‹ Le Nouveau Paris (volume 4)Chapitre 13 sur 40 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Niches.

AvAKT la révolution, Monsieur, frère du roi, malgré le poids énorme de son individu, faisoit de l'esprit, et tenoit bureau d'esprit. Là se préparoient maintes épigrammes , maintes niches contre les pauvres Parisiens. On cherchoit à les mystifier ; on leur annonçait dans le Journal de Paris les choses du monde les plus ridicules, et ç'étoit-là l'ouvrage de la coterie. Ils envoyoient Beaumarchais à Saint-Lazare se faire fouetter à cinquante-cinq ans ; ils vivoient de bons mots, ils s'extasioient de leur bon goût et de leur esprit.

Cette coterie déplat aux gens de lettres , qui , blessés par le caractère méchamment caustique du gros prince, réagirent contre lui dans l'opinion publique. Il fut peint comme un mauvais auteur , président d'un aréopage littéraire , où il n'était que le prête-nom de tout ce qui s'y disoit.

Le gros prince se mêla aussi de conspiration , et joua un rôle dans l'affaire du marquis de Favras , d'autant plus mal-adroit et d'autant plus lâche, qu'il se démasqua pour tout œil exercé, et qu'il fut cause de la pendaison du marquis, qui poussa la complaisance jm^ qu'au point de taire le nom du prince j dernier acte de courtisan que tous les courtisans trouvèrent sublime. Le gros prince prit la fuite au départ du roi pour Varennes, et tour-à-tour régent du royaume et monarque in partions y il fut appelé le gros régent et le roi de Yéronne.

Les contre-révolutionnaires l'appel-

( Si ) lent Louis xviii. Sa nullité est si bien prononcée , que les républicains euxinémes lui donnent ce titre par dérisioEU

Sa conduite ne fut pas tout-à-fait indifférente aux progrès de la révolution. On eût dit qu'il prétoit la main à toutes les sottises de la cour pour en recueillir le fruit ; mais on devina ses intentions, et il tomba dans un mépris tel , qu'il ne peut se métamorphoser en oubli.

Page 1