VOITURES DES ENVIRONS DE PARIS
Nous sommes arrivés au bout de notre course. Il ne nous reste plus, avant de prendre congé de nos lecteurs, qu'à leur indiquer les lieux de plaisir et de promenade des environs de Paris, et à leur dire quels véhicules ils doivent employer pour s'y transporter. Los Parisiens émigrent volontiers le dimanche depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, et les heures de cette journée sont trop précieuses pour qu'on en perde une partie en recherches souvent infructueuses; car si tout le monde sait où sont situés les embarcadères des chemins de fer, beaucoup de personnes ignorent où sont les bureaux des voitures qui conduisent dans les principaux environs de Paris. Ce sont ces bureaux que nous voulons faire connaître et ces embarcadères que nous voulons rappeler, en donnant quelques indications rapides sur les localités à visiter.
Arcueil. C'est la première station du chemin de fer d'Orsay (barrière d'Enfer). Arcueil est un village de 2,500 habitants, situé dans un vallon sur la rivière de Bièvre. Il tire son nom de l'aqueduc qui y fut construit par les Romains, et dont on voit les restes contigus à l'aqueduc moderne, bâti par Marie de Médicis. L'église d' Arcueil, bâtie au xine siècle, est une des plus remarquables des environs de Paris. Outre le chemin de fer d'Orsay, on peut y aller par des voitures qui partent toutes les heures, rue Christine, 4, et passage Dauphine, 16.
Asnières. Par le chemin de fer de Saint-Germain, r. St-Lazare. Cette
localité, à 8 kilomètres de Paris, doit son nom aux ânes qu'elle élevait au temps jadis. Aujourd'hui c'est un charmant village, trop charmant, et par conséquent trop populeux, surtout le dimanche, lorsque le bal célèbre qui s'est installé dans le parc d'Asnières fait entendre le son joyeux des contredanses, et que les beautés légères de Paris viennent s'y livrer à la fougue de leurs talents chorégraphiques. Ce sont là les plaisirs de la soirée ; pendant le jour, Asnières offre d'autres plaisirs : c'est, au-dessous de Paris, l'extrême limite des voyages du canotier parisien; il faut voir, à l'heure du dîner, débarquer les flambards, en costumes plus ou moins pittoresques, presque toujours prétentieux, les mains dans les poches et se dirigeant du port vers les traiteurs, avec ce dandinement particulier au marin, cette allure que donne l'habitude du tangage et du roulis ! Près d'eux s'avancent leurs compagnes, intrépides comme eux, le cigare aux lèvres, l'assurance au front. Fuyez, candeurs bourgeoises qui craignez la pipe et les jurons ! Déjà la friture frémit dans la poêle ; déjà la matelotte fumante est sur la table ; on chante, on boit, on rit, on se démontre que pendant la traversée on a couru les plus grands dangers, heureusement surmontés, grâce à l'expérience et au sang-froid du chef d'équipe ; on rappelle avec pitié les mésaventures des embarcations rivales, qui ont essayé une lutte impossible avec l'équipage du Tonnant! On s'egaye et l'on égayé les autres; car rien n'est plus réjouissant pour un auditeur désintéressé que cet étalage de prétentions nautiques; c'est une comédie qui en vaut bien une autre, et je conseille fort aux gens raisonnables de ne pas se la refuser.
Aulnay. Par le chemin de fer de Sceaux et par les voitures de la rue Christine, 12. Ce joli hameau est une des dépendances de Châtenay ; il est formé par de belles et riches maisons de campagne, au nombre desquelles on distingue celle de M. Alexandre de Girardin.
Autkuil. Par le chemin de fer, rue St-Lazare ; par les voitures de la rue du Bouloi, 9, et par le bateau à vapeur du Pont-Royal. Nous renvoyons, pour la description de ce beau village , aujourd'hui compris dans Paris, au Nouveau Paris de notre collaborateur E. de La Bédolière.
Batig-nolles. Par le chemin de fer d'Auteuil et par les lignes C, L, X, 2, des omnibus. Pour la description, même observation que ci-dessus.
Belleville. Par les lignes C, Y des omnibus. Même observation que ci-dessus.
