‹ Le nouveau Parnasse satyriqueChapitre 68 sur 79 · DV LAID TETIN · texte numérisé non relu

DV LAID TETIN

Tétin qui n'a rien que la peau, Tétin flac, télin de drapeau.

Grand' tétine, longue tétasse, Télin, doi-je dire besace?

Tétin au grand vilain bout noir, Gomme celuy d'un entonnoir, Tétin qui brinballe à touts coups.

Sans estre ébranlé ny secous.

Bien se peut vanter qui le taste, D'avoir mis la main à la paste; Tétin noir, la peau basacnant, Tétin grillé, tétin rendant Vilaine bourbe au lieu de laict Le Diable le fit bien si laid Tétin pour tripe réputé,

84 LE ROVVEAV PARNASSE

Tétin, ce cuyde-je, emprunté. Ou derobbé en quelque sorte.

De quelque vieille chèvre moite, Tétin propre, pour en enfer, Nourrir l'enfant de Lucifer; Tétin, boyeau long d'une gaule.

Tétasse à jetter sur l'épaule, Pour faire tout bien compassé.

Un chaperon du temps passé; Tétin de laydeur depiteuse, Tétin dont nature est honteuse, Tétin des vilains le plus brave, Tétin dont le bout toujours bave, Tétin fait de poix et de glus; Branl ma plume n'en parle plus, LaÎBse-le là I Ventre Saint George, Vous me fériés rendre ma gorge.

MADRIGAL D*VNE DAME A SO?i GALANT.

Tant que les amoureux désirs.

Trouvent des cœurs inexorables, Ils semblent des insatiables, Que l'amour ne sçauroit assouvir de plaisirs.

Mais si-tost que l'indifférence, Se laisse surmonter à la comparaison.

Qu'on leur donne à discrétion, De quoy soulager leur souffrance, Peu de chose suffît pour leur réfection, Et six jours de possession.

Du plus ardent en apparence, Esteint toute la passion.

SATTRIQVE. 85

SVR VAE VEVFVE GALAKTE.

Enoor qu'elle ait Tame assés tendre.

Pour tout ce qu'elle avoit chéri, On auroit peine à la surprendre, Sur le tombeau de son mary.

STANGE.

Cloris après mille combats,

A la fin vaincue et pressée, Par son heureux amant se yoyoît embrassée.

De foiblesse et d'amour tombée entre ses bras, Le regard languissant, la paupière tremblante, Elle parla d'un air, et d'une voix d'amante; Que me donneras-tu, mon aymable vainqueur,

Pour digne prix de mon honneur, Que je viens d'immoler à ta brûlante envie?

Je donneray mon honneur et ma vie;

Respond le berger en mourant, Par un excès d'amour, de plaisir et de flâme; Ha mon cœuri I je voudrais, dit-elle en soupirant, Te donner encoi*e mon ame.

SVR vu CORNARD.

Vois sur quoy ton erreur se fonde, Maraut, de croire que le monde.

Te va voir pour ton entretien; Quoy ! ne vois^tu pas, grosse bestc, Si un peu tu grattois ta teste, Que tu le devinnerois bien ?

86 LE NOVVEAV TARNASSE

Page 1