‹ Le nouveau Parnasse satyriqueChapitre 69 sur 79 · MADRIGAL · texte numérisé non relu

MADRIGAL

Tircis, d'un excès de plaisir,

Estoit sur le point de mourir Entre les bras de Philis, que l'amour

Range sous une mesme loy,

El que le mesme feu dévore :

Philis dit, ah ! Tircis, ah I ne meurs pas encore,

Car je veux mourir avec toy.

Tircis alors suspend l'envie

Qu'il avoit de perdre la vie; Mais par cette contrainte il se met aux abois, Et n'osant pas mourir, il se meurt mille fois. Cependant lorsqu'au sein de cette jeune amante. Le berger à longs traits boit l'amoureux poison; Philis qui sent desjà qu'il entre en pamoyson, D'un regard languissant et d'une voix tremblante,

Luy dit : Mon unique soucy, Meurs, mon Tircis, car je me meurs aussi.

Soudain ce berger tout en flftme, Luy repond, comme toy, je me meurs, je me pasme;

Ainsi dans les ravissemens,

Meurent ces deux heureux amans, Mais d'une mort si douce et si digne d'envie, Que, pour mourir encore, ils reprennent la vie.

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