Tome II. B
( * i ) et malheureux Barnave. Leur cause n'avoitrien de commun ; ils se connoissoient à peine, et leurs principes n'avoient guère de ressemblance peut-être ; mais une seule victime ne suffisoit pas pour chaque fois à ses bourreaux ; ils les accouploient au hasard, comme pour accoutumer le peuple à les voir dans la suite accumulées par centaines , quoiqu'elles ne se connussent que par le jugement qui les avoit convaincues de complicité. Duport eut beau démontrer son innocence, il eut beau produire les preuves écrites par Marat même, pour rendre témoignage de son patriotisme et de son respect pour la liberté de la presse, ses juges étoient si avides de son sang , que le premier juré qi^ vota , oubliant que les questions étoient individuelles , s'écria avec fureur en prononçant la formule : Su?* ?non honneur et ma conscience > les accusés sont convaincus
La déclaration de ce jury fut una-
nime; et quand Duport eut entendu son arrêt : « Les révolutions tuent les » hommes , dit - il , la postérité les )) juge.... )).
Péthjon. Il avoit une contenance fi ère , une figure assez belle , un regard affable, une éloquence douce, des mouvemens , du talent et de l'adresse ; mais ses manières étoient composées , ses yeux se doubloient , et il avoit dans les traits quelque chose de luisant qui repoussoit la confiance. Dès les premiers jours de la constituante, il y figura, parce qu'il parloit bien, et qu'il étoit membre du tiers. Ami inséparable de Robespierre , leurs principes étoient alors si conformes et leur intimité si marquée , qu'on les appeloit les deux doigts de la main. On continua à les mettre sous la même accolade, jusqu'à la fin de 1792. Il est vrai qu'à cette époque ils se détestoient déjà cordialement l'un et l'autre. Robespierre n'étoit plus rien j il ne vouloit même rien être,
( 16 ) parce qu'il se réservoit pour Uanarchie : car il n'étoit pas fait pour briller dans une carrière purement constitutionnelle. Péthion , au contraire ? avoit abandonné l'Angleterre , où il vivoit avec madame de Genlis , pour succéder à Bailly dans les fonctions de maire de Paris ; et il s'étoit acquis dans cette place une telle popularité , sur-tout après sa destitution à la suite des événemens du 20 juin , que Robespierre n'étoit plus en état de lui pardonner l'idolâtrie qu'on lui portoit. Il ne le regarda plus qu'avec envie 5 ce n'étoit plus à ses yeux qu'un rival, puisque le peuple crioit : J^ive Péthion ! Péthion ou la mort !
puisque cette exclamation se lisoit sur tous les chapeaux , sur toutes les murailles.
Péthion cependant tenoit trop bien > pour qu'oi^pût l'attaquer ouvertement • aussi j ou a-t-il un grand rôle au 10 août. Il avoit plusieurs fois visité tous les postes' du château pendant la nuit qui
( i7 ) précéda cette journée célèbre 5 et ^es soins n'avoient pas été perdus , puisqu'ils en avoient assuré le succès. Mais les jours de Péthion étoient si précieux alors, qu'un décret lui défendit de s'exposer davantage; et Ton vit long-temps sur les portes du château cette inscription : (( Ici le maire de Paris eût été as- )) sassiné, si un décret du corps législa- » tif n'eût sauvé ses jours ».
Il étoit encore maire de Paris pendant les boucheries de septembre 5 mais les conjurés l'a voient consigné à la mairie ; en sorte qu'il étoit pur de ces massacres. Quand Manuel fit à la convention nationale la proposition de donner à son président une garde d'honneur , et un logement aux Tuileries, Péthion venoit d'être porté à la présidence..A la formation de l'assemblée, certaines gens disoient qu'il visoit au trône , et quantité d'autres desiroient qu'il y montât. Mais tout-à-coup il devint un objet de haine. Il fut mis hors
( 18 ) de k loi à la suite du 5i mai ; et Ton ne sait ce qu'il est devenu. Il est mort sans doute misérablement, puisqu'il n'a point reparu au rappel de tous les procrits.
