De fide orthodoxa^ IV
vait encore subir des fluctuations. Resterait à savoir si saint Jean Damascène représente ici la tradition de son église.
Nicéphore. — Un demi-siècle plus tard, Nicéphore, patriarche de Constantinople (-j- 828), donna dans son Abrégé de chroiiographie une liste des « Ecritures divines ecclésiastiques et canonisées ». Pour le Nouveau Testament il catalogue tous les livres de notre canon, sauf l'Apocalypse, qu'il place parmi les antilégomènes avec TApocalypse de Pierre, l'épître de Barnabe, l'évangile selon les Hébreux. Il donne ensuite comme apocryphes du Nouveau Testament : les Actes, TTEpi'oSoç, de Paul, les Actes de Pierre, les Actes de Jean, les Actes de Thomas, l'évangile selon Thomas, la Doctrine des apôtres, les épîtres de Clément, d'Ignace, de Polycarpe, Hermas.
Il est douteux que ce catalogue soit de Nicéphore. D'après de Boor et Zahn ce serait une interpolation due à l'éditeur de Nicéphore, vers l'an 850. Ce serait à Jérusalem qu'aurait été faite l'addition de cette liste de livres canoniques à la Chronographie Nicéphore. Il nous semble que cette liste devait être ancienne, plus ancienne même que Nicéphore, soit à cause de la place assignée à l'Apocalypse, soit à cause de la mention des livres apocryphes disparus depuis longtemps. Le bibliothécaire romain Anastase a donné dans sa Chronographia tripartita une traduction latine de ce catalogue.
Photins. — Dans son Nomocanon ^ , Photius, patriarche de Constantinople vers 870, se référant aux canons des apôtres, aux synodes de Laodicée, de Carthage, etc., donne un catalogue qui contient tous les livres du Nouveau Testament, sauf l'Apocalypse.
i, Tit, ni, c. n.
Les Canonisies grecs. — De même que Photius, les canonistes grecs des xii^-xiii® siècles rappellent les décisions officielles qui ont été données sur le canon des Écritures par diverses autorités, le 85' canon apostolique, le concile in TruUo et subsidiairement les Pères cités par ce concile, les synodes de Laodicée et de Carthage. L'adjonction de TApocalypse omise par le 85® canon est quelquefois relatée comme facultative. Ainsi Zonaras ^ fait remarquer que certains en autorisent la lecture. Quant aux épîtres de saint Clément et aux Constitutions apostoliques que le 85^ canon avait admises et que le concile in TruUo avait rejetées, on explique ce rejet par le fait que ces livres auraient été falsifiés par les hérétiques.
L'Apocalypse cependant continuait à être reçue comme Écriture en Cappadoce au siècle, puisque l'évêque de Césarée, Arethas, a commenté ce livre, en reproduisant en grande partie le travail de son prédécesseur Andréas.
Nieéphore Calliste. — AvecNicéphoreCalliste, xiv® siècle, nous arrivons à une codification définitive des écrits du Nouveau Testament dans TÉglise grecque. Dans son Histoire ecclésiastique^ 45^, il raconte l'origine des évangiles, ce que Ton sait sur leurs auteurs, et les raisons pour lesquelles ils les ont écrits. Il parle ensuite de Fépître de Jacques, adressée aux douze tribus, des deux épîtres de Pierre, des trois épftres de Jean, au chant divin, ôsaTusaioç, de celle de Jude, frère de Jacques. L'Église catholique reçoit ces sept épîtres comme légitimes. A celles-ci s'ajoutent les quatorze épîtres du divin Paul. En dernier lieu, nous plaçons l'Apocalypse de Jean. Tous les autres livres en dehors