‹ Le nouveau spiritualismeChapitre 33 sur 86 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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service d'une spéculation métaphysique qui embrasse Dieu et l'Univers entier. Cette constitution intime de notre être, qu'une conscience directe nous fait connaître, l'analogie nous la fait retrouver ailleurs, puis partout. C'est d'après ce type unique que nous concevons tout ce qu'on nomme êtres organisés ; des choses qui ont en elles-mêmes, quelle que soit la complexité, et plus manifeste par le contraste de cette complexité même, le principe et la fin de leurs mouvements, ou, pour mieux dire, une cause qui en est le principe, par cela seul qu'elle en est la fin ; des choses qui, comme Dieu, comme l'âme, quoique à un moindre degré, sont les causes d'elles-mêmes; des choses enfin qui sont plus ou moins l'analogue des personnes 1 . »

Cette analogie est tout le secret du spiritualisme de M. Ravaisson. C'est le fil conducteur qui le guide, dans tout le cours de ses spéculations métaphysiques. La personnalité dont la nature humaine est le type, et qui n'a sa réalité absolue qu'en Dieu, a pour caractère propre l'activité spontanée et intentionnelle. Or cette activité que supprime partout le matérialisme, la science positive, selon M. Ravaisson, est en train de la rétablir partout, c'est-à-dire non seulement dans l'homme, mais aussi dans la nature organique, et dans la nature inorganique elle-même. Pour l'homme, la chose est évidente, puisqu'il est un être libre. Pour la nature organique, la chose commence à devenir manifeste, au dire même des savants qui ne pratiquent d'autre méthode que l'expérience. Auguste Comte reconnaît qu'expliquer entièrement les faits par leur condition élémentaire, c'est expliquer le supérieur par l'inférieur, tandis que c'est au contraire

dans Tordre supérieur qu'il faut toujours chercher l'explication finale des faits de Tordre inférieur 1 . Littré avoue « que les organes ne naissent pas autrement que par ou pour une accommodation de la nature organisée à ses fins *. » Claude Bernard voit dans Torganisme Teffet d'un type défini, préexistant, auquel Torganisme se conforme, comme un ouvrage d'art s'exécute d'après une pensée déterminée à l'avance, et il appelle ce type, en conséquence, « une idée organique qui passe par tradition de génération en génération 3 . » Il n'est pas jusqu'à M. Vulpian luimême et toute Técole physiologique contemporaine qui, dans la pensée de M. Ravaisson, ne travaillent, sans s'en douter, pour le spiritualisme, dans leurs expériences sur le cerveau , puisque de ces expériences il résulte, non seulement qu'une faible partie du cerveau suffit à la rigueur à toutes ses fonctions, mais encore qu'à tout le cerveau peuvent suppléer, pour les fonctions supérieures qui lui appartiennent en propre, les parties du système nerveux qui, dans l'état normal et habituel, ne servent qu'aux fonctions immédiatement inférieures. N'est-ce pas dire que ce n'est point l'organe qui cause la fonction, comme le matérialisme le soutient, mais que c'est la fonction, l'action qui, sous certaines conditions physiques, s'assujettit et s'approprie l'organe 4 ?

Les principes purement mécaniques du matérialisme n'expliquent pas même les phénomènes du règne inorganique. Les mouvements intestins, imperceptibles, par lesquels se produit ce qu'on oserait appeler l'organisation des corps bruts, c'est-à-dire la cristallisation,

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