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sa primitive direction, et pour en trouver l'origine, il faut remonter jusqu'à la puissance qui les créa f .
La conclusion que M. Ravaisson tire de ces diverses considérations n'est pas nouvelle. Aristote le premier en avait fait le principe même de sa métaphysique. C'est la pensée qui est le moteur universel : « toute lu Nature est suspendue au Bien. » Leibniz a dit, après Aristote : « Les principes du mécanisme, dont les lois du mouvement sont les suites, ne sauraient être tirés de ce qui est purement passif, géométrique ou matériel, ni prouvés par les seuls axiomes de la mathématique. Pour justifier les règles dynamiques, il faut recourir à la métaphysique réelle, et aux principes de convenance qui affectent les âmes et qui n'ont pas moins d'exactitude que ceux des géomètres *. » C'est encore Leibniz qui a dit : « il y a de la géométrie partout et de la morale partout 3 » : ce qui signifie que tout a sa raison, et que cette raison est la vraie nécessité de l'ordre universel. « La fatalité, en ce monde, ajoute M. Ravaisson, du moins quant au cours régulier des choses, et l'accident mis à part, n'est donc que l'apparence ; la spontanéité, la liberté est le vrai. Loin que tout se fasse par un mécanisme brut ou un pur hasard, tout se fait par le développement d'une tendance à la perfection, au bien, à la beauté, qui est, dans les choses, comme un ressort intérieur, par lequel les pousse comme un poids qui pèse en elles et les fait se mouvoir à l'infini. Au lieu de subir un destin aveugle, tout obéit et obéit de bon gré à une toute divine Providence 4 . »
C'est là la véritable explication des choses, l'expli-