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cation proprement. métaphysique, celle qui répond au pourquoi, tandis que l'explication des savants et des positivistes ne répond qu'au comment, celle, en un mot, qui donne la cause, l'autre ne pouvant donner que la condition. De ce point de vue, qui est pour lui le vrai principe philosophique, M. Ravaisson n'entend pas faire le point de vue exclusif de toute science. Les phénomènes naturels se produisent dans le temps et dans l'espace, sous les lois de la quantité, dans des rapports définis à certains autres phénomènes. Déterminer ces conditions est l'affaire de l'expérience, sous la conduite du raisonnement. Les diverses sciences, dans le détail des faits dont elles s'occupent, dans la détermination successive de ce qu'on appelle les causes physiques avec leurs particularités quantitatives ou mathématiques, n'ont pas à suivre d'autres méthodes ; et la science supérieure de l'intelligence, juge en dernier ressort de toutes les démarches des sciences inférieures, n'a pourtant ici aucune intervention directe à exercer * .
Est-ce à dire que la métaphysique, méthode supérieure d'explication, ne soit jamais une méthode d'invention ? M. Ravaisson ne le pense pas. « Il est vrai que le sensible ne s'entend que par l'intelligible, que la nature ne s'explique que par l'âme. Dans la science des êtres organisés, depuis Hippocrate et Aristote jusqu'à Harvey, Grimaud, Bichat et Claude Bernard, rien de considérable n'a été trouvé qu'à l'aide de la supposition plus ou moins expresse d'une fin déterminante, pour les fonctions, d'un concert harmonique des moyens. Dans la physique, les lois les plus importantes sont sorties de l'usage de ces hypothèses plus ou moins avouées, que tout se fait, autant que pos-