Bellevue, Par le chemin de fer de l'Ouest (boul. Montparnasse), dont ce village est la troisième station. Il doit sa réputation à sa position et à Mme de Pompadour. La marquise, se rendant un jour de Sèvres au château de Meudon, fut frappée de la beauté du site où elle se trouvait. En effet, du sommet de la colline qu'elle venait de gravir se déroulait à l'œil un panorama immense, qui embrassait toute la vallée de la Seine et s'étendait jusqu'au delà de la capitale. Le marquise témoigna le désir d'y avoir une maison de plaisance. Ses désirs étaient des ordres, et tout aussitôt architectes, artistes et jardiniers se mirent à l'œuvre. Lassurance dressa les plans, d'Isles dessina les jardins; Coustou, Falconnet, Adam l'aîné, Salé, Pigalle, Fragonard, Lagrenée, rivalisèrent de talent et de goût. Le château de Bellevue s'éleva comme par enchantement ; commencé le 30 juin 1148, il était achevé le 20 novembre 1750. Bellevue était surtout remarquable par sa position avantageuse et la gracieuse magnificence de sa construction. En arrivant du côté de Meudon, on rencontrait deux pavillons carrés dont l'un existe encore ; puis les curieux admiraient l'avenue de tilleuls qui conduisait à l'avant-cour où se trouvaient les écuries et la salle de spectacle. On pénétrait ensuite dans la cour du château, fermée de trois côtés par les ailes et le corps du bâtiment, et du quatrième par une belle grille en fer doré qui la séparait du parc. La façade principale regardait Paris. Il y avait au-devantjine terrasse qui existe encore, et d'où l'on jouit d'une vue magnifique : des rampes gracieuses appliquées aux flancs du coteau descendaient jusqu'au rivage de la Seine et conduisaient à un pavillon appelé Brimborion, qui terminait la propriété en face des belles plantations de peupliers et de saules qui ombrageaient les îles Séguin et Billancourt. Les parterres et le parc , d'une étendue de plus de cent arpents, étaient plantés dans le goût du temps; l'ornement le plus remarquable étaient deux statues d'une belle exécution, dues au ciseau de Pigalle, et représentant le roi et la belle propriétaire du lieu. — Louis XV avait pris tellement à cœur l'achèvement de Bellevue, qu'il présidait en quelque sorte lui-même à la conduite des travaux, et que plusieurs fois on le vit se faire apporter ses repas au milieu des ouvriers. Il y coucha pour la première fois le 24 novembre 1750. Trois ans après, on y joua le Devin du Village. La marquise de Pompadour remplissait elle-même le rôle de Colin, et 50 louis furent envoyés à l'auteur. La prédilection de Louis XV pour cette résidence le détermina à s'en faire plus tard céder la propriété ; elle faisait donc partie du domaine de la couronne quand Louis XVI en fit don à ses tantes, Mesdames de France, qui reculèrent les limites du parc et apportèrent de nouveaux embellissements au château. — La révolution trouva Bellevue à l'apogée de ses splendeurs; un décret de la Convention l'avait compris, avec Meudon, dans la classe des palais conservés pour une destination d'utilité publique ; mais la sentence parlementaire ne fut pas ratifiée par l'instinct populaire, qui, dans un discernement trop peu remarqué, proportionna presque partout sa fureur dévastatrice à la honte ou à la barbarie des souvenirs que les monuments lui rappelaient. Bellevue eut à souffrir un peu moins que Marly, mais beaucoup plus que Meudon et Saint-Cloud. La spéculation privée acheva plus tard l'œuvre révolutionnaire. En 1823, un M. Guillaume, devenu acquéreur de cette propriété, la divisa en une cinquantaine de parcelles, fit tracer le plan d'un village, et concourut à la construction d'une partie des charmantes villas qui forment aujourd'hui
VOITURES
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un des bourgs les plus délicieux des environs de Paris ; il faut citer comme remarquables entre toutes les habitations élevées sur le sol do l'ancien château ou agrandies des anciennes dépendances du parc, les propriétés de M. Odicr et de Mme Delisle. \^n chemin descend de Bellevue vers la porte du parc de St-Cloud.
Boissy-St-Léger. Par les voitures du boul. Beaumarchais, 10, et par la ligne S des omnibus.
Bougival. Par le chemin de fer de St-Germain, et par les voitures spéciales du faubourg St-Denis, 22.
