CHAPITRE PREMIER
L'Observatoire. — Sa construction primitive. — Additions ultérieures. — Bureau des longitudes. — Le niare'cbal Ney. — Son procès et son exécution. — Monument élevé a sa mémoire.
Deux arrondissements contigus transmettent a la postérité le souvenir de Colbert : c'est ce ministre qui fonda la manufacture de tapis improprement appelée des Gobelins, puisque nous savons que ces habiles teinturiers étaient complètement étrangers à la haute ou à la basse lisse. C'est encore à Colbert qu'est du le vaste établissement scientifique dont s'honore le XIVe arrondissement, l'Observatoire, chef-lieu de la science astronomique, rendez-vous des savants qui cherchent ou découvrent les planètes, calculent les éclipses et les marées, rédigent la Connaissance des temps ou l'Annuaire du Bureau des longitudes.
Le monument, sauf les additions et remaniements modernes, appartient, dans sa partie essentielle, à Claude Perrault, qui en dirigea la construction de 1068 à 1672. Un astronome du comté de Nice, Jean Dominique Cassini , qui avait successivement professé à Bologne et à Rome, fut appelé en France par Louis XIV et invité à donner son avis sur le nouvel édifice. Il le trouva médiocre et mal approprié à sa destination; néanmoins, les plans de l'architecte furent suivis jusqu'au bout. L'Observatoire fut disposé de manière à être coupé en deux parties égales par la méridienne de Paris et à présenter quatre façades correspondant aux quatre points cardinaux. On n'em-
ploya ni fer ni bois dans la construction ; les murs, les voûtes, les escaliers sont en pierres de taille du plus bel appareil et du meilleur choix. Une plate-forme, élevée de 27 mètres audessus du pavé, couronne le bâtiment.
Toutefois, les représentations de Cassini étaient fondées, et quand il prit possession de l'Observatoire, il fut obligé de faire placer sur la terrasse une petite tourelle, d'où il pouvait étudier les astres sans détruire les constructions primitives dont la solidité était faite pour braver les siècles. Des modifications successives y ont été apportées: en 1810, un bâtiment carré, flanqué de deux tourelles, fut élevé sur le comble de l'Observatoire. De 1811 à 1813, on le dégagea de quelques masures qui l'obstruaient; en 1834, on ajouta deux ailes, une à l'est et l'autre à l'ouest; dans cette dernière était un amphithéâtre qui pouvait contenir huit cents auditeurs et où François Arago popularisa la science. Enfin, toute là plate-forme supérieure s'est couverte de cabinets que dominent deux coupoles, une en cuivre, l'autre en tôle, toutes deux pourvues de glissoires qu'on peut lever à volonté pour faire les observations. Ces deux coupoles sont assurément très-utiles à l'examen de la marche des planètes et des comètes; mais il faut le dire, elles produisent l'effet le plus disgracieux ; celui qui les regarde et qui est choqué de leurs formes massives doit , pour ne pas les condamner, se souvenir qu'elles renferment le cercle répétiteur de Reichenbach et le cercle parallactique de Gambey.
L'intérieur de l'Observatoire renferme une multitude d'appareils anciens et nouveaux, destinés à suivre tous les phénomènes astronomiques, physiques et météorologiques. Une des
Paris. — Imprimerie de J. Claye, rue Saint-Benoit, 7.
salles situées au second étage est ornée des statues ou bustes en marbre de Cassini, Lalande, Méchain, Pingre, la Condamine, Laplace, etc. La plupart de ces salles, dont la voûte est elliptique, ont la propriété de transmettre le son, de telle sorte qu'un individu qui parle tout bas près d'un des murs, se fait entendre à un autre adossé au mur d'en face. Pour obtenir cet effet curieux, il suffit qu'une première personne applique la bouche près de l'encoignure ; la voix répercute le son à l'angle diamétralement opposé oh la seconde personne applique l'oreille. Le Bureau des longitudes, fondé par le gouvernement républicain, le 7 messidor an ni (25 juin 1795), tient ses assises dans les salles de l'Observatoire.
