CHAPITRE I l'église catholique
La définition du canon du Nouveau Testament par le concile de Trente a clos pour les catholiques toute discussion sur la canonicité des écrits néotestamentaires ; il ne fut plus question chez les critiques ou les historiens que de préciser les questions d'authenticité de quelques livres, épître aux Hébreux, deuxième épître de Pierre; nous parlerons brièvement de cet examen après avoir passé en revue les diverses interprétations qu'émirent les théologiens touchant le décret du concile de Trente sur les saintes Ecritures et, en particulier, sur l'authenticité de la Vulgate. Nous n'avons pas à entrer dans la discussion qui s'éleva sur la différence d'autorité entre les livres protocanoniques et les deutérocanoniques, car elle concernait les deutérocanoniques de l'Ancien Testament.
DU CONCILE DE TRENTE A NOS JOURS
g 1. — Interprétation du décret sur les saintes Écritures.
1° Pallavicini ^ nous apprend que le décret Insuper produisit à Rome une fâcheuse impression. On s'étonnait qu'on eût déclaré authentique une édition qu'on reconnaissait défectueuse. Le cardinal de Jaën avait déjà fait cette observation dans la congrégation du avril 1546 ^ : « Est et aliud quod me torquet. Nam vultis vulgatam editionem recipere, et dicitisillam mendosam esse. Hoc mihi implicat contrarietatem. »
Une correspondance fut échangée à ce sujet entre la congrégation des cardinaux, qui avait été constituée à Rome pour surveiller les travaux du concile, et les cardinaux légats du Pape au concile de Trente. Le 17 avril 1546, par conséquent huit jours après la promulgation du décret, Sirleto écrivit de Rome à Michel Cervini, cardinal légat : « J'ai dit à Votre Eminence dans une de mes dernières lettres, qu'il aurait étébiende charger des personnes instruites dans les trois langues de revoir la Bible hébraïque, grecque et latine, de les coUationner sur des exemplaires antiques, et de publier une édition qui fût conforme à la sainte Eglise notre mère et aux saints Pères. Tout ce que l'hébreu donnerait en plus, on l'ajouterait. On chercherait de bons exemplaires grecs anciens, car il y a beaucoup de fautes dans le grec, comme aussi dans le latin. » Après le passage relatif au mécontentement de quelques-uns Sirleto ajoute : « Et je crois que la parole, quae legi consuei^erunt, résout toutes les difficultés, en donnant à entendre qu'on n'a rien voulu déterminer de nouveau.
1. Histoire du Concile de Trente, t. II, col. 109 et suiv. Ed. Migne, Moûtrouge, 184 i.