Boulognk. Par le chemin de fer d'Auteuil, par les voitures spéciales de la rue du Bouloi 9, et par le bateau à vapeur du Pont-Royal. Boulogne est un grand et beau village, à 9 kilomètres de Notre-Dame. Il se composait, au xivc siècle, de quelques maisons groupées autour de Notre-Dame de Boulogne, ainsi nommée par des Parisiens qui, ayant fait un pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer, entreprirent de construire sous cette invocation une église dans le voisinage de Paris. Cette église, exactement semblable, dit-on, à celle qu'ils venaient de visiter, lut achevée en 1348, et agrandie dans le siècle suivant. Le village avait d'abord le nom de « Menus lez Saint-Cloud; » mais le nom do Boulogne-sur-Seine a prévalu, et s'est étendu au bois qui l'avoisine. Il était autrefois beaucoup plus vaste, et couvrait tout le territoire qu'on désigne aujourd'hui sous le nom de plaine des Sablons; on le désignait sous la dénomination de forêt de Rouvray.
Bourg-la-Reine. Par le chemin de fer de Sceaux, et par les voitures spéciales du passage Dauphine, 16, et de la rue Christine, 12.
Cachan. Par le chemin de fer de Sceaux, et par les voitures spéciales de la rue Christine, 12.
Charenton. Par les omnibus, lignes R, S, et par le chemin de fer de Lyon (boul. Mazas). C'est le commencement des bords de la Marne.
Chàtenay. Voitures, rue Christine, 12, et chemin de fer de Sceaux. Ce village, dont le nom vient des châtaigniers qui croissaient sur son territoire, est déjà cité au temps de Charlemagne par Irminon, abbé de St-Germain-des-Prés. Au xuie siècle, cette seigneurie appartenait aux Templiers; ils la vendirent au chapitre de Notre-Dame. En 1245, pendant la première croisade de saint Louis, ce chapitre fit emprisonner lus serfs de Chàtenay, parce que ces malheureux n'avait pu lui payer leur redevance. Quelques-uns de leurs compagnons intercédèrent auprès de la mère de saint Louis, la reine Blanche, qui demanda leur mise en liberté. Le chapitre s'y refusa. La reine alors se rendit en personne à la prison, lit enfoncer les portes, délivra les prisonniers, et se saisit du temporel de l'église jusqu'à ce que les chanoines eussent indemnisé les habitants du tort qu'ils leur avaient fait éprouver. Quelques années plus tard, les habitants de Chàtenay s'affranchirent moyennant la somme de 1,400 livres tournois. L'église de Chàtenay est un édifice remarquable et fort ancien.
Chatillon. Voitures, rue Christine, 12, et r. Grenelle-St-Honoré, 45. Ce village n'a rien de remarquable en soi, à part son église ; il est, pour ainsi dire, l'entrée d'environs charmants, Fontenay, Bagneux, Bourg-la- Reine, etc.
Chatou. Chemin de fer de St-Germain, et voitures, boulevard Samt- Denis, 22.
Chaville. Chemin de fer de Versailles (rive gauche), 18 minutes de Paris. Il est à la porte du bois de Meudon.
Chennevière. Voiture, boulevard Beaumarchais, 10, et les omnibus, lignes R, S, T, U, V, X.
Choisy-le-Roi. Par le chemin de fer de Corbeil ; par les voitures place Dauphine, 5, et rue Coq-Héron, 17, et par le bateau à vapeur, quai de la Grève. C'est une jolie petite ville, à 15 minutes de Paris. Belles maisons de campagne. Pont en chêne avec culées en pierres. Célèbre manufacture de faïence, etc.
Clamart. Par le chemin de fer de Versailles (rive gauche). Beaucoup de maisons de campagne, dont quelques-unes sont du meilleur goût et rappellent celles d'Enghien. Ce village doit une partie de sa vogue à son voisinage du bois de Meudon.
Corbeil. Par le chemin de fer, boulevard de l'Hôpital, et par le bateau à vapeur, quai de la Grève. Jolie petite ville, sans intérêt historique. Les environs sont gracieux, et la rivière d'Essonne y présente quelques jolis sites.
CoURBEVOic. Par le chemin de fer de Versailles (rive droite), et par les voitures rue de Rivoli, "4, et boul. St-Denis, 22, et par les omnibus, ligne A.
