La prétention périodique à s'élever , soit aux
308 IVODVSAU leilBE
cbœurs et aux tribus supérieures , soit aux caté^ ries moyenne et haute de chaque tribu.
âS. L'enthousiasme pour les prodiges opérés par les chœurs supérieurs en degré, selon la loi de déférence pour lascendant (le Traité de l'Association domestîque-agricole )•
24. Les intrigues vicinales ou luttes émulatires avec les enfnns des phalanges voisines et rencontre avec leurs cohortes. Ce ressort manquera à la phalange d'essai.
Je ne mentionne pas ici d'autres stimulans qid n'agissent guères avant Fâge de 4 ans , tels que
La concurrence des sexes et instincts ,
L'appât du gain et des forts dividendes.
Ces deux ressorts n'ont point encore d*influence sur les lutins et peu sur les bambins ; ce n'est que parmi les chérubins qu'ils commencent à se développer.
La réunion de ces amorces opérera en moins d'un mois , au bout duquel on aura fait éclore chez l'enfant â ou 4 de ses vocations primordiales qui, avec le temps , en feront éclore d'autres; celles où le travail est difficile ne pourront naître que vers l'âge de 30 à 32 mois.
L'éclosion sera facile, si l'on observe la règle générale , { chap. V et VI , ) de mettre en jeu les 3 passions mécanisantes: elles peuvent déjà germer parmi les poupons, et bien mieux parmi les lutins : lu Gabaliste y. la Composite , la
Pa[HUoniie, seront pleinement satkCiîtes cbes le$ lutins, par leurs visiles, fureCages et essais aux petits ateliers ^ où tout est channe et intrigue pour eox.
Le bonnin ou la bonnine qui promènent Tenfant d*atelier en atelier, savent discerner les époques opportunes pour le présenter à tel travail ^ ils tiennent note de ce qui a paru lui plaire , on essaie h 3 ou S reprises si le goût naîtra , on juge s*il faut attendre quelques mois, et on n'insiste jamais quand la vocation ne se déclare pas ; on sait qu'il en éclora une trentaine dans le cours de Tannée, peu importe lesquelles.
Un bonnin promène communément trois lutins à la fois ; il aurait peu de chances avec un seul, mai» sur S il s*en trouve un plus adroit , un autre plus ardent , Fun des deux entraine le 3* à l'ouvrage. Le bonnin ne les prend pas tous trois de même âge ; d'ailleurs il en change dans les ateliers , il laisse tel latin à Tégoussage , il emmène les autres qui n'ont pas accepté et un 3® qui a achevé.
La fonction de bonninisme convient au â sexes , et exige un talent spécial qu'on peut trouver chez tous deux ; celle de bonne etift communément pour les femmes seules i sauf rares exceptions.
I^e meilleur stimulant pour un lutin débutant , sera la vérité qu'il ne trouve jamais vers les père et mère , tous d'accord à flatter un marmot de â ans sur toutes ses maladresses^ Le contraire a lieu dans
810 IfOCVtAU HOilftt
les ateliers sociétaires ; les enfaiis entre eax ne se ibnt point de quartier , et raillent impitoyablement un maladroit ; on le renvoie avec dédain , il va pleurnicher vers le patrinrcbe ou le bonnin qui loi donnent des leçf>ns , et le présentent de nouveau quand il est de force; et comme on lui ménage toujours de (rès-petits , très-faciles travaux, il s'insinue bien vite dans une dizaine de groupes où son éducation se fait par pure attraction et très-rapidement, car on n'apprend vite et bien que ce qu*on apprend par attraction.
De tous les ressorts qui peuvent exciter Fenfant à rinduâtrie, le plus inconnu , le plus travesti en civilisation , est ^entraînement ascendant ; le penchant de tout enfant a imiter ceux qui sont un peu supérieurs en âge , déférer à toutes leurs impulsions , tenir à honneur de s'incorporer avec eux dans quelque petite branche de leurs amusemens. (Tous les travaux sont amusemens pour les enfans harmo- Biens ; ils n'»gissent que par attraction).
