CHAPITRE II
ÉGLISE d'occident.
Saint Cyprien. — Nous trouvons dans l'évêque de Carthage, saint Cyprien, un témoin important des livres reçus en Afrique, à son époque, 200-258, car il a cité 905 versets du Nouveau Testament, extraits de presque tous les livres du Nouveau Testament, et la plupart de ces livres sont cités à peu près dans leur entier. Son Nouveau Testament a été reconstitué d'après ses œuvres par Hans Freiherr von Soden K II contenait les quatre évangiles, de saint Matthieu, de saint Marc, de saint Luc, de saint Jean, les Actes des apôtres, les épîtres de saint Paul aux Romains, la première et la deuxième aux Corinthiens, aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, la première et la deuxième aux Thessaloniciens, la première et la deuxième à Timothée, à Tite, la première épître de saint Pierre, la première épître de saint Jean, l'Apocalypse. Saint Cyprien n'a donc pas cité les épîtres à Philémon, aux Hébreux, l'épître de saint Jacques, la seconde et la troisième de saint Jean, celle de saint Jude et la seconde de saint Pierre.
1. Das lateiniiche Neue Testament inAfrika zur Zeit Cyprians, Leipzig, 1909.
Il est probable qu'il devait connaître l'épître aux Hébreux, puisque TertuUien en parle, en l'attribuant à Barnabé, mais lui non plus ne la croyait pas paulinienne et ne la regardait pas comme canonique. Von Soden ^ n'en a pas retrouvé non plus des citations dans les autres écrivains du temps. Cependant Heidenreich^ affirme qu'on trouve dans les écrits faussement attribués à saint Cyprien quatre citations de Tépître aux Hébreux et une de l'épître de saint Jude.
Aux écrits cités par saint Cyprien, von Soden ajoute la seconde épître de saint Jean citée dRusles Sententiae LXXXVII episcoporum du concile de Carthage, tenu en 256, sous la présidence de saint Cyprien, et par Optât de Milève, IV, 5. Au milieu du m® siècle, l'église d'Afrique recevait donc comme canoniques tous les livres du Nouveau Testament sauf l'épître aux Hébreux, celle à Philémon, l'épître de saint Jacques, la troisième de saint Jean et celle de saint Jude. Celleci cependant était, d'après Zahn^, reçue à Carthage vers l'an 200. La seconde épître de saint Pierre devait être dans le canon africain puisque nous la trouvons dans les manuscrits vieux latins d'origine africaine.
Autres écrivains latins. — Nous avons peu de témoignages à relever, sauf la persistance du refus à accepter l'épître aux Hébreux comme canonique, et au contraire l'acceptation de l'Apocalypse, malgré les doutes émis en Orient. Pour la première, le fait est constaté par Eusèbe ^, qui affirme qu'il en est chez les Romains, Trapi ^Pwfjiattov tkji, qui ne la regardent pas comme une œuvre de l'apôtre. Romains ici est syno-