Coorcelles. Par le chemin de fer d'Auteuil, dont il est la 2e station.
Enghien, Par le chemin de fer du Nord et par les voitures Faub.-St- Denis, 47. Beaucoup de chalets, un lac et des eaux minérales.
Fontenay-aux-Roses. Par le chemin de fer d'Orsay et par les voitures spéciales delà rue Christine, 12, et de la rue de Grenelle-St-Honoré, 45. La station de Fontenay est à 9 kilomètres, 10 minutes de Paris. Fontenay-aux-Roses doit son nom aux sources dont son territoire est arrosé, et son surnom aux roses qui, avec les fraises et les violettes, y sont surtout cultivées. Ce jardinage tout gracieux prédestinait ce village à être chéri des citadins qui aiment la campagne d'un amour modéré et veulent que la nature soit propre et élégante comme un jardin. A ce point de vue, Fontenay doit être regardé comme le plus charmant séjour des environs de Paris. Aussi les maisons de campagne y abondent, et chaque dimanche y amène des (lots de visiteurs, qui ôtent à cette jolie campagne tout ce qui pouvait lui rester d'agreste. La culture des roses est depuis bien longtemps la principale industrie de Fontenay. On voit dans les actes du parlement que le confectionneur de bouquets de roses de la cour se fournissait à Fontenay.
Fontenay-sous-Bois , Voitures, rue Saint-Martin , 326, et boulevard Beaumarchais, 10. On y va aussi par los correspondances des omnibus, lignes R, S, T, U, V, X.
Fontainebleau. Par le chemin de fer de Paris à Lyon. C'est un des environs de Paris les plus éloignés ; mais comme ce n'est pas un des moins fréquentés, nous devons en parler, et, à cause de son importance, en parler longuement. Fontainebleau a été longtemps un village obscur. En 1169, Louis VII y fit construire un modeste rendez-vous de chasse et une chapelle. Après Louis VII, saint Louis se plut dans ce séjour; il agrandit les fondations de son bisaïeul, construisit le pavillon qui porte encore son nom et un hôpital pour les pauvres malades. Philippe le Bel, qui était né dans la résidence de Fontainebleau, et qui y mourut, et Charles V le Bel, son troisième fils, y séjournèrent habituellement. Puis vint Charles V le Savant, Isabeau de Bavière, hôtesse de ce séjour, qu'elle embellit, en lit le théâtre de sa vie de scandale et de libertinage. François Ier, Henri II, Henri IV, affectionnèrent Fontainebleau. Le génie italien de la renaissance éleva les bâtiments que nous admirons aujourd'hui; Serlio construisit la façade de la cour des Fontaines, le Rosso peignit la galerie qui a pris le nom de François 1er; Benvenuto Cellini y exposa son fameux Jupiterd'argent. La salle de bal, complétée plus tard parles peintures du Primatice et de Nicolo del Abbate, est de cette époque. Une vaste pièce, naguère ouverte à tous les vents et où se voyaient a peine les vestiges des peintures du grand Primatice, a été rajeunie et restaurée habilement il y a quelques années, et aujourd'hui on peut y admirer, dans leur splendeur, les œuvres de ce maître du xvie siècle. Après Henri II, les troubles de religion liront oublier, pendant quelques années, le charmant séjour de Fontainebleau; mais la paix y ramena Henri IV. Ce roi fit construire les bâtiments de la cour du Cheval-Blanc; l'appartement des bains, en forme de grotte rustique, qui faisait suite à la galerie d'Ulysse ; la galerie des Chevreuils, qui n'existe plus ; la galerie des Cerfs ; la galerie de Diane, souvenir consacré par ce roi galant à la maîtresse bien-aimée de l'un de ses prédécesseurs. Des terrasses, des parterres, le grand canal, embellirent les jardins. En 1606, Fontainebleau eut de magnifiques fêtes à l'occasion du baptême de Louis XIII, alors âgé de cinq ans. On avait apporté, de Vincenncs à Fontainebleau, la cuve du ixe siècle qui servait pour le, chrétiennement des enfants de France.La reine et lesseigneursétaientcouverts de perles et de diamants, et Sully, l'ordonnateur de la fête, couronna celle-ci par un feu d'artilice où l'on voyait un château pris par des satyres. Louis XIII fit construire, en 1634, par Jacques Lemercier, l'escalier en fer à cheval de la cour d'honneur. Sous Mazarin, Christine de Suède reçut l'autorisation d'habiter Fontainebleau, et ce fut dans ce séjour que, le 10 novembre 1657, elle lit assassiner son favori Monaldeschi. Le corps du grand écuyer repose à la lisière de la forêt, au-dessous du bénitier de l'église du petit village d'Avon. Louis XIV et la Vallière habitèrent ce bienheureux séjour, et il retentit du bruit des fêtes joyeuses, des carrousels et des concerts. Les interminables guerres, les grandes affaires, tous les soins du gouvernement, d'autres amours, entraînèrent ailleurs Louis XIV ; mais Fontainebleau le revit, vieilli cette fois et dévot, menant avec lui Mme de Maintenon.
