GREOORY, op. cit. p. 5Ji
dre suivant : les évangiles, les quatorze épîtres de saint Paul — Tépître aux Hébreux est placée avant les épîtres pastorales, — les Actes des apôtres, les sept épîtres catholiques, TApocalypse. A la suite se trouvent Tépître de saint Barnabé et un fragment du Pasteur d'Hermas ; la fin du manuscrit manque.
On croit communément que ces deux manuscrits Vaticanus et Sinaïticus sont deux des cinquante manuscrits que fit copier Eusèbe,sur la demande de Tempereur Constantin.
Le manuscrit Alexandrinus est, ainsi que son nom l'indique, d'origine alexandrine ; il a été écrit probablement au V® siècle. En tête se trouve une liste des écrits canoniques ; d'abord les livres de l'Ancien Testament, puis ceux du Nouveau : quatre évangiles, Actes des apôtres, sept épîtres catholiques, quatorze épîtres de Paul, Apocalypse de Jean, première épître de Clément, deuxième épître de Clément. En même temps des livres, ôu-oti ptéXta, dix-huit psaumes de Salomon. On peut se demander si les livres qui se trouvaient à la suite du Nouveau Testament, et dont un seul est mentionné, étaient tenus pour canoniques comme les précédents.
Le Codex Ephraemi rescriptus est un palimpseste, écrit vers le v^ siècle ; il est aussi de provenance alexandrine. Il contient des fragments de tous les livres du Nouveau Testament, sauf de la seconde épître de saint Jean et de la seconde épître aux Thessaloniciens. L'ordre des livres est le même que dans le Codex Alexandrinus.
Dans le Codex Claromontanus^ grec-latin, coté D pour les épîtres de saint Paul, se trouve, après l'épître à Philémon et avant l'épître aux Hébreux, une liste des livres des saintes Écritures. Après l'énumération des livres de l'Ancien Testament sont catalogués ceux du
Nouveau: EuangeliallII, Mattheum, Johannes, Marcus, Lucam. Epistulas Pauli, ad Romanos, ad Chorintios I, ad Chorintios II, ad Galatas, ad Efesios, ad Timotheum I, ad Timotheum II, ad Titum, ad Colosenses, ad Filimonem, ad Petrum I, ad Petrum II, Jacobi, Pr. Johanni epistula, Johanni epistula II, Johanni epistula III, Judae epistula, Barnabae epistula, Johannis revelatio, Actus apostolorum, Pastoris, Actus Pauli, Reuelatio Pétri.
On remarquera Tomission des épîtres aux Philippiens, aux Thessaloniciens et aux Hébreux et la place qu'occupent dans la liste l'Apocalypse et les Actes des apôtres. Diverses questions se posent à propos de ce catalogue d'écrits.
Il est certain d'abord qu'il n'est pas du scribe qui a écrit le texte des treize épîtres de saint Paul, car le nombre des versets indiqués n'est pas en rapport avec ceux des épîtres copiées précédemment. L'ordre des épîtres n'est pas non plus le même. D'ailleurs, après l'épître à Philémon, le copiste a marqué que c'était la fin de son travail par les termes ordinaires : è7cXr,ptoÔY), ex plicit. Très probablement l'épître aux Hébreux n'est pas non plus de ce scribe, mais plutôt de celui qui a copié la liste. En outre, le texte grec des épîtres est d'origine alexandrine, tandis que le catalogue ne reproduit pas le canon d'Alexandrie. Il se rattacherait plutôt à l'église d'Afrique, si l'on suppose que l'épître de saint Barnabé, placée après les épîtres de saint Jean, est l'épître aux Hébreux, ainsi que le croyait Tertullien. Cependant, si ce canon était africain, on n'y trouverait pas l'épître de saint Jacques, qui n'était pas reconnue par l'église d'Afrique. Zahn croit qu'il est d'origine grecque et doit remonter à la fin du m® ou du iv® siècle ; tandis que le manuscrit aurait été copié à la fin du ou au commencement du vi® siècle. C'est; en effet,
ÉGLISES DECRIENT (350-450).
au iiiMv® siècle et dans Téglise d'Alexandrie que toutes les épîtres catholiques étaient reçues et que Ton attribuait une certaine autorité à Tépître de saint Barnabé, au Pasteur et à l'Apocalypse de Pierre. On objectera que l'omission de Tépître aux Hébreux est inexplicable si le catalogue est alexandrin, car cette épître a toujours été reçue comme Écriture à Alexandrie. Mais ne peut-on pas supposer que l'omission de cette épître ainsi que celle des secondes épîtres de saint Jean et de celles aux Thessaloniciens, est due à la même cause, qui peut être la négligence du copiste, lequel, si nous nous en rapportons au texte qu'il nous a transmis, n'était pas très soigneux ou très habile? Quant à la place donnée aux Actes, nous n'en voyons pas la raison.
Resterait à savoir si nous n'avons pas là tout simplement une table des matières contenues dans un manuscrit, plutôt qu'un canon des Écritures. Cette conjecture se heurterait à cette difficulté qu'un manuscrit contenant toutes les matières indiquées eût dépassé de beaucoup la grosseur ordinaire des manuscrits.
Nous avons encore d'autres listes d'écrits canoniques, provenant de l'Église d'Orient. Nous les citerons plus tard à leur date respective de publication.