‹ Le nouveau Robinson suisseChapitre 2 sur 30 · SUR LES AMÉLIORATIONS SPECIALES APPORTEES A CETTE EDITION · texte numérisé non relu

SUR LES AMÉLIORATIONS SPECIALES APPORTEES A CETTE EDITION

Le Robinson Suisse est du très petit nombre de livres à Tadresse de Penfance qui jouissent chez nous d'une véritable popularité. Il n'est pas d^enfant qui ne Tait lu, ou ne soit destiné à le lire. Il n'est pas d'homme par conséquent qui ne le connaisse et qui ^n'en ait gardé un très aimable souvenir. Le Bobïn- ■^on Suisse est donc un chef-d'œuvre? Non : pas du r îBoins dans le sens qu'un lettré donnerait à ce mot.

L'auteur est donc célèbre? Non: car encore que V son œuvre ait sa place dans toutes les familles, son ^"^ nom est presque inconnu. Nos meilleurs dictionnaires, ^ celui de Bouillet et d'autres, sont muets en ce qui le ' concerne ' .

; ; 1. Jean Rudolph Wyss est né à Berne le 13 mars 1781. Il fit

Nous nous sommes pendant longtemps demandé à quoi pouvaient tenir cette grande popularité d*une œuvre et le peu de célébrité de son auteur. Il nous a fallu la relire, cette œuvre, à un âge où Ton a d'autres lectures à faire, à un âge où Ton a le courage de juger même ce que Ton a aimé, pour nous rendre compte de cette anomalie.

La pensée mère du Robinson Suisse est en soimême excellente. Reprendre au profit de la jeunesse l'idée du Robinson Crusoé, remplacer le solitaire abandonné à ses seules forces par une famille, par un père, par une mère et par quatre enfants, et faire vivre cette famille dans la situation intéressante du héros de Daniel de Foë, c'était confisquer, à l'usage du jeune âge, une idée de génie. C'était essayer un livre immortel, alors même qu'il ne pouvait pas être original.

L'auteur du Robinson Suisse n'a donc eu à tout prendre que le mérite d'avoir tiré du bien d*autrui une pensée de seconde main; mais cette pensée était

ses études à la haute école de Berne et les acheva dans les universités allemandes. Il fut nommé à vingt-cinq ans professeur de philosophie à l'Académie de Berne. Il occupa cette chaire jusqu'à la fin de sa vie, conjointement avec le poste de bibliothécaire en chef. Il a laissé sous ce titre : Du souverain bien, deux volumes de philosophie et de morale (Tubingue, 1811), trois volumes de légendes, récits populaires de la Suisse, et des idylles (Berne, 1815-1822), puis le Robinson Suisse^ dont son père avait conçu le premier plan. Il mourîit à Berne, le 31 mars 1830.

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