De Louis XIV à Napoléon, Fontainebleau est oublié. La révolution épargna ce séjour royal. Napoléon en fit l'une de ses résidences favorites; il en embellit et agrandit les constructions, }' dépensa 6,242,000 fr.; il aimait à chasser dans la forêt lorsque sa vie militaire lui laissait quelques jours de repos. Pie VII passa dBux fois par cette ville, et là aussi s'accomplirent le mariage de l'empereur avec Marie-Louise, et l'aile d'abdication. C'est dans la cour du Cheval-Blanc qu'eurent lieu ses adieux célèbres à ses compagnons d'armes. La restauration oublia la résidence aimée de Napoléon. Mais les intelligentes réparations exécutées sous le règne de Louis-Phi lippe ont rendu à cette demeure des rois la splendeur dont elle est digne. Aujourd'hui le château est composé de six cours : la cour du Cheval-Blanc, la cour des Fontaines, la cour Ovale ou du Donjon, la cour ou jardin de l'Orangerie, la cour des Princes et la nmr des Cuisines. Chaque cour est entourée de trois ou quatre corps de bâtiments. La première doit son nom à un cheval en plâtre, copie du cheval de Marc Aurèle, moulé à Rome en 1560. Dans l'un des bâtiments de cette cour se trouve la chapelle de la Trinité, remarquable par sa belle architecture. Le principal autel est décoré de quatre colonnes en marbre blanc avec des chapiteaux en bronze doré, de quatre anges du même métal, et des statues en marbre blanc de Charlemagne et.de saint Louis. Les bâtiments de la cour Ovale sont plus anciens que ceux des autres cours; il s'y trouve un balcon extérieur, supporté par quarante-cinq colonnes de grès. C'est là que se trouve la salle du trône, les appartements royaux, la bibliothèque, la salle de bal ; Napoléon y signa son abdication en 1814; on montre la petite table d'acajou où fut accompli ce grand acte, et la plume dont se servit l'empereur. Dans les bâtiments de la cour de l'Orangerie se trouve la galerie des Cerfs, où Christine fit assassiner son amant, et celle de Diane , décorée par MM. Abel de Pujol et Blondel.
Dans la partie sud du parc se trouve la grande pièce d'eau, dite l'Étang. Le reste de ce vaste jardin est traversé par un canal de 1,170 mètres de long sur 46 de large .
La forêt présente une étendue de près de vingt, mille hectares. Les sites les plus renommés sont : 1° la Goryeaiu- Loups, au sud de Fontainebleau, près delà route de Lyon par Moulins : cet endroit, un des moins fréquentés par les touristes, est d'un aspect sauvage et grandiose ; 2° les gorges de Fraiichart,ài l'ouest de la ville, vallée formée de blocs de grès, du milieu desquels s'élèvent quelques bouleaux échevelés : c'est là que se trouve la Hoche oui pleure : on y rencontre, — chose moins pittoresque,
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mais qui a parfois son agrément, — un ermitage orné d'un restaurant ; 3o les gorges d'Aprentont, près de la lisière de la forêt du côté de Paris : c'est, au gré de la majorité des artistes, l'endroit le plus beau de la forêt ; 4° enfin la vallée de la Sole, à peu de distance des gorges d'Apremont ; cette vallée se trouve à droite de la route de Fontainebleau à Paris : les gorges d'Apremont sont à gauche (en allant vers Paris).
