CHAPITRE XLVII
Brissotlns.
Quand l'astucieux , le dangereux , le fourbe Barrère ne parloit que cle pulvériser l'Europe , Brissot donnoit les plans qu'il falloit exécuter, non pour braver l'Europe, mais pour humilier tour-à-tour nos ennemis.
Lorsque Cambon , l'inepte Cambon , le premier qui a saigné la France à la veine cave pour abreuver Pâche, Bou- ■chotte, et autres chefs anarchistes, ne vouloit point d'alliés , et s'écrioit qu'il falloit rompre avec tous les cabinets , Brissot prenoit des mesures utiles pour épouvanter l'Angleterre et se ménager
des amis.
C'est l'homme qui n'avoit point dépassé les bornes d'une sage énergie, que Robespierre accusoit à la tribune de la commune de Paris d'avoir vendu la
( 99 ) France à l'ennemi ; car , disoit-il, il ne seroit pas entré sur le territoire français , s'il n'avoit eu un marché avec la faction de la Gironde et Brissot, pour lui livrer Paris.
A mesure que la lumière se répand sur les odieux projets des anarchistes , on découvre avec plus de vraisemblance que c'étoit Robespierre luimême et ses complices qui étoient de connivence avec les Prussiens. .
Marat , convaincu d'avoir prêché la royauté et le massacre de la convention y est traduit à un tribunal composé deees pareils. Que fait l'accusateur public ? Le croira- t-on ? Il entonne le panégyrique de Marat et la dénonciation de Brissot. Quand on songe qu'alors Robespierre n'étoit que le protégé de Marat, qu'il cachoit sa tête effroyable sous son égide, qui n'étoit que l'instrument de monstres plus en évidence que lui , on ne s'étonne plus de ce triomphe de Marat, que Danton appela un beau
G/£UOTH£CA )
( loo ) jour, mais qui fut le préambule dit massacre des vingt-deux députés, et amena le beau jour où Danton lui-^ même fut immolé.
Le tribunal s'étoit d'abord exercé à condamner des cuisinières et des cochers pour des propos : mais bientôt les satellites des anarchistes et la municipalité alloient commander à la représentation nationale le silence ou le crime.
Voilà ce que le courageux Brissot avoit voulu empêcher au prix de ses jours 5 et son dernier écrit annonce sans détour les derniers et abominables ^xcès qu'il étoit encore temps de prévenir; mais ce fut alors que l'on créa et que l'on fit entendre de toutes parts ces mots devenus depuis si célèbres, Brissotins x Rolanclins, Girondins, Etcomme si une vapeur maligne eut empoisonné tout-à-coup le coeur et la tête de presque tous les habitans de Paris , ils diffamèrent un homme doux , paisible