Prologue aux livres de Salomon
il en cite trois passages, et dans l'un d'eux il place en tête la formule de citation scripturaire : t] Ypa^>5 ^tq^i. 11 en résulterait, suivant l'opinion de Dom Chapman, que \q Muratorianum aurait été écrit en Egypte, peutêtre par Clément d'Alexandrie, ou qu'il était extrait de ses œuvres.
Eusèbe range cette Apocalypse de Pierre parmi les antilégomènes. Des autres témoignages il résulte qu'elle était connue et même lue dans quelques églises, mais qu'elle était placée après les écrits canoniques dans les listes d'écrits du Nouveau Testament, témoin celle du Codex Claromontanus qui la range après les Actes des apôtres, le Pasteur et les Actes de Paul.
Si nous admettons qu'il est parlé ici de l'Apocalypse de Pierre, comment expliquer qu'il soit dit : (s Nous recevons seulement, tantum^ les Apocalypses de Jean et de Pierre »? Y en avait-il d'autres, dans le genre de l'Apocalypse de Paul, de l'Apocalypse d'Anastasie et de la Vierge, etc. , ou est-il fait allusion aux Apocalypses qu'on range parmi les apocryphes de l'Ancien Testament, l'Apocalypse de Baruch, le IV® livre d'Esdras? Ce n'est pas impossible.
Cependant, pour couper court à cette difficulté et expliquer pourquoi le fragment n'a pas parlé au moins delà P® épître de Pierre qui, à cette époque, était connue à Rome et dans le reste de l'Église, Zalin ^ suppose que l'écrivain a omis des passages de son texte, qu'il faudrait restituer de la façon suivante : « Apocalypsin etiam Joliannis et Pétri unam sanctam recipimus epistolam; fertur etiam altéra quam quidam ex nostris legi in ecclesianolunt. » L'auteur ferait allusion à ce fait que si la première épître de Pierre était lue dans l'Eglise, il n'en était pas de même, ainsi que nousl'ap-
\. Gesch, des nt, Kanons, II, p. 140.
prenons par ailleurs, de la deuxième. Cette restitution aurait de plus l'avantage de ne pas mettre sur le même pied r Apocalypse canonique de Jean et l'Apocalypse apocryphe de Pierre.
La restitution que présente Loisy ^ fait plus de violence au texte. « Peut-être, dit-il, lisait-on dans l'original : « L'épître de Jude, les deux épîtres qui portent le nom de Jean, et une de Pierre seulement sont reçues dans rKglise catholique... Nous recevons aussi l'Apocalypse de Jean, bien que quelques-uns des nôtres ne veuillent pas qu'elle soit lue dans l'église. » Il y aurait dans cette finale une allusion directe à l'opinion qui a été soutenue par Gaïus, touchant l'origine de l'Apocalypse. »
Pastorem uero nuperrime temporibus nostris In urbe roma herma concripsit sedente cathe ira urbis romae aeclesiae pio eps frater eius et ideo legi eum quidê Oportet se pu plicare uero In eclesia populo Neque Inter profe§tas conpletum numéro Nene Inter apostolos In finë temporum potest.
Correction du texte. — Pastorem vero nuperrime temporibus nostris in urbe Roma Hermas conscripsit sedente [ in, Z. ] cathedra urbis Romae ecclesiae Pio episcopo fratre ejus; et ideo legi eum oportet, se publicare vero in ecclesia populo neque inter prophetas, completos (completum, W.) numéro, neque inter apostolos infinem temporum potest.
Sur le Pasteur d'Hermas l'auteur du fragment reflète deux opinions contradictoires: « Mais tout récemment, et de notre temps, Hermas a écrit le Pasteur dans la ville de Rome, son frère, l'évêque Pie, siégeant sur la chaire de l'église de la ville de Rome ; c'est pourquoi, il