Lacroix. Devenu de simple avocat de campagne, colonel et maréchal de camp en deux ou trois mois , possesseur de riches propriétés , complice de Danton, il lit semblant de dénoncer, d'accuser Dumouriez , avec lequel il étoit d'intelligence ; et il favorisoit ces tribunes où dominoient le souverain massacreur , les bacchantes , les cou^ peurs de têtes , ainsi qu'il protégeoit tous ces mouvemens désordonnés des sections , tandis que son ami Fabre d'Eglantines , poète pauvre avant le 2 Septembre , qui ne connoissoit que des assignations au lieu d'assignats, possédoit de quoi soutenir son hôtel, sa voiture , ses gens et ses filles.
Il fut un des grands oppresseurs de la convention pure dans sa très-grande
( i'J ) majorité. Il gêna ses mouvemens ; il s© rangea du côté de ceux qui poussoient des cris, desrugissemens, quiparloient sans cesse de sans-culoterie ; il caressa une municipalité coupable en état de révolte ouverte. Enfin il fut un dçs plus a.rdens provocateurs à l'anarchie , et toujours prêt à couvrir les assassins de sa voix stentorienne.
En supposant que les adversaires de ces anarchistes eussent eu quelques torts, on n'en * comptera pas un seul qui se soit enrichi depuis la révolution. Ils ont évité tous les comités dans la main desquels étoit réellement le pouvoir.
Lacroix avoit été décoré de la croix de Saint-Louis le 4 août 1792 , et cela ne put ouvrir les yeux à tant de Parisiens stupides. Il fut impossible dèslors de réprimer les vociférations des tribunes, les menaces des coupe-jarrets, les attentats du club des jacobins , les usurpations de la municipalité.
Un militaire osa dire (je l'ai entendu) : (( Voulez- vous savoir le moyen )) de sauver la patrie ? je vais vous Je )) dire. J'ai bien étudié la convention ; i) elle est en partie composée de scélé- » rats dont il faut faire justice, et pour )) cela il faut tirer le canon^d'alarme et » faire fermer les barrières)).
Bentabole , qui présidoit , fait semblant de ne pas appercevoir cette provocation à l'assassinat, et complimente le militaire. On lui crie qu'il est un modéré et un feuillant.
C'est parce qu'on n'a point vu dans les départemens la lutte opiniâtre des vrais républicains contre cette société de jacobins entièrement abandonnée de tous les vrais patriotes , de tous les hommes instruits, de tous les députés qui méritoient quelqu'estime et avoient quelque pudeur, qu'on a jugé très-faussement que la convention avoit été foible ; elle fut forte , courageuse , intrépide jusqu'au 3i mai. Les soixante-
treize combattirent encoresurla brèche, paralysèrent des projets de décrets homicides , inspirèrent une sorte de crainte à la municipalité de Paris , la tinrent du moins en respect, et ce ne fut qu'à leur retraité, qu'après leur enlèvement forcé que la digue fut rompue , et que tous les crimes inondèrent la France.
Le peuple de Paris fut puni de n'avoir su ni les connoitre ni les défendre , d'avoir vu lâchement ce dernier attentat qui donna le signal de toutes les violences et de toutes les cruautés.
Il est temps de dire la vérité toute entière : Robespierre et Marat ne furent pas encore les plus criminels. Voyez Collot-d'Herbois à Nice et à Orléans, Tallien à Tours, Billaud- Varennes aux armées ! Le prussien Anacharsis Cloots applanissoit la route de Frederick Guillaume. Et nous , amis de la patrie , qui avions en horreur l'exagération dans les mots., la féVocité dans le langage , parce qu'elles sont toujours
en raison de la lâcheté , nous ne ren-* contrâmes clans l'esprit du Parisien que ]a peur de se ranger de notre côté ; et lorsqu'il y avoit un Condorcet et un Brissot , ce fut un Marat et un Chaumette dont on suivit les étendards !
