FRAIS DE FONDATION EN PLEINE ECHELLE
Ils ne s* élèveront qu'au quart en échelle réduite.
Loyer d'un an pour terres et édifices.. . 600,000
Construction de logeniens et étables. . . 5,000,000
Bestiaux , végétaux, mobilier rural... 1,^00,000
Frais d'engagemens et avances 1,200,000
Equipement, linge, vaisselle 1,000,000
Manufactures, ateliers, matières prera. 1 ,500,000
Subsistance de six mois 800,000
Semailles d'attraction 800,000
Frais de bureau, régence, négociati... 600,000
Ouvriers coopérateurs non sociétaires. 400,000
Transplantation avec massif de terre.. 400,000
Conserve de fruits et légumes 900,000
Bibliothèque publique 300,000
Musique et opéra 800,000
Palissade et grillage 200,000
Dépenses imprévues 400,000
11 suffira du quart, 4,000,000, en échelle réduite, et Von pourra commencer avec deux millions , car dès qu'on aura mis la main à Tœuvre , on trouvera des actionnaires plus qu*on n'en voudra.
Toutefois il convient d'avertir que si l'on fonde en t>etite échelle , on y perdra
La revente des actions dont les deux tiers réservés
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et valant 10 raillions, pourraient être vendus •IOmil« lions , dans le cas où Ton ferait un coup d'éclat, une fondation brillante qui étalerait subitement les hautes harmonies de passions.
Et le bénéfice des curieux payans , qu'il faut < estimer 50 millions pour les deux premières années où la phalange de grande échelle serait la seule, et pour la troisième année où elle serait en supériorité de mécanisme.
£n estimant les curieux payans au moyen terme de cent francs par jour , six cents personnes admises chaque jour, fourniraient une recette de 44 millions en deux ans , et l'on en aurait encore beaucoup dans le cours de la troisième année ; mais une phalange d'échelle réduite où les accords seront pea brillans , ne causera pas en Europe Téblouissement d'où résulterait cette aiSuence de voyageurs opalens , amenés par la curiosité.
Une phalange d'échelle réduite n*en attirera guères que le quart , et à quart de prix.
On répond qu'il n'est pas aisé de trouver 1 5 millions de souscriptions ; oui , parce que les esprits civilisés ne sont défians que sur les affaires sures et exemptes de risque. Mats s'il s'agit de quelque folie, on trouve des capitaux par 100 millions. N'a-t-on pas proposé récemment aux Français la folle entreprise d'amener des vaisseaux à Paris ? vaiœ gloriole, qui coûterait 800 millions , selon le devis , et peutêtre le double en réalité , car , dans ces sortes da
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traranx , le deyis est toiyoars bien radouci , et les obstacles ne sont pas portes en compte.
Ici il ne s*agîra qae de A mîHions , dont deux seulement pour le ddsut ; or, combien de capitalistes peuvent à eux seuls faire la fondation ! Un pair de France a placé récemment 8 millions dans la fail* b'te Parayey. Si on trouTc tant d*hommes arentureux pour les affaires dangereuses , n'en trouTerat-on pas nn pour une affaire exempte de danger.
La phalange d'essai étant obligée de construire , devrait acheter et non pas louer son terrain ; mais , pour ménager le capital actionnaire, elle devra louer le terrain , et s'il se peut les édifices , avec fiieulté de les acheter sous deux ans , pour un prix convenu. Dès qu'elle sera installée , elle trouvera plus qu'elle ne voudra des capitaux pour consommer l'achat.
Quoique tout terrain de bonne qualité soit convenable pour l'essai, il faudra rech^cher un pays eonpë , varié en expositions et meublé de monticules , comme le pays de Yaud , la Savoie , le Gharollab, les belles vallées du Brisgau et des Pyrénées, G^les de Bruxelles à Halle ; un pays propre à comporter des cultures variées, et pourvu d'un beau courant d'eau.
Il faut fonder près d'une grande capitale ; peu importera qu'on en soit éloigné de 10 lieues, pourvu que les curieux puissent arriver de cette ville à la phalange sans coucher en chemin. Si l'on s'éloignait
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irop des grandes villes , la phalange , au printemps, aurait de la peine à engager les familles riches qui devront y entrer à. cette époque.
Eelativement aux édifices , on devra peu spéculer sur les bâtimens faits ; un édifice distribué pour les relfiitions civilisées ne le sera pas pour celles d'attraction industrielle. On aura beau remanier les bâtimens actuels , ils seront toujours génans pour les relations des Séries passionnées. Les monastères civilisés qu'on pourrait acheter ont tous le défaut d'être à corps simple, ( une seule file de chambres), leurs étabLes ne sauraient convenir pour la distribution en séries.
On peut tirer parti d'un de ces vastes châteaux qui abondent aux environs de Paris , et même de plusieurs, pour loger les curieux payans et résidant plus d'un jour ; une jolie maison , éloignée du phalanstère d un quart ou d'une demi-lieue , sera également très-utile pour castel ou entrepôt rural ; mais il faut éviter de s'entourer d'un village; car, lors même qu'on engagerait ce village entier , il faudrait encore en abattre les maisons, ce qui serait très -dispendieux , et ne donnerait qu'un terrain fort ingrat.
Si le phalanstère était voisin de quelque village ou de familles non sociétaires, elles entraveraient le mécanisme par leurs importunités , on les aurait continuellement sur les bras : il faut donc un terrain dégagé d'habitans , dût-on abattre et extirper une portion de forêt.
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Da reste , si le canton oântient qudquet familles éparses , on peut les considérer comme enrôlées et résenrer leur place dans le phalanstère : elles seront bien empressées de s'incorporer à la phalange d'es* sai , et livrer leurs lambeaux de terre en échange d'actions ; les femmes surtout , lorsqu'elles auront TU le ménage sociétaire, seront si harassées du ménage civilisé, qu'elles y sécheront d*ennui. Quant aux enfans , il faudra bien se garder de les introduire dans la phalange , car après avoir vu un jour les chœurs et groupes d'enfans en mécanisme d'attraction , ils tomberaient malades de chagrin quand il faudrait les quitter.
J*ai porté au devis les frais de palissade, comme indispensables ; on sera déjà encombré par l'admission journalière des curieux payans , il faudra donc se garantir des curieux importuns , et employer la palissade partout où il n*y aura pas de barrière natu* relie, rivière ou muraille grillée. Je dis grillée , parce que l'ordre sociétaire n'admet pas les murs monastiques masquant la vue et transformant en prison la voie publique. 11 faut tout le mauvais goût des civilisés pour s'habituer à ces hideuses perspee^ tives.