Cette manie d*entrainement ascendant est trèspernicieuse aujourd'hui , parce que les amusemens d'une troupe d'enfans libres sont, ou raalfaisans, ou dangereux , ou très-inutiles ; mais ces enfans libres ne s'adonneront qu'aux travaux productifs , grâces aux amorces mentionnées plus haut; on reconnaîtra l'erreur fondamentale où sont tombés tous les auteurs de systèmes sur Féducation civilisée.
Ils ont prétendu que Tinstituteur naturel est le
INDU8TBIEL. 311
père , ou bien un précepteur endoctriné pai^ le père ; la nature opine en sens contraire , elle veut exclure le père d'élever le fils , il en est triple motif.
1® Le père cherche à communiquer ses goûts a l'enfant, étouffer Tessor des vocations naturelles presque toujours différentes de père à enfant. Or tout le mécanisme des Séries passionnées serait dér truit, si le fils héritait des goûts du père.
2® Le père incline à flatter et louer à l'excès le peu de bien que fera Fenfant, celui ci au contraire a besoin d'être critiqué très-sévèrement par des groupes de collaborateurs fort exigeans.
S<> Le père excuse toutes les maladresses , il les prend au besoin pour des perfections, comme font les philosophes sur leur infâme civilisation qu'ils appellent un perfectionnement de la raison; le père entrave donc tous les progrès que doit opé* rer une critique soutenue , si elle est goûtée de l'enfant.
La nature pour parer à tous ces vices de l'éduca* tien paternelle, donne à l'enfant une répugnance pour les leçons du père et du précepteur : aussi l'enfant veut-il commander et non pas obéir au père. Les chefs qu'il se choisit passionnément sont toujours les enfans dont l'âge est de 1/3 ou de 1/4 supérieur au sien^ par exemple :
A 18 mois, il révère l'enfant de 2 ans, et le choi* sit passionnément pour guide ^
812 IXOOVEAU MORDE
A â ans, il choisira Fenfant de SOnÙMs;
A i ans, celui de A ans ; ,
A 8 ansy celai de 10;
A 12 ans, celui de 15.
Cet entraînement ascendant redoublera de force, si Tenfant voit les enfans supérieurs en lien corporatif et jouissant d'une considération méritée par des succès dans Findustrie et les études.
Les instituteurs naturels de cluique âge sont donc les enfans un peu supérieurs en âge. Mais comme en ciyilisation ils sont tous enclins au mal, et s*eiitraînent respectivement à mal faire, on ne peut pas établir parmi eux une liicrarchie d'impulsions utiles : cet effet n'est possible que dans les Séries passionnées , hors desquelles Véducation naturelle est impraticable, même en approximations.
Elle sera le j^s frap{)ant des prodiges qu'on Tiendra admirer dans la phalange d'essai oà on laissera les 7 ordres d'enfans s'élever les unap^r les autres et se diriger, selon le vœu de la iHitiiffe, par entrainemetU oêoemécmt qui ne pourra que condtttre au bien^ la masse «ntière ; car si les jonve i^ oeaux, ordre le plus élevë, ne tournent qu'au bien en industrie, en élude et en mceurs, ils ne poarront qu'entraîner au bien lès gymnastcns a qui ila doo* neront rimpulsion; mèiBe influence des gynina* siens sur les lycéens, des lycéens sur lessérafibins, puis sur les chérubiiM, lés bambins, les lutins ; les 7 corporations abandonnées à l'entrainement as-
eendant, rlTali&^ront d*eieel]enee et d'aotiyUé aux travaux utiles et aux harmonies sociales , quoique abandonnées à leur pleine liberté. £n voyant ce prodige on ne pourra plue douter que l'attraction est Fagent de Dieu, sauf à la développer en Séries passionnées, et que dansée mécanisme elle est vrai» pent la. main de Dieu dirigeant l'homme au plus grand bien possible*
Cette harmonie qui sera un coup de foudre pour la civilisation et la philosophie, avorterait si l'on manquait à développer Fattraction dans toutes ses branches admimUes* L'amour ne sera pas admis* sible dans Fessai, mais cette exception ne généra pas le mécanisme des 7 ordres d*enfans exerçant en industrie. C'est pourquoi il faudra s'attacher dans le début, à Inorganisation des enfans, seul des 3 sexes qui puisse arriver d emblée au plein de l'harmonie.
