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186 TfODV£AU MONDE
Les tribus 7* et8« fort jeunes, et les 9« et lO^encore jeunes, se classeront sans aucune répugnance en échelle d'âges, à peu d'exception près, car tout sera libre dans cette classification , depuis la tribu ?• jusqu'à la lô*.
C'est aux tribus U , 12, là , que commence l'âge déclinant, et l'on va présumer que les femmes, sur le retour , seront peu flattées de figurer d^ns ces tribus , qu'elles refuseront tout net de s'y incorporer : il n'en sera rien. Le régime sociétaire fait naître une foule d'intérêts differens des nôtres : l'un de ses efiets est d'assurer considération et affection à la viellesse, qui, dans lordriB civilisé, est mal vue des jeunes gens.
On verra, au chapitre des ralliemens passionnels, que cette bannière d'h^e avancé, qui serait aujourd'hui un épouvantail pour les femmes déclinantes, deviendra pour elles une amorce. D'ailleurs, chacun pourra se classer dans la tribu dont il obtiendra l'agrénienl. La femme de 40 ans pourra se ranger parmi celles de ^0 , si elle y est admise , et cette admission sera facile à obtenir.
La classification au-dessus de 20 ans étant libre, je n'indique pas les âges des tribus n" 7 et au-dessus.
L'emploi le plus précieux de cette échelle d'âges est de faciliter leducation naturelle , créer chez les enfans des esprits de corps qui les entraînent (lassionnément aux études et aux travaux productifs. (Voyez 3« section.)
IHBOSTRIEI.. 187
On derra observer, dam la classification par tri* bus, rinégalité des deux grandes dirisions : d*ail* leurs la nature fournit moins de nombre dans Tàge descendant que dans TasoeiMlant ; aussi ai<*je distribué les quatorte tribus de pleine harmonie , par
ga, 44, 50, m, 62, ea, 74. =54. =70, 64,
£t non par nombres égaux en correspondance,
La deuxième échelle supposerait Tégalité numérique des deux divisions d^àge.On aura au contraire, pendant 30 ans^ une surcharge de nombre dans la première division , parce que les enfans sont sura* hondans en civilisation.
La classe de plein caractère, qui comprend 810 individus , est celle des êtres qui jouissent de lexercioe plein en facultés corporelles et intellec* (ueiles. Un enfant de trois à quatre ans ne peut pas avoir , même dans Téducation sociétaire , la dextérité, TintelUgence , les penchans prononcés qui constituent le plein caractère. £n si bas âge, il a peu de ^ûts saillans ; il effleure tout, ce n'est guères que de quatre ans à quatre et demi que son naturel se manifeste nettement, et qu'on peut discerner ses passions dominantes, ses sous*doniinantes, ses instincts, etc. En conséquence, la tribu des bambins ne fait pas distinction du demi-caractère. Il en est de même de la tribu des patriarches. Un
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vieillard du 16* âge n'a plus les facultés corporelles, et ne peut plus figurer dans le plein caractère, ni dans lexercice actif.
De là vient que le demi -caractère n'est tiré que des quatorze tribus n** 2 a 15. 11 se compose de 405 individus dont les goûts sont peu distincts, ambigus, et fort utiles pour lier les fonctions, car un demi -caractère figure souvent en doublure de deux coractères pleins. Ce genre , qui serait dédaigné en civilisation, jouit en harmonie d'une grande considération ; le neutre et l'ambigu y sont ému nomment utiles.
La classe des évolutions et manœuvres, classedite harmonie active, se borne aux douze tribus S à IS. J'ai dit qu'on tient chaque jour la bourse, ou réunion consultative pour concerter, soit en industrie, soit çn repas et en plaisir, les séances variées du lendemain et des jours suivans, ainsi que les prêts et emprunts de cohortes aux phalanges voisines* Le mécanisme de bourse, en association, est très-dif« fércntde celui de nos bourses de commerce, qui sont la suprême confusion. Une bourse harmonienne dé^ brouillera plus d'intrigues et conclurai plus de négociations en une demi-heure, que la bourse civilisée n'en terminerait en une demi-journée. Cette méthode est un des nombreux détails qu'il faut franchir dans un abrégé.
La régence chargée de diriger les affaires courantes et pourvoir au service général, n'est que le
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délégué de laréopage , qui est une autorité d*opinion; il se compose : l"" des chefs de chaque série d'industrie ou de plaisir, les plaisirs étant aussi utiles en barmoiiie que les traraux ; S® des trois tribus de réréreuds, vénérables et patriarches ; S<* des actionnaires principaux ayantun rote par action, et des actionnaires d épargne, qui ont obtenu une action par petites économies cumulées; 4^ des magnats et magnâtes de la phalange. On en verra ailleurs la liste détaillée en ifols sexes,
L%iréopage n'a point de statuts a faire ni à maintenir, tout étant i^églé par Tattraction, et par les esprits de corps des tribus, des chœurs, des séries. II prononce sur les afifatres importantes, moisson, vendange^ constructions, etc. Ses avis sont accueillis passionnément comme boussole d'industrie, mais ils ne sont pas obligatoires : \^n groupe serait libre de difierer sa récolte, malgré Ta vis de Taréopage,
11 n*a fiucQne influence sur l'opération principale, qui est la répartition des dividendes en triples lots proportionnels au capital , au travail et au talent. C'est l'attraction seule qui est arbitre do justice dans cette affkire. ( Voyez 5« section. )
Ni l'aréopage, ni la régence ne sont chargés de ref^ponsabilités illusoires, comme celle de la finance civilisée qui, avec des fatras de diiffres, sait masquer tous les grive lages. La comptabilité, enharmonie sociétaire, est l'ouvrage d'une série spéciale, char gécdelatepuç des livres, que chacun peut inspecter.
