HOMMAGE AU CHORAL DE BELLEVILLE
Air : Pour rigoler, montons, — montons à la barrière.
Vraiment ne point fêter Les chœurs de Belleville, Serait se comporter De façon peu civile.
De la grande cité Redoutant l'atmosphère, La cordialité' S'exile à la barrière
0 vous qui cultivez La science chorale, Je vois que vous avez "Une humeur libe'rale.
On voudrait trop souvent Nous mener en arrière; Pour marcher en avant, Honneur a la barrière !
Vous épurez les mœurs; En ces cantons naguères Résonnaient des clameurs Et des refrains vulgaires.
Par vos soins s'opéra Une réforme entière.
Et mieux qu'à l'Opéra On chante a la barrière.
Chaumont , Ménilmontant , Ont vu sur leurs collines Nos pères combattant Au milieu des ruines.
Leurs enfants, que voici , Pleins d'une ardeur guerrière, S'il le fallait aussi, Défendraient la barrière.
Indigne des Français , Un usage me vexe ; 11 interdit l'accès Des banquets au beau sexe.
Qu'elle offre d'agrément, La fête hospitalière Où l'on a galamment Levé cette barrière !
De ce joyeux dîner Nous garderons mémoire ; Mais pour le couronner, Empressons-nous de boire ; Car l'octroi de Paris, Étendant sa carrière, Compte augmenter le prix Des vins de la barrière.
Nous n'avons dans le XIXe arrondissement qu'une partie de Belleville, dont nous allons retrouver dans le XXe les intéressants souvenirs, les riants paysages, la verdure, les vide-bouteilles et les cottages, paisibles retraites des commerçants parisiens.