‹ Le Nouveau Paris (volume 4)Chapitre 38 sur 40 · MARTON · texte numérisé non relu

MARTON

Hélas ! j'entends par-tout que les médians massacreront les femmes ; et celles, m'a-t-on dit, qui seront de leur goût?

jouets infortunés de leurs désirs infâmes....

LA MARQUISE, très-vivement.

Je frémis!... vite, habillez-moi donc..... Puisqu'on vous outrage, on vous tue....

Allons, Marton , mon rouge.... ô ciel ï jaune, abattue.... je suis affreuse.... ils me tueront!...

Il 5

( i?4 ) CHAPITRE XXXIII.

Religieuses décloîtrées.

Une jeune et jolie religieuse, sortant de son couvent en vertu du décret de l'assemblée nationale, et montant dans un fiacre , disoit en elle-même : « S'il ne )) nous est pas ordonné de nous réunir à y> d'autres maisons religieuses , comme )) aux moines nos frères , du moins cela » ne nous est-il pas défendu.... Allons, » cocher, aux Carmes de la place Mau- )) bert».

Point de rentrée pour les Soeurs professes qui sont sorties, et que le repentir ou le besoin ramèneroit dans le bercail ; tel est le suprême et irrévocable décret signé par les sempiternelles , et plus bas par les Soeurs converses.

Combien ce jugement vient de coûter ('(larmes à la jeune mère Sainte-Agathe, qui malheureusement frété plus pressée

( 17* ) de jouir de sa liberté que de sa pension! Sans fortune , sans amis , sans autres parens qu'une très-pieuse tante, qui lui avoit promis de la recevoir , et qui l'a

méconnue , que devenir ? ce que

beaucoup d'autres deviennent en pareil cas?... Non, on a su l'en garantir, et la voilà qui , en tout bien et tout honneur, passe du cloître dans un de nos corps-de- garde. .. . Ne vous alarmez point j il n'est question que d'un district qui se fait un devoir de la recueillir , et dans lequel , malgré l'anathême de sa douce congrégation , elle est respectueusement logée, nourrie et

habillée On prétend même que nos

grenadiers s'abstiennent de j urer devan t elle.

Lorsqu'on commençoit à parler du décret qui devoit décloîtrer les moines et les moinesses, six religieuses A^V Ave Maria furent condamnées à manger leur riz avec un curc-omlli*, pour avoir jasé un peu librement sur ta possibilité

de la suppression des ordres monastiques.

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