Gonesse. "Voitures, boulevard Saint-Denis, 22.
Joinville-le-Pont, Voitures, boulevard Beaumarchais, 10. — Rue St-Martin, 326. — Rue du Bouloi, 22. — Omnibus, lignes R, S, T, TJ, V, X. C'est le commencement de ce que les canotiers parisiens appellent le Tour de Marne.
Juvisy. Par le chemin de fer de Corbeil, qui se bifurque en cet endroit.
Maisons-Laffitte. Par le chemin de fer de Rouen et par les voitures de la place de l'Hôtel de Ville. A 17 kilomètres de Paris. On y voit un château où. Voltaire habita pendant quelque temps et qui, après avoir appartenu au comte d'Artois, a été successivement la propriété de M. de Montebello et de M. Jacques Laffitte
Marly. Par le chemin de fer de Saint-Germain et par les voitures du boulevard St-Denis, 22.
Meudon. Par le chemin de fer de Versailles (rive gauche). C'est la 2e station de cette ligne, à 10 minutes de Paris. Meudon est célèbre par le séjour qu'y fit Rabelais, par sa forêt et par son château, qui est bâti sur une hauteur. Ce château, bâti par le Dauphin, fils de Louis XIV, était sa résidence habituelle et celle de sa maîtresse, Mlle Choin : ce fut là qu'il mourut. Il existait à côté un château plus ancien, bâti par Philibert Delorme, et dont on ne saurait trop regretter la perte : il a été détruit vers la fin du consulat. Il avait été affecté, pendant la révolution, à une commission de savants chargés d'examiner tous les perfectionnements à apporter à l'artillerie, tous les procédés proposés alors pour multiplier les moyens de résistance aux armées qui envahissaient la France. Cette commission était composée de Carnot, Monge, Berthollet, Foorcroy, Aubry, Robert Lindet. Chaque jour partaient de là des fourgons chargés de munitions de toutes sortes ; et ce fut dans ce château que fut fabriqué l'aérostat célèbre qui s'éleva dans les airs le matin de la bataille de Fleurus (1794), et du haut duquel deux officiers du génie jetaient des indications écrites sur les positions occupées par l'armée autrichienne.
Montlhéry. Par le chemin de fer d'Orléans, à 45 kilomètres sud de Versailles, et à 30 kilomètres de Paris. C'était un ancien comté, siège d'une prévôté royale et d'une châtellenie, dépendant du diocèse de Paris, faisant partie du Hurepoix et de la province de l'Ile-de-France.
Montmorency. Par le chemin'de fer du Nord et par les voitures spéciales du boulevard St-Denis, 22. Malgré quelques prétentions contraires et fort peu fondées, l'origine de Montmorency ne remonte pas plus haut que le xie siècle. Un seigneur du nom de Burchard et surnommé le Barbu, possédait, dans l'île Saint-Denis, une forteresse d'où il dirigeait contre les propriétés de l'abbaye des expéditions toujours impunies : le roi Robert obtint de lui la cession de son château , qu'il fit raser, en échange d'une autorisation d'en construire un autre au lieu appelé Monsmorenciacum , près de la fontaine Saint- Walaric. C'est après l'achèvement du nouvel édifice, et la formation du village qui vint se grouper autour, que la dynastie des Burchard échangea son nom contre celui de Montmorency, qui devait acquérir une si longue et si éclatante célébrité. La ville suivit la fortune de ses seigneurs : fortifiée au temps des guerres féodales , assiégée par Louis le Gros qui préféra un accommodement amiable aux chances d'un assaut ; embellie avec le butin des victoires , dotée pendant les périodes religieuses de monastères et de pieuses fondations, elle resta en la possession des Montmorency jusqu'à la mort du dernier duc , Henri II, décapité à Toulouse le 30 octobre 1632. Cette terre, érigée en duché-pairie dès 1554, fut alors confisquée par Louis XIII et donnée par lui au prince de Condé, duc de Bourbon, qui avait épousé la sœur du duc supplicié. Louis XIV, en confirmant cette donation, changea, par lettres patentes du mois de septembre 1689, le nom de Montmorency en celui d'Enghien, qui était le nom de la première baronnie du Hainaut qu'Antoine de Bourbon , roi de Navarre, avait autrefois donnée à son frère cadet, Louis de Bourbon, prince de Condé. Malgré les édits royaux, l'obstination des souvenirs populaires a conservé à Montmorency le nom des seigneurs qui l'avaient illustré; un