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D'ailleurs, les comptes sont très-peu compliques dans ce nouvel ordre. On n'y connaît pas les paiemens journaliers, la coutume civilisée d'avoir toujours Targent à la main. Chacun a un crédit ouvert en proportion de sa fortune connue ou de ses bénéfices présomptifs en titJu«lnea//rayan/e. Les phalanges vicinales ne paient point jour par jour ce qu'elles se vendent réciproquement : bestiaux, volailles, légumes, fruits, beurre, laitage, fourrage, vin, huile, bois, etc. On en fait écriture, et on balance en ter-^ mes convenus , après viremens ou compensations entre les cantons et régions. Quant au comptes individuels, pour avance de subsistance et autres fournitures, ils ne se règlent qu'au bout de Tannée à 1 époque d'inventaire et répartition.
Les contributions pour le fisc et les armées industrielles, dont on parlera plus loin, ne donnent lieu à aucun travail de percepteurs; ohaque phalange règle avec le fisc en quatre billets payables par trimestre au chef-lieu de province : quant aux armées industrielles, chaque troupe envoyée par une province ou un district, jouit d'un crédit fixe, sa dépense est payée par elle-même, en mandats sur son district. Aucun fournisseur ne peut griveler.
Le contentieux est réduit à quelques arbitrages. Chacun peut retirer à tout instant le montant de ses actions, sauf le dividende courant à régler lors d'inventaire.
Il n'est besoin pour les enfans d'aucun tuteur :
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on ne peut pas leur enlever une obole de leur fortune, qui consiste en actions enregistrées au grand livre de chaque phalange, et portant intérêt fixe, ou dividende réglé chaque année d'après inven- (aire. Ainsi un pupille nest exposé à aucun leurre , et ses fonds, dans chaque phalange où il a des actions , s'accumulent avec intérêt , jusqu'à l'âge de majorité ( vingt ans } ^ où il en disposera.
1! faudra distinguer trois classes de fortune et de dépense pour la table. C'est une échelle indispensable en harmonie, où toute égalité est poison polftique. Parmi les sociétaires engagés, il s'en trouvera quelques-uns possédant un petit capital, des terres, bestiaux et instrumcns aratoires qu'ils auront vendus, une cabane démolie qu'on leur aura payée. Ils obtiendront pour ces versemens une action ou parcelle d'action. Us formeront une classe déjà supérieure à la multitude, et pourront être admis , s'ils le désirent, aux tables do deuxième ordre, où Ion recevra de même ceux qui , par des connaissances précieuses en industrie , mériteront crédit pour l'admission en deuxième classe.
On créera une première classe , composée des ou\riers principaux, des instructeurs enrôlés à la ville, et créanciers d'une somme d'option considérable; puis des cultivateurs qui, par fourniture de terrains étendus, ou d'une maison bonne à l'emploi, se trouveront actionnaires notables : ces trois degrés
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seront nécessaires même dans la petite phahinge d'échelle réduite.
La régence , ou comité d'actionnaires gérans , formera une quatrième classe, qui ne pourra bien s'identifier à la phalange qu'à Tëpoque où les derniers essaims y feront leur entrée.
Plusieurs familles riches pourront se décider à s'incorporer dès l'automne, ce qui serait fort utile pour donner de l'activité aux intrigues pendant Vhiver qui précédera l'entrée en plein exercice.
Pour frapper un coup décisif au printemps, il faudra de bonne heure exercer les sociétaires, et surtout lesenfansy aux manœuvres chorégraphiques et autres, depuis celles de l'opéra jusqu'à celles de l'encensoir. Il faudra que cette phalange, quoique insuffisante en nombre, sache, à l'issue de l'hiver, se présenter en belle tenue matérielle et spirituelle; qu'elle soit manœuvrière comme des danseurs et comparses d'opéra, et qu'elle présente déjà des équilibres de passions, par option sur des alternatives de plaisir prévenant tout excès, et dénotant que cet effet sera général quand le mécanisme sera porté au complet par l'introduction des derniers essaims.
En insistant sur la nécessité d'opérer sur des essaims consécutifs, j'ai prouvé que la dépense d amopce ne portera que sur le premier, très - peu nombreux. Je passe au devis estimatif.
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