Achevons sur le service de^ honuins : loin de flatter ou excuser Fenfant, leur tâche est de lui ménager é&% refus, des affronts dans divers groupes, et le stimuler à s'en venger par des preuves d'habi-t lete. Un père ne pourrait pas remplir cette fonction, il donnerait tort au groupe qui aurait rejM)ussé son enfant, il prétendrait que ce groupe est barbare , ennemi de la tendre nature ; de là vient que pour les fonctions de bonnin et bonnine, et de même pour celles de bonne ^ il faut des caractères fermes ot judicieux, cabalistiques dans leurs fonctions^
1(14 ROOVIAV MONBl
gens qui par esprit de corps se passionnent poar le progrès des lutins en général et non pour les caprices de tel ou tel.
On n'arance en grade chei cette série , comme chez toute autre, que par des succès d*ensemble ; chaque bonnin est en concurrence avec des rivaax; chacun peut choisir les enfans adaptés à ses moyens, ceux dont il compte pouvoir faire éclore les vocar tions sans délai, soit en plein, soit en demi-instinct ; et dans ce choix d*enfans, il se guide sur les renseigneraens donnés par les pouponnistes, bonnes du séristère des poupons d*où sortent les lutins.
L'importance du ministère de bonnin se fonde suc ce qu'ils Opèrent sur l'époque la plus influente en éducation ; si Tenfant réussit bien en début industriel, c'est un gage de succès continu pour toute sa carrière enfantine : une fois initié à dix branches d'industrie, il le sera bientôt à cent, et connaîtra à rage de 15 ans presque toutes les cultures, fabriques, sciences et arts dont s'occupent sa phalange et les voisines. Examinons cet effet.
Tel enfant, quoique fils d'un prince, témoigne dès l'âge de 3 ans du goût pour l'état de savetier, et veut fréquenter l'atelier des savetiers, gens aussi polis que d*autres en association. Si on l'en empêche, si on réprime sa manie savetière, sous prétexte qu'elle n'est pas à la hauteur de la philosophie, il s'irritera contre les autres fonctions, ne prendra aucun goût
nfBcsTtfii. 815
pour les travaux et études aux quelles on Voiidra Fentrainer ; mais si on le laisse débuter par le point on Tattraction le conduit, par la saraterie, il sera bientôt tenté de prendre connaissance de la cordonnerie, de la tannerie, puis de la chimie sous le rapport des diverses préparations du cuir, puis de l'agronomie sous le rapport des qualités que les peaux de bestiaux peuvent acquérir par tel système d'éducation et de régime, telle sorte de pâturage.
Peu à peu il s'initiera à toutes les industries par suite d'une émulation primitive en savaterie. Peu importera par quel point il ait commencé, pourvu qu'il atteigne dans le cours de sa jeunesse à des connaissances générales sur toutes les industries de sa phalange et qu'il en conçoive de l'affiection pour toutes les séries qui l'y auront initié.
Cette instruction ne peut pas s'acquérir en civilisation où rien n'est lié. Les savans nous disent que les sciences forment une chaine dont chaque anneau se rattache au tout et conduit de Funo à l'autre ; mais ils oublient que nos relations morcelées sèment la discorde parmi tontes les classes d'industrieux, ce qui rend chacun indifférent pour les travaux d'autmi ; tandis que dans une phalange chacun s'intéresse à toutes les séries, par suite d'intrigues avec quelques-uns de leurs membres, sur la gastronomie, l'opéra, ragrtcuhuré, etc. Le lieii des sciences ne suffit donc pas pour entraîner aux études; il faut y joindre le lien des fonctions,
316 IfOUVIAir HCNIOB
des iadinilas^ des intrigoes rivales, chose impratî-^ cable en civUisation.
Il reste efnoore divers d/étails syr rëducation des hitîns, on peut les joindre à celle des bambtns dont je vais traiter.