village, construit plus récemment au pied de la montagne, dans la vallée et au bord d'un vaste étang, a pris et gardé le nom d'Enghien. La célébrité de Montmorency s'est accrue sur la fin du siècle dernier du séjour de Jean-Jacques Rousseau à l'Ermitage, petite maison à l'entrée de la forêt. Pendant la révolution on voulut donner à la ville le nom d'Emile, titre de l'ouvrage que le grand écrivain y avait composé ; mais la Convention ne fut pas en cela plus heureuse que le grand roi , et le nom de Montmorency prévalut. La demeure de Rousseau fut habitée ensuite par Grétry; d'autres maisons furent construites près delà, et ont changé l'aspect de cette colline, si chère au philosophe genevois. Les orages des derniers siècles et l'envahissement des constructions modernes ont respecté bien peu le vieux Montmorency. De l'ancien château, il ne reste rien depuis longtemps , ni de la communauté des prêtres de l'Oratoire fondée par Anne de Montmorency, ni du couvent des Mathurins. L'Hôtel- Dieu seul a survécu, et l'église paroissiale, édifice remarquable qui peut être comparé à certaines cathédrales ; l'architecture et la sculpture dont elle est ornée datent du commencement du xvme siècle. Les magnifiques tombeaux qui la décoraient en furent enlevés au commencement de la révolution et transportés au Musée des Petits-Augustins ; mais ce qu'on ûe saurait ravir à Montmorency, c'est le charme de ses prome-
nades, l'ombrage de ses bois , les richesses de sa vallée, les magnifiques points de vue de son coteau. Aussi tous les environs sont-ils couverts de maisons de campagne dont la proximité du chemin de fer du Nord, qui traverse la vallée dans toute sa longueur, augmente le nombre chaque année.
Pierrefonds. Par le chemin de fer du Nord. Ce bourg, situé sur la lisière orientale de la forêt de Compiègne, doit sa célébrité à ses deux châteaux, séjour de seigneurs puissants au moyen âge. Le second de ces deux monuments féodaux subsiste encore, et est l'un des plus complets qu'on puisse voir en France. Le premier château de Pierrefonds fut construit sur l'emplacement actuel de la ferme dite du Rocher. Il paraît avoir existé dès le commencement du xie siècle, avant la naissance de Nivelon 1er, qui fut le premier seigneur de Pierrefonds.
Saint -Cloud , par le chemin de fer de Versailles {rive droite). Le nom actuel du pays suffit pour constater son existence contemporaine des Mérovingiens; il le doit, en effet, au souvenir de Clodoalde, troisième fils de Clodomir et petit-fils de Clotilde, qui , plus heureux que ses deux frères , échappa au poignard de ses oncles , et se retira au milieu des bois de Novigentum. Longtemps oublié dans l'histoire, Saint- Cloud n'y reparaît que vers l'an 1358, à l'époque de l'invasion des Anglais ; depuis lors il devient le théâtre des faits les plus importants pendant la longue période des guerres civiles et des guerres de religion. Sa position , comme dernière étape, avant Paris , dont le cours de la Seine protège les remparts, en a fait un point stratégique très-important depuis le xive siècle jusqu'en 1815.
Saint-Cloud s'élève en amphithéâtre sur la rive gauche de la Seine, appuyant au nord ses coteaux aux pentes du mont Valérien , et s'abaissant au sud par les allées de son parc jusqu'à l'étroite vallée de Sèvres. La Seine seule le sépare à l'est du village de Boulogne, auquel il est relié par un pont en pierre, construit en 1810, qui a remplacé le vieux pont de bois et ses fameux filets, de funèbre mémoire.
Saint-Denis. Par le chemin de fer du Nord, et par les voitures du boulevard St-Denis, 22. Autrefois nommée Saint-Denis-en-France, pour la distinguer du grand nombre de lieux qui portent le même nom ; ancienne ville et abbaye célèbre, aujourd'hui chef-lieu du premier arrondissement communal du département de la Seine , avec tribunal de première instance, institution impériale, pour les filles d'anciens militaires décorés, dite maison de la Légion d'honneur, belles casernes, etc.popelation, 13,688 habitants, sans la garnison, et en la comptant, 15,702; renommée pour sa légère pâtisserie dite tahnouses. L'histoire dé la ville de St-Denis est tout entière dans celle de son abbaye.
