‹ Le Nouveau Paris (volume 5)Chapitre 24 sur 40 · Tome III I · texte numérisé non relu

Tome III I

( 194 ) rendre odieux, ou du moins ridicules les droits naturels de liberté et d'égalité , que les jacobins ont imaginé et mis en vogue l'ignoble sans-culolisme , et les fêtes sans-culotides.

Oh ! je ne doute pas qu'un jour on ne comprendra plus dans nos années républicaines , celles où l'on a célébré de pareilles fêtes. Je crois que la république datera de la constitution de l'an 3 , et qu'il sera impossible à la raison , à une race nouvelle , de les considérer autrement. Quoi ! ces années de la plus détestable anarchie usurpe-' roient un titre contre lequel se soulèveroi t par le burin de l'histoire, le cri vengeur de l'humanité !

Quoi ! la république existoit sous le joug du terrorisme, et lorsque l'on prêchoit au peuple l'absurdité rapace de la loi agraire ! Quoi ! ces proconsuls qui ont porté dans toute la France le feu , le fer , la dévastation et la mort v étoient des républicains ! Quoi ! les loix

( '95) de sang de nos décemvirs étoient des loix républicaines ! Quoi ! l'exercice de tous les forfaits les plus horribles étoit un gouvernement républicain !

Nos neveux , plus justes et plus sensés , ne fixeront l'ère de notre régénération politique que de l'instant où des loix constitutionnelles ont exercé leur heureux empire.

Parmi ces usurpateurs du titre glorieux de républicain , il n'en est pas un. seul qui n'ait voulu monter sur le trône de la populacerie ; ils s'y seroient assis quand il auroit été garni de clous de charrettes longs et aigus. J'ai vu jusqu'à ce mulet d'Auvergne qu'on nommoit Homme y vouloir en essayer. Babœuf a voulu remplacer Marat $ et si Babceuf et ses pareils ont été et sont républicains, certes je ne le suis pas.

Quelle profanation de ce mot sacré!

et c'est en le prenant pour mener et tromper la multitude , que des hommes ineptes et féroces ont rendu croyables

( i'j6) les cruautés sacerdotales de tous les temps et de tous les pays, ainsi que les raisonneur ens des plus absurdes théologiens. Ils ont fait rétrograder la raison humaine; ils sont encore coupables d'un plus grand forfait, de la démoralisation presqu'entière d'un grand peuple, hélas ! trop crédule.

Le sans-culotisme a suivi constamment les drapeaux vagabonds de l'anarchie ; et si la constitution dit qu'il faut signer dans Tannée où j'écris , Van sixième de la république ,je signerai dans tout acte , comme je le dois ; mais j'en appelle à la justice et à la conscience de la postérité pour rectifier cette inexcusable erreur.

La plupart de ces sans -culottes ne se doutent seulement pas de ce que l'histoire dira -, eux , qui se croient si pénétrans, ils ne savent pas encore qu'ils ont été mannequins pendant la plus grande partie de la session de la convention nationale ; qu'on s'est servi

avidement de leur penchant à l'autorité , à la rapine , pour accomplir des projets qui rouloient au-dessus de leur tête , comme les sphères célestes roulent au-dessus de la tête d'un sauvage ignorant.

Eh ! si l'histoire armée de son miroir et de son burin vengeur , leur disoit , eux vivans : Vous n'avez été que des marionnettes exécrables que des fils invisiblesfaisoient mouvoir; terrassés par des preuves authentiques , où seroient alors les cavernes et les ténèbres assez profondes où ils courroient ensevelir la honte d'avoir commis tant de crimes , non pour eux , mais pour une espèce de Vieux-de-la-montagne qui se jouoit de leur harangue à la tribune, de leur colère et de leurs passions enfantines.

Et ces marionnettes sans-culottes , ces insensés d'un nouveau genre, se sont multipliés parmi nous ; ils ont dit qu'il n'y avoit qu'eux pour gouverner ; mais i'homme est comme un vase plein

( 198) cPune liqueur saine ou gâtée, dont la bonne ou mauvaise odeur se répand au-dehors ; il ne s'est épanché du sansculotisme qu'une logomachie sectionnaire.

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