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JEAN-RAPTISTE POQUEI.IN DE MOLIÈRE EST NÉ EN CETTE LIAISON EX

C'était une erreur, attendu qu'il résulte des registres de la paroisse Saint-Eustache et des archives des hospices que Molière est né le samedi 15 janvier 1022, au coin de la rue des Vieilles-Etuves et de la rue Saint-Honoré, près de la Croix-du- Trahoir; toutefois l'intention de M. Lenoir n'en était pas moins digne d'éloges. En 1818, le Constitutionnel avait proposé une souscription au bénéfice de Molière; il avait renouvelé son appel en 1826, sur l'invitation du directeur de la Comédie- Française; mais ces tentatives avaient avorté. En 1829, une réunion d'artistes et de littérateurs songea â installer l'image de Molière sur la place de l'Odéon ; le sculpteur Gatteaux offrit gratuitement sa coopération; le comte de La Bourdonnaie, ministre de l'intérieur, refusa la sienne, « les places publiques de Paris étant exclusivement réservées aux monuments érigés en l'honneur des souverains ». Cette réponse, qu'on a blâmée, nous paraît toute naturelle; elle était conforme aux faits et aux traditions monarchiques : le bronze et le marbre n'avaient jamais été employés que pour reproduire Louis XIII, Louis XIV, Henri IV et Napoléon. Le général Desaix était le seul homme de race populaire dont on eut toléré le buste au milieu d'une place de la capitale. Pour qu'on adjoignît un

grand poète au grand capitaine, il fallut que la révolution de 1830 ébranlât de nouveau les doctrines exhumées par la restauration ; et aussitôt qu'il fut permis d'inaugurer en place publique la royauté du génie, on pensa tout d'abord à Molière. C'était en 1838. Au centre du carrefour formé par les rues Traversière et Richelieu , tombait en ruines une fontaine séculaire, enrichie d'une inscription de Santeul :

Qui quondam magnum tenuit moderamen aquavnm , Richilius fonti plauderet ipse suo.

Le conseil municipal ouvrit un crédit de 41,000 fr. pour la reconstruire; mais quand on commençait les travaux, un sociétaire du Théâtre-Français, M. Régnier, remarqua que la fontaine était précisément en face de la maison où Molière est mort , à proximité du Théâtre national. Il fit part de sa découverte au préfet de la Seine, et demanda qu'on ouvrît une souscription dont le produit , concurremment avec les fonds de la ville, servirait à placer la statue de Molière dans une niche de la fontaine réédifiée.

Une commission s'organisa pour encaisser les dons volontaires, qui s'élevèrent à la somme insuffisante de 40,000 fr. Le. 21 juin 1839, M. Boulay (de la Meurthe) soumit au conseil municipal un rapport, dont les conclusions furent adoptées avec empressement ; une nouvelle somme de 50,000 fr. fut votée, et 100,000 fr. accordés par la Chambre des députés permirent d'achever le monument, dont les frais montèrent, à 178,000 fr.

La fontaine, composée par l'architecte Visconti , a 16 mètres de haut sur 6 mètres 50 cent, de long; elle est disgracieusement adossée à un pignon humide, qui en dépare les lignes et en diminue l'effet. Néanmoins, elle est d'un ensemble élégant, et quelques emprunts heureux, faits â la Renaissance, y tempèrent la pesanteur du style du XVII" siècle. Le monument se divise en deux plans, dont le second renferme le logement du gardien. Le plan antérieur se compose d'un piédestal hexagone, d'une niche où repose la statue, et d'un fronton cintré, soutenu par des colonnes corinthiennes accouplées. Trois tètes de lion, sculptées dans le socle, jettent l'eau dans un bassin en pierre de Château-Landon. Le panneau de face du piédestal porte ces mots :

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