Il y a plus : lorsque nous dénoncions la confédération de Pilnitz , nous étions les complices de l'invasion de l'ennemi ; . enfin nous avions livré Valenciennes au duc d'York; Condé, Lequesnoy, Landrecy à l'empereur ; et quand le roi de Prusse, qui avoit loué des loges à l'Opéra , entreroit dans Paris , c'étoit nous qui devions au spectacle être derrière sa majesté.
Voilà ce qu'a cru le Parisien , et la base d'une accusation qui a envoyé sur les échafauds ou dans les cachots les incorruptibles amis de la liberté et de la gloire nationale.
L'ennemi qui menaçoit Paris de sa ruine, jouissoit de cette funeste erreur; il savoit bien où étoient les traîtres.
Les P4risiens , toujours aveugles, n'ont point encore appris à les distinguer des hommes probes et courageux, tandis que*l'Europe entière les distingue.
Dumouriez. On est fondé à croire qu'il n'est devenu traître qu'après avoir essuyé un grand revers , et que les injures de Marat ne Payent déterminé à se séparer d'une convention qui portoit dans son sein un tel homme. Le retour des commissaires près l'armée de la Belgique, répandit l'alarme la plus profonde. Je puis attester qu/elle fut générale. On ne parloit rien moins que de faire lever en masse la nation entière. On craignit de voir renouveler les massacres du 2 septembre, car on crioit beaucoup plus haut contre les riches et les modérés, que contre les Prussiens et les Autrichiens.
Tous les spectacles furent fermés , et l'on profita de ce premier moment de terreur pour poser les bases du tribunal révolutionnaire. L'organisation de ce
( *4 ) fameux tribunal vint avec l'apparition de Lacroix et Danton. Buzot combattit cette proposition comme constitutive du despotisme le plus monstrueux ; il ne fut pas écouté, Ainsi la défaite de Dumouriez donna gain de cause au parti de la montagne, qui sut toujours mettre à profit tous les événemens.Son adresse consista sur-tout à paroître moins audacieux quand le danger l'environnoit; et ses adversaires naturellement bons et ennemis des violences, étoient destinés à payer bien cher cette indulgence et cette sécurité.
Dumouriez perdit la tête en arrêtant les quatre représentans du peuple. C'étoit un attentat si misérablement inutile, qu'on ne sauroit l'attribuer qu'à cette démence que fait naître la fureur. Paris, d'ailleurs, fut très-insensible à cette arrestation. Cependant plusieurs croient que Dumouriez fut traître pendant , avant et après qu'il s'étoit rendu de la coalition.
Àbbé Maury. Je l'ai beaucoup conri u : simple prestolet , il nourrissoit déjà l'idée de s'élever aux premiers rangs de la hiérarchie ecclésiastique } il m'entretenoit de son élévation future lorsqu'il n'avoit pas de quoi dîner. Il me disoit : J'entrerai à l'académie française bien avant vous ; et il n'avoit pas encore écrit, même un mauvais sermon. Ses premières productions sont ce qu'il y a de plus mauvais et de plus obscur dans aucune langue. Mais il étoit né avec un esprit d'académicien , un talent de prédicateur, et une audace d'antichambre.
Il avoit une grande confiance dans sa faconde , parce qu'il l'avoit exercée avec succès sur plusieurs hommes médiocres, et qu'il avoit pris du prêtre tantôt le ton souple , le ton élevé , le ton onctueux; car il aimoità faire le prêtre.
Il a rendu à la révolution le plus grand des services ; car c'est lui qui a fait le clergé opiniâtre et récalcitrant , et qui , en l'engageant à ne point
ployer , l'a fait rompre. C'est encore lui qui mit dans la tête de tous les nobles ce système d'émigration le plus extravagant, le plus impolitique et le plus lâche de tous ceux que l'on pouvoit choisir. Ce beau système passa jusque dans la tète du monarque ; et c'est d'après ses documens qu'il se mit à ruser comme un écolier qui veut se dérober à son préfet. Il se déguise en valet-de-chambre, et lorsqu'il est dans la voiture partant avec toute sa famille , ils se prennent tous à rire de la surprise , de l'étonnement , de la prétendue douleur des Parisiens quand ils apprendront qu'au lieu d'assister à la procession du Saint- Sacrement , comme ils s'y attendoient , la nichée s'est envolée, qu'elle est allée trouver les bottes du général Binder.
