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ÉGLISE PAROISSIALE D: SAINT- ECSTACHE

« De 1846 à 1854, restauration générale de l'architecture et des peintures découvertes sous le badigeon dans ses chapelles; décoration de toutes les autres chapelles de l'église par l'administration municipale; construction du maître-autel et de la chaire; en remplacement des anciennes orgues, incendiées en 1844, exécution des nouvelles orgues par l'administration municipale et la fabrique, sous la direction de M. Victor Baltard, architecte, M. L. Gaudreau étant curé. » .

L'architecte qui a bâti la Sainte-Chapelle, type de l'architecture ogivale, ne nous est connu que par son prénom de Pierre et par le nom de sa ville natale, Mnntereau ; sa biographie n'a jamais été faite complètement. On ignore la date de sa naissance; seulement quelques archéologues, après de laborieuses recherches, ont découvert qu'il avait construit, outre la chapelle dont nous allons nous occuper, celle du château de Vinccnnes, ainsi que les réfectoires, le chapitre et la chapelle de Notre-Dame, dans le monastère de Saint- Germain des Prés. Les religieux l'enterrèrent en 1266 dans ce dernier édifice ; on le représenta en bas-relief, tenant une règle et un compas à la main; mais au milieu des remaniements qu'a

subis la capitale, la tombe de Pierre de Montereau a disparu !

Du moins, la Sainte-Chapelle immortalisera le souvenir de ses talents. Elle lui fut commandée par Louis IX pour y placer une précieuse relique, la couronnes d'épines qui déchira le front du Sauveur.

Baudouin , gendre de l'empereur de Constantinople , étant venu demander des secours aux princes d'Occident, avait été si charmé de la bienveillance de Louis IX, qu'il avait promis de lui faire don de la sainte couronne, que l'on conservait précieusement dans l'oratoire des princes byzantins. Malheureusement l'empereur Jean de Brienne mourut subitement, et avant que Baudouin eût eu le temps d'arriver pour prendre possession du trône, ses ministres, ayant besoin d'argent, avaient mis la couronne en gage. Ils avaient reçu 475 hyperpères des Vénitiens, 4,300 de l'abbesse de Périceul, 2,200 de Cornaro et de Pierre Zomi, et 2,400 des Génois. L'époque de l'échéance arriva; le gouvernement de Constantinople eut recours à une opération assez ordinaire aux gens ohérés; il paya ses premiers créanciers en contractant une nouvelle dette envers un certain Quirini, auquel on emprunta 13,134 hyperpères. Par lettres du mois de septembre 1238, on promit de les lui rendre le 31 octobre suivant. La sainte couronne lui fut laissée en gage et déposée dans l'église de Portocrator, à Constantinople, sous la garde de Pancrace Gaverson, camérier des Vénitiens. Il avait la faculté d'en disposer comme bon lui semblerait, s'il n'était pas soldé quatre mois au plus tard après le terme fixé.

Cette situation inquiéta le pieux Louis IX; il entama des négociations avec la république de Venise , réunit une somme équivalente à environ 100,000 francs de monnaie actuelle, et ses ambassadeurs lui rapportèrent triomphalement la couronne d'épines. Le rai, ses frères, sa mère et toute la cour allèrent processionnellement au devant d'elle jusqu'à Villeneuve-FArchevêque. Elle était enfermée dans trois coffres, le premier de bois, le second d'argent et le troisième d'or massif. On la mit sur un brancard, que le roi et le comte d'Artois, en tunique simple et les pieds nus, portèrent depuis Villeneuve jusqu'à Paris, où elle arriva le 18 août 1239. Elle fut exposée sur un échafaud dressé auprès de l'église Saint-Antoine des Champs, et placée dans l'oratoire du palais.

Bientôt Baudouin fit au roi de nouvelles libéralités, et, le 14 septembre 1241, arrivèrent à Paris des fragments de la vraie croix, le fer de la lance avec laquelle un soldat romain avait percé le flanc de Jésus-Christ, une portion de l'éponge qui avait été imbibée de vinaigre, un lambeau du manteau de pourpre que les soldats de Pilate avaient jeté sur les épaules du roi des Juifs, et une partie du roseau qui lui avait servi de sceptre. Ce fut pour loger ces pieux trésors que Pierre de Montereau bâtit, la Sainte-Chapelle, à laquelle il eut l'ingénieuse idée de donner la forme d'une châsse; il la fit aussi haute que longue (36 mètres), la surmonta d'une flèche élégante, et la divisa en deux églises distinctes, l'une pour le service ordinaire, l'autre pour les grandes cérémonies. Les plus riches ornements furent prodigués, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'édifice, dont les dépenses sont évaluées à 2,800,000 francs par le confesseur de la reine Marguerite, dans la Vie de saint Louis. La dédicace s'en fit le 26 avril 1248; l'église supérieure fut consacrée par Eudes, évoque de Frascati, sous le vocable de la sainte couronne, et l'église basse par Philippe, archevêque de Bourges, sous l'invocation de la Vierge.

