‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 18 sur 259 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PÉRIODE APOSTOLIQUE

Avant de procéder à un examen détaillé des documents , nous avons encore quelques observations à présenter, principalement sur la façon dont fut prêché l'Évangile, prédication orale qui explique les formules de citation des premiers écrivains.

Nous avons constaté que, dès l'origine, les paroles de Notre-Seigneur avaient pour les chrétiens la même autorité que les livres de l'Ancien Testament, et que ces paroles furent consignées dans les évangiles vers l'an 60-70 pour les synoptiques et vers l'an 90-100 pour le IV^ évangile. Remarquons cependant que, longtemps, la parole vivante, comme dit Papias, c'est-à-dire la parole transmise de vive voix, a été préférée à la parole écrite.

L'évangélisation du monde païen se faisait par la parole. « Les termes si nombreux par lesquels le Nouveau Testament désigne l'enseignement des apôtres, euaYyeXiov, soaYYs^vtaTT^ç, eùayYsXtÇsaÔai, x>ipuY(Ji.a,

XTipuJ, xy)pu(j(ietv, Trapà^ocriç, TrapaStôovat, (ji.apTUpia, [xaprupeiv, {AapTuç, avoiÇiçTOÎI dxofAaTOç, Xdyoç, Xoyoç àxoT);, XaXetv, axoueiv, axpoScffÔai , expriment sans exception Tidée d'une instruction donnée oralement ; partout il est question de parler et d'entendre, de discours et d'auditeurs, de prédication, de proclamation et de tradition, et pas une seule fois d'écriture et de lecture, à moins qu'il ne soit explicitement fait allusion aux livres de l'Ancien Testament ^ » Encore au milieu du second siècle, Papias déclarait qu'il ne croyait pas tirer autant de profit des livres, que de la voix vivante et permanente : texte qui ne prouve pas que Papias rejetait les évangiles écrits, mais qu'il préférait écouter la tradition des presbytres, plutôt que lire les livres des hérétiques, ainsi que nous le montrerons plus loin. Ceci nous explique que dans les premiers écrits chrétiens, sauf dans la deuxième épître de saint Pierre, les paroles du Christ ne sont pas introduites par Y^ypaTîTai mais par slTrev, IxeXsucev,

lé^Biy CpVjdlV.

Nous citerons plus tard un texte de saint Ignace martyr, où il semble bien qu'en parlant de l'évangile il se sert du terme yi^pfXTïTOLi, Il faut arriver à saint Polycarpe, XII , qui parle des Ypa?"^ où est inscrite une parole du Seigneur, à saint Barnabé qui introduit une sentence évangélique par y^yP^^'^'^^^^ ?^ à Pseudo-Clément, II, 4, qui attribue à une autre Ecriture, Ixspa YpaT>î> une parole de Jésus. Avec saint Justin, la transition est achevée. Les citations des évangiles sont alors souvent introduites par yé^poLTZTOLi, Cependant, yP«?^ Ypa^a( sont encore réservés à l'Ancien Testament. Saint Denys de Corinthe^, enfin, au lieu de parler comme Papias des XoYia xupiaxdt, dit xuptaxal Ypacpat.

Il ne faudrait pas conclure de cette façon de citer les

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