‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 188 sur 259 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

Par les lettres et décrets des Papes et par les décisions des conciles, Faccord s'est établi définitivement dans toute l'Église latine sur les livres du Nouveau Testament que tous devaient tenir pour inspirés et, par conséquent, accepter comme règle de la foi. Nous constatons aussi cet accord par les témoignages de tous les écrivains latins de cette époque. Il n'en était pas de même en Orient ; les listes de livres du Nouveau Testament n'étaient pas complètement identiques à Alexandrie, à Antioche ou à Constantinople.

Nous avons déjà vu que les évangiles, les épîtres pauliniennes, les Actes des apôtres et trois épîtres catholiques étaient, dès la fin du ii^ siècle, en possession d'une autorité divine incontestée. Dans le cours des deux siècles qui ont suivi, il y eut des hésitations ou même des contestations au sujet de certains livres, soit en Occident, soit en Orient : les uns furent définitivement acceptés, les autres rejetés. L'épître aux Hébreux, regardée à Alexandrie comme l'œuvre de saint Paul, quoique sous quelques réserves par certains écrivains.

ne paraît pas avoir été connue à lorigine en Occident, saufpar TertuUien qui lacroyaitde saint Barnabé. Peu à peu cependant, elle se répandit dans l'Église latine par l'intermédiaire des écrivains latins qui connaissaient la tradition de l Orient. Malgré certaines hésitations, elle lut enfin, dès le commencement du v^ siècle, introduite dans les listes canoniques de l'Église latine! On continua à répéter les doutes qui avaient été élevés au sujet de son authenticité paulinienne, mais personne ne la rejeta du catalogue des livres du Nouveau Testament.

L'épître de saint Jacques était connue en Orient depuis longtemps ; elle était lue dans les assemblées chrétiennes. Malgré les réserves de quelques écrivains sur son authenticité, elle était acceptée comme inspirée. En Occident, il semble que saint Clément Romain, le Pasteur, saint Irénée ont cité des passages de cette épître; nous ne la trouvons pas cependant dans la vieille version latine, ni dans le fragment de Muratori. Il est probable que ce fut aussi sous Tinfluence de l'Eglise d'Orient qu'elle fut acceptée dans l'Église latine.

La seconde épître de saint Pierre n'était pas dans la vieille version latine, non plus que dans le fragment de Muratori ; elle ne paraît pas avoir laissé de trace certaine dans les écrits latins avant le m*' siècle. Vers le milieu du iv« siècle, elle était acceptée par tous en Occident. Elle était connue depuis longtemps en Orient, et malgré les doutes émis sur son authenticité, elle était dans les listes d'écrits canoniques de toutes les églises orientales, à l'exception de celle de l'église d'Antioche.

Les deux petites épîtres de saint Jean re paraissent pas avoir eu tout d'abord une existence distincte de la première, en ce sens qu'on ne les séparait pas de celle-

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

ci. Il est probable même qu'à cause de leur exiguïté et de leur peu d'importance dogmatique, elles n'étaient pas lues dans les assemblées du culte. Peu à peu cependant, elles furent mentionnées à côté de la première et obtinrent l'autorité canonique partout, sauf encore dans l'église d'Antioche.

L'épître de saint Jude fut, dès le commencement, acceptée dans toute l'Eglise ; elle était dans le fragment de Muratori et dans la vieille version latine. Plus tard, elle fut attaquée à cause de la citation qui y était faite d'un écrit apocryphe, le livre d'Hénoch; elle fut rejetée par l'église d'Antioche, mais les autres églises l'ont gardée dans leur canon.

L'Apocalypse fut regardée tout d'abord comme un livre inspiré dans toute l'Eglise chrétienne. Plus tard, en Orient, à la suite de la réaction antimontaniste et antimillénariste, elle fut contestée et même rejetée par les églises d'Antioche, de Palestine et d'Asie Mineure. On devra, pour des détails plus précis, se référer aux constatations que nous avons faites cidessus.

Quelques écrits, Fépître de saint Clément Romain, la Doctrine des douze apôtres, l'épître de saint Barnabé, le Pasteur d'Hermas, qui avaient obtenu tout d'abord une certaine autorité dans plusieurs églises, qui avaient même été cités comme Ecriture par des écrivains ecclésiastiques, ne furent pas, pour des raisons diverses, définitivement admis dans le canon des livres du Nouveau Testament. La raison principale de cette exclusion ou non-admission fut que ces livres n'étaient pas d'origine apostolique. Cependant, on continua à les regarder comme excellents pour l'instruction des fidèles.

Nous avons déjà vu et nous constaterons encore que certaines églises orientales placèrent dans leur

canon du Nouveau Testament des écrits, tels que les Constitutions apostoliques, Tépître de saint Clément Romain et même les épîtres apocryphes des Corinthiens à saint Paul et de saint Paul aux Corinthiens, le Diatessaron, etc.

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