Saint Louis avait installé, dans le monument de sa fondation, cinq chapelains, cinq sous-chapelains, cinq diacres et sousdiacres. Sous ses successeurs, le nombre des ecclésiastiques attachés à la Sainte- Chapelle s'éleva jusqu'à quarante -cinq, puis il fut réduit à treize chanoines. Leur chef, qui prenait le titre de trésorier, portait la mitre et l'anneau pontifical, en vertu d'une bulle du pape Clément VII ; il avait une juridiction contentieuse, composée d'un officiai, d'un promoteur et d'un greffier.

Le trésor de la Sainte-Chapelle n'était visible que pour les personnes munies de lettres de cachet du roi. Il était placé derrière le maître-autel et contenait, outre les reliques, de remarquables travaux d'orfèvrerie, des objets d'art, un bâton de chantre surmonté d'un buste de Titus en agate, et l'admirable camée représentant l'apothéose d'Auguste. C'était Charles V qui avait donné à la Sainte-Chapelle ce magnifique travail, qui a été gravé en 1625 par les soins de Rubens, et qui est aujourd'hui déposé à la Bibliothèque impériale.

LE NOUVEAU PAlilS.

Les deux autels latéraux de l'église supérieure étaient surmontés de tableaux peints en émail par Léonard le Limousin. Dans l'église basse était le tombeau de Beileau, qui a si spirituellement célébré les querelles intestines des chanoines. Sous le portail on remarque une statue de la Vierge qui avait la tête baissée. La légende populaire racontait qu'au moment d'entamer une, polémique en faveur de. l'immaculée conception, Scot s'était agenouillé devant cette image en disant : D'ignare meluudare te, Virgo sacrata ; da niihi virtutem contra hostes tuus, et que la statue avait baissé la tête en signe d'assentiment.

Enlevée au culte par la Révolution, la Sainte-Cbapelle devint un dépôt d'archives. Le gouvernement pensa, en 1848, à restaurer ce chef-d'œuvre, et nomma à cet effet une commission composée de MM. Duperrier, Galis, de Lasteyrie, Riant, membres du conseil général de la Seine; Barocbe, procureur général; de Luynes et de Montalembert, représentants; Caristic et Duban, architectes; Mérimée, inspecteur général des monuments historiques, et Rivet, conseiller d'État.

Une idée s'offrait naturellement à l'esprit, celle d'isoler complètement l'édifice ; mais il eut fallu modifier entièrement les projets en cours d'exécution pour la reconstruction et l'achèvement du Palais de justice. On s'est donc contenté de réparations intérieures et extérieures, qui sa sont accomplies sous la direction de M. Lassus, habile architecte, que la mort nous a prématurément enlevé. Les vitraux, retraçant les épisodes principaux de la vie de saint Louis, ont été restaurés par M. Lusson, sur les cartons de M. Steinheil.

La Bêche, rétablie en 1854, repose sur une voûte de 48 centimètres seulement d'épaisseur, et M. llellu y a déployé toutes les ressources de l'art de la charpenterie. Le mât qui forme .toute la hauteur de cette construction aérienne se trouve suspendu par huit énormes contre-fiches reposant sur les contreforts. Toutes les parties viennent s'appuyer sur cette pièce pinripale, et l'exécution de l'ensemble est si parfaite qu'il est facile de glisser une règle sous la flèche ainsi suspendue. Sur le poinçon de la croupe orientale se dresse un ange exécuté par M. Geoffroy Déchaume. C'est le même artiste qui a modelé les douze statues dorées qui occupent les niches de la flèche. La Sainte -Chapelle est, en somme, un des monuments les plus originaux et les plus curieux dont s'honore la ville de Paris.

La Sainte-Chapelle est enclavée dans les bâtiments du Palais-de-Justice, amalgame hétérogène de constructions de toutes les époques; quelques parties qui longent le quai de l'Horloge ont appartenu au vieux manoir de Louis IX; l'élégante tour de l'Horloge date de Henri II ; la vaste salle, dite des Pas-Perdus, eut pour architecte Jacques Debrosses, en 1622. La façade, précédée par un avant-corps de quatre colonnes doriques, date de

Les salles destinées au service de la Cjuc de cassation , des 3e et 7e chambres et du parquet sont de création récente. Depuis dix ans au moins on ne cesse de restaurer, de gratter, d'élayer le Palais de Justice, ainsi que la prison de la Conciergerie qui en dépend.