Tarquin chassé de Rome eut une posture moins humiliante ; mais le nouveau Tarquin, il faut qu'il dîne en route; il est encore affamé de côtelettes , il mange comme un roulier.
Vainement la reine veut lui faire ajourner sa goinfrerie ; il arrive trop tard au rendez- vous de Bouille et de son régiment. Voilà que six hommes arrêtent la voiture ; il craint pour sa chère bedaine, et il crie le premier, arrêtez ! il passe dans la boutique de M. Sausse , marchand chandelier, qui y voit clair et qui ne se mouche pas du pied. M. Sausse fait son devoir droit comme un cierge.
Que le blondinet ( c'est ainsi que la Fayefte étoit désigné à la cour ) ait eu le plaisir malin , le plaisir cruel du chat qui laisse trotter la souris pour tomber d'un saut sur elle, qu'il ne Fait pas eu, toujours est-il vrai que l'abbé Maury avoit inspiré à toutes les maîtresses têtes de ce temps- là le projet de fuir , qu'il est l'inventeur de l'émigration , et qu'elle fut adoptée par celui-là même' qui pouvoit si facilement se séparer d'une haute et insolente noblesse, laquelle n 'avoit cessé de l'injurier et de le mépriser.
De tous les émigrés un peu de marque, l'abbé Maury et Choiseul-Gounier sont les seuls qui aient eu de l'esprit ou une heureuse fortune 5 le premier est devenu cardinal, et le second s'est fait sous le nom de Paul Ier , empereur des Russies.
Mais il y en a un plus sage et plus heureux; il s'est fait cordonnier pour femmes à Hambourg.
Legendre (de Paris). Lors du procès de Louis xvi , il s'avisa de dire : tVoilà bien des formules , des lenteurs ; qu'on le mette à mort , qu'on le coupe en quatre - vingt - trois morceaux , et qu'on l'envoie ainsi aux quatre-vingttrois départemens. Il crut avoir touché le sublime de l'éloquence montagnarde; il£ut accueilli d'un grand éclat de rire. J'étois à côté de lui lorsqu'il proféra ces paroles, et je me disois : Elles vont faire horreur, et l'on attribuera à tous les membres de la Convention la bêtise d'un seul homme auquel on ne
( ag )
peut fermer la bouche. Par quelle fatalité lue trouyé-je assis à côté d'un Legendre et d'un Laurent Lecointre ! Ils parlent de liberté , et ils ne savent pas lire !
Legendre étoit brutal , non parce qu'il étoit boucher , mais parce qu'il avoit cru que la brutalité entroit dans la composition d'un républicain j et celui-là n'étoit pas républicain , qui ne mugissoit pas comme un taureau, et qui ne faisoit pas des gestes comme pour assommer un bœuf. ïl ne pouvoit parler ou gesticuler autrement. Les violences de ce Legendre ont été telles , qu'il voulut plusieurs fois frapper Lanjuinais et le jeter en bas de la tribune.
Après la rentrée des 73, nous demandâmes , dans une assemblée particulière , le rappel des 22 mis hors de la loi. Je portai la parole : Legendre s'y opposa et dit : Je mourrai plutôt à la tribune. Eh bien ! lui dis -je ;. tu y mourras ! .
Il se tut, Ainsi que sa clique infernale, et les 22 furent rappelés, c'est-à-dire , ceux qui existoient encore ; et tous ces hommes vertueux ont abattu peu à peu le monstre anarchiqiie. Ce fut Legendre qui dénonça Condorcet, en l'accusant faussement d'avoir cherché à soulever le département de l'Aine.
Cambon. La loi proposée par Buzot , qui force chaque député à donner le bilan de sa fortune depuis l'assemblée législative et constituante, et de justifier des causes de son accroissement , a toujours reçu sa plus forte opposition de la part des montagnards. Cambon la trouvoit mauvaise , lui qui affectoit à la tribune de flatter la multitude. Dès qu'on touchoit cette corde , on étoit un allié de Pitt. Jamais on ne put mettre en vigueur la loi qui leur auroit fait vider les poches. Nous ne refusions pas, nous, le bilan de notre fortune.
