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CHAPITRE CINQUIÈME

Des' trois passions distribuiires ou ressorts organiques d'une Série passionnée.

Ce ne sera pas en distribution matérielle (Jes. séries qu'on éprouvera de la difficulté ; d^aiileurs je pourrai ajouter beaucoup d'instructions à celles des 4 chnpilres que je viens de donner sur ce sujet.

L^obstacle à redouter tiendra au jeu de certaines passions que les moralistes voudront entraver; et cependant la série la mieux formée perdrait toutes ses propriétés d attraction, industrielle, accord direct des inégalités , accord indirect des antipaihiques , etc. si on négligeait d'y développer cornbinément les trois ressorts que j'ai nommés passions mécanisantes ou distributives. Si Tune des trois est entravée dans une série , la série est faussée , les accords et Tattraction industrielle sont faussés de même , et réduits à des simulacres qui feraient avorter le principal équilibre, celui de répartition.

Définissons ces trois passions :

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Je commence par la Papillonne: c'e8t Te besoin de Tariété périodique , situations contrastées, changeraens de scène, incidens piquans, nouveautés'propre» à créer Tillusion , àstimuler sens et âme à la fois»

Ce bescMn se fait sentir modérément d'heure en heure et vivement de deux en deux heures. S'il n'est pas satisfait, l'homme tombe dans la tiédeur et l'ennui

C'est sur le plein essor de cette passion que repose une branche do bonheur attribuée aux sybarites parisiens, l'art de vivre si bien et si vite y la variété et renchaîneraent des plaisirs, enfin la rapidité du mouvement , bonheur dont les Parisien» sont infiniment loin. (Voyez , dans le Traité de l'Association domestique* agricole, le parallèle d*une journée d'barmonien avec la journée la plus heureuse que puisse espérer un civilisé , l'impossibilité où est celui-ci de s'élever un seul jour de sa vie au degré de bonheur dont jouit chaque jour le moins furtuné des Harmoniens. )

En opérant par séances très-courtes de 1 1/2^ 2 heures au plus, chacun peut exercer dans Te cours de la journée , 7 à 8 sortes de travaux attrayans , varier le lendemain , fréquenter dG% groupes différens de ceux de la veille ; cette méthode est le voeu de la onzième passion dite Papillonne qui tend à voltiger de plaisir en plaisir, éviter lea excès où tombent san» cesse les civilisés qui prolongent un travail pendant 6 heures, un festin 6 heures, un bal 6 heures et durant la nuit»

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aux dépens de leur sommeil et de kur santé.

Ces plaisirs civilisés ne sont toujours que des fonctions improductives , tandis que Fétat sociétaire applique la variété de plaisirs aux travaux devenus a(trayans. Décrivons cet akernat par le tableau de deux journées d'harmoniens, un pauvre et un riche. heures,. Jodhnék de Locas au mois de Juin.

lever, préparatifs.

séance à un groupe des écuries.

— à un groupe de jardiniers.

le déjeuné.

— au groupe des faucheurs.

— au groupe des légumistes sous

( tente.

— à la série des étables^

LE DIIIÉ.

— iÈi la série des silvains.

— à un groupe de manufacture,

— à la série d'arrosage.

— la bourse.

le spupé,

— fréqiientation amusante, /ç coucher.

Nota. On tient la bourse dans chaque phalange, non pas pour agioter sur la rente et les denrées , mais pour négocier les réunions de travail et de plaisir. J'ai supposé ici une journée à 3 trois repas seulement, comme le seront celles des débutans en harmonie : mais quand elle sera en plein exercice,

7 1/2 9 Ifi

1 14 fsoLVKAO mo^itt

la vie active, rbabilude de» séance» courtes et variées donnera^ un prodigieux appétit : les êtres nés et élevés dans l'harnionie seront obligés de faire cinq repas , et ce ne sera pas trop pour consommer l'immense quantité de vivres que produira ce nouvel ordre, où les riches variant leur» fonctions plu* fréquemment que les pauvres ont pins d'appétit et de vigueur. C'est en tout point le contraire du mécanisme civilisé.

