Theiner, op. cit. I, p
3» TiJEiNER, op. cit» p. 65,
ordonne donc : « Ut posthac sacra Scriptura, potissimum vero haec ipsa vêtus et vulgata editio, quam emendatissime imprimatur ^ . »
Le concile n'a pas eu en vue d'authentiquer la version vulgate, telle qu'elle était sortie des mains de saint Jérôme, par la raison bien simple que cette version avait subi depuis son origine diverses altérations et que, pour la reproduire, même dans la mesure du possible, un long travail critique eût été nécessaire. C'est ce travail que vient d'o rdonner Sa Sainteté le Pape Pie X, ainsi que nous le disons plus loin. Il fallait répondre à un besoin immédiat. Le concile a donc déclaré authentique l'édition — non la version. — « Vulgata, quae longo tôt saeculorum usuinipsaEcclesiaprobata est. » Les livres authentiqués sont ceux qu'on a l'habitude de lire dans l'Église catholique : « Prout in Ecclesia catholica legi consueverunt et in veteri Vulgata latina editione habentur. »
L'édition Vulgate, authentiquée par le concile, est donc cette édition, qui renfermait toutes les leçons et uniquement les leçons qui, depuis dix siècles, se trouvaient uniformément dans les manuscrits delà Vulgate et dans les citations qu'en ont faites les Pères. Dans cette édition s'étaient glissées des leçons provenant de l'ancienne version latine, antérieure à saint Jérôme, ou même des leçons étrangères à la version hiéronymienne, mais autorisées par l'usage ecclésiastique, telles que, par exemple, le verset des trois témoins célestes. Cette édition Vulgate que lisait l'Église se trouvait plus ou moins en substance, à l'époque du concile, dans tous les exemplaires, mais aucun ne la présentait avec une intégrité, une fidélité parfaite. Il y
1. Concilium Tridenlinum, Sessio /F". Decrêlum de editione et usu sacrorum librorum.
avait lieu, ainsi qu'on Fa vu plus haut, d'en donner une édition plus correcte, par la confrontation avec les textes originaux et par la comparaison des meilleurs manuscrits de la Vulgate.
Ce travail fut commencé immédiatement à Rome, sous les papes Paul III, Jules III et Paul IV, par les soins du cardinal Sirleto. Sous Pie V, une congrégation fut instituée pour activer ce travail; enfin, sous Sixte V, il fut poussé rapidement, et le grand pape put ordonner la publication de l'édition de la Vulgate qui a reçu son nom, Editio Sixtina^ 1590.
A peine Sixte V était-il mort qu'on jugea nécessaire de corriger son édition. Grégoire XIV (1590-1591) institua une commission pour cette revision. Le travail fut terminé en 1592 sous le pontificat de Clément VIII et une nouvelle édition parut, qui fut appelée Vulgata Clementina. Cette édition présente seule le texte officiel authentique de la Vulgate.
Ce n'est pas cependant qu'elle fût exempte de toutes fautes ; l'auteur de la préface le reconnaît sincèrement et avoue que l'œuvre peut être perfectionnée. « Accipe igitur, y est-il dit, christiane lector, eodem Clémente Summo Pontifice annuente, ex Vaticana Typographia, veterem ac vulgatam Sacrae Scripturae editionem, quanta fieri potuit castigatam : quam quidem sicut omnibus numeris absolutam, pro humana imbecillitate affirmare difficile est, ita caeteris omnibus quae ad hanc usque diem prodierunt, emendatiorem, purioremque esse, minime dubitandum. »
Il n'est pas interdit de chercher et de noter les variantes du texte, mais il est défendu d'insérer ces variantes dans le texte ou de les relever à la marge des éditions imprimées.
Le P. Vercellone, barnabite, avait commencé la collation des variantes latines de la Vulgate. Ce travail,
NOUVEAU TESTAMENT. — ï. 23
resté inachevé, va être repris par l'ordre des Bénédictins, à qui il a été confié par Sa Sainteté le Pape Pie X, dans une lettre à Dom Gasquet en date du 11 décembre 1907. Le but à atteindre est de restituer le texte primitif de la traduction de saint Jérôme : « Qui finis restitutione contineturprimi formis textus Hieronymianae Bibliorum conversionis, consequentium saeculorum vitio non pauUum depravati. » On devra examiner tous les anciens manuscrits de cette version qui sont conservés dans les bibliothèques et mettre au jour ceux quisontencore cachés, et en relever les variantes.
Le R. P. Dom Gasquet, président de la commission pour la revision de la Vulgate, explique dans la Dublin Re^ieWy octobre 1908, p. 264, comment on procédera pour retrouver le texte latin de la Bible, tel qu'il est sorti des mains de saint Jérôme. On imprimera une Bible, représentant la disposition même des manuscrits, et on insérera à la marge les variantes des manuscrits collationnés. Ceci est un travail long, mais relativement facile à exécuter; les difficultés réelles commenceront quand il s'agira de se prononcer entre les diverses variantes relevées.