CHAPITRE PREMIER
ÉGLISE d'orient.
Synopse dite d'Athanase. — Nous citerons en premier lieu la Synopse de la sainte Écriture dite de saint Athanase, bien que sa date de composition soit peutêtre plus tardive que le vi® siècle. D'après Zahn ^ la dépendance de cette Synopse avec celle de saint Jean Chrysostome, avec la lettre festale de saint Athanase, avec un canon palestinien du v^ siècle et vraisemblablement avec le canon de saint Épiphane, fait présumer que cette compilation n'a pas dû être faite avant le VI® siècle et peut-être même encore plus tardivement. Credner a soutenu qu'à cause de son analogie avec la stichométrie de Nicéphore, elle n'est pas plus ancienne que le siècle.
Après l'énumération des livres de l'Ancien Testament, la Synopse donne la liste des livres du Nouveau : Quatre évangiles. Actes des apôtres, épîtres catholi-
\. 2ur Gesch, des Kanons, II, p. 315.
ques d*apôtres différents, toutes les sept comptées pour un seul livre, quatorze épîtres de Paul apôtre, comptées pour un seul livre. Après ceux-ci est aussi l'Apocalypse de Jean le théologien, reçue comme étant de celui-ci et jugée (canonique) par des Pères saints et inspirés. Cette observation vise probablement ceux, moins anciens peut-être, qui ne voulaient pas recevoir TApocalypse, sous prétexte qu'elle n'était pas de l'apôtre Jean et qu'elle n'était pas reçue comme canonique.
La Synopse cite ensuite les antilégomènes et les apocryphes de l'Ancien Testament, puis les antilégomènes du Nouveau : les Actes, IlepioSot, de Pierre, les Actes de Jean, les Actes de Thomas, l'évangile selon Thomas, la Doctrine des apôtres, les Clémentines, KXvi(jt.évTia ; les extraits inspirés, les plus vrais de ceux-ci, seront paraphrasés, Sv [xeTeçppaaôyiorav IxXeYevxa toc aXy)Ô£oTTEpa xat ôeoTcveuaTa. Et cette liste d'antilégomènes est close par ces mots : Ceux-ci sont ceux qui sont lus, Tauxa xà àvaYtvwŒxoVevot. Et un peu plus loin elle ajoute qu'ils sont vraiment plutôt dignes d'être cachés que d'être lus, aTtoxpucp^ç [aSXXov ^ avaYvwcrewç o); àXy)6w; a^ta. La contradiction paraît flagrante et doit provenir de ce que cette Synopse est une compilation de morceaux que le copiste n'a pas cherché à amalgamer.
Cosmas Indicopleustes. — Le catalogue des saintes Écritures qu'a donné Cosmas Indicopleustes nous montre qu'au milieu du vi® siècle le canon n'était pas encore fixé officiellement en Égypte. Dans sa ro/?ographie chrétienne du monde entier, V, écrite vers Tan 547-560, ce moine égyptien, ancien marchand et voyageur, a dressé une liste des saintes Écritures. 11 énumèrc quatre évangiles, les Actes des apôtres, quatorze épîtres de Paul, parmi lesquelles est l'épître aux Hébreux, primitivement écrite en hébreu et traduite en grec par Luc ou Clément. Il ne fait aucune mention de
l'Apocalypse et des sept épîtres catholiques. On comprend qu'il n'ait pas cité l'Apocalypse, puisque, de son temps, on avait émis, en Egypte, des doutes sur l'authenticité de cet écrit. Pour l'omission des sept épîtres catholiques, il avait une raison. 11 avait soutenu dans son ouvrage une opinion contre laquelle on lui avait opposé un passage de la secoQde épître de saint Pierre. Il répondit à l'objection en rejetant en bloc toute la collection des épîtres catholiques. Il chercha ensuite à justifier cette exclusion : « Dès l'origine, dit-iP, l'Église a tenu comme douteuses les épîtres catholiques, xàç xaôoXtxic; àvexaôev ^ IxxXyioria àtxcptêaXXofJLévaç e/£i. Et aucun de ceux qui ont commenté les saintes Écritures n'en a fait mention et ceux qui ont canonisé les livres authentiques, IvStaôÉTouç, les ont placées (dans le canon) comme douteuses, wç àfjicpiêoXouç auTotç lôvixav. » Et il cite les témoignages de saint Irénée, Eusèbe, Amphiloque et même de saint Athanase. Il ajoute que Severianus, évêque, dans son livre KaTot 'louSaitov, les a proscrites. « Car beaucoup disent qu'elles ne sont pas des apôtres mais de certains presbytres. » Il cite l'opinion d'Eusèbe, qui parle de deux tombeaux à Éphèse, l'un de Jean l'évangéliste et l'autre de Jean le presbytre qui a écrit deux épîtres catholiques. « Car, continue-t-il, Irénée n'attribue qu'une épître de Pierre et une de Jean aux apôtres, les autres sont des presbytres. Mais comme la première, la seconde et la troisième sont inscrites sous le nom de Jean, il est manifeste qu'elles sont toutes les trois de la même personne. Quelques-uns acceptent avec ces deux épîtres (de Pierre et de Jean) celle de Jacques; d'autres les reçoivent toutes. Chez les Syriens, on ne reçoit que les trois susdites; on ne trouve pas les autres chez eux. Mais il