Je vais décrire en cadre de 8 repas une journée d'homme riche, exerçant des fonctions plus variée* que celles du précédent qui est un des villageois enrôlés au début.

JoURnÉE DE MORDOR EN ÉTÉ.

heures sommeil de 10 1/2 du soir à S h. du matin, à 3 1/2 lever , préparatifs, à A Cour du lever public, chronique de la nuit, à 4 h2 le DéKtèy 1«' repas suivi de la parade industrielle, à 5 1/2 séance au groupe de la chasse.

^1 7 — au groupe de la pêche

à 8 le déjeuné^ les galettes, à 9 séance à un groupe de culture sous teute. à 10 — à la messe,

à 10 1/2 — au groupe de la faisanderie»

À 1 1 1/2 — à la bibliothèque.

à 1 LE DÎNÉ,

à 2 1/2 — au groupe des serres fraîches, à 4 — au groupe des plantes exotiques.

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n 5 — au groupe des viTÎers.

à 6 le Goûté à la campagne, à 6 1/2 — au groupe des mérinos.

à 8- la bourse,

n & leSoofé, 5* repas.

à 9 1/2 cour des arts , coucert, bal, spectacle, réceptions»

à 10 1/2 le coucher»

On ne voit dans ee tableau que très-peu dlnstan» laissés au sommeil : les harmoniens 'dormiront fort peu; rhygiène raf&née, jointe a la rariété des séances , les habitueront à ne pas se fatiguer dans les travaux; les corps ne s'useront pas dans la journée, n'auront besoin que d'un sommeil très-court et s'y habitueront dès l'enfance , par une affluence de plaisirs auxquels la journée ne pourra pas suffire.

Pour faciliter les déplacemens fréqucns qu'exige ee genre de vie, on ménage, dans tous les corps de bâtimens d'un phalanstère ou édifice de la phalange, des rues-galeriea au premier étage et au bas, ehaufifées par tuyaux en hiver, et rafraîchies en été; puis , des coaloirs sur colonnes entre les corps parallèles , et des souterrains sablés communiquant du phalanstère aux étables; moyennant quoi Ton peot parcourir à couvert les salles , ateliers et étables, sans savoir s'il fait chaud ou froid au dehors. Dans la campagne, on emploie de grandes voitures légères à dix-huit personnes pour le transport des groupes agricoles.

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Quelques civilisés prétendent que cette distribu* tion sera bien coûteuse : elle coûtera infiniment moins que les frais actuels de vètemens et voitures, mouillage et boue, rhumes, fluxions et fièvres, gagnées par les brusques transitions et les excès.

D*autres disent que la fréquente variété de séances consumera beaucoup de temps en déplace mens : il en coûtera de 5 à 15 minutes, moins d'un quart d*heure en moyen terme, pour les déplacemens champêtres, et moitié moins à Tintéricur.

Ceux qui regrettent ce chômage sont comparables a celui qui proposerait de supprimer le sommeil, parce que c'est un temps perdu pour Findustrie. C'est accélérer l'industrie, que de lui ménager des repos : le travail passionné des harmoniens sera ardent, ils feront en une heure ce que ne font pas en ttjois heures nos salariés lents, maladroits, ennuyés, musards , s'arrètant et s'a ppuyant sur leur bêche dès qu'ils voient passer un oiseau. L'ardeur des harmoniens au travail deviendrait un excès nuisible , si elle n'était tempérée fréquemment par les relâches qu'exige le changement de séance. Mais les critiques veulent toujours juger le mécanisme sociétaire diaprés les coutumes et moyens du système civilisé.

Je passe au deux autres passions mécanisantes.

La Cabaliste et la Composite sont en conti*aste parfait : la première est une fougue spéculative et réfléchie ; la deuxième est une fougue aveugle , un

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