‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 204 sur 259 · Op, cit, p · texte numérisé non relu

Op, cit, p

épîtres pauliniennes. Il y a même un manuscrit, le Codex Boernerianus, ix® siècle, qui ne contient pas Tépître aux Hébreux. Le Codex Augiensis, fin du IX® siècle, contient le texte latin de cette épître et non le texte grec.

Remarquons au sujet de l'épître aux Hébreux que, de toutes les épîtres pauliniennes, c'est celle qui a été le plus différemment placée. On dirait qu'on ne savait où la mettre. « Tantôt, dit Reuss, p. 212, elle est placée entre les épîtres aux Thessaloniciens et celles à Timothée, tantôt après l'épître aux Colossiens, le plus souvent après l'épître à Philémon, comme un appendice ajouté après coup à un recueil déjà complet, et cette variété, en apparence toute fortuite, dans la place qui lui est assignée est un indice sûr de la persistance du doute traditionnel. »

Haimon deHalberstadt, — Ces doutes sur l'origine de l'épître aux Hébreux n'étaient pas en effet oubliés, puisque, au ix^ siècle, Haimon de Halberstadt {f 853) défend la canonicité de cette épître^ : « Licet, dit-il, manifesta sint Pauli apostoli scripta, nonnulli tamen de epistola ad Hebraeos dubitant. Sed sciendum quod a Paulo scripta est in hebraeo sermone tanquam Hebraeis, aLuca vero ejus discipulo interpretata in graecum. Unde et stylus ejus magis videtur similis libello illi, quem idem Lucas de Actibus apostolorum scribit. Quod autem subscriptionem solitam non habet ibi, hoc rationis est quod praeceptum erat de Hebraeis ne de Pauli nomine dicta susciperent ; et idcirco prudenter nomen suum omisit, ne statim in principio Pauli nomine inspecte lectio ejus repudiaretur, »

Saint Thomas d'Aquin. — Beaucoup plus tard, saint Thomas d'Aquin (f 1274) rappelle encore ces doutes :

i, Hîst, sacr, III, 3,

« Sciendum est, dit-il, quod ante synodum nicaenam quidam dubitaverunt an ista epistola esset Pauli. Et quod non, probant duobus argumentis. Unum est quia non tenet hune modum quem in aliis epistolis. Non enim praemittit hic salutationem, nec nomen suum. Aliud est, quia non sapit stylum aliarum, imo habet elegantiorem, nec est aliqua scriptura, quae sic ornata procédât in ordine verborum in sententiis, sicut ista. Unde dicebant ipsam esse vel Lucae evangelistae, vel Barnabae, vel démentis papae; ipse enim scripsit Atheniensibus quasi per omnia secundum stylum istum. Sed antiqui doctores, praecipue Dionysius et aliqui alii accipiunt verba hujus epistolae pro testimoniis Pauli. Et Hieronymus illam inter epistolas Pauli recipit ^ . » Nous ne discuterons pas la valeur de ces renseignements, qui ne sont pas d'une exactitude rigoureuse. Ainsi, même après le concile de Nicée, Tépître aux Hébreux n'était pas encore dans le canon de Téglise latine, principalement en Afrique. Ce n'est pas quelques-uns seulement qui doutèrent de Torigine paulinienne de cette épître mais toute l'église latine, avant le V® siècle, ainsi que nous l'avons constaté. Enfin, saint Jérôme n'a pas été aussi catégorique que le dit saint Thomas, au sujet de l'authenticité paulinienne de l'épître aux Hébreux. Il est inutile de rappeler son témoignage, cité plus haut. Quant à la lettre aux Athéniens, elle n'existe pas; c'est probablement à l'épître aux Corinthiens qu'il est fait allusion.

Nous retrouverons plus tard le rappel de ces anciens doutes; mais revenons en arrière pour citer d'autres témoignages sur le canon du Nouveau Testament.

Raban Maur 2, archevêque de Mayence (f 856), a

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