La Conciergerie a reçu des prisonniers célèbres à différents titres. Pendant la Révolution, liailly, Malesherbes, M"'' Rolland, Camille Desmoulins, Danton, André Chénier, Fabre d'Églantine, les Girondins, y ont été enfermés, ainsi que Marie-Antoinette et M'"c Elisabeth, dont on montre encore les cellules au fond d'un corridor obscur. Plus tard, Georges Cadoudal, Louvel, les quatre sergents de La Rochelle et les individus accusés de tentative d'homicide contre le chef de l'État, ont été incarcérés à la Conciergerie.

Jadis cette triste prison avait ses oubliettes, situées sous la porte d'entrée, à quinze mètres au-dessus du sol, et qui communiquaient avec la Seine par un conduit souterrain. En 1818,

l'architecte Peyre transforma ce conduit en un aqueduc qui déverse dans ce fleuve les eaux pluviales et ménagères de la prison. Les travaux d'agrandissement du Palais de Justice ont nécessité la démolition d'une partie du préau et de quelques cachots hors d'usage, dont le sol était au-dessous du niveau de la Seine.

On a vu longtemps dans la chambre des Pas-Perdus et dans les galeries adjacentes des boutiques de libraires, de bijoutiers, de modistes, etc.; on n'y voit plus aujourd'hui que des avocats affairés ou en quête d'occupation, des plaideurs et des curieux, dont la plupart sont de pauvres diables sans ressource, charmés de trouver dans le prétoire des tribunaux un refuge et uue distraction.

Une cour, faite aux dépens du jardin du premier président de Harlay, a longtemps mis en communication le palais et la place- Dauphine; mais elle a été momentanément supprimée pendant que l'on reconstruit la préfecture de police. L'botel qu'occupait cette administration avait été construit en 1007, et réparé, en 1711, par Boffrand.

Nous devons signaler l'importance administrative du 1" arrondissement. Entre les rues de Rivoli, du Mont-Thabor, 9e Luxembourg et Castiglione, un édifice colossal renferme les bureaux du ministère des finances: division du personnel, division du contentieux, direction du mouvement central des fonds, direction de la dette inscrite, direction de la comptabilité générale, service du caissier payeur central, division du contrôle central. Le ministère d'État est installé au Louvre, et l'administration des postes à l'hôtel d'Arménonville, rue Jean- Jacques-Housse.au. Ainsi les rouages les plus essentiels de la machine gouvernementale se trouvent pour ainsi dire concentrés dans le Ier arrondissement, où sont en même temps réunies 1rs sources de l'alimentation publique. Dans le voisinage des Halles se trouve la Halle aux blés, beau bâtiment, de forme circulaire, entièrement isolé, percé à jour de toutes parts et entouré de maisons et de rues; il fut construit en 1707, sur l'emplacement de l'hôtel de Soissons. Sa rotonde est percée de vingt -cinq arcades; il n'est entré aucun bois dans la construction de cet édifice;- la coupole, hémisphérique, est en fer coulé et en cuivre. Près de là s'élève une belle colonne de 32 mètres de hauteur, terminée par un méridien : c'est l'ancien observatoire où la superstitieuse Catherine de Médicis montait pour étudier les astre» et leurs mouvements prophétiques.

Donnons en passant un souvenir au Pont-Neuf, qui a cessé d'exister, du moins tel qu'il s'offrait a l'imagination. Longtemps il fut le rendez-vous des poètes crottés jusqu'à l'échiné, dont Furetière a tracé si plaisamment le portrait dans ces vers :

On sçait qu'assez souvent Mailliet demeure au Ht Durant qu'un ravaudeur lui panse son habit; Sans qu'aucune partie en son corps soit blessée, La jambe lui fait mal quand sa chausse est percée; Et quoiqu'il ait sur soi plus que son revenu , Souvent sans cette l'Use il marcherait tout nu.

Longtemps affluèrent sur ce pont les nouvellistes, les charlatans, les marchands de libelles et de caricatures, les chansonniers populaires, les laquais et les filous. Nous l'avons vu chargé de vingt tourelles, qui avaient été restaurées en i77(j, et où étaient cantonnés des marchands de friture, des pâtissiers, des bouquinistes et autres commerçants; maintenant, les tourelles ont disparu; le pont a été aplani, nivelé, élargi, garni de bancs en pierre où les passants fatigués peuvent se reposer pendant les beaux jours, en respirant la fraîcheur des eaux. Grâce à ces remaniements, il mérite plus que jamais le nom qu'il porte depuis le règne de Henri IV, mais ce n'est plus le. Pont-Neuf.

KIS DU 1> m: MIC 11 ARRONDISSEMENT.

LA BOURSE

La petite Bourse.

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