Cambon exerça une dictature financière : il a commencé le premier à se
( Si ) jouer de l'émission des assignats.il vouloit proscrire l'agiotage; et pourquoi Cambon n'a- 1- il pas fait fermer la Bourse plutôt , comme Clavière n'avoit cessé de le demander depuis 1791 ?
C'étoit aller droit à la source du mal. C'est Cambon qui a paralysé et persécuté le talent et le génie de Clavière , parce qu'il connoissoit sa supériorité sur ces misérables plagiaires qui lui prêtoient leur étroite conception, en lui suggérant des expédions ruineux ou illusoires.
Le désastre de nos finances fut encore l'ouvrage des montagnards ; et si l'un d'eux faisoit mine de dénoncer de petits dilapidateurs à la tribune , c'étoit pour se réserver le droit de favoriser le chef des dilapidations. Pourquoi restat-il si long- temps à la tête des finances ? C'est qu'il fut le complice des anarchistes qui étoient encore des fripons , et que depuis il s'est coalisé avec eux.
Marat. Ce misérable, né dans le
Comté de Neufchâtel en Suisse , d'abord mendiant , puis empyrique , qui réunissoit la bassesse de la figure et du style à celle du caractère et de Pesprit , et dont l'insolence à la tribune étoit encore un ridicule, qui ne fut supérieur qu'à ses valets, occupera néanmoins plus d'une page dans l'histoire , et par son inconcevable déité et par sa mort qui fit descendre dans la tombe une jeune héroïne. L'histoire dira donc que si ce vil démagogue, qui a entaché le Panthéon et tous ceux qui l'y conduisirent, poussa une multitude aveugle au pillage et au crime, il n'eut pas osé luimême prêcher l'athéisme. Il y eut donc quelque chose de plus abominable au monde que Marat; ce fut l'esprit de Chaumette et d'Hébert, je dis V esprit jacobin , cordelier. L'hypocrite Robespierre sentit bien qu'il auroit pour lui l'assentiment du genre humain en terrassant ces malheureux 5 mais en recréant l'Etre-suprême, il n'en eut pas
( 33) moins la physionomie d'un impie.
Pourquoi ? C'est qu'en effet il s'étoit substitué ce jour-là au Dieu qu'il voii^ loit faire reconnoître.
Foulon. Foulon , pendu en place de Grève , décapité et puis traîné dans les rues, avoit vécu: de manière à ce qu'on ne pût presque pas le plaindre. Je ne sais s'il prévoyoit son sort, mais il avoit non-seulement fait répandre le bruit de sa mort, mais même donné le spectacle de son propre enterrement dans sa terre d'Houvion. On y porta le cadavre d'un domestique mort che» lui , qui passa pour le sien , et fut inhumé avec les honneurs dus à un seigneur de terre. Il laissa plusieurs millions et un nom détesté.
On avoit trouvé un portefeuille de M. de Eerthier - Sauvigny, dans lequel étoit renfermée sa condamnation. Il étoit allé dans sa généralité pour retirer des lettres concernant J'affaire des blés, si funeste et si mal éclaircie. Ce sont les
paysans de sa campagne qui l'ont arrêté j des soldats se sont joints à eux, et ont formé cette formidable escorte qui l'a amené à l'hôtel- de-ville. Lafayette s'est mis à genoux pour obtenir le temps de le juger , et n'a pas été écouté : la fureur étoit telle, qu'on ne s'est pas même donné le temps de le pendre.
Laharpe-bqnnet-rouge. Le symbole de la liberté qu'on vénéroit au commencement de la révolution , a depuis été profané : je l'ai vu sur la tête de Du?nouriez,
Dans une des séances du Lycée républicain , Laharpe , en pérorant avec chaleur dit : «On prétend que le bonnet' )) rouge raffermit les têtes républicai- » nés. Je déclare qu'il fait fondre la )) mienne ». Il l'ôta.
Le lendemain parut une affiche.