CHAPITRE IX
Clubs,
On peut trouver dans rétablissement des journaux, des sociétés littéraires, de ces clubs , où Ton parloit avec beaucoup de liberté, et sur-tout dans les loges de francs-maçons , où Ton s'exer-» çoit à Fart de parler, où Ton obtenoit la parole à peu près dans les mêmes formes usitées dans le corps législatif 5 011 peut, dis-je, reconnoître les différens foyers de cet esprit insurrecteur , dont l'explosion ne pouvoit guère tarder. La non maturité eût pu nuire à l'effet
Les femmes, qui d'abord admirent tout ce qui est grand , contemplèrent la révolution comme un spectacle ; mais comme elles aiment toutes le luxe,Fostentation cl les richesses, elles s'affligèrent quand elles virent disparaître
( 48 ) les deux épaulettes de leurs amans , le cordon bleu, la mitre, la robe parlementaire, la croix de saint Louis, et jusqu'à la canne à corbin du contrôleur des finances. Elles virent qu'il y avoit quelque chose de sévère et de sérieux dans la révolution, et dès ce moment elles se tournèrent contre elle.
Les femmes des robins furent celles qui montrèrent te plus de dépit, et qui accusoient hautement leurs époux d'iinbécillilé ; mais quand le parlement de Paris auroit entrepris d'assujétir le monarque à choisir pour modèle la composition des états assemblés en i(3i4, le vœu national, les lumières du siècle
seroient élevés contre celle forme.
J /empire de l'opinion publique et sa force croissante étoient alors vraiment incalculables. L'esprit français, si long-temps monarchisé , se trouva tout-à-coup disposé à rétablissement de foules les théories politiques et de tous les s)stèmes de législation. Je puis
dire,
( 49 ) dire , sans orgueil comme sans modestie , que la lecture de mon ouvrage intitulé j V ^4n %44o y comme étant à la portée de tous les lecteurs , avoit dit assez clairement que les plus grands changemens étoient possibles 5 et qu'il ne fallbit plus lutter avec des vieilleries contre toute la vigueur des principes de la justice éternelle.
L'opinion gouverne le inonde, et tovttës les plumes dirigeoient l'opinion Vers la réforme des abus , et il y avoit tant d'abus en France \ qu'ils auroient suffi , non à tuer un royaume, mais un monde.
Nous autres écrivains, nous voulions délibérer par tête; mais il vint des gens qui dirent : Voulez-vous délibérer par bras?