.
Le contre-pivot al X n'est en sympathie avec aucun autre groupe, excepté avec le pivotai ;xi ; mais il n'est antipathique avec aucun. (En série depoiristes, le groupe de contre-pivot serait celui qui cultive la grosse poire dure, immangeable quand elle est crue.)
Le groupe de diffraction D est en demi-accord avec tous les autres. (La diffraction est miroir inverse du pivot. L'albinos est diffraction de Fhomme blanc faux, qui est Teuropéen noircissant au soleil; le renne est diffraction du cerf : glissons sur ce sujet). Les groupes de transition K et ^ sont en accord avec l'aile qu'ils terminent, et avec celle d'une autre série avec qui ils sont en contact. Ainsi , le groupe du brugnon ou prune-pêche s'accorde avec une aile de la série des prunes, et une aile de celle des pêches.
J'ai supposé ici une série très • régulière, cultivant toutes les sortes d'un végétal. Si par inconvenance de terrain, elle ne cultivait que certaines variétés d'une espèce, les accords et discords pourraient changer de proportion dans diverses branches.
Mais lorsqu'on explique les règles du mécanisme, on spécule toujours sur des séries intégrales. Voyez sur les variantes d'accords le chap. VII, Séries faussées.
Dans toutes les sortes de Séries passionnées, (il en est de beaucoup d'espèces, tant en ordre libre qu'en mesuré), les accords de passions et de sympathie, dont les règles semblent aux civilisés un grimoire impénétrable, sont au contraire un raéca> nisme organisé selon des méthodes géométriques. Les civilisés, sur ce problème comme sur tout autre ne voient la nature qu'en mode simple, ils croient toutes le symathies permanentes ; il en est de permanentes , d'occasionnelles , de périodiques , etc., etc. Ce calcul est un des nouveaux mondes scientifiques, dont le génie civilisé n'a pas su s'ouvrir l'accès , ninis qui n'a rien d'impénétrable, comme ou se le persuade : toute la nature est une immense mécanique de sympathies et antipathies très-méthodiquement réglée et très-pénétrable au génie, pourvu qu'il étudie préalablement les deux théories de l'attraction passionnée et de l'association dont nos beaux esprits n'ont jamais voulu s'occuper.
Ils en sont bien dupes aujourd'hui, mystifiés depuis vingt ans par les menées de la secte Owen , qui met en crédit des sophismes sur l'association , et étouffe la recherche de la méthode naturelle dont l'essai serait, pour tous les sa vans et artistes, une source d'immense fortune.
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