CHAPITRE III
Dans les Couplets en pièces, pièce de Le Sage et d'Orneval,
représentée le 18 février 1730, le Menuet se félicite d'avoir
Réclamations de l'Opéra. — Débuta de 1 Opéra - Comique.
choisi un bon avocat contre les anciens fions fions :
— Son succès.
Il nous débarrassera,
La Comédie-Française avait vouluinterdireaux forains l'usage
Toure lanrirette, ô lironfa 1
delà prose; l'Académie royale de Musique leur disputa celui
De tous ces polissons-la :
des chansons.
Toure, toure, toure lanrirette.
Néanmoins, des transactions intervinrent, à la suite des-
Soyons témoins de cela,
quelles la troupe de la veuve Baron et celle des sieur et dame
Toure lanrirette, ô lironfa!
Saint-Edme s'associèrent sous le titre d'Opéra-Comique.
Quelqu'étrange que fût cette littérature, l'Opéra-Comique
Le Sage, Fuselier, d'Orneval, firent la fortune de ce théâtre
prospéra. Il fut servi par des auteurs dont le défaut était
par des ébauches incohérentes composées à la hâte, mais pres-
d'écrire au jour le jour, mais dont la verve, la facilité et la
que toujours amusantes et originales. Elles sont entremêlées
gaieté ne sauraient être contestées. Tels furent Panard, dont
de refrains que nos pères avaient adoptés, on n'a jamais su
quelques chansons méritent de servir de modèles : Autreau,
pourquoi.
Laffichard, Louis deBoissy.
Quel érudit serait capable de déterminer le sens et l'origine
La Comédie-Italienne, qui débuta à la foire Saint-Laurent, le
de :
18 mai 1716, rivalisa avec l'Opéra-Comique. Une singularité
Lan lan la, derirette, Ion lan la, deriri.
digne d'être relevée, c'est que la troupe donnait 20 sols par jour
De :
aux cordeliers pour se faire dire une messe, et que ses registres
Biribi, à la façon de barbari, mon ami.
commencent par ces mots : Au nom de Dieu, de la Vierge
De:
Marie, de saint François de Paule et des âmes du purgatoire.
La farklondaine, la faridondon.
Boissard de Pontau obtint pour la seconde fois le privilège
De:
de l'Opéra-Comique, à la foire Saint-Laurent, le 26 juin 1734,
Laire-lan-laire.
et y continua ses représentations jusqu'en 1742. Modet, qui lui
De :
succéda, fit réparer la salle et enrôla d'excellents acteurs, entre
Zon, Son, zon, Lisette, la Lison.
autres Préville, qui remplit à la satisfaction de tous les audi-
De:
teurs le rôle de Colas dans la Servante justifiée. Vadé intro-
La bonne aventure au gué, ou plutôt au gai, en prenant ce
duisit à ce théâtre les pièces poissardes, qui réussirent, en
mot dans la vieille acception de bois. Et ce ne sont pas là les
dépitdu bon goût. Anseaume, auteur du Tableau parlant, donna
refrains les plus baroques; il y en a qui semblent avoir été
dans la salle Saint-Laurent plusieurs opéras-comiques qui mé-
inventés par des sauvages en belle humeur-.
ritaient d'être applaudis. Le directeur fit graver son portrait
Dans le Rémouleur d'amour, pièce de Le Sage, représentée
avec cette devise ambitieuse : Mulcet, Movet, Monet. Mais le
en 1722, par les Marionnettes Étrangères, Pierrot dit à l'Amour :
public avait oublié le chemin de ses faubourgs, quoiqu'ils fus-
Sur les bords de la Seine,
sent en réalité le berceau du vaudeville et de l'opéra-comique.
Vous venez en frelon,
Des dissensions avec les grands théâtres ne laissèrent à la foire
Boudrillon,
Saint-Laurent que des funambules, des acrobates et des mon-
Faire a quelque inhumaine
treurs de curiosités.
Sentir votre arguillon,
Boudrillon, Petit Boudrillon,
En 1778, la foire Saint-Ovide fut supprimée. Pour la rem-
placer, le lieutenant de police Lenoir autorisa le sieur l'Écluse,
Petit Boudrillon,
ancien acteur de l'Opéra-Comique, à monter à la foire Saint-
Boudrillon, dindaine,
Laurent un théâtre de vaudevilles, pièces poissardes, panto-
Petit Boudrillon,
mimes à spectacle et divertissements. M. Lenoir et son gendre
Boudrillon dondon.
Nanteuil honorèrent de leur présence, le 17 août, la première
Dans la Pénélope moderne, pièce de Le Sage, représentée e:i 1728, le baron de la Gelinotière chante à son valet :
représentation donnée par la troupe des Associés, et les personnages des pièces d'ouverture vinrent successivement chanter des couplets en l'honneur de leurs protecteurs.
As-tu dit un petit mot
A ma ravissante ?
LA FOIKE FEltSONNlFlÉE.
De ma flamme, chez Pierrot,
La mirtamplain lantire larigot,
Je revois la clarté du jour,
Est-elle contente ?
Et mon cœur se rouvre à l'amour ;
Affreuse léthargie ,
Ce dialogue s'établit entre le baron et son rival le marquis de
Je brave ton pouvoir !
La Poulardière :
Ne crois pas que j'oublie Lenoir ; vive Lenoir !
Suis-moi, mon beau capitaine,
MO NT -D' on.
Auprès de l'objet chéri,
Théinis protège nos essais,
Vous l'emporterez sans peine
Amis, soyous sûrs du succès;
A turlutaiue !
Nanteuil daigne y sourire ;
Non, vous êtes trop gentil;
Pour nous quel doux espoir!
Turlutu, tautaleri.
Ne cessons de redire :
Un autre personnage dit à sa belle :
Vive, vive Lenoir!