EusÈBE, Hist. ceci. V
pour l'usage qui y est fait des Écritures sacrées. On y trouve cités les évangiles de saint Matthieu, saint Luc et saint Jean, les cpîtres aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, aux Ephésiens, aux Thessaloniciens, les deux à Timothée, la P^ de saint Pierre, la de saint Jean et l'Apocalypse. Les citations sont introduites par les formules : Dominas dicit in Es>angelio^ — Apostolus PauluSy — Johannes dicit^ — Dicit scriptura. Mais tous les textes, qu'ils soient de l'Ancien ou du Nouveau Testament, sont cités avec une assez grande liberté, ce qui ne peut s'expliquer que si l'on admet que le De Aleatoribus est une véritable homélie et non, comme on l'a supposé, une encyclique pontificale, écrite à tête reposée. Le prédicateur attribue aux écrits du Nouveau Testament la même autorité qu'à ceux de l'Ancien ; il cite les uns et les autres pêle-mêle, et, dans tous, c'est, d'après lui, le Seigneur qui parle. Remarquons que pour lui le Pasteur d'Hermas est Ecriture divine; il est cité mélangé avec des passages des épîtrespauliniennes. lien est de même de la Didachè.
Lettres du clergé de Rome à saint Cyprien, — Noçatien, — Vers la fin de la période que nous étudions, nous relevons encore à Home les deux lettres écrites par le clergé de Rome à saint Cyprien, lettres où l'on trouve des passages de l'évangile de saint Matthieu, de l'épîtrc aux Romains et de l'Apocalypse, et les écrits deNovatien. Dans le traité de celui-ci: De TrinitatOy écrit vers 250, nous relevons des citations de tous les livres du Nouveau Testament, sauf des épîtres aux Thessaloniciens, àTite et à Jude. Il ne cite aucun écrit apocryphe. Novaticn appuie d'ordinaire ses arguments sur l'Écriture, et il la cite d'après un texte vieux latin que nous n'avons pas identifié. Il présente des variantes importantes avec le texte de la Vulgate.
On peut croire que le passage suivant^ : [Christus] melior et major et antiquior ipsis quoque angelis imenitur^ a été inspiré par Hèh, I, 4. Ce rapprochement assez vague ne prouverait pas que Novatien, contrairement à l'opinion régnant à Rome, à son époque, ait tenu cette épître pour Écriture divine. Les autres passages cités : De Trin. XXVI = Héb, I, 3; ib. XXXI = Héb. V, 8; ib. XVI = Apoc. XXII, 18-19, sont aussi de ressemblance peu marquée.
§ 4. — Église d'Afrique.
Tertullien. — Le représentant le plus autorisé de Téglise d'Afrique vers la fin du ii^ siècle a été Tertullien. Né vers Fan 150-160, il mourut à une date inconnue, probablement vers 220-240. Ses ouvrages très nombreux s'échelonnent de l'année 197 à l'année 212-222. A partir de son traité De Virginibus f^elandis (206), il inclina vers le Montanisme pour devenir, après 213, montaniste déclaré dans ses traités : De fuga in persecutione^ Adversus Praxeam^ etc.
Nous pouvons utiliser pour notre étude tous les écrits de Tertullien, car, même dans ceux qui sont montanistes, il reste néanmoins, au point de vuescripturaire, le représentant de la tradition de l'église de Carthage. Il était déjà entaché de montanisme, quand il a écrit ses traités contre Marcion.
Sous le nom à'Instrumentum evangelicum Tertullien a rangé nos quatre évangiles canoniques, qui viennent des apôtres, ainsi que l'atteste la tradition de l'Eglise : « In summa, dit-il dans son traité contre Marcion, IV, 5, si constat id verius quod prius, id prius quod et ab initio, id ab initio, quod