Saint-Germain-en-laye. Par le chemin de fer de l'Ouest (rive droite). Ce chef- lieu de canton, à 12 kilomètres de Versailles, 23 kilomètres de Paris, compte aujourd'hui 12,527 habitants; cette ville faisait autrefois partie de l'Ile-de-France et du diocèse de Paris. — Saint-Germain ne porte pas , comme semble le faire Versailles un deuil éternel du départ de la cour ; les rentiers qui habitent ses faubourgs sont ou d'élégants Parisiens ou des étrangers, des Anglais principalement, aux habitudes confortables ; l'herbe ne pousse pas entre le pavé des rues, et le centre de la ville, animé par de nombreuses boutiques, est plein de la vie et du mouvement des affaires. Un marché bien situé, près d'une halle couverte, est le centre d'un commerce considérable de céréales, et attire chaque semaine à St-Germain les cultivateurs et les fermiers des environs. Un chemin de fer conduit les voyageurs de Paris sur la place du château de St-Germain ; la pente rapide est gravie par les lourds -wagons sans le secours des chevaux ni de la vapeur, par un système dit atmosphérique, ingénieuse application des forces de l'air raréfié, et premier essai de ce genre qui ait été tenté en France.
Versailles. Par les chemins de fer rive droite et rive gauche, et par les voitures spéciales de la r. du Bouloi, 24, et de la r. de Grcnelle- St-Honoré, 45. Au xic siècle, ce n'était qu'un petit village appartenant à l'abbaye de Ste-Magloire de Paris. La ville actuelle ne prit d'importance qu'après la construction du château, et lorsque Louis XIV y eut fixé sa résidence. Dès 1661, à côté du palais s'éleva une ville digne de recevoir les nombreux courtisans de la monarchie absolue. — Larapidité des premières constructions, écloses, comme une décoration d'opéra, de la volonté de ce monarque qui ne savait pas attendre, le rang et la puissance des familles auxquelles elles étaient destinées , l'unité des plans, permirent, dès le principe, de donner à l'alignement des rues et à la disposition des édifices une régularité sur laquelle durent se régler les constructions postérieures. Aussi, toutes ces rues larges et droites, ces longs et vastes boulevards, rayonnant de la façade orientale du château comme les lames d'un éventail, ont-ils conservé à la ville un aspect grandiose et imposant malgré la solitude et la tristesse de ses jours de décadence. — De tous les monuments historiques de Versailles, en dehors de son château, le plus remarquable est le fameux jeu de paume où se réunirent les représentants du tiers état après la fermeture de la salle de leur réunion, et où ils prêtèrent, le 20 juin 1789, leur mémorable serment. On comprend combien doivent être nombreuses et variées les promenades d'une ville créée pour être le séjour de la cour la plus fastueuse et la plus amoureuse de plaisirs ; les rues sont coupées par de larges places en harmonie avec les bâtiments qui les entourent. — Une ceinture de bois, percés, pour la promenade et pour la chasse, de belles routes souvent pavées, environne Versailles de tous les côtés; les bois de Marly et de Satory viennent se rattacher à chacun des côtés du parc, presque à chacune des ailes du château, et se relient, dans leurs courbes gracieuses, aux ombrages de Chaville et de Meudon, aux parcs de Ville-d'Avray et de St-Cloud. Rien n'a été épargné pour rendre facile
VOITURES
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aux promeneurs les plus paresseux l'accès de ces délicieux paysages : aussi, parmi les 35,367 habitants auxquels est réduite aujourd'hui la population de Versailles, faut-il compter pour près de moitié les étrangers et les rentiers parisiens, attirés à la fois par le calme de la ville et la charme de ses environs.
Au moment où nous allions mettre sous presse, la COMPAGNIE GÉ- NÉRALE DES OMNIBUS a fait paraître un AVIS concernant des modifications importantes qu'elle apporte dès à présent — et apportera d'ici au 1" janvier 1861 — au réseau de ses lignes. Nous croyons être agréable à nos lecteurs en leur donnant ici, en supplément, le tableau de ces modifications.