Dans les fondations, qui descendent à '27 mètres au-dessous du sol, sont des caves divisées en plusieurs embranchements. Des ouvertures circulaires pratiquées au centre du monument en mettent la partie la plus élevée en communication avec la partie la plus profonde.
Aux termes d'un décret du 30 janvier 1854, l'Observatoire est administré par un directeur que secondent quatre astronomes, avec un nombre variable d'astronomes adjoints, d'élèves astronomes et de calculateurs, proportionné aux besoins du service.
Le Bureau des longitudes est composé : 1° de neuf membres titulaires : deux membres de l'Académie des sciences, trois astronomes, deux membres appartenant au département de la marine et un membre à celui de la guerre, un géographe; 2° de quatre membres adjoints : un membre de l'Académie des sciences, deux astronomes, un membre appartenant au département de la marine; 3° de trois artistes.
Une large et belle allée, où se sont réfugiés les derniers joueurs de boule, relie l'Observatoire au Luxembourg, dont le jardin est divisé en deux portions, à peu près égales, par le méridien de Paris. Ce fut dans cette allée que Michel Noy, fils d'un tonnelier de Sarrclouis, devenu par ses talents militaires maréchal de France, duc d'Elchingen et prince de la Moskowa, tomba victime de la réaction monarchique.
Le maréchal Ney s'était rallié sans arrière-pensée au gouvernement des Bourbons; il avait dit au comte d'Artois, au moment où celui-ci entrait à Paris : « Monseigneur, nous avons servi avec zèle un gouvernement qui nous commandait au nom de la France. Votre Altesse Royale et Sa Majesté Louis XVIII , son auguste frère, verront avec quelle fidélité nous saurons servir notre roi légitime. »
Le 20 mai 1814, le maréchal Ney était nommé commandant des dragons, des chasseurs, des chevau-légers et des lanciers de Franco; il fut ensuite fait chevalier de Saint-Louis, pair de France, et nommé gouverneur de la 6" division militaire.
Lorsqu'au mois de mai 1815, on apprit le débarquement de Bonaparte à Fréjus, Ney, qui se reposait paisiblement dans sa terre des Coudreaux, aux environs de Chàteaudun, fut mandé à Paris par le ministre de la guerre, et reçut l'ordre de se rendre immédiatement à Besançon. Il partit après avoir fait à Louis XVIII les plus chaleureuses protestations, et l'on assure même qu'il lui dit : « Je me charge de vous amener dans une cage de fer le perturbateur de l'Europe. » 11 se rendit à Lonsle-Saunier, mais, chemin faisant, il put se convaincre que la population n'était point favorable à la dynastie qui représentait l'ancien régime. Le 13 mars, après une conférence avec des émissaires de Napoléon, il écrivit au baron Capelle qui lui reprochait son inaction : « Je ne puis pas arrêter la mer avec la main. » Le 14, il adressa cet ordre du jour aux troupes de la (ie division militaire :
« Officiers, sous-officiers et soldats :
n La cause des Bourbons est a jamais perdue ! La dynastie légitime que la nation française a adoptée va remonter sur le trône: c'est à l'empereur Napoléon, notre souverain, qu'il appartient seul de régner sur ce beau pays! Que la noblesse des Bourbons prenne le parti de s'expatrier encore, ou qu'elle consente à vivre au milieu de nous, que nous importe'? La cause sacrée de la liberté et de notre indépendance ne souffrira plus de leur influence. Ils ont voulu avilir notre gloire militaire ; mais ils se sont trompés : cette gloire est le fruit de trop nobles travaux pour que nous puissions jamais en perdre le souvenir.
« Soldats! les temps ne sont plus où l'on gouvernait les peuples en étouffant tous leurs droits; la liberté triomphe enfin, et Napoléon, notre auguste empereur, va raffermir pour jamais. Que désormais cette cause si belle soit la notre et celle
de tous les Français ! Que tous les braves que j'ai l'honneur de. commander se pénètrent de cette grande vérité!
u Soldats! je vous ai menés souvent à la victoire, maintenant je veux vous conduire à cette phalange immortelle que l'empereur Napoléon conduit à Paris, et qui y sera sous peu de jours ; et là notre espérance et notre bonheur seront a jamais réalisés. »
Les idées libérales du maréchal éclatent dans cette proclamation. Vétéran de la république, il avait été par intervalles suspect au pouvoir impérial, et un moment disgracié après la campagne d'Espagne. Nous croyons qu'il acceptait franchement la transaction constitutionnelle que proposait à la nation la monarchie restaurée. On a publié de lui une lettre de laquelle il résulte qu'il ne donnait son adhésion au retour de l'empereur qu'à la condition de voir s'ouvrir une ère de paix et do liberté. Il écrivait le 21 mars :
« Je ne suis pas venu vous rejoindre par considération ni par attachement à votre personne. Vous avez été le tyran de ma patrie; vous avez porté le deuil dans toutes les familles et le désespoir dans plusieurs; vous avez troublé la paix du monde entier. Jurez-moi, puisque le sort vous ramène, que vous ne voos occuperez plus à l'avenir qu'à réparer les maux que vous avez causés à la France; jurez-moi que vous ferez le bonheur du peuple. Je vous somme de ne plus prendre les armes que pour maintenir nos limites ; de ne plus les dépasser pour aller tenter au loin d'inutiles conquêtes. A ces conditions, je me rends, pour préserver mon pays des déchirements dont il est menacé. »
Le maréchal Ney fut compris dans une liste de proscription, en date du 24 juillet 1815, comme coupable d'avoir entretenu des intelligences avec Bonaparte, de lui avoir fourni des secours en soldats, d'avoir excité les citoyens à s'armer les uns contre les autres, trahi le roi et l'État, et pris part" à un complot dont le but était de renverser le gouvernement. Il était alors caché sous le nom de Descofre dans une chambre haute du château de Bessonis, département du Lot, et attendait une occasion pour gagner la frontière. Il eut l'imprudence de laisser en vue, sur un fauteuil du salon, un sabre turc, dont le premier consul lui avait fait présent. Un habitant d'Aurillac, en visite chez M" de Bessonis, fut frappé de la beauté de cette arme, richement damasquinée et enrichie d'incrustations. Il en parla dans le chef-lieu du Cantal, et un de ses auditeurs lui dit : « Je crois connaître ce sabre; il ne peut appartenir qu'à Murât ou au maréchal Ney. »
Tous les fonctionnaires, à cette époque, voulaient faire oublier leur longue infidélité à la monarchie légitime, et rivalisaient de zèle malgré la sage recommandation de Talleyrand, leur maître à tous. Le préfet du Cantal, M. Locard, n'hésita pas à lancer dans le Lot quatorze gendarmes avec un capitaine et un lieutenant. Le 5 août, l'escouade entre à Bessonis; averti de son approche, le maréchal pouvait fuir, mais il était fatigué de la lutte et découragé par les calomnies qui se propageaient contre lui. Un journal avait annoncé que, dans sa dernière entrevue avec Louis XVIII, Ney avait sollicité et obtenu une gratification de 500,b00 fr. En apercevant les gendarmes dans la cour, il ouvre la fenêtre et s'écrie ; u Que désirezvous?
— Nous cherchons le maréchal Ney.
— Que voulez-vous de lui?
— L'arrêter.
— Eh bien ! montez, je vais vous le faire voir. »
Le capitaine monte, et le maréchal lui ouvre la porte en disant tranquillement :
« Je suis Michel Ney. »
Transféré à Paris, le maréchal fut traduit, le 10 novembre, devant un conseil de guerre que présidait le maréchal Jourdan, et où siégeaient Masséna, Augereau et Mortier. Il aurait pu trouver quelque faveur auprès de ses vieux compagnons d'armes, mais ses défenseurs, Berryer père, Berryer fils et Dupin, eurent la funeste idée de plaider le déclinatoire. On renvoya le maréchal devant la chambre des pairs qui le condamna, le 5 décembre, à la peine de mort. Cent trente-neuf voix la prononcèrent; dix-sept furent pour la déportation. Cinq membres s'abstinrent : ce furent le duc de Choiseul, le
L'OBSKRVATOIRE.
comte de Sainte-Suzanne, le marquis d'Aligre, le comte de Brigode, le comte Théodore de Nïcolai.
Le 7 décembre, après une déchirante entrevue avec sa femme, ses quatre fils et sa belle-sœur, le maréchal, accompagné de M. l'abbé de Pierre, curé de Saint- Sulpice, sortit d'une chambre du Luxembourg, où il avait été enfermé, et prit place dans un fiacre, après avoir invité le prêtre à y entrer le premier.
« Montez! monsieur le curé, lui dit-il; j'arriverai toujours avant vous là-haut. »
Le fiacre suivit la grande allée du jardin du Luxembourg et s'arrêta dans l'avenue de l'Observatoire. Le maréchal manifesta d'abord quelque surprise, car il s'attendait à être fusillé dans la plaine de Grenelle, déjà teinte du sang de Labédoyère. Le gouvernement avait craint un mouvement populaire et avait frustré la curiosité ou la sympathie de ceux qui attendaient le condamné au lieu où. se faisaient ordinairement les exécutions militaires. Quelques passants et quelques personnes, prévenus d'avance, s'étaient groupés le long de l'avenue de l'Observatoire , et quand ils virent le fiacre, ils s'écrièrent : Le voilà ! le voilà !
Des vétérans étaient chargés de l'exécution, assistés par quelques gendarmes. Les assistants furent repoussés, et un officier général leur donna le change en soutenant que l'exécution devait avoir lieu à la pleine de Grenelle.
Il était neuf heures vingt minutes du matin ; le maréchal Ney s'avança vers le lieu de son supplice ; il avait une redingote de gros drap bleu, une culotte noire, des bas de soie noire, et il était coiffé d'un chapeau rond.
« Ah ! dit-il, c'est là ! »
Le maréchal fit ses adieux à M. de Pierre, lui remit uue somme d'argent pour les pauvres de sa paroisse, et une boite en or qu'il le pria de faire parvenir à la maréchale, dont le père, M. Auguier, était mort d'apoplexie quand il avait connu la fatale condamnation. Par une étrange coïncidence, la femme de ce malheureux beau-père, qui avait été attachée au service de Marie-Antoinette, avait perdu la tête en apprenant la triste fin de cette reine et s'était précipitée par la fenêtre.
Ou proposa au maréchal de lui bander les yeux.
h A quoi bon? dit-il; ne savez-vous pas qu'il y a vingt-cinq ans que je suis habitué à regarder en face les balles et les boulets? »
Il posa la main droite sur son cœur, et, de sa gauche, élevant son chapeau au-dessus de sa tête, il reprit d'une voix calme et solennelle :
« Je proteste devant Dieu et devant les hommes contre le jugement qui me condamne; j'en appelle à la patrie et à la postérité! Vive la France! »
Il continuait, lorsque la voix d'un général commandant la place de Paris, le comte de Rocbechouart, couvrit la sienne par ce brusque appel adressé aux soldats : « Apprêtez, armes!... »
« Camarades, reprit alors le maréchal d'une voix plus éclatante, faites votre devoir et tirez là!... là! ajouta-t-il, en montrant son cœur. »
Les vétérans hésitaient. Un colonel d'état-major de la garde nationale, frère puîné du duc de La Force, qui, en qualité de pair de France, avait prononcé la mort, s'élance et commande le feu. Le maréchal est frappé d'une balle dans le bras, de trois balles à la tête et au cou, et de six à la poitrine.
Le corps resta un quart d'heure exposé, conformément au règlement , et fut transporté ensuite au poste de la Maternité, comme le constate la pièce suivante, dont l'original est entre nos mains :
Je soussigné déclare avoir reçu en dépôt de M. le commissaire de police du quartier du Luxembourg le cadavre de Michel Ney, maréchal de France, condamné à mort par la Chambre des pairs, le 6 décembre 1815, à onze heures et demie du soir.
Ce jugement a été exécuté à neuf heures et demie du matin, le 7 décembre 1815.
Le chef d'escadron, commandant le poste de la Maternité ,
Welkbroicq.
P.-S. — Le cadavre sera par nous remis aux parents dudit Michel Ney, si au cas ils le réclament, lesquels nous en donneront décharge.
L'exécution ne fut connue d'abord que d'un petit nombre de personnes ; et la maréchale qui comptait sur une commutation de peine se présenta à plusieurs reprises à la porte des Tuileries. Le duc de Duras, premier gentilhomme de service, lui fit dire d'abord qu'il était trop matin et que Sa Majesté ne pouvait encore recevoir personne.
A neuf heures vingt minutes le maréchal Ney avait cessé de vivre, et le duc de Duras envoyait dire à la veuve qui ne savait encore rien : « L'audience que vous sollicitez ne saurait vous être accordée, puisqu'elle est désormais sans objet. »
Le corps du maréchal Ney passa la nuit dans une salle de la Maternité, veillé par des religieuses en prière; puis le commissaire de police du quartier, M. Rousset, eut mission défaire procéder à l'enterrement. Il escorta la dépouille mortelle de la victime jusqu'au cimetière du Père-Lachaise, et demanda pour sa décharge, au maire du XIIe arrondissement, un certificat dont voici la teneur exacte :
DÉPARTEMENT DE LA SEINE (Ville de Paris.)
Paris, le de l'an ISJ .
Le maire du XII' arrondissement,
COPIE BU CERTIFICAT D'iNHCMATION.
(XIIe arrondissement municipal. )
Je soussigné, concierge de l'Est, reconnais qu'il m'a été remis cejourd'hui, à sept heures du matin, par le sieur Guibrunet, ordonnateur particulier du service des. inhumations du XIIe arrondissement, un corps renfermé dans un cercueil, et qu'il m'a déclaré être celui de Michel Ney, décédé le 7 décembre an 1815, rue d'Enfer, maison de la Maternité. Je déclare aussi que le susdit corps a été inhumé au moment même de la remise qui m'en a été faite.
Paris, le S décembre an 1815, à huit heures du matin.
Signé : Assellxe.
Pour copie conforme : Paris, le 8 décembre 1815.
Le maire du ,\7/e arrondissement de Paris, Por-Lix, adjoint.
Délivré à M. Rousset, commissaire de police du quartier du Luxembourg (XIe arrondissement).
Malgré les erreurs réelles du maréchal, l'idée de le réhabiliter était populaire. Après la révolution de 1848, un cénotaphe fut improvisé sur le lieu du supplice. Un décret du gouvernement provisoire, à la date du 18 mars, portait : « Un monument sera élevé au maréchal Ney sur le lieu même où il a été fusillé. »
Le G avril 1S52, le président de la République ordonna qu'il serait ouvert au ministère de l'intérieur, de l'agriculture et du commerce, sur l'exercice 1852, un crédit extraordinaire de 50,001) fr., applicable aux frais d'exécution de ce monument.
Il se compose d'une statue en bronze, modelée par François Rude et fondue par Eck et Durand. Le maréchal est représenté dans l'attitude du commandement, le sabre à la main et se tournant pour donner des ordres. Il lève la tête de telle sorte qu'il est absolument impossible de juger de l'expression de sa physionomie. Quoique les sculpteurs trouvent certaines parties de cette statue bien faites, elle est eu somme d'un aspect peu agréable, et manque complètement de distinction. Rien n'annoncerait que c'est là le brave des braves et qu'il reçut la mort à cette place même, sans quelques inscriptions gravées sur un piédestal en marbre blanc, dont la face antérieure porte ces mots :