‹ Le nouveau ParisChapitre 238 sur 441 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

La carrière d'Amérique. — Les moutardes. — L'église de BelleviUe. Origine de cette commune. — Savie. — Première église de Belleville. — Les pénitents du tiers ordre. — La rose nommée. — Les lilas et les groseilles.

Au bas des buttes Chaumont que couronnent BelleviUe et ses jardins, s'ouvrent deux larges baies qui plongent dans la montagne, l'une est l'entrée du tunnel du chemin de ceinture , et l'autre est l'ouverture de la plâtrière, dite carrière d'Amérique. Les productions de cette carrière , nonseulement s'emploient à Paris, mais encore s'exportent trèsloin ; une grande partie de ces marchandises est embarquée sur le canal, puis transbordée au Havre pour l'autre coté de l'Atlantique, et plus d'un frais cottage, plus d'une blanche villa du Kentucky ou dos Floiides a tiré ses matériaux de vaste plàtricre.

La carrière d'Amérique a trois hectares de superficie, elle ae 300,000 mètres cubes en haute masse et 120,080 en masse; on y use 30 kilogrammes de poudre tous les jours, et plus de cent ouvriers y sont employés.

Rien d'imposant et d'horriblement superbe comme l'intérieur de ces vastes catacombes ! Les lourds piliers ménagés de distance en distance pour soutenir le ciel de la carrière; la lumière des torches qu'on voit aller et venir à travers les ténébreuses perspectives; l'eau qui suinte du plafond et s'égoutte dans les mares avec des sons d'armonica; le chant lointain

des mineurs, tout a une physionomie à part dans ces noirs ateliers. Parfois aussi le cri de sauve qui peut se fait entendre, alors, on voit les lumières fuir à droite et à gauche, un silence absolu règne pendant près d'une minute, et puis une détonation fait trembler la montagne jusque dans ses fondements, et quiconque visite ces lieux pour la première fois, pourrait croire qu'une catastrophe vient d'arriver ; mais aussitôt l'explosion, les lumières reviennent à leurs points de départ, et les chants d'ateliers recommencent de plus belle, c'est une mine que l'on vient de faire partir.

Ce n'est pas, pourtant, que les carrières n'aient aussi leurs catastrophes, car l'atelier a ses victimes comme le champ de bataille, et il faut voir chacun quitter son poste et courir quand retentit ce cri d'alarme : « Un homme dans la moutarde: ■

Dans toutes les exploitations souterraines où l'on nivelle par à peu près, il se trouve, de ci de là, dars les inégalités du sol, des espèces de bassins plus bas que les autres, et où s'écoule le trop-plein des bassins supérieurs : là, ces eaux stagnent, les détritus des voûtes et des chantiers voisins s'y mêlent, s'y détrempent et forment bientôt une boue liquide qui se dissimule sous l'aspect poudreux de sa surface ; c'est ce que l'on nomme les moutardes. Malheur alors à celui qui faisant fausse route pose le pied là-dessus, car il enfonce aussitôt dans cette chose mixte qui n'est plus ni sol ni eau, et qui l'étouffé si des secours ne lui sont immédiatement portés : • Un homme dans la moutarde ! mieux vaut un homme à la mer ! »

Une portion du territoire de BelleviUe a été réunie au \1\' arrondissement, et on lui a pris son plus beau monument, son église.

Placée à la cime de la montagne, dans une position exceptionnelle, dressant vers le ciel deux flèches élégantes, embellie de sculptures qui sont empreintes d'un profond sentiment religieux, la nouvelle église, dédiée à saint Jean-Baptiste, mérite l'attention des amis des arts. La première pierre en fut posée le 2-4 juin 1 Soi; les travaux marchèrent rapidement, sous la direction de M. Lassus. Quand cet architecte mourut, le 15 juillet 1857, le corps de la construction était monté et couvert; les sculptures intérieures, tant en pierre qu'en bois, avaient été commencées par M. Perrey, déjà connu par sa coopération à l'ornementation du Louvre, de Sainte-Clotilde et de Sai nt-Germain-des-Pré s .

Il restait à faire les sulptures extérieures, à poser les vitraux, le dallage, la serrurerie, les bénitiers, les autels, les confessionnaux et à organiser la sonnerie : ce fut un élève du regrettable Lassus, M. Truchy, qui fut appelé à le remplacer, et le 11 août 1859, l'église de BelleviUe était assez avancée pour pouvoir être consacrée par le cardinal-archevêque de Paris.

Cet édifice a 70 mètres de longueur, 24 de largeur au portail, et 29 au transsept. Il est conçu dans le style ogival du xm* siècle. La façade est flanquée de deux tours surmontées de flèches hardies, du genre de celles qu'on admire dans un grand nombre de localités de Bretagne, de Normandie et d'Angleterre. Depuis le sol jusqu'à l'extrémité des flèches, sans y comprendre la croix, la hauteur est de 57 mètres. De la plate-forme d'où elles s'élancent, on domine un des plus magnifiques panoramas que puisse rêver l'imagination du touriste. On découvre à la fois l'immense capitale, les buttes Chaumont , d'une sauvagerie si pittoresque, le fort de Yincennes et les villages qui s'étendent le long de la Marne.

Un défaut commun à bien des églises de création récente, c'est qu'elles ne sont pas orientées, et l'église de BelleviUe est dans ce cas. Jadis, une règle invariable exigeait que le chère* d'un temple fût éclairé par les rayons de l'aurore, que l'un des bras de la croix regardât le nord, l'autre le midi, et que la rose du portail resplendit des rougeàtres clartés du soleil couchant. Par malheur, les traditions se sont perdues , ou a sacrifié aux nécessités de la voirie, et l'église Saint-Sulpice est peut-être la dernière qui ait été orientée convenablement. Saint-Roch, la Madeleine, Sainte-Clotilde, la Trinité, l'église des Batignolles, etc., ne sont point tournées conformément aux principes de la symbolique chrétienne. Il est d'ailleurs souvent difficile de s'y conformer dans les grands centres, où le terrain coûte cher, et où l'on ne peut bâtir un temple san~ entrer en accommodement avec les propriétaires du voisinage. Jadis, c'était toute autre chose, les rois, les prêtres et

LES BUTTES CHAUMONT

les seigneurs étaient les maîtres du sol ; ils le répartissaient à leur gré, et la population, sans droits, sans asile fixe, sans garantie, n'avait à élever aucune réclamation.

Quant à l'église de Belleville, son portail regarde le sud, son chevet le nord, et les deux bras de la croix s'étendent d'est en ouest. Son portail est enrichi de sculptures dont on peut louer sans réserve le caractère religieux. C'est encore une chose perdue, que la naïveté des vieux maîtres, qui rendaient par la plastique, le sentiment profond dont ils étaient animés. M. Perrey est un véritable imagier du moyen âge ; seulement, s'il sait dérober à ses devanciers les secrets d'un style oublié, il se garde bien de les imiter dans leurs imperfections.

Élève distingué de l'École des beaux-arts, IL Perrey traite aussi bien le nu que les draperies. Et qu'on nous permette de relever incidemment une erreur trop accréditée : on sïmagine que le nec plus ultra du talent d'un statuaire est de bien dessiner une figure nue: il nous semble qu'en la recouvrant de draperies habilement agencées, en calculant l'effet des plis, en les disposant de telle sorte que les formes restent sous-entendues, on peut faire preuve d'une capacité et d'un goût supérieurs.

Au centre du portail , sous en dais gothique, est la statue du saint auquel l'église est dédiée, n est recouvert d'un manteau de poils de chameau, comme il convient à un homme qui vit dans le désert, et n'a d'autre nourriture que du miel sauvage ou des sauterelles. Les archivoltes sont soutenus par des masearons de grandeur naturelle et représentant les vices et les vertus. Cette opposition du bien et du mal se rencontre souvent dans les monuments religieux de la bonne époque.

Sous l'ogive du grand portail, on Toit le Père entre deux anges qui l'encens ont ; au-dessous reparaît le précurseur avec son costume rustique et sa croix de roseaux: il est précédé de deux personnages illustres de l'Ancien Testament : Isaîe, le premier des grands prophètes, et Jlalachïe, le dernier en date de ceux qui sont considérés comme de second ordre. Le fils d'Amos porte la glorieuse couronne des martyrs: il s'appuie sur la scie tranchante avec laquelle ses membres furent affreusement dépecés au commencement du règne de Manassé. Un séraphin lui présente une pierre brûlante quïl a prise sur l'autel avec des pincettes et lui en touche les lèvres pour les purifier. D'après le texte de l'Écriture, ce fut par cette cérémonie symbolique que les péchés dlsaîe furent effacés et qu'il commença à prophétiser.

llalachie tient une coupe (en grec caliv) , sans doute en mémoire de l'Eucharistie qu'il a vaguement prédite.

Sur les portes latérales de la façade, on voit se dérouler une partie des événements miraculeux dont l'Écriture a conservé la tradition. Un ange annonce à Zacharie la bonne nouvelle; puis la Vierge visite sainte Élizabeth; le Christ naît; il est baptisé par saint Jean; celui-ci se présente à Hérode, auquel il adresse des remontrances dont il est puni par le dernier supplice; le bourreau frappe, et la tète du martyr est présentée à Hérodiade.

Bientôt il est tiré des limbes par nos premiers parents et il contemple avec joie la glorification de l'homme-Dieu dont il a proclamé l'avènement.

Aux extrémités du transept, M. Perrey a représenté d'un coté, la Consécration de l'Église, de l'autre, la Résurrection de Jésus-Christ.

Cette dernière composition est conçue suivant les règles antiques de l'iconographie chrétienne. Quatre soldats gardent le sépulcre ; le premier reste incrédule et s'apprête à percer de sa lance celui qui a soulevé la pierre du tombeau: le second a peur et s'enfuit : le troisième, ébloui, fasciné, comprend quïl y a là une puissance surnaturelle dont il ne se rend pas bien compte: le quatrième adore et croit.

Le mérite principal de ces bas-reliefs, c'est la foi. Enfant de la Franche-Comté, élevé d'abord loin de l'école, artiste par inspiration, IL Perrey a développé plus tard son talent par des études approfondies; mais il lui reste quelque chose que les études ne peuvent donner.

L'intérieur de l'église de Belleville n'a pas encore reçu tonte l'ornementation dont elle est susceptible ; toutefois, les stalles dont l'architecte a fourni les dessins tendent, dans le chœur, leurs bras sur lesquels rampent des guerres et des chimères fantastiques. il. Roy a mis en place les dernières serrures. L'orfèvrerie vient d'être terminée par il. Bachelet. et la menuiserie par Nicolas Avignonais. Les vitraux, de il. Martel, jettent

dans la nef leurs fantastiques lumières, et tontes les consoles qui supportent les retombées des nervures sont finies. L'artiste, par une de ces fantaisies renouvelées dn moyen àg représenté çà et là des tètes contemporaines : le maire, l'adjoint et le curé, qui ont contribué à la fondation de l'église.

Les deux inscriptions suivantes se lisent à l'entrée de la nef :

Du coté droit :

» Sons le règne de Napoléon m, empereur des Français,

<t Cette église a été consacrée par Son Émïnenœ le cardinal F.-N.-iL ilorlot, sénateur, archevêque de Paris. 11 août mdcccux. Le duc de Padoue étant ministre de l'intérieur; il. Roulant], ministre de l'instruction publique et des cultes; le baron Haussmann, sénateur, préfet de la Seine; Desnoyers, maire; Demeure, curé; Mouvillard-Tnibauh, adjoint au maire; Truchy, architecte. »

Du côté gauche :

« Sous le règne de Napoléon DJ, empereur de Français,

* La première pierre de cette église, édifiée sur remplacement de celle qui datait de mdcxxxv, a été bénite par iL D.-A. Sibour, archevêque de Paris, le il juin hmxcliv, et posée par le baron Haussmann, préfet de la Seine, le comte de Persigny étant ministre de l'intérieur; Fortoul, ministre de l'instruction publique et des cultes; Pommier, maire; Langlois, curé; Desnoyers, ilovillard, Mîgnard, adjoints au mam l -- -

La chapelle de la Vierge est la partie la plus défectueuse de l'édifice : elle est sombre. A droite et à gauche de l'entrée s'allongent deux murs blancs dans chacun desquels s'ouvrent, sous une arcature ogivale, une porte et nue fenêtre pareilles à celles des plus vulgaires habitations. Cet arrangement est motivé par la nécessité de placer derrière l'abside une sacristie et une salle de catéchisme. 11 eût été désirable qu'on imaginât une autre combinaison, et ce sera peut-être l'œuvre de l'édilité nouvelle, qui sera désormais chargée d'entretenir le monumeni. H a besoin d'être dégagé. Du côté sud, il est bordé par une rue d'une largeur convenable, mais au nord, une ruelle étroite le longe. Le chevet est enclavé dans des propriétés particulières, et la place ménagée devant le portail n'a pas un diamètre proportionné à la hauteur des flèches. Que la superficie du parvis s'étende; qu'on recule la mairie, qui n'a pas d'ailleurs de caractère monumental, alors on pourra mieux juger des beautés très-réelles de l'église Saint-Jean-Baptiste de Belleville.

Belleville, dont nous venons de décrire le plus bel édifice, était d'abord une montagne inculte, en langue franque satchardl (sale et sauvage), et en basse latinité savegia^ d'où sont venus, par abréviation, savgia et enfin saria. Pendant la période mérovingienne, les rois y avaient déjà une maison de plaisance; on trouve encore des pièces de monnaie fabriquées en cet endroit, et sur lesquelles se lit cette marque ahréviative : : "...: en effet le nom du château qu'ils avaient bâti

sur cette éminence.

Plus tard, en 1060, après donation faite par le roi Henri V, le prieur de Saint-Martin-des-Champs posséda le fief de Savie; plus tard encore, il fit conduire dans plusieurs quartiers de Paris l'eau qui se trouvait en abondance sur la montagne : la -^ --.J.::-. -:::-- L. .j. -r-r i: '■ .r .- : :: ».i:-!l.-.: e~: entre autres, alimentée par ces eaux. Cn regard en pierre, avec inscription commémorative, portant la date' de 1636, se voit encore aujourd'hui au-dessous de la rue de l'Ermitage; il nous rappelle ce fait important, et sur un des écussons qui 1:v:-tlii la :'i:jl: ir-i i^::ïl:c:;:l:. .: :-:;r:r .;. i^irr- :~- ravages du temps, saint Martin coupant son manteau pour en donner la moitié à un mendiant.

Avant qu'on les eût utilisées de la sorte, ces eaux étaient vagabondes, et tant par la rue des Rigoles que par celle des Cascades, elles se déversaient dans une mare, sorte d'aquarium naturel d'où s'échappait le ruisseau de Ménihnontant. Ce ruisseau, qu'a dû singulièrement diminuer l'alimentation des fontaines, descendait cristallin et rapide jusqu'aux murailles de Paris, filait dans les fossés du Temple, stagnait quelque peu dans les marais Saint-ilartin, puis reprenait son cours jusqu'à

- ine.

Ce qui reste aujourd'hui de ce filet amaigri se perd dans les égouts. Belleville, devenue cité populeuse, voulut revendiquer la propriété de ses eaux; mais le conseil d'État, après délibération, l'a déboutée de sa demande, de sorte qu'aujourd'hui

même cette commune n'a qu'une ou deux pauvres fontaines haletantes, et qu'elle a été obligée d'établir un système de conduits jusqu'à Charenton pour en faire venir les eaux qui se trouvent dans un grand nombre de maisons bourgeoises.

Cependant, les pentes de Savie s'étaient défrichées peu à peu, puis des habitations s'y étaient élevées, et sous Charles VI enfin, il y avait la un village nommé Poitronville, on ne sait pourquoi, mais qu'à cette époque déjà on surnommait Belleville à cause de l'exclamation qui s'échappait invariablement de la bouche de quiconque apercevait de ce point Paris pour la première fois.

Au xvie siècle, ces habitations s'étant considérablement augmentées, les campagnards, qui n'avaient d'autre paroisse que Saint-Merry, adressèrent à l'évêque de Paris, Eustache Du Bellay, une requête pour obtenir une chapelle où ils pourraient entendre la messe sans aller si loin ; cette permission leur fut accordée, et l'on y bâtit une église sous le vocable de saint Jean-Baptiste (1543).

Cette première église fut rebâtie un siècle plus tard, et puis enfin remplacée, en 1853, par celle dont nous avons admiré l'ensemble et les détails.

Il y eut aussi à Belleville un couvent de pénitents du tiers ordre de Saint-François : cet établissement fut fondé en 1038 par un habitant du pays nommé Jean Bordier, et autorisé onze ans après par l'archevêque de Paris, Jean-François de Gondy.

Cependant le village, qui était à proximité de Paris, et surtout dans une situation délicieuse, ne tarda pas à devenir un lieu de villégiature fort en vogue; et la noblesse, ainsi que la riche bourgeoisie, y eurent bientôt des maisons de campagne décorées avec luxe : on voit encore dans la rue de Paris un dernier vestige de ces villas princières, c'est la propriété dite la Maison-Rustique, et que les gens du quartier s'obstinent à appeler le Palais-Royal.

Un peu plus haut que ce palais rustique s'ouvre la rue de Calais, dont quelques jardins en terrasses offrent un des plus beaux panoramas du monde ; on y voit tout Paris et les plaines qui s'étendent au delà; c'est dans cette rue qu'était l'hôtel ou château des Savies, dont on voyait encore quelques vestiges il y a une quinzaine d'années.

A ce château se rattache le souvenir d'une cérémonie touchante qui y fut instituée au commencement du xvic siècle par Marie d'Angleterre, troisième femme de Louis XII : c'est la fête de la Rose nommée. Chaque année, au printemps, la jeune fille reconnue pour être la plus sage, la plus vertueuse, était désignée pour venir en grande pompe, et dans un lieu consacré à cette cérémonie, planter un rosier auquel elle donnait son nom, et que l'on cultivait avec soin ; le jardin où se. trouvaient ces florales archives était appelé le Champ de Roses.

Plus tard, la fête de la Rose nommée tomba en désuétude; mais en 1775, il se forma à Belleville une association dont le but était de ressusciter cette fête du vieux temps, seulement on en modifia les rites et la cérémonie, et la Rose nommée fut remplacée par le couronnement d'une rosière, qui fut élue, couronnée en mai, puis dotée et mariée le premier lundi du mois de septembre suivant; cette fête fut célébrée jusqu'à la Révolution.

Entre les maisons échelonnées sur les pentes , et surtout à son sommet, Belleville possédait d'immenses cultures de groseilliers et de magnifiques bosquets de lilas, bosquets et cultures qui lui ont valu une partie de sa renommée; au siècle dernier, en effet, c'était laque l'on venait aux lilas : joli temps pour les amoureux. Quant aux groseilles, leur réputation e>t parvenue jusqu'à nous : qui n'a entendu parler des groseilles à maquereau de Belleville?

Cependant, comme on ne pouvait pas plus aller aux groseilles qu'aux lilas sans faire en route plus ou moins de stations, il s'y était établi force cabarets qui, pendant plus d'un siècle, firent les délices des ouvriers parisiens. Le Moulin de la Galette, le dernier de ces établissements champêtres, se voyait encore il y a quinze ans au-dessus de la rue Piat. Mais de tous les restaurants, guinguettes et autres établissements du même genre, aucun n'acquit, à beaucoup près, une vogue pareille à celui de Ramponneau, qui, comme nous l'avons dit, débuta à la Courtille